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Grippe aviaire

La grippe aviaire désigne une maladie virale proche de la grippe due à une variante du virus Influenza A, qui infecte les oiseaux sauvages ou domestiques. Cette affection est transmissible entre volatiles et plus rarement à des mammifères.

Heureusement, la transmission à l'homme est difficile.

Qu’est-ce que la grippe aviaire ?

La grippe aviaire (grippe du poulet, peste des oiseaux) est provoquée par une souche A du virus grippal (H5, H7, H9).

Le virus grippal Influenza A est classé en fonction du type de deux de ses protéines de surfaces, en 144 combinaisons possibles (16 hémagglutinines × 9 neuraminidases). Ces 144 sous-types semblent tous pouvoir infecter toutes les espèces d'oiseaux, et actuellement six d'entre eux (H1Nx, H2Nx ou H3Nx, ou HxN1 ou HxN2) ont des caractéristiques leur permettant d'infecter plus facilement l'Homme, situation qui peut évoluer si le virus mute.

Les premiers cas connus de transmission directe d'une souche H5N1 à l'Homme se sont produits à Hong Kong avec 18 cas d'infection respiratoire qui ont fait 6 morts en 1997.

Ces virus aviaires sont excrétés par les oiseaux infectés au niveau respiratoire et digestif. Plumes souillées par les fientes et poussières contaminées par des particules de fèces sont des sources potentielles de contamination de l'Homme.

La transmission directe du virus de la grippe aviaire de l'oiseau à l'Homme est exceptionnelle. Le risque existe lors de contacts fréquents avec les oiseaux infectés dans des espaces confinés. La transmission se fait par voie respiratoire (inhalation de poussières de fientes ou de secrétions respiratoires) et par les yeux (contact des poussières).

Les conséquences de la grippe aviaire à ce jour

Jusqu'à présent les flambées de grippe aviaire ont été causées par des virus hautement pathogènes pour la volaille, H5 et H7.

En 2003, aux Pays-Bas, une épidémie due à une souche H7N7 a conduit à l'abattage d'environ 30 millions de volailles et a provoqué le décès d’un vétérinaire.

Actuellement, parmi les virus de grippe aviaire, « le H5N1 est le plus inquiétant », selon les experts. C’est cette souche qui a provoqué la mort de plusieurs personnes au Vietnam en 2004.

Le H5N1 a déjà entraîné plus de 60 décès depuis 2003.

Bien que 117 personnes aient déjà été infectées par la souche depuis le début de l'épidémie, il y a deux ans, et que 60 personnes en soient mortes, les experts estiment que le H5N1 n'est pas facilement transmissible à l'Homme. Les individus qui ont été infectés étaient pour la plupart d'entre eux en contact étroit avec les volailles.

En Europe la Commission européenne a fait savoir que ses experts ont confirmé la découverte d'une souche du virus de la grippe aviaire dans des échantillons prélevés sur un canard et un poulet roumains. Il s'agit du premier cas signalé en Europe. Elle va donc interdire l'importation de volailles roumaines.
Le virus est de la même souche que ceux localisés en Turquie et en Asie.

Décès dus au virus H5N1 jusqu’à aujourd’hui, selon les chiffres officiels en 2006 :

  • Indonésie : 18
  • Thaïlande : 14
  • Cambodge : 4
  • Vietnam : 42
  • Chine : 8
  • Irak : 1
  • Turquie : 4

L’efficacité du Tamiflu remise en cause

Ce médicament est un antiviral.

À Hong Kong, des experts viennent de lancer une mise en garde : la souche humaine H5N1 de la grippe aviaire qui a fait son apparition dans le nord du Vietnam cette année a développé une résistance au Tamiflu, nom commercial de l'oseltamivir.

Pour le docteur William Chui, les autorités sanitaires ne peuvent plus compter sur le Tamiflu. « Face au développement actuel de souches H5N1 résistantes, nous ne pouvons nous permettre de tout miser sur un seul médicament », informe Reuters. M. Chui a également signalé l'émergence d'une résistance virale générale au Tamiflu au Japon.

Selon un porte-parole du fabricant suisse Roche Holdings AG, leurs propres recherches ont révélé une résistance nettement moindre tant chez les enfants que chez les adultes.

Deux autres rapports publiés récemment dans la revue médicale The Lancet confirment également la progression, à l'échelle de la planète, de la résistance aux médicaments anti-grippaux. En Chine, la résistance au médicament dépasse les 70 %, ce qui laisse à penser que des médicaments tels que l'amantadine et la rimantadine ne seront probablement pas plus efficaces ni en traitement ni à titre préventif, peut-on lire dans The Times.

Vaccin contre la grippe aviaire : un espoir

Un prototype de vaccin contre la grippe aviaire développé depuis la fin septembre à Budapest a donné des résultats positifs pour l'Homme, a annoncé le ministre hongrois de la Santé, Jenö Racz, mercredi à Budapest.

Ce prototype a été développé depuis la fin septembre par le Centre national d'épidémiologie à partir d'une souche du virus aviaire H5N1 apparue à Hong Kong en 1997 et isolée début 2005 sur une personne en Asie du Sud-est par l'Organisation mondiale de la santé.

« Les essais cliniques sur 150 volontaires se sont avérés positifs, leur sang ayant produit des anticorps », a ajouté M. Racz lors d'une conférence de presse.

« La Hongrie possède désormais une technologie grâce à laquelle elle pourra produire rapidement, en grande quantité et de manière efficace, un vaccin contre une version mutée du virus », a pour sa part déclaré Laszlo Bujdoso, le directeur des services vétérinaires hongrois (ANTSZ) qui ont développé le prototype de vaccin.

Les mesures de précaution et l’hygiène alimentaire

La première menace est pour l'industrie de la volaille dans les zones concernées. En effet, les responsables sanitaires doivent détruire les élevages de manière à prévenir une éventuelle propagation du virus.

La vaccination contre la grippe saisonnière ne protège pas contre le H5N1. Cependant, il est conseillé de se faire vacciner, car la vaccination dans les zones touchées par la grippe aviaire pourrait éviter une rencontre entre les deux virus et une éventuelle mutation.

Il n'y a aucun danger à manger du poulet cuit. Le virus est en effet détruit à 70 degrés Celcius. Il ne survit pas non plus en congélation, selon Peter Roeder, expert vétérinaire de la FAO.

Les mains doivent être bien lavées, car elles peuvent transmettre la maladie en touchant les voies respiratoires ou les yeux.

Le ministère des Affaires étrangères conseille aux voyageurs :

  • De ne pas visiter d'élevages de poules, fermes ou zoos sauf raison impérative
  • De veiller à bien se laver les mains au savon ou avec une solution hydro-alcoolique, en cas de contact avec des animaux ou leur fiente
  • Une vaccination grippale classique à titre préventif

Les oiseaux migrateurs ne sont pas les seuls à propager la grippe aviaire

(Source information Univers-nature)

La grippe aviaire fait planer la menace d’une pandémie mondiale. Cependant, rappelons que le virus n’a été transmis qu’à une centaine de personnes dans le monde, suite à des contacts avec des volailles infectées et que 66 personnes en sont décédées en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge et en Indonésie.

Si les oiseaux migrateurs sont le plus souvent désignés comme le principal vecteur de la propagation, selon la LPO, les oiseaux issus d’élevage ou de captivité représentent une menace plus grande qu'eux.

Ainsi pour la LPO, il y a très peu de risques pour que les oiseaux migrateurs, concernés par les foyers de la grippe aviaire, rejoignent les pays d’Europe occidentale et la France en cet automne 2005.
Pour FNE, ce sont les lâchés d'oiseaux d'élevage pour la chasse qui sont dénoncés, en particulier le million de canards colverts chaque année.

Quant à la Ligue ROC, si en août elle affirmait que le grand risque concerne moins la santé humaine que le problème économique majeur que provoquerait la contamination des élevages avicoles (il faudrait alors procéder à une hécatombe de volailles), elle s'interroge à nouveau sur ces oiseaux captifs, les appelants, utilisés par les chasseurs pour attirer leurs congénères sauvages. Sans symptôme apparent, il se peut qu'il y ait des porteurs de la maladie qui pourraient l'introduire dans les plans d'eau chassés, la communiquer aux appelants... et être, ainsi, le début d'une chaîne infernale...

La Turquie a interdit la chasse sur tout son territoire et la Roumanie dans le delta du Danube. Les Pays-Bas ont fait rentrer leurs volailles. En France, les éleveurs de pigeons voyageurs font de même, spontanément.
L'Europe voudrait réduire le risque de contact entre les oiseaux sauvages et les volailles. Les États membres vont avoir à définir des zones où mettre en place des mesures qui pourraient aller jusqu'à garder les volailles à l'intérieur.

V.Battaglia (16.10.2005)

Sources et liens externes sur la grippe aviaire

Site grippe aviaire du gouvernement français

Dossier complet et mises à jour sur Univers nature

Grippe aviaire infos (site gouvernemental français)

< Histoire contemporaine