Les
guérisseurs philippins
La science occidentale réfute totalement la possibilité qu’un homme puisse opérer un patient sans l’aide d’aucun instrument de chirurgie. Dans les années 70, une équipe de chercheurs occidentaux s’est rendue aux Philippines pour enquêter sur ces guérisseurs.
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La plupart des guérisseurs philippins appartiennent à l’Union spirite chrétienne, issue de la Société spirite fondée en 1857 par Allan Kardec. Leur formation consiste en la pratique de l’humilité, la prière et l’apprentissage de chapitres de la Bible qui traitent de guérison. Le mouvement spiritualiste du 19e siècle a été
importé de France au Brésil sous le nom de spiritisme. Ses enseignements ont été repris dans les années 1920 aux Philippines puis au Brésil par un catholique, Zelio de Moraes, qui se croyait possédé par les esprits d’indiens décédés. Des temples et des centres de soins spirites s’ouvrirent. La chirurgie « psy » est sans nul doute la plus étrange retombée du spiritisme.
Aucun des guérisseurs ne possèdent de connaissance
en médecine et d’ailleurs, ils ne peuvent pas, eux-mêmes,
expliquer comment ils procèdent pour opérer.
L’équipe de scientifiques qui s’est rendue aux Philippines en 1973 et 1975 était composée de chercheurs venant de sept pays. Ils étaient spécialisés dans différentes disciplines : médecine, biologie, parapsychologie, chimie, prestidigitation … Ils ont vu un grand nombre de guérisseurs et ont suivi plus
particulièrement les « opérations » de
Tony Agpaoa, très célèbre dans le pays. Le patient est étendu sur une table et, souvent, garde ses
vêtements. Seuls le ventre et parfois la poitrine sont découverts.
Le guérisseur s’approche alors du patient et, à
l’aide d’un coton mouillé, nettoie le ventre
en le frottant très fort.
Un liquide écarlate apparaît rapidement et les doigts
ensanglantés du guérisseur semblent pénétrer
dans la chair.
Début d'une opération: un guérisseur pratique à main nue l'incision de la tumeur Il malaxe à nouveau la plaie, puis frotte la chair avec un coton. La plaie est refermée et ne laisse voir aucune trace d’incision. Le patient ne ressent aucune douleur pendant toute l’opération qui ne dure pas plus de 2 à 3 minutes. Il peut alors s’en aller comme si de rien n’était. Des milliers de personnes viennent se faire soigner par ces guérisseurs.
Au Brésil, il existe également des hommes qui opèrent
à peu près de la même manière. Parmi
eux, José Arigo, aujourd’hui décédé,
effectuait des ablations chirurgicales très rapides, à
l’aide d’un simple couteau, sans qu’il y ait eu
d’infection post-opératoire. Il s’agissait probablement d’un dédoublement de la personnalité ce qui n’explique d’ailleurs nullement comment cet homme réussissait de telles interventions. Pour Arigo, ce médecin allemand avait pris le contrôle de son esprit. Arigo a été condamné, en 1965, à la prison pour pratique illégale de la médecine ce qui n’empêcha nullement ses patients de le vénérer. Il est mort en 1971 dans un accident de voiture. A sa décharge, soulignons qu’il opérait gratuitement.
Ces méthodes sont bien sûr rejetées par la médecine officielle. Une enquête de l’Association médicale américaine menée en 1960 avait conclu de manière assez laconique d’ailleurs que ces guérisseurs étaient des escrocs. Par contre, l’enquête menée par George Meek,
dans les années 1970, avait mis en avant la réalité
des faits tout en soulignant que des fraudes existaient. Les films réalisés sur le sujet sont peu probants. Les clichés sont souvent pris de loin et donc assez flous. Cependant, l’hypothèse de l’hypnose collective a pu ainsi être écartée. Les examens effectués après les opérations montrent que le sang recueilli ne correspond pas toujours au groupe sanguin du patient. De plus, il est parfois d’origine animal.
Sigrun Seuteman, un médecin homéopathe, a supervisé
plus de 6 000 opérations. Il estime que dans 98% des cas,
le tissu conjonctif qui se matérialise à la surface
du corps, n’est pas humain. Les parapsychologues sont, quant à eux, très sceptiques.
Les enquêtes menées en 1968 par l’un d’entre
eux, le Pr Hans Bender, ont conclu à des fraudes. Comme on peut le voir, le sujet est très controversé.
Avec de telles déclarations contradictoires, il est difficile
de se faire une opinion. A priori, de telles opérations sont
impossibles du point de vue de la physiologie. Il serait assez facile de dissimuler un morceau de viande sanguinolent
et avec un habile tour de passe-passe l’arborer triomphalement
à la fin de l’intervention. Si tour de magie il y a, il reste à découvrir. V.B (11.07.2005)
La Mémoire de l’humanité. Les grandes énigmes. Editions Larousse |