La science occidentale réfute totalement
la possibilité qu’un homme puisse
opérer un patient sans l’aide d’aucun
instrument de chirurgie. Dans les années
70, une équipe de chercheurs occidentaux
s’est rendue aux Philippines pour enquêter
sur ces guérisseurs.
L’origine des guérisseurs philippins
La plupart des guérisseurs philippins appartiennent à
l’Union spirite chrétienne, issue de la Société
spirite fondée en 1857 par Allan Kardec. Leur formation consiste
en la pratique de l’humilité, la prière et l’apprentissage
de chapitres de la Bible qui traitent de guérison.
Le mouvement spiritualiste du 19e siècle a été
importé de France au Brésil sous le nom de spiritisme.
L’engouement pour le spiritisme et les tables tournantes est
né aux Etats-Unis vers 1840. Il a rapidement gagné
l’Europe. Ce mouvement a connu son apogée en France
en 1850 avec la publication du Livre des esprits d’Allan Kardec
qui s’appelait en réalité Hippolyte Léon
Denizard Rivail. C’était un médecin qui affirmait
avoir été dans une vie antérieure un druide
nommé Allan Kardec.
Il fut l’introducteur du spiritisme en France. Ses conférences
connurent un immense succès à travers le monde.
Ses enseignements ont été repris dans les années
1920 aux Philippines puis au Brésil par un catholique, Zelio
de Moraes, qui se croyait possédé par les esprits
d’indiens décédés.
Des temples et des centres de soins spirites s’ouvrirent.
La chirurgie « psy » est sans nul doute la plus étrange
retombée du spiritisme.
Aucun des guérisseurs ne possèdent de connaissance
en médecine et d’ailleurs, ils ne peuvent pas, eux-mêmes,
expliquer comment ils procèdent pour opérer.
Ils traitent le corps par l’esprit. Selon eux, il s’agit
d’une force spirituelle qui agit à travers le guérisseur.
Ils serviraient en tant que canal de cette force.
Des opérations sans instrument, ni anesthésie
L’équipe de scientifiques qui s’est rendue aux
Philippines en 1973 et 1975 était composée de chercheurs
venant de sept pays. Ils étaient spécialisés
dans différentes disciplines : médecine, biologie,
parapsychologie, chimie, prestidigitation …
Ils ont vu un grand nombre de guérisseurs et ont suivi plus
particulièrement les « opérations » de
Tony Agpaoa, très célèbre dans le pays.
Ces opérations suivent toutes le même schéma.
Le patient est étendu sur une table et, souvent, garde ses
vêtements. Seuls le ventre et parfois la poitrine sont découverts.
Une serviette est placée sur les vêtements afin qu’ils
ne soient pas tâchés.
Le guérisseur s’approche alors du patient et, à
l’aide d’un coton mouillé, nettoie le ventre
en le frottant très fort.
Il pétrit ainsi la chair doucement puis fermement.
Un liquide écarlate apparaît rapidement et les doigts
ensanglantés du guérisseur semblent pénétrer
dans la chair.
S’il s’agit d’une tumeur, il extrait celle-ci
après l’avoir poussée avec sa main.
Début d'une opération:
un guérisseur pratique à main nue l'incision de la
tumeur
Il malaxe à nouveau la plaie, puis frotte la chair avec
un coton. La plaie est refermée et ne laisse voir aucune
trace d’incision.
Le patient ne ressent aucune douleur pendant toute l’opération
qui ne dure pas plus de 2 à 3 minutes. Il peut alors s’en
aller comme si de rien n’était.
Des milliers de personnes viennent se faire soigner par ces guérisseurs.
Au Brésil, il existe également des hommes qui opèrent
à peu près de la même manière. Parmi
eux, José Arigo, aujourd’hui décédé,
effectuait des ablations chirurgicales très rapides, à
l’aide d’un simple couteau, sans qu’il y ait eu
d’infection post-opératoire.
Il semble qu’Arigo opérait en état de transe.
On le vit, par exemple, opérer une femme de la cataracte
avec des ciseaux à ongles, sans utiliser le moindre antiseptique.
Il opérait sous la direction d’un chirurgien militaire
allemand, tué pendant la première guerre mondiale.
Pendant les interventions, il se mettait à parler avec un
accent allemand.
Il s’agissait probablement d’un dédoublement
de la personnalité ce qui n’explique d’ailleurs
nullement comment cet homme réussissait de telles interventions.
Pour Arigo, ce médecin allemand avait pris le contrôle
de son esprit.
Arigo a été condamné, en 1965, à la
prison pour pratique illégale de la médecine ce qui
n’empêcha nullement ses patients de le vénérer.
Il est mort en 1971 dans un accident de voiture. A sa décharge,
soulignons qu’il opérait gratuitement.
L’avis des scientifiques
Ces méthodes sont bien sûr rejetées par la
médecine officielle. Une enquête de l’Association
médicale américaine menée en 1960 avait conclu
de manière assez laconique d’ailleurs que ces guérisseurs
étaient des escrocs.
Par contre, l’enquête menée par George Meek,
dans les années 1970, avait mis en avant la réalité
des faits tout en soulignant que des fraudes existaient.
Son équipe et lui-même avaient alors constaté
qu’il y avait bien « matérialisation »
du sang, des tissus et des organes humains ainsi que d’objets
non humains.
Les films réalisés sur le sujet sont peu probants.
Les clichés sont souvent pris de loin et donc assez flous.
Cependant, l’hypothèse de l’hypnose collective
a pu ainsi être écartée.
Les examens effectués après les opérations
montrent que le sang recueilli ne correspond pas toujours au groupe
sanguin du patient. De plus, il est parfois d’origine animal.
Sigrun Seuteman, un médecin homéopathe, a supervisé
plus de 6 000 opérations. Il estime que dans 98% des cas,
le tissu conjonctif qui se matérialise à la surface
du corps, n’est pas humain.
Il constate néanmoins qu’un grand nombre de patients
a effectivement subi une amélioration spectaculaire de l’état
pathologique après l’opération.
Les parapsychologues sont, quant à eux, très sceptiques.
Les enquêtes menées en 1968 par l’un d’entre
eux, le Pr Hans Bender, ont conclu à des fraudes.
Pour eux, les tissus matérialisés sont souvent d’origine
animale ce qui prouve la supercherie.
Cependant, Lvall Watson, biologiste, spécialiste des phénomènes
paranormaux, qui a assisté à de nombreuses interventions,
n’a pu découvrir la supercherie.
Comme on peut le voir, le sujet est très controversé.
Avec de telles déclarations contradictoires, il est difficile
de se faire une opinion. A priori, de telles opérations sont
impossibles du point de vue de la physiologie.
Si tout cela semble fantaisiste, les bonnes questions sont : »comment
s’effectue la fraude ? Comment le guérisseur fait-il
apparaître du sang et des tissus étrangers au patient
?
Il serait assez facile de dissimuler un morceau de viande sanguinolent
et avec un habile tour de passe-passe l’arborer triomphalement
à la fin de l’intervention.
Cependant, cette manipulation n’aurait sans doute pas échappée
aux enquêteurs dont certains étaient prestidigitateurs.
Si tour de magie il y a, il reste à découvrir.
V.B (11.07.2005)
Bibliographie principale
La Mémoire de l’humanité. Les grandes énigmes.
Editions Larousse