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Grippe espagnole: une épidémie meurtrière
Maladie très contagieuse, la grippe se manifeste par de
la fièvre, de la fatigue et des troubles respiratoires.
Hippocrate en décrivait déjà les symptômes
dans l’Antiquité. Considérée aujourd’hui
comme une maladie bénigne, on oublie qu’elle est encore
mortelle. En France, on comptabilise au moins 1 500 décès
chaque année.
Le nombre de morts est bien plus important encore dans les pays
en voie de développement.

Les hôpitaux du monde entier
sont bondés. A Lyon, on procède aux inhumations jour
et nuit. On entasse les cadavres plus qu'on ne les enterre.
Si l’épidémie de 1918 a été aussi
meurtrière, c’est que le virus était d’une
variété inconnue. On pense que l’origine de
l’épidémie devait se situer en Asie Centrale
et dans le Middle West américain, où la maladie s’est
attaquée aux porcs avant d’être transmise aux
humains.
Cette variante de la grippe aurait donc trouvé le moyen de
passer de l’animal à l’homme par le biais d’une
mutation.
Le virus de la grippe espagnole était de plus associé
au redoutable bacille de Pfeiffer, cause des pneumonies et des pleurésies
qui ont accompagné cette épidémie.
Propagation de l’épidémie
Apparue au début de 1918 en Chine, l’épidémie
s’est propagée rapidement aux Etats unis. En l’espace
d’une semaine, l’ensemble de l'Amérique du Nord
était touché.
Le déploiement massif des forces armées américaines
en Europe ainsi que des forces coloniales a sûrement facilité
la propagation du virus sur le vieux continent.

En France, une rumeur se répand. La maladie viendrait de
boîtes de conserve importées d’Espagne, dans
lesquelles des agents allemands auraient introduit des microbes.
Cette rumeur est typique d’une psychose collective qui fait
voir partout la main de l’ennemi.

Manifestation en faveur du port d'un
masque hygiénique à Paris en 1918
Ce fantasme est la cause du nom de grippe espagnole.
Précision de Nathalie (envoyé
par e-mail): Il semble également admis qu'elle a été
appelée "espagnole" parce que l'Espagne a été
le premier pays, en mai 1918, à admettre son existence. L'Espagne
était alors un pays neutre et était exemptée
de censure militaire et publiait donc librement. Les autres pays,
en pleine guerre, ayant préféré taire l'existence
de l'épidémie pour ne pas miner le moral des populations.
Les journaux français parlaient du reste de la grippe espagnole
qui faisait des ravages..... en Espagne. On l'appelle aussi "la
tueuse" au Canada.
Un bilan effroyable
Dans un premier temps, la maladie n’a pas provoqué
un taux de mortalité très élevé. La
plupart des victimes étaient rétablies au bout de quelques
jours de fièvre.
En revanche, la seconde vague de l’épidémie
à la fin de 1918, se révéla particulièrement
meurtrière.
Les victimes décédaient en 3 jours !
Le bilan humain est tout simplement monstrueux :
On estime que près de la moitié de la population
mondiale a été touchée par ce virus. Certains
Etats ont payé un lourd tribut en vies humaines.
Environ 550 000 américains sont morts ce qui est bien plus
que les pertes cumulées des deux guerres mondiales, de la
guerre de Corée et de celle du Viêt Nam.
En France, on parle de 400 000 victimes.
En Alaska, 25% de la population est fauchée.
On comptabilise également 112 000 victimes anglaises, des
milliers de victimes en Afrique et entre 13 et 20 millions de morts
pour le seul sous-continent indien.

A Londres, les employés municipaux
désinfectent les lieux publics
Avec un bilan mondial aussi lourd, cette épidémie
reste sans conteste une des plus grandes tragédies du XXème
siècle.
Les risques d'épidémie aujourd’hui
L’épidémie s’est éteinte en 1919
d’elle-même et n’est jamais réapparue sous
cette forme. A l’heure actuelle, les scientifiques essayent
toujours d’en savoir plus sur cette maladie. Des recherches
sur des cadavres conservés par le froid sont en cours afin
d’isoler l’agent pathogène et de pouvoir trouver
un traitement efficace en cas de résurgence du virus.
Ce qu’il faut retenir de cette tragédie est que notre
monde n’est pas à l’abri d’une nouvelle
variante d’une grippe aviaire et que la transmission du virus
de l’animal vers l’homme est toujours possible.
Ce qui se passe actuellement en Chine et dans de nombreux pays
asiatiques en est la preuve.
Devant un tel cas de figure, le problème majeur consiste
à éviter la propagation de la maladie en isolant immédiatement
les victimes et les régions touchées. Il faut bien
sûr que les pays concernés soient suffisamment responsables
pour prendre des mesures draconiennes et avertir la communauté
internationale du danger.
On a pu constater que ça n’a pas été
le cas avec la Chine qui a mis longtemps avant d’annoncer
officiellement la nouvelle.
Actuellement, étant donné les déplacements
continuels des hommes et des marchandises, la capacité des
chercheurs à isoler le virus et à mettre au point
un vaccin est la clef de notre survie en cas de réapparition
de ce virus.
Il faut savoir qu’une épidémie peut se répandre
dans le monde en moins d’une semaine.
La grippe espagnole recréée en
laboratoire
Le virus de la grippe espagnole a pu être ressuscité.
En effet, le séquençage complet du génome du
virus a été isolé chez une Inuit ensevelie
dans les sols gelés de l’Alaska depuis 1918.
D’après les études effectuées par une
équipe de chercheurs américains, le virus de la grippe
espagnole est d’origine aviaire.
Il se serait adapté à l’Homme à la faveur
d’une mutation.
Il servira de modèle afin de se préparer à
une éventuelle mutation du virus H5N1 (grippe aviaire) qui
sévit toujours.
P. Vouzellaud (09/2004) . V.B M.à.J 3.12.2005
Dossier complémentaire
La
Grippe Aviaire
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