La découverte d’Homo habilis
Nous sommes en 1960, Mary et Louis Leakey fouillent depuis 20 ans
la large gorge semi-désertique d’Olduvai, en Tanzanie
(Afrique orientale).
Ils ont déjà découvert de primitives pierres
taillées datées de 1,8 millions d’années.
Le 2 novembre 1960, leur fils Jonathan, dégage les fragments
osseux éparpillés d’une main et d’un crâne.
La mandibule, fragmentaire, est plus fine et plus petite que celle
des singes.

Crâne d'Homo habilis retrouvé en Tanzanie. By Mary Harrsch Licence
La capacité cérébrale (capacité du
cerveau) est légèrement plus importante que celle
des australopithèques.
Mais, le plus important est la morphologie de la main. Mis bout
à bout, les ossements ne laissent aucun doute.
Les premières phalanges (segments articulés des doigts
et des orteils), longues et recourbées, sont avant tout adaptées
à la vie dans les arbres, mais les dernières phalanges,
courtes et élargies, et surtout le pouce, opposable aux autres
doigts, sont proches des nôtres.
Avec une telle main, cet individu pouvait parfaitement
attraper une pierre ou tout autre objet. Il était habile.
Il devint donc un Homo habilis, le premier homme.
Ci-dessous, une image qui représente 6 mains. De gauche
à droite, un chimpanzé, un gorille, un babouin et
un homme.
La main d’un primate peut, entre les extrémités
de ses deux doigts, saisir, coincer et tenir la nourriture ou des
objets.
Le pouce humain est capable de rencontrer et presser fortement le
bout des quatre autres doigts.
Notre main est moins puissante mais plus précise.

On ne veut pas de cet ancêtre !
Pauvre Homo habilis ! Sa découverte ne réjouit pas
tous les scientifiques. En fait, personne ne veut de cet ancêtre
muni d’un petit crâne :
Son volume crânien varie entre 600 et 750 cm3 alors que le
tien est de 1 350 cm3.
En plus, il est court sur pattes puisqu’il mesure de 1,10
m à 1,40 m. Il possède de longs bras qui descendent
jusqu’aux genoux et il est sans doute très poilu.
Malgré tout, Homo habilis est bipède. Il peut marcher
mais pas courir. Il se sert de son cerveau pour créer des
outils qui lui permettent de survivre.
Et surtout, comme nous, il mange de la viande. Le cerveau ne pèse
que 2% du poids du corps mais il consomme 20% de son énergie.
Il a donc besoin d’être bien alimenté pour fonctionner.
Les fruits, les légumes ou les graines sont pauvres en énergie.
La viande, par contre, apporte des protéines. Elles sont
essentielles au cerveau.
Chasseur ou charognard ?
Manger de la viande demande une organisation plus complexe que
celle des herbivores. Dans la savane, le zèbre est herbivore.
Il lui suffit de baisser la tête pour manger de l’herbe.
Le lion qui chasse le zèbre est un carnivore.
Les lionnes chassent en groupe et donc s’organisent pour survivre.

Au Pliocène, les ancêtres
des éléphants actuels étaient chassés
par nos ancêtres
Ce schéma est identique pour nos ancêtres. Homo habilis
a du descendre de son arbre et s’aventurer sur des étendues
inconnues. Il a du aussi apprendre à vivre en groupe.
Chassait-il les animaux ou mangeait-il les cadavres ?
Difficile de répondre à cette question car nous ne
savons pas encore tout sur la vie des premiers hommes.
On sait qu’il mangeait de la viande. Il récupérait
peut-être les restes laissés par les prédateurs.
En groupe, il pouvait aussi éloigner les félins en
leur jetant des pierres.

Il devait savoir découper les carcasses et pour cela il
faut des outils. Ensuite, il a du apprendre à partager son
repas ce qui favorise les échanges sociaux.

Chopping-tool. C'est un galet qui
coupe sur les deux faces
Grâce à ses couteaux en silex ou en quartz, il dépèce
les carcasses d’antilopes ou de rhinocéros abandonnés
par les lions ou les tigres à dents de sabre.
Il utilise plusieurs outils :
- Les choppers sont des galets aménagés avec un
tranchant d’un seul côté
- Les chopping-tools coupent sur les deux faces
D’après les entailles retrouvées sur des ossements
d’animaux, il récupère sans doute aussi les
tendons et la peau pour un usage domestique.

On peut donc penser que les plus vieux apprenaient aux plus jeunes
à choisir les bons galets et à les tailler. La notion
d’apprentissage était née.
La taille des galets
Homo habilis choisissait une pierre assez lourde qu’on appelle
le percuteur ; puis, un galet qui était soit en silex, en
grès ou en quartz (ce sont des roches).
Avec le percuteur, il tapait très fort verticalement sur
une surface plane près du bord du galet ou sur tout son pourtour.
Il créait ainsi un tranchant sur un côté ou
les deux faces du galet.
Homo habilis était casanier
Cet homme avait ses habitudes. D’après les études,
les mêmes sites étaient occupés 10 à
15 ans par les mêmes groupes.
Il y cachait ses outils et s’en servait comme garde-manger.
Homo habilis n’était pas un nomade mais il parcourait
de longues distances pour trouver les pierres idéales pour
la fabrication de ses outils.
Homo habilis n’était pas seul
Homo habilis s’est bien adapté à son milieu
et y a survécu pendant 2 millions d’années environ.
Notre espèce, Homo sapiens, est bien plus jeune.
Homo habilis n’était pas tout seul. Il partageait
la savane avec d’autres hominidés. On a retrouvé
des fossiles d’australopithèques, Australopithecus
boisei, qui vécut entre - 2,1 et – 1,5 million d’années.

Des Australopithèques dans
la savane
On a retrouvé également les restes d’un autre
homme : Homo rudolfensis qui a vécu en partie en même
temps qu’Homo habilis.

Crâne d'Homo rudolfensis
L’évolution n’est pas une succession logique
d’espèces, aboutissant à un être supérieur
: Homo sapiens.
Au contraire, notre arbre généalogique possède
de nombreuses branches qui poussent et parfois se brisent.
Des lignées meurent et d’autres naissent de façon
plus ou moins aléatoire. L’espèce humaine a
vu le jour pour plusieurs raisons, liées au hasard et à
ses capacités d’adaptation en fonction des incidents
climatiques.
V.B (15.03.2006)
Sources et Bibliographie principale
La vie des hommes de la préhistoire, Brigitte et Gilles
Delluc, éditions Ouest-France
La fabuleuse histoire de la Terre, Sélection du Reader's
Digest
Berceaux de l'humanité, Editions Larousse
La Préhistoire pour les enfants
Synthèse
de nos origines
Les Hommes
Singes
Australopithèque
L'homme
qui avance: Homo erectus
L'Homme
de Néandertal
<
Evolution de l'homme. Préhistoire pour les enfants |