Rechercher
Téléphone Portable
 
 
Nous contacter
 

 
Le Gorille

Le gorille est après le chimpanzé, d’un point de vue génétique, l’animal le plus proche de l’homme. Pendant longtemps, le gorille (Genre Gorilla), de part sa force, fut tenu pour une bête féroce et agressive envers l’homme. Ce portrait est à l’antipode du caractère du gorille : un animal très paisible et sociable.

 

Un écart très faible entre le gorille et l’Homo sapiens

Le gorille et l’homme ont bel et bien une parenté étroite. Cette parenté a été confirmée par les similitudes entre les chromosomes et les groupes sanguins. Notre bagage génétique, le génome, ne diffère que de 2% par rapport à celui du gorille.

Cela ne signifie pas que vous avez un ancêtre babouin à fesses bleues. Les hominidés (hommes et grands singes africains) ont évolué dans leur branche respective.

Licence

Il y a 12 millions d’années environ, la dérive des continents a créé une jonction entre l’Afrique et l’Asie. Certains singes anthropoïdes ont alors migré. C’est pourquoi gibbons et orangs-outans sont asiatiques.

L’ordre des primates

Cet ordre comporte une cinquantaine de genres et près de 200 différentes espèces de singes. Le sous-ordre des simiens est celui qui a l’apparence la plus proche de l’homme.

Les singes dépourvus de queue forment le groupe des hominoïdés. Ces derniers sont divisés en trois familles :

  • Les hylobatidés : le gibbon
  • Les pongidés : l’orang-outan
  • Les hominidés : le gorille, le chimpanzé, le bonobo ou « chimpanzé nain » et l’homme

Licence

On distingue deux espèces et quatres sous-espèces :

  • Les gorrilles de l'Ouest africain (Gorilla gorilla)
  • Le gorille des plaines de l'ouest (Gorilla gorilla gorilla)
  • Le gorille de la rivière Cross (Gorilla gorilla diehli)
  • Les gorilles de l'Est africain (Gorilla beringei)
  • Le gorille des montagnes (Gorilla beringei beringei)
  • Le gorille des plaines de l'est (Gorilla beringei graueri)

L’évolution des grands singes

Le passage entre l’ancêtre commun aux hominidés, de petits mammifères terrestres insectivores, à un mode de vie arboricole a nécessité d’importantes modifications anatomiques :

Une vision stéréoscopique (ou vision binoculaire) qui permet d’apprécier les distances et de voir les choses en relief.

Quatre doigts aux mains et aux pieds plus un pouce opposable qui permet de saisir les objets.

Des ongles à la place des griffes afin de pouvoir saisir les banches.

La présence de clavicules qui est importante pour le soutien des bras.

By Zachary Tirrell . Licence

Chez les primates, le fait de se balancer d’arbres en arbres (ou brachiation) eut pour effet l’allongement des membres supérieurs.
La queue, organe préhensile devenu inutile, disparut.

En parallèle, le volume du cerveau a augmenté car leur mode de vie les obligeait à utiliser de nouveaux types d’informations.

Au fur et à mesure où les primates se sont différenciés, les plus grands d’entre eux ont connu une évolution physique importante.
En effet, trop lourds, ils ne pouvaient plus être arboricoles. Ils ont donc du opter pour une autre niche écologique.

Parmi ces grands singes, le gorille est le plus grand de tous les primates sur Terre.

Portrait du Gorille

Etant donné sa phénoménale constitution, le gorille est le moins arboricole des singes. Ils sont devenus quadrupèdes et marchent sur la plante des pieds tout en s’appuyant sur l’articulation médiane des doigts de leur main.

© Chang Yi-Wen


Seuls les jeunes sont à l’aise pour se livrer à des acrobaties aériennes.

Video Un jeune en pleine acrobatie (2 mn en 56 K)

Il est vrai qu’un mâle adulte peut mesurer jusqu’ à 2 m debout pour un poids moyen de 165 kg.

Le gorille possède une excellente vue et voit en couleurs. Il possède également un odorat très fin et peut sentir un homme à plus de 20 mètres.

Les gorilles consacrent de 2 à 4 h par jour à la sieste. Ils profitent de cette pause pour faire leur toilette. Leurs pauses sont très semblables aux notres.

By Davey-boy. Licence

Dans leur environnement naturel, les gorilles ne boivent jamais d’eau car leur alimentation en comporte suffisamment.
D’ailleurs, ils détestent l’eau et nagent très mal. C’est amusant de voir un clan qui doit traverser un cours d’eau. Afin de ne pas se mouiller, ils vont jusqu’à déplacer des troncs d’arbres et les poser en travers pour traverser au sec.

Licence

On distingue trois sous-espèces de gorilles qui sont très proches les unes des autres :

Le Gorille des plaines de l’Est (Gorilla gorilla graueri). Ce gorille habite la forêt du Zaïre. Il possède un pelage noir, ses mâchoires sont plus larges et sa cage thoracique plus développée.

Le Gorille des plaines de l’Ouest ( Gorilla gorilla gorilla). Une partie de son aire de répartition borde l’Océan Atlantique. C’est le gorille le plus répandu.

Licence

Le Gorille des montagnes (Gorilla gorilla beringei). C’est le plus velu des trois. Il vit dans la forêt tropicale humide qui couvre les monts Virunga à la frontière de l’Ouganda et du Rwanda. C’est l’espèce la plus menacée. Il en resterait environ 700.

Licence

Sociabilité et rapports de force

Les gorilles comme tous les primates se distinguent par leur faculté à vivre en société. Leurs clans sont très stables mais leur système social est fondé sur la force.

A la tête du clan, se trouve un mâle « dos argenté » qui règne sur un harem de plusieurs femelles et leurs petits. Parfois, il y a un deuxième mâle.

Deux dos argentés. By Philip Kromer. Licence

Il est évident que cette organisation qui repose sur la force d’un seul individu entraîne des luttes féroces pour le pouvoir.

Licence

Le jeune mâle, tant que son dos est encore noir, reste avec sa tribu. Il peut même y rester, une fois devenu un « dos argenté » s’il ne remet pas en cause l’autorité du chef.
Ce dernier est assez tolérant mais un jour ou l’autre, les mâles doivent partir pour fonder leur propre harem.

Avant d’en arriver là, les mâles errent en solitaire et représentant donc une menace pour tous les mâles dominants.
Quand deux mâles se rencontrent, souvent, l’affrontement se limite à une parade ritualisée destinée à impressionner l’adversaire. C’est la même technique qui est employée face aux hommes.

Une parade d’intimidation

Cette parade est immuable et compte des étapes distinctes :

  • Les dos argentés s’assoient et émettent une série de grognements
  • Ils se lèvent puis arrachent une poignée d’herbe qu’ils jettent en l’air
  • Là, ils se frappent la poitrine avec force avec les paumes pour ne pas se blesser
  • Si l’adversaire n’a pas été impressionné, le gorille charge en rugissant et en détruisant tout sur son passage
  • Il s’arrête brusquement et assène sur le sol un grand coup de paume

C’est le point final de la première phase d’intimidation.

Un calme lourd s’installe entre les deux adversaires qui s’affrontent du regard.

Licence

En principe, les deux mâles se séparent à ce moment là sans qu’aucun des deux n’ait baissé les yeux.

Mais, si le mâle solitaire veut en découdre, un combat sanglant s’engage. L’issue de cet affrontement est souvent la mort.
Si le mâle dominant est tué, le nouveau chef pratique un rituel particulièrement cruel en tuant les plus jeunes.
C’est le meilleur moyen qu’il possède pour féconder rapidement les femelles et assurer sa descendance.

L’habitat et le mode de vie des gorilles

Les forêts tropicales d’Afrique offrent aux gorilles trois zones de peuplement séparées, distinguant les trois sous-espèces.

Les gorilles des plaines de l’Ouest (Gorilla gorilla) sont les plus nombreux ; leur population est depuis 10 ans en très nette régression.
A 1 000 kilomètres à l’est, la population des gorilles des plaines de l’est (gorilla graueri) est dix fois moins importante.
Ces deux sous-espèces partagent le même biotope. La différence essentielle est que les Gorilla gorilla sont en partie frugivores alors que l’autre sous-espèce est phyllophage.

Les gorilles des montagnes bénéficient d’un climat beaucoup moins clément. Ils montent jusqu’à 3 300 m d’altitude environ.

Gorilles des montagnes . By Phlip Kromer. Licence

Tous les gorilles sont des nomades. Au fur et à mesure de leurs déplacements, ils se confectionnent des litières qu’ils renouvellent chaque soir.
Dans la mesure où ils ne sont plus vraiment arboricoles, il est étonnant qu’ils aménagent assez souvent des nids dans les branches.
Il arrive d’ailleurs bien souvent que l’ouvrage se défasse dans la nuit ce qui occasionne un réveil brutal.

Le grand mâle dominant exerce un pouvoir absolu sur son clan. Mais, il lui revient aussi de le protéger.
C’est le chef qui sonne le rassemblement le matin et choisi la direction à prendre pour la cueillette de nourriture.
Il leur faut tout de même deux heures pour assouvir leur solide appétit.

En milieu de matinée, tout le monde s’installe pour une sieste digestive. Après 2 à 4 h de repos, le chef donne à nouveau le départ pour une promenade agrémentée d’un pique nique.

By Phlip Kromer. Licence

Vers 18 h, le chef choisit l’emplacement où le clan passera la nuit.

Les clans se rencontrent fréquemment et cette coexistence est pacifique.

Le chef n’hésite pas à risquer sa vie face à un prédateur comme le léopard. De même, si une femelle meurt alors qu’elle a un petit, c’est lui qui prend en charge l’orphelin.

© Chang Yi-Wen

L’espace vital d’un clan varie selon les sous-espèces de 5 à 40 km² et surtout en fonction de la richesse de la végétation.

La reproduction et la vie de famille

Il n’y a pas de saison particulière pour la reproduction. Le mâle dominant a toujours 2 ou 3 femelles fécondables ce qui permet la survie du clan. Cependant, on ne peut pas dire qu’il soit très empressé. Indolent, ce sont les femelles qui doivent insister pour que monsieur daigne réagir à leurs avances.

Quand un mâle s'interesse à une femelle, il lui propose une séance d'épouillage (© John Caracas)

Video Une mère et son petit (4 mn en 56 K)

Une femelle ne met au monde son premier petit qu’à l’âge de 10 ans et ne procrée qu’environ tous les 4 ans.
Le taux de mortalité des jeunes atteint 40%. Après une gestation de 260 à 300 jours, un unique petit vient au monde. Dans le cas de jumeaux, l’un ou les deux mourront car leur mère ne peut s’occuper de deux petits à la fois.

By Phlip Kromer. Licence

A sa naissance, le nouveau-né est recouvert d’un petit duvet. Sa peau est rose et il ne pèse qu’environ
2 kg.
Il est très vulnérable et dépend entièrement de sa mère.

Video tendresse d'une mère pour son petit

Les règles d’éducation sont strictes. La mère toilette régulièrement son petit, allant jusqu ‘à le suspendre par les pieds pour lui nettoyer la zone rectale.
Il n’a le droit de jouer qu’avec les jeunes du clan et doit se tenir à l’écart des autres « tribus » en cas de rencontre.

Les liens qui unissent la mère et son petit sont très forts. En cas de décès du petit, la mère refuse d’abandonner le corps et durant des jours, elle le traîne avec elle. Pendant une longue période, elle est dépressive comme pourrait l’être une femme qui perd son enfant.

Ce sont ces détails qui montrent à quel point les gorilles nous ressemblent.

Le sevrage intervient entre 2 ans 1/2 et 3 ans. A partir de là, la mère le chasse du nid qu’il partageait avec elle chaque soir. Sa vie d’adulte commence.

Le langage des gorilles

Pour communiquer, les gorilles utilisent environ 25 signaux sonores complétés par des mimiques.
Leur vocabulaire de base se limite à 8 sons.
On peut facilement lire sur leur visage leur état d’esprit du moment.

1/ Gorille inquiet 2/ Gorille fâché 3/ Gorille content 4/ Gorille menaçant

En fait, leur langage n’est pas plus élaboré que celui des chiens bien que leurs organes vocaux leur permettent d’articuler.
Peut-être que leur organisation sociale ne nécessite pas une forme plus sophistiquée de communication ?

Un avenir très menacé

Inutile de préciser que l’avenir des gorilles est plus qu’incertain. Au rythme où leur environnement est détruit, les spécialistes estiment qu’il n’y aura plus de grands singes d’ici 10 à 15 ans.

Les gorilles de l’extrême Ouest et de l’extrême Est sont en danger critique. La population des gorilles des plaines orientaux est passée de 17 000 en 1994 à moins de 5 000 aujourd’hui.

Il ne subsiste que 700 gorilles des montagnes. On estime le reste des populations de gorilles à 112 000 animaux répartis autour du Gabon.

Les principales causes de cette extinction :

Le premier responsable est le braconnage.

© Michel Gunther

De plus, les mineurs envahissent le territoire des gorilles des plaines pour exploiter le coltan, un minerai utilisé pour les puces des téléphones mobiles.
La guerre entre le Rwanda et l’Ouganda a été une véritable catastrophe pour les gorilles des montagnes.
Déforestation et pillage sont constants dans le Kivu, là où précisément se situent les parcs abritant les gorilles.
Des familles entières de gorilles ont été massacrées. Les braconniers abattent les adultes pour pouvoir capturer les jeunes et les revendre à des zoos peu regardants.

Il faut souligner que des hommes risquent leur vie chaque jour pour protéger les grands singes. Depuis 1996, 92 gardes de l’ICCN (Institut congolais de conservation de la nature) ont été tués.

Il nous reste peu de temps pour sauver les grands singes et le développement de l’écotourisme semble être une des solutions.
Peu à peu, les associations commencent à démontrer aux populations locales l’intérêt qu’ils ont à sauvegarder leur patrimoine.
Toutes ces mesures et l’urgence d’une prise de conscience prennent malheureusement du temps. En 10 ans, 70% des gorilles ont disparu et dans 10 ans, il sera trop tard.

V.B (02.2004) M.à.J 03.2005

Classification

Règne: Animalia
Embranchement: Chordata
Classe: Mammalia
Ordre: Primates
Super-famille: Hominoidea
Famille: Hominidae
Sous-famille: Gorillinae
Genre: Gorilla
I. Geoffroy Saint-Hilaire, 1852

Dossiers Complémentaires sur les Singes

Le Gorille Blanc

L'Orang-Outan

Le Ouistiti

Médecine de Singes

Déclaration de protection des Grands Singes

Fond écran. Photos Gorille. Singe

< Encyclopédie du Monde Animal