Aux premiers siècles de notre ère,
alors que la religion chrétienne se construit,
la fête de Noël n’existait pas.
Pourtant l’origine de Noël et son histoire
sont étroitement liées aux cultes
païens qui étaient, avant le christianisme,
très nombreux autour du 25 décembre.
L’histoire de Noël
Aux premiers siècles de notre ère, la fête
importante reconnue par l’Eglise était la fête
de la Résurrection, célébrée à
Pâques.
Les premières célébrations de la naissance
de Jésus, Natale Christi, apparurent au IVe siècle.
Annonce aux bergers vers 1420
L’objectif de ces premières fêtes de Noël
était de christianiser des rites issus de la culture populaire
et de cultes pré-chrétiens célébrés
au mois de décembre.
A l’époque romaine, les Saturnales qui honoraient
Saturne, dieu des semailles et de l’agriculture, étaient
célébrées du 17 au 24 décembre.
Les Saturnales étaient une manifestation de la liberté.
Pendant cette période, les esclaves de Rome devenaient les
maîtres et les maîtres obéissaient aux esclaves.
Précision sur les Saturnales par P.R
(envoyé par e-mail): le solstice d’hiver est,
depuis des temps très anciens, l’occasion de grandes
réjouissances dans de nombreuses traditions du monde. On
l’explique par le fait que ce solstice est l’annonce
d’un renouveau puisque les jours commencent enfin à
s’allonger, qu’il est le premier signe du printemps
prochain et qu’on va bientôt sortir de la nuit froide
de l’hiver. Les Saturnales romaines en sont un avatar.
Dans le culte de Mithra, venu de Perse, on fêtait le 25 décembre
le Sol Invictus (sol invaincu) par le sacrifice d’un taureau.
Ce rite correspondait à la naissance du jeune dieu solaire
qui surgissait d’un rocher sous la forme d’un nouveau-né.
Pour les premiers chrétiens qui cherchaient à convertir
le plus grand nombre, il était important d’accorder
à la période du solstice d’hiver, marquant une
période de renouveau, une place prédominante dans
le calendrier chrétien.
Nativité XIVe siècle
En 330, l’empereur Constantin officialisa le remplacement
du dieu solaire par la naissance du Christ.
De cette époque, datent les premières représentations,
sur les fresques des catacombes de Rome, de l’enfant Jésus,
des rois mages, de l’Annonciation …
En 381, au Concile de Constantinople, l’empereur Théodose
fit adopter la date du 25 décembre comme un dogme.
Pour les chrétiens d’Orient, la Nativité, restera
cependant fixée au 6 janvier qui, pour l’Occident,
devint jour de l’Epiphanie.
Marie et l’enfant Jésus
Dans la tradition occidentale, la naissance de
Jésus
relève du Divin : Marie reste vierge ;
elle est figurée assise portant l’enfant
Jésus sur ses genoux.
Nativité, lithographies du
milieu du XIXe siècle
La tradition orientale insiste au contraire sur la réalité
de l’Incarnation de Jésus, sur le caractère
humain de sa naissance : Marie qui vient d’accoucher est allongée.
Image dentelée imprimée
vers 1870
Les rois mages
L’histoire des rois
mages est un mélange de faits réels
et légendaires. D’après l’évangile
selon saint Mathieu :
« Jésus étant né à Bethléem
de Judée au temps du roi Hérode, voici que des mages
venus d’Orient se présentèrent à Jérusalem
et demandèrent : « Où est le roi des Juifs qui
vient de naître ? Nous avons vu en effet son astre se lever
et sommes venus lui rendre hommage. »
Adoration des Mages XVe siècle
Informé, le roi Hérode s’émut et manda
secrètement les mages, se fit préciser la date de
l’apparition de l’astre et les dirigea sur Bethléem
en disant : « Allez vous renseigner exactement sur l’enfant
; et quand vous l’aurez trouvé, avisez-moi afin que
j’aille, moi aussi, lui rendre hommage. »
Les mages se mirent en route et l’astre qu’ils avaient
vu à son lever, les devançait jusqu’à
ce qu’il vînt s’arrêter au-dessus de l’endroit
où était l’enfant.
Ils virent alors l’enfant et Marie et se prosternèrent
devant lui. Ils lui offrirent en présent de l’or, de
l’encens et de la myrrhe.
Les rois mages fin du XIXe siècle
Les rois mages qui sont représentés de couleur noir,
jaune et blanche symbolisent les trois âges de la vie et les
trois races connues alors.
La crèche et les santons
La crèche désigne la mangeoire pour les animaux dans
laquelle la Vierge a déposé Jésus à
sa naissance selon saint Luc.
Plus tard, elle désignera le lieu de la Nativité.
Le terme de crèche (de l’allemand Krippe) est apparu
dès le XIIe siècle. C’est au XVIe siècle
que les premières crèches d’église se
sont généralisées.
Il a fallut attendre le XVIIIe siècle pour que la crèche
familiale se répande et notamment avec l’apparition
des santons provençaux.
1894 Santon de Pierre Pagano
(Musée national des arts et traditions populaires, Paris)
Le véritable essor des santons est lié à la
révolution qui interdit la messe de Minuit et les crèches
d’églises.
Les Marseillais créent alors des crèches publiques.
En 1798, Louis Pagnel conçut des moules en plâtre pour
fabriquer ses santons. Cette nouveauté technologique révolutionna
cette industrie artisanale.
L’âne et le bœuf sont indissociables de la crèche.
Une croyance très ancienne veut que les animaux de la ferme
soient doués de parole la nuit de Noël.
Nativité, psautier enluminé,
début XVe siècle
L’âne et le bœuf n’avaient-ils pas réchauffé
de leur haleine le nouveau-né qui venait de naître
dans la grotte de Bethléem ?