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Homo habilis : Et l’outil créa l’homme

La Préhistoire pour les enfants (Juniors de - 13 ans)

Il y a 3 millions d’années, Homo habilis marchait sur la terre africaine. Il a ainsi été baptisé car il était habile de ses mains et savait fabriquer des outils.
Homo habilis est encore très proche de ses ancêtres singes. Pourtant, la taille et la forme de son crâne préfigurent (représenter à l’avance) le développement du cerveau au détriment de l’appareil masticateur (qui sert à mâcher la nourriture).

La découverte d’Homo habilis

Nous sommes en 1960, Mary et Louis Leakey fouillent depuis 20 ans la large gorge semi-désertique d’Olduvai, en Tanzanie (Afrique orientale).
Ils ont déjà découvert de primitives pierres taillées datées de 1,8 millions d’années.

Le 2 novembre 1960, leur fils Jonathan, dégage les fragments osseux éparpillés d’une main et d’un crâne.
La mandibule, fragmentaire, est plus fine et plus petite que celle des singes.

homo habilis

Crâne d'Homo habilis retrouvé en Tanzanie. By Mary Harrsch Licence

La capacité cérébrale (capacité du cerveau) est légèrement plus importante que celle des australopithèques.

Mais, le plus important est la morphologie de la main. Mis bout à bout, les ossements ne laissent aucun doute.
Les premières phalanges (segments articulés des doigts et des orteils), longues et recourbées, sont avant tout adaptées à la vie dans les arbres, mais les dernières phalanges, courtes et élargies, et surtout le pouce, opposable aux autres doigts, sont proches des nôtres.

Avec une telle main, cet individu pouvait parfaitement attraper une pierre ou tout autre objet. Il était habile. Il devint donc un Homo habilis, le premier homme.

Ci-dessous, une image qui représente 6 mains. De gauche à droite, un chimpanzé, un gorille, un babouin et un homme.
La main d’un primate peut, entre les extrémités de ses deux doigts, saisir, coincer et tenir la nourriture ou des objets.
Le pouce humain est capable de rencontrer et presser fortement le bout des quatre autres doigts.
Notre main est moins puissante mais plus précise.

On ne veut pas de cet ancêtre !

Pauvre Homo habilis ! Sa découverte ne réjouit pas tous les scientifiques. En fait, personne ne veut de cet ancêtre muni d’un petit crâne :

Son volume crânien varie entre 600 et 750 cm3 alors que le tien est de 1 350 cm3.

En plus, il est court sur pattes puisqu’il mesure de 1,10 m à 1,40 m. Il possède de longs bras qui descendent jusqu’aux genoux et il est sans doute très poilu.

Malgré tout, Homo habilis est bipède. Il peut marcher mais pas courir. Il se sert de son cerveau pour créer des outils qui lui permettent de survivre.

Et surtout, comme nous, il mange de la viande. Le cerveau ne pèse que 2% du poids du corps mais il consomme 20% de son énergie.
Il a donc besoin d’être bien alimenté pour fonctionner. Les fruits, les légumes ou les graines sont pauvres en énergie. La viande, par contre, apporte des protéines. Elles sont essentielles au cerveau.

Chasseur ou charognard ?

Manger de la viande demande une organisation plus complexe que celle des herbivores. Dans la savane, le zèbre est herbivore. Il lui suffit de baisser la tête pour manger de l’herbe. Le lion qui chasse le zèbre est un carnivore.
Les lionnes chassent en groupe et donc s’organisent pour survivre.

Au Pliocène, les ancêtres des éléphants actuels étaient chassés par nos ancêtres

Ce schéma est identique pour nos ancêtres. Homo habilis a du descendre de son arbre et s’aventurer sur des étendues inconnues. Il a du aussi apprendre à vivre en groupe.

Chassait-il les animaux ou mangeait-il les cadavres ?

Difficile de répondre à cette question car nous ne savons pas encore tout sur la vie des premiers hommes.
On sait qu’il mangeait de la viande. Il récupérait peut-être les restes laissés par les prédateurs. En groupe, il pouvait aussi éloigner les félins en leur jetant des pierres.

Il devait savoir découper les carcasses et pour cela il faut des outils. Ensuite, il a du apprendre à partager son repas ce qui favorise les échanges sociaux.

Chopping-tool. C'est un galet qui coupe sur les deux faces

Grâce à ses couteaux en silex ou en quartz, il dépèce les carcasses d’antilopes ou de rhinocéros abandonnés par les lions ou les tigres à dents de sabre.

Il utilise plusieurs outils :

  • Les choppers sont des galets aménagés avec un tranchant d’un seul côté
  • Les chopping-tools coupent sur les deux faces

D’après les entailles retrouvées sur des ossements d’animaux, il récupère sans doute aussi les tendons et la peau pour un usage domestique.

On peut donc penser que les plus vieux apprenaient aux plus jeunes à choisir les bons galets et à les tailler. La notion d’apprentissage était née.

La taille des galets

Homo habilis choisissait une pierre assez lourde qu’on appelle le percuteur ; puis, un galet qui était soit en silex, en grès ou en quartz (ce sont des roches).

Avec le percuteur, il tapait très fort verticalement sur une surface plane près du bord du galet ou sur tout son pourtour.

Il créait ainsi un tranchant sur un côté ou les deux faces du galet.

Homo habilis était casanier

Cet homme avait ses habitudes. D’après les études, les mêmes sites étaient occupés 10 à 15 ans par les mêmes groupes.
Il y cachait ses outils et s’en servait comme garde-manger. Homo habilis n’était pas un nomade mais il parcourait de longues distances pour trouver les pierres idéales pour la fabrication de ses outils.

Homo habilis n’était pas seul

Homo habilis s’est bien adapté à son milieu et y a survécu pendant 2 millions d’années environ.
Notre espèce, Homo sapiens, est bien plus jeune.

Homo habilis n’était pas tout seul. Il partageait la savane avec d’autres hominidés. On a retrouvé des fossiles d’australopithèques, Australopithecus boisei, qui vécut entre - 2,1 et – 1,5 million d’années.

Des Australopithèques dans la savane

On a retrouvé également les restes d’un autre homme : Homo rudolfensis qui a vécu en partie en même temps qu’Homo habilis.

Crâne d'Homo rudolfensis

L’évolution n’est pas une succession logique d’espèces, aboutissant à un être supérieur : Homo sapiens.
Au contraire, notre arbre généalogique possède de nombreuses branches qui poussent et parfois se brisent.
Des lignées meurent et d’autres naissent de façon plus ou moins aléatoire. L’espèce humaine a vu le jour pour plusieurs raisons, liées au hasard et à ses capacités d’adaptation en fonction des incidents climatiques.

V.B (15.03.2006)

Sources et Bibliographie principale

La vie des hommes de la préhistoire, Brigitte et Gilles Delluc, éditions Ouest-France
La fabuleuse histoire de la Terre, Sélection du Reader's Digest
Berceaux de l'humanité, Editions Larousse

La Préhistoire pour les enfants

Synthèse de nos origines

Les Hommes Singes

Australopithèque

L'homme qui avance: Homo erectus

L'Homme de Néandertal

< Evolution de l'homme. Préhistoire pour les enfants


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