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La Guyane

Avec ses 86 504 km², la Guyane est le plus grand département français. Ce département se situe en Amérique du Sud à côté du Brésil.
Si la Guyane est célèbre pour son bagne à Cayenne, elle est moins connue pour la richesse de sa faune et de sa flore.
La majorité de ce département est couvert par la forêt équatoriale très dense qui abrite 200 espèces de mammifères à protéger ainsi qu’une multitude d’autres espèces animales exceptionnelles.
Or, la ruée vers l’or est actuellement en train de détruire tout l’écosystème. Le braconnage qui se rajoute à cette fièvre de l’or risque à court terme de provoquer l’extinction de nombreuses espèces.

L’or empoisonne la Guyane

Dans la jungle amazonienne, des orpailleurs opèrent en toute illégalité. Pour ceux qui ont vu le reportage diffusé sur Canal +, le décor de ces camps de chercheurs d’or m’a rappelé l’ambiance futuriste de Mad Max.
Désordre et criminalité y règnent en maître.

Ces camps sont enfouis au cœur de la forêt équatoriale qui recouvre 95% de la superficie de la Guyane. Ils sont d’un accès très difficile.

Les prix y sont exorbitants et la vie d’un homme vaut moins cher qu’un plat de riz. En voyant les images rapportées par les journalistes, je me suis demandée si on était bien en Guyane Française au 21e siècle et non au Far West il y a 200 ans.
Tout semble totalement irréel.

Autant préciser que les conditions sanitaires y sont inexistantes. D’ailleurs, sur ordre de la Préfecture, le SAMU a interdiction d’intervenir en cas d’accident. L’insécurité y est trop grande.

Un camp de chercheurs d'or démantelé par la gendarmerie

Le plus inquiétant ce sont les dégâts provoqués par les orpailleurs sur l’environnement. Ils utilisent de grandes quantités de mercure pour amalgamer dans leurs tamis les paillettes d’or extraites de l’eau.
Ensuite, le mercure se dissout dans l’eau et pollue les fleuves.

Tous les poissons carnassiers qui sont à la base de l’alimentation des Amérindiens sont ainsi contaminés et totalement impropres à la consommation.
Des taux de mercure très élevés ont été relevés sur les populations il y a 10 ans. Depuis, aucune étude sérieuse n’a été menée.
Pourtant, les fausses couches, les malformations et les handicaps mentaux sont anormalement élevés.

Si une telle chose se produisait sur le continent, le public serait horrifié et les associations monteraient au créneau immédiatement. Mais, là, perdue dans la forêt équatoriale, la population locale pourtant bien française est oubliée de tous.

Le centre de soins de l’association Kwata

Ce centre de soins a été crée en 1998 par Ingrun de Thoisy. C’est le seul centre en Guyane habilité par le Ministère de l’environnement à recueillir et à soigner des mammifères sauvages blessés.

La vocation de cette structure est de soigner les animaux puis de les réintroduire dans la nature. Les pensionnaires, victimes des braconniers essentiellement, sont malheureusement nombreux : ocelots, paresseux, tatous, singes…

Près de 40 espèces ont déjà été hébergées depuis la création de ce refuge.

L'Atèle noir surnommé le "singe araignée" peut faire des bonds incroyables et se laisser tomber au sol à 10 m de haut

Les singes orphelins dont la mère a été tuée sont les plus difficiles à soigner. En effet, un bébé singe doit être nourri au biberon jusqu’au sevrage. Or, cette période peut aller jusqu’à trois ans.
Ils doivent ensuite réapprendre à vivre et à survivre dans leur habitat naturel.

Une note d’optimisme dans ce triste tableau : le centre et sa créatrice font des merveilles et plus d’un pensionnaire sur deux quitte le centre en bonne santé.

Une faune animale exceptionnelle

Enclavée entre le Surinam, le Brésil et l'océan Atlantique, la Guyane abrite 26 espèces de perroquets. Profitant de l'abondance de fruits et de graines, l'ara Macao et le perroquet maillé ont élu domicile dans les frondaisons humides de la forêt. On les rencontre principalement à l'intérieur des terres.

Un somptueux ara macao

Composée d’essences rares et d’arbres pluricentenaires, la forêt amazonienne est traversée par des fleuves et des rivières qui maintiennent un taux d’humidité constant.

Le paresseux figure parmi les plus gros mammifères le mieux adaptés à la vie dans les forêts tropicales.
Son mode de vie est essentiellement arboricole et phyllophage. Le paresseux vit habituellement suspendu aux branches. Il partage son temps entre les siestes et la collecte de feuilles.

By Jenny & Jan Licence

Parmi ses plus grands prédateurs figurent l’ocelot et le jaguar.

Le jaguar est un formidable chasseur en milieu forestier. C’est le plus grand félin des Amériques. Prédateur nocturne, c’est également l’unique prédateur naturel de l’anaconda.

L’ocelot, plus petit, utilise son magnifique pelage roux taché de brun pour se cacher parmi les feuillages.

Parmi les espèces rares, on peut également citer la loutre géante. Elle peut peser jusqu’à 34 kg pour 2 m de long.
Elle a été baptisée l’otarie des fleuves. La loutre géante a un comportement assez sociable et vit en communauté de 5 à 8 individus.

Malgré son aspect inoffensif, elle est l’un des plus gros prédateurs de la région. Elle se nourrit de poissons, de crabes, de serpents et même de caïmans.
Elle consomme en moyenne 4,5 kg de nourriture par jour.

Parmi les 110 espèces de reptiles et amphibiens qui vivent en Guyane, il y a le caïman noir.
Le caïman noir ne vit que dans les zones les plus reculées. On a estimé qu’au cours du 19e siècle, la chasse avait fait disparaître 99% de la population.

L’animal le plus curieux que l’on puisse observer en Guyane est certainement le tatou à neuf bandes.
Insectivore, cet incroyable animal possède une carapace d’écailles et une peau de reptile. C’est un véritable fouisseur qui creuse en profondeur pour trouver ses proies. Muni de redoutables pattes griffues, le tatou s’adonne à son activité favorite : la recherche de fourmis et de termites.

Enfin, dans les épaisses forêts de Guyane, le tamandua compte sur son ouïe et son odorat pour repérer ses proies. Gauche et maladroit au sol, le tamandua vit dans les arbres. C’est l’une des quatre espèces de fourmiliers qui existent au monde.

Il serait temps que la France se décide à protéger son patrimoine. Il serait vraiment catastrophique qu’une telle richesse disparaisse par négligence.

V.B (11.2005)

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