La fierté du régime
nazi
En mai 1937, le Hindenburg a déjà
traversé l’Atlantique une vingtaine
de fois sans aucun problème.
Ce luxueux dirigeable est une véritable
innovation. En effet, il inaugure le transport
de passagers par Zeppelin.
Construit par les ingénieurs allemands
dans le nouveau régime nazi, ce dirigeable
constitue un véritable « label »
de l’ingéniosité allemande.
Le jour de l’accident, il transporte 97
personnes de Francfort à destination des
Etats-Unis.
Long de 248 m et large de 41 m à son plus
grand diamètre, l’engin est maintenu
dans les airs par 190 000 m3 d’hydrogène.
Il est équipé de quatre moteurs
Diesel qui peuvent le propulser à une vitesse
maximale de 70 nœuds (environ 135 km/h).

Le Hindenburg survolant
New York (Photo © Culver Pictures)
Pendant la traversée, qui dure trois jours,
les passagers peuvent feuilleter les livres de
la bibliothèque, dîner fastueusement
dans la salle à manger ou se reposer dans
le magnifique salon.
L’explosion du Hindenburg
Le vol se déroule sans problème
jusqu’au 6 mai 1937, date à laquelle
le dirigeable atteint le New Jersey.
Les orages l’empêchent d’atterrir.
De ce fait, le Hindenburg survole la zone pendant
plusieurs heures, puis le temps s’améliore
suffisamment pour lui permettre de tenter un atterrissage.
Lorsque le dirigeable est enfin au-dessus du
point d’atterrissage, les pilotes laissent
tomber les amarres qui doivent le faire descendre
de son altitude de 60 m jusqu’au sol.
Les passagers rassemblent leurs affaires et se
préparent à débarquer.
Soudain, une légère bouffée
de fumée apparaît à l’arrière
du zeppelin, suivie d’une autre, plus abondante.
Presque immédiatement, le dirigeable s’embrase.
Des passagers sautent et s’écrasent
sur la piste. D’autres sont brûlés
vifs à l’intérieur de l’appareil
en flammes.
Certains meurent, écrasés par le
poids de l’appareil.

L'explosion du
Hindenburg (© Archive Photos)
Aussitôt trois commissions d’enquête
sont formées afin de déterminer
les causes de cette catastrophe.
A l’époque, ni les autorités
allemandes, ni les autorités américaines
n’ont voulu enquêter sur l’éventualité
d’un sabotage, de crainte de provoquer un
incident diplomatique.
Quelques années plus tard, les Allemands
ont néanmoins relancé cette hypothèse,
arguant du désir des Etats-Unis de ternir
l’image du nouveau régime nazi.
Mais, ils n’en ont jamais apporté
la preuve.
Cette tragédie a mis fin au transport
de passagers par Zeppelin.
Accident ou sabotage ?
C’est seulement en 1997 qu’un spécialiste
de l’hydrogène, Addison Bain, et
une équipe de chercheurs de la NASA, ont
relancé l’affaire.
Ils affirment que le gaz n’est pas en cause.
D’abord, les flammes du Hindenburg étaient
rouge vif, alors que l’hydrogène
ne produit pas de flammes visibles.
Ensuite, aucun témoin n’a mentionné
l’odeur d’ail suffocante qui avait
été mêlé à l’hydrogène
pour permettre de détecter une fuite éventuelle.
Les conditions météorologiques
pourraient bien, par contre, expliquer l’accident.
L’orage qui sévissait au moment où
le dirigeable essayait d’atterrir charriait
une grande quantité d’électricité,
et des éclairs striaient le ciel autour
de l’appareil.

Le Hindenburg en
feu (Photo © SuperStock)
Bain s’est également procuré
deux échantillons d’une enveloppe
de dirigeable vieille de 60 ans et semblable à
celle qui a été utilisé pour
la construction du Hindenburg.
Les tests montrent, que pour être renforcée,
la carène de l’appareil avait été
enduite d’un composé à base
de nitrate qui entre dans la composition de la
poudre à canon.
Par-dessus ce revêtement explosif, une autre
couche à base d’une poudre d’aluminium
utilisée pour la propulsion des fusées,
a été appliquée.
Pour fignoler cette véritable bombe ambulante,
les différentes parties de la carène
étaient assemblées par des armatures
de bois, recouvertes d’une laque inflammable.
Pour appuyer sa thèse, Bain a soumis les
échantillons aux mêmes conditions
atmosphériques du 6 mai 1937.
Le matériau s’est aussitôt
enflammé.
Le chercheur a fit le commentaire suivant : »La
morale de l’histoire, c’est qu’il
ne faut pas peindre votre dirigeable avec du combustible
pour fusée. »
V.B (12.04.2006)
Bibliographie principale
Chronique du 20e siècle . Les plus célèbres
mystères de l’Histoire, Sélection
du Reader’s Digest
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de notre Histoire
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