En ce mois d’août
1945, malgré la progression des américains
dans le Pacifique, le Japon refuse la capitulation.
La guerre du Pacifique a déjà causé
de nombreux morts du côté des alliés.
La seule prise d’Okinawa a fait 7 613
morts dans les rangs américains.
Une offensive décisive sur les îles
principales du Japon se heurterait à 2 millions
de soldats japonais.
Pour hâter la fin du conflit, Truman ordonne
au général Carl Spaatz de lancer aussi
vite que possible une bombe atomique sur une ville
très peuplée du Japon.
Cet été de 1945 a vu l’horreur
s’abattre sur Hiroshima et sur Nagasaki.
Le feu nucléairesur Hiroshima
Le 6 août 1945, P.Tibbets embarque à bord de l’avion
Enola Gay la bombe à uranium baptisée Little Boy.
Le B-29 Enola Gay
A 8h13, il reçoit l’ordre de la larguer sur Hiroshima.
Le B-29 a déjà parcouru 25 Km quand son équipage
voit un immense éclair blanc. Puis, tandis que la ville disparaît
sous un amas de poussière grise parcourue de flammes, un
champignon nuageux monte jusqu’à la stratosphère.
Ce champignon a été vu par des témoins à
plus de 500 Km.
La bombe explose à 530 m au-dessus du
sol, créant une boule de feu dévastatrice.
En une fraction de seconde, la température
au sol atteint 6 000°C.
A 600 m de distance, la température est encore de 1 300°C.
Toutes les personnes présentent dans ce périmètre
meurent carbonisées. Plus loin, la chaleur est telle que
les yeux fondent dans leurs orbites. Certains visages ne sont plus
que des boules de chair à vif.
A 3 Km du lieu où la bombe est tombée, la peau brûlée,
tombe par plaques.
Avec une vitesse de plus de 300 m à la seconde, la vague
de chaleur souffle les véhicules, les maisons, les hommes.
Il ne reste plus rien de la végétation sur plusieurs
kilomètres.
Enfin, des milliers de personnes sont prises sous les décombres.
Le bilan est estimé à 78 150 morts ; 13 939
disparus ; 9 284 blessés.
Malgré l’ampleur de ce cauchemar, le Japon ne capitule
toujours pas. Le gouvernement japonais n’arrive pas à
prendre une décision en raison de l’opposition des
militaires. Devant cette obstination, le gouvernement américain
ordonne le largage d’une seconde bombe.
La bombe de Nagasaki
Le 9 août à midi, une seconde bombe est larguée
sur Nagasaki qui fait 36 000 morts et 40 000 blessés.
La vague de feu ne s’étend pas loin car la ville est
située au fond d’une vallée mais entraîne
la destruction totale de Nagasaki.
Les survivants et les secouristes brûlent les corps que la
chaleur putréfie rapidement. 72 heures après le drame,
les rares rescapés perdent l’appétit, vomissent
et crachent du sang. Ce sont les radiations qui continuent à
tuer ; les ruines dégagent de la radioactivité.
Médecins, secouristes, rescapés meurent 5, 15 ou
20 ans après de cancers et de leucémies. Leur agonie a
perpétué le cauchemar et rend, en réalité,
tout bilan exact des victimes impossible.
Le 14 août, l’Empereur Hirohito accepte la capitulation
inconditionnelle. Le 2 septembre, à bord du cuirassé
Missouri, l’acte de capitulation est signé. La Seconde
Guerre mondiale a alors pris réellement fin.
Représentants japonais à
bord du Missouri
La bombe atomique : une épée de
Damoclès
Depuis déjà 1939, des scientifiques britanniques
et américains travaillaient sur la réalisation de
la bombe atomique.
En Allemagne, les recherches avaient été stoppées
car elles n’étaient pas considérées comme
essentielles pour la guerre. On peut d’ailleurs s’en
réjouir car une telle arme dans les mains des nazis aurait
peut-être été la fin de l’humanité
toute entière.
Dès 1942, les américains étaient en possession
de la bombe atomique.
A la fin de la deuxième guerre mondiale, une course au nucléaire
s’engage. En 1949, l’U.R.S.S. essaie sa première
bombe A.
En 1951, les Etats-Unis mettent au point la bombe H à fusion,
encore plus destructrice.
En 1954, un seul engin possède 750 fois la puissance destructrice
de la bombe d’Hiroshima et, en 1961, c’est 2 500 fois
cette puissance.
Les Etats-Unis et l’U.R.S.S ont les moyens de détruire
plusieurs fois toute vie sur la Terre.
Après 1962 qui marque la détente entre les deux grandes
nations, le souci principal est la prolifération des bombes
atomiques.
France : 1960 ; Chine : 1964 ; Inde : 1974 etc …
Le pire est que suffisamment d’uranium et de
plutonium circulent pour que l’on puisse craindre le pire.
Si la bombe d’Hiroshima a été larguée
pour mettre officiellement fin à la Seconde Guerre mondiale,
il n’y a aucun doute que sa descendance reste une épée
de Damoclès au-dessus de la tête de notre planète.
La grande question qui ne trouvera sans doute jamais de réponse
est : Fallait-il envoyer ces deux bombes pour
épargner le massacre qu’aurait été
la conquête du Japon ville par ville ?
V.B (02.2005)
Références bibliographiques
Hiroshima - L'histoire De La Première Bombe Atomique; Lawton Clive-A . Gallimard 2005
Hiroshima:La Bombe. La Documentation Francaise 1986
L'histoire N° 188 : Hiroshima 1995