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Goéland argenté

Très opportuniste, le goéland argenté (Larus argentatus) a su profiter des déchets de notre société pour coloniser les villes.
En principe, ce goéland est essentiellement un oiseau des milieux littoraux. Il ne faut pas le confondre avec le goéland marin qui plus imposant et qui ne s’aventure pas à l’intérieur des terres.

Classification: Classe: Aves . Ordre: Charadriiformes. Famille: Laridae

 

 

Portrait du goéland argenté

Son plumage est variable selon l’âge de l’oiseau mais également selon la saison. L’été, l’adulte a le dos et les ailes gris pâle légèrement bleuté.
L’aile est bordée de noir. Tout le reste du corps est blanc. Le bec est jaune ainsi que les yeux. Ce goéland arbore une tache rouge sur son bec.

En hiver, la tête et le cou sont tachetés de brun.
Les juvéniles ont un plumage gris tacheté de brun et un bec noir.

Goeland argenté

Goéland argenté (Larus argentatus). © dinosoria.com

Les mâles sont normalement plus gros que les femelles. La longueur varie de 55 à 67 cm pour un poids de 390 à 1 250 g. L’envergure est de 140 à 155 cm.

Le chant du goéland argenté est rauque et strident.

Cri du Goeland Argenté

Le goéland argenté à la conquête des villes

Le goéland argenté est un mangeur insatiable. Il profite de toutes les occasions. Il se nourrit de poissons pêchés ou volés dans les ports de pêche.
Chasseur pêcheur et pillard, il plonge en fait rarement. Il peut pousser d’autres oiseaux à lâcher le poisson qu’ils viennent de pêcher.
Il capture des insectes, des vers, des crustacés, des mollusques  et quand il le peut, il vole les œufs d’autres oiseaux et mange les jeunes oiseaux.

Goeland argente qui a vole un oeuf

Le goéland argenté n'hésite pas à piller les nids d'autres oiseaux marins. © dinosoria.com

Il peut aussi se nourrir de végétaux.

Il y a quelques décennies, ce goéland a commencé à conquérir l’intérieur des terres. Ce phénomène pose des problèmes car cet oiseau est puissant et plutôt agressif.

Il chasse sans vergogne d’autres espèces pour s’emparer de leurs sites de nidification. Il s’est répandu partout où la société industrielle lui offre de la nourriture et des aires de repos.
De ce fait, il consomme beaucoup de détritus ménagers.

En hiver, on a compté jusqu’à 20 000 goélands sur la décharge de Carrières-sur-Poissy, en région parisienne.

Il pénètre à l’intérieur des terres en suivant les fleuves comme le Rhin, la Loire ou la Seine, en Europe.
Au Canada, il remonte très loin le cours du Saint-Laurent et niche sur ses îles.

Goeland et fou de bassan

Ce fou de Bassan protège son oeuf de ce goéland argenté. © dinosoria.com

Sa progression s’est stabilisée à la fin du 20e siècle, notamment avec la disparition des décharges en plein air.
Le recyclage des déchets prive le goéland d’une ressource de nourriture indispensable.

Aire de répartition et migration

Le goéland argenté est présent dans l’hémisphère Nord de l’Amérique à la Sibérie orientale en passant par l’Europe occidentale.

On peut l’observer tout le long du littoral maritime, aussi bien sur les îles que sur les falaises, les marais côtiers ou les dunes de sable.

Goélands argentés

Les goélands argentés vivent en colonies. © dinosoria.com

Il fréquente essentiellement les villes portuaires. En hiver, on le rencontre également dans les estuaires, les côtes rocheuses et à l’intérieur des terres.

Il est absent d’Asie et du pourtour méditerranéen.

En France, la Bretagne regroupe près de 75% des effectifs.

Des oiseaux en provenance des îles Britanniques, de l’Islande, des Pays-Bas ou de la Scandinavie viennent hiverner en France.

Goelands argentés

Les goélands argentés fréquentent en principe les littoraux. © dinosoria.com

Ces populations migratrices arrivent en septembre et octobre puis repartent vers leurs sites de nidification en mars ou avril.

Une grande partie des effectifs présents en France est constituée d’oiseaux sédentaires.

Reproduction

Le goéland argenté nidifie dans l’hémisphère Nord. Il choisit des endroits difficiles d’accès pour éviter les prédateurs.

Fortement grégaire, il nidifie en grandes colonies qui peuvent compter des milliers d’individus.
Cet oiseau peut revenir 10 ou 20 ans de suite sur le même site.

Goeland argenté sur son lieu de nidification

Goéland argenté sur son lieu de nidification. © dinosoria.com

La tache rouge qui orne le bec des adultes joue un rôle dans l’alimentation des petits. En effet, dès les premiers jours, ces derniers tapent instinctivement du bec sur cette tache pour que les parents régurgitent la nourriture.

Il construit son nid à même le sol sur les falaises. A l’intérieur des terres, il choisit des pentes gazonneuses ou les toits des bâtiments.

Le nid est composé d’une grosse masse de végétaux et souvent renforcé par des coquillages.

La ponte a lieu entre mi-avril et le mois de juillet. 3 œufs  blanchâtres avec des reflets vert olive ou bruns sont déposés.

L’incubation dure entre 28 et 30 jours. Elle est assurée par les deux parents. A l’éclosion, les petits sont recouverts d’un duvet gris et brun.

Les parents retirent alors les morceaux de coquilles brisées.

Nidifuges, les oisillons sont capables de quitter le nid deux à trois jours après leur naissance bien qu’ils restent à proximité.

Ils peuvent voler dès leur 35e jour et deviennent alors très rapidement indépendants.

Le taux de mortalité des juvéniles est cependant très élevé. Pour ceux qui atteindront l’âge adulte, ils pourront commencer à se reproduire vers l’âge de 3 ans.

Leur longévité est longue, environ 32 ans.

V. Battaglia (26.09.2009)

Références

Peter Harrison, Seabirds of the World. Princeton University Press 1996
Jim Enticott et David Tipling, Seabirds of the World. New Holland Publishers Ltd 2002
Lars Svensson & Dan Zetterström & Killian Mullarney, Birds of Europe. Princeton University Press 2009

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