L’or empoisonne la Guyane
Dans la jungle amazonienne, des orpailleurs opèrent en toute
illégalité. Pour ceux qui ont vu le reportage diffusé
sur Canal +, le décor de ces camps de chercheurs d’or
m’a rappelé l’ambiance futuriste de Mad Max.
Désordre et criminalité y règnent en maître.
Ces camps sont enfouis au cœur de la forêt équatoriale
qui recouvre 95% de la superficie de la Guyane. Ils sont d’un
accès très difficile.

Les prix y sont exorbitants et la vie d’un homme vaut moins
cher qu’un plat de riz. En voyant les images rapportées
par les journalistes, je me suis demandée si on était
bien en Guyane Française au 21e siècle et non au Far
West il y a 200 ans.
Tout semble totalement irréel.
Autant préciser que les conditions sanitaires y sont inexistantes.
D’ailleurs, sur ordre de la Préfecture, le SAMU a interdiction
d’intervenir en cas d’accident. L’insécurité
y est trop grande.

Un camp de chercheurs d'or démantelé
par la gendarmerie
Le plus inquiétant ce sont les dégâts provoqués
par les orpailleurs sur l’environnement. Ils utilisent de
grandes quantités de mercure pour amalgamer dans leurs tamis
les paillettes d’or extraites de l’eau.
Ensuite, le mercure se dissout dans l’eau et pollue les fleuves.
Tous les poissons carnassiers qui sont à la base de l’alimentation
des Amérindiens sont ainsi contaminés et totalement
impropres à la consommation.
Des taux de mercure très élevés ont été
relevés sur les populations il y a 10 ans. Depuis, aucune
étude sérieuse n’a été menée.
Pourtant, les fausses couches, les malformations et les handicaps
mentaux sont anormalement élevés.
Si une telle chose se produisait sur le continent, le public serait
horrifié et les associations monteraient au créneau
immédiatement. Mais, là, perdue dans la forêt
équatoriale, la population locale pourtant bien française
est oubliée de tous.
Le centre de soins de l’association Kwata
Ce centre de soins a été crée en 1998 par
Ingrun de Thoisy. C’est le seul centre en Guyane habilité
par le Ministère de l’environnement à recueillir
et à soigner des mammifères sauvages blessés.
La vocation de cette structure est de soigner les animaux puis
de les réintroduire dans la nature. Les pensionnaires, victimes
des braconniers essentiellement, sont malheureusement nombreux :
ocelots, paresseux, tatous, singes…

Près de 40 espèces ont déjà été
hébergées depuis la création de ce refuge.

L'Atèle noir surnommé
le "singe araignée" peut faire des bonds incroyables
et se laisser tomber au sol à 10 m de haut
Les singes orphelins dont la mère a été tuée
sont les plus difficiles à soigner. En effet, un bébé
singe doit être nourri au biberon jusqu’au sevrage.
Or, cette période peut aller jusqu’à trois ans.
Ils doivent ensuite réapprendre à vivre et à
survivre dans leur habitat naturel.

Une note d’optimisme dans ce triste tableau : le centre et
sa créatrice font des merveilles et plus d’un pensionnaire
sur deux quitte le centre en bonne santé.
Une faune animale exceptionnelle
Enclavée entre le Surinam, le Brésil et l'océan
Atlantique, la Guyane abrite 26 espèces de perroquets. Profitant
de l'abondance de fruits et de graines, l'ara
Macao et le perroquet maillé ont élu domicile
dans les frondaisons humides de la forêt. On les rencontre
principalement à l'intérieur des terres.

Un somptueux ara macao
Composée d’essences rares et d’arbres pluricentenaires,
la forêt amazonienne est traversée par des fleuves
et des rivières qui maintiennent un taux d’humidité
constant.

Le paresseux figure parmi les plus gros
mammifères le mieux adaptés à la vie dans les
forêts tropicales.
Son mode de vie est essentiellement arboricole et phyllophage. Le
paresseux vit habituellement suspendu aux branches. Il partage son
temps entre les siestes et la collecte de feuilles.

By Jenny
& Jan Licence
Parmi ses plus grands prédateurs figurent l’ocelot
et le jaguar.
Le jaguar est un formidable chasseur
en milieu forestier. C’est le plus grand félin des
Amériques. Prédateur nocturne, c’est également
l’unique prédateur naturel de l’anaconda.

L’ocelot, plus petit, utilise
son magnifique pelage roux taché de brun pour se cacher parmi
les feuillages.

Parmi les espèces rares, on peut également citer
la loutre géante. Elle peut peser jusqu’à
34 kg pour 2 m de long.
Elle a été baptisée l’otarie des fleuves.
La loutre géante a un comportement assez sociable et vit
en communauté de 5 à 8 individus.

Malgré son aspect inoffensif, elle est l’un des plus
gros prédateurs de la région. Elle se nourrit de poissons,
de crabes, de serpents et même de caïmans.
Elle consomme en moyenne 4,5 kg de nourriture par jour.
Parmi les 110 espèces de reptiles et amphibiens qui vivent
en Guyane, il y a le caïman noir.
Le caïman noir ne vit que dans les zones les plus reculées.
On a estimé qu’au cours du 19e siècle, la chasse
avait fait disparaître 99% de la population.

L’animal le plus curieux que l’on puisse observer en
Guyane est certainement le tatou à
neuf bandes.
Insectivore, cet incroyable animal possède une carapace d’écailles
et une peau de reptile. C’est un véritable fouisseur
qui creuse en profondeur pour trouver ses proies. Muni de redoutables
pattes griffues, le tatou s’adonne à son activité
favorite : la recherche de fourmis et de termites.

Enfin, dans les épaisses forêts de Guyane, le
tamandua compte sur son ouïe et son odorat pour repérer
ses proies. Gauche et maladroit au sol, le tamandua vit dans les
arbres. C’est l’une des quatre espèces de fourmiliers
qui existent au monde.

Il serait temps que la France se décide à protéger
son patrimoine. Il serait vraiment catastrophique qu’une telle
richesse disparaisse par négligence.
V.B (11.2005)
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Réserves naturelles
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