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Averse de grêle au Canada

Tempête de verglas

Les averses de grêle qui sont tombées au Canada en janvier 1998 ont représenté l’une des plus grandes catastrophes naturelles du pays. Ce phénomème est resté dans la mémoire des Canadiens et particulièrement des Québécois comme la tempête de verglas historique.
La grêle, une précipitation constituée de grains de glace ou grêlons, est courante au Canada et dans le nord-est des Etats-Unis.
Cependant, la tempête de verglas de 1998 a dépassé toutes les prévisions. Tombant en averses pendant plus de 80 heures, 1,50 m de grêlons ont recouvert le Québec et l’Ontario.

 

 

Tempête de verglas historique

Au Canada et dans le nord-est des Etats-Unis, les hivers apportent de l’ouest de l’air froid accompagné de chutes de neige, et venant de l’est, de l’air humide accompagné de pluies.
Le mélange des deux engendre de la grêle. Dans la région de Montréal, on enregistre 12 à 17 averses de grêle par an.

Grele à Vancouver

Grêle à Vancouver en mars 2008. By Dubesor

Le 4 janvier 1998, un ensemble de facteurs météorologiques a abouti à des intempéries exceptionnelles :

  • Un front chaud et humide en provenance du golfe du Mexique
  • Un anticyclone sur l’océan Atlantique

La tempête de grêle et de verglas a touché une zone entre Kingston, Ottawa et Québec jusqu’à ce que le front froid disparaisse dans l’Atlantique.

Entre le 4 et le 10 janvier, la grêle est tombée sur des milliers de km² dans l’est de l’Ontario et le sud-ouest du Québec, pendant plus de 80 heures.

Averse de grele au Canada

Averse de grêle dans l'Ontario en mai 2008. By Julep 67

Une brusque chute des températures a aggravé la situation.

Les grêlons ainsi que le poids du verglas ont détruit des pylônes électriques, renversé les arbres et bloqué les routes. Le volume de grêle tombé en 3 jours équivalait à deux fois la moyenne annuelle de la région.

Tempête de neige au Canada

Un hiver rude dans l'Ontario. By Artcatcher

Les villes de Saint-Hyacinthe et de Granby, à l’est de Montréal, et la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, ont été les plus durement touchées.
La situation était devenue si difficile que 15 000 soldats ont dû se rendre sur place.

Bilan de la tempête

Le bilan humain s’est élevé à 40 morts. De nombreuses personnes sont mortes d’hypothermie à cause des coupures d’électricité et d’autres dans des accidents de la circulation.
Les routes complètement verglacées étaient devenues impraticables.

Montreal recouvert de neige

Montréal recouvert de neige. By Abdou.W

Près d’un mois après la catastrophe, 700 000 habitants étaient toujours privés d’électricité.

Les dégâts matériels ont été estimés à environ 5 milliards de dollars.

Les éleveurs et les agriculteurs ont subi de très lourdes pertes. Les cultures ont été ravagées et plusieurs centaines d’animaux sont morts de froid dans les étables privées de chauffage.

Ontario en hiver

Routes verglacées dans l'Ontario. By Julep 67

C’était la première fois, au Canada, que l’armée intervenait pour une catastrophe naturelle. Il a fallu évacuer des millions d’arbres, des milliers de poteaux électriques, fournir des abris à la population qui souffrait du froid.
Une aide humanitaire a été mise en place dont une partie est arrivée des Etats-Unis.
Mais, quelques jours plus tard, de terribles averses de grêle, liées à celles du Canada, ont également frappé les Etats-Unis.

Quelques tempêtes de grêle au Canada

En 1953, dans le centre de l'Alberta; des milliers d'oiseaux ont été tués par des grêlons de la taille d'une balle de golf; la tempête a couvert une région de 1800 kilomètres carrés.

En 1973, à Cedoux, une tempête produit le plus gros grêlon jamais découvert au Canada : 290 grammes et 114 millimètres de diamètre.

Forêt verglacée au Canada

Forêt verglacée dans l'Ontario en février 2008. By World Biosphere

En 1986, 6 cm de grêle se sont abattus sur Montréal. 90 millions de dollars de dommages.

En 1996, des grêlons de la taille d’une balle de tennis s’abattent sur la ville de Winnipeg. Des bourrasques accompagnées de pluies torrentielles ainsi qu’une tornade provoquent de nombreux dommages.

Complément d'information de Guy Rouleau (envoyé par e-mail le 22.08.2008)

Je vous écris aujourd'hui à propos de votre dernier article intitulé "Averse de grêle au Canada". Étant québécois, et ayant assisté à cet évènement dans les première loges, je dois vous mentionner que cet évênement est toujours appelé "tempête de verglas" au Québec.

Vous mentionnez plusieurs fois les mots "grêle" et "grêlons" dans vôtre article et en tant que québécois ça sonne étrange à mon oreille. Ce qui est tombé à l'hiver 1998, et qui à causé à plusieurs québécois des pannes d'électricité ayant duré jusqu'à 3 semaines, est vraiment du verglas.

Ce qu'on a vu, c'est de la pluie se changeant en glace au contact de tout et s'accumulant. Le sol, les voitures, les arbres, les fils électriques étaient recouverts d'une couche de glace jusqu'à 8 cm d'épaisseur. C'est principalement le poid de cette glace qui a causé les bris aux pilônes et aux arbres.

Il est peut-être tombé un peu de grêle, mais ce n'est pas du tout ce dont se souviennent les québécois.

Merci à Guy pour cette information. Le terme a été modifié en conséquence.

V. Battaglia (21.08.2008)

Références et Crédit photographique

L'Atlas du Canada
Radio-canada
CRIACC (Centre de Ressources en Impacts et Adaptation au Climat et à ses Changements)

Toutes les photos sont sous licence creative commons (CC BY-NC-ND 3.0)

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