Le dauphin le plus méconnu est sans conteste
le globicéphale. Baptisé «
dauphin pilote » parce qu’on le voit
souvent dans le sillage et à l’étrave
des navires, le globicéphale est reconnaissable
à son gros melon.
Parmi les globicéphales, on trouve : le
globicéphale noir (Globicephala melas) et le globicéphale
tropical (Globicephala macrorhynchus).
Portrait du globicéphale
Atteignant parfois une longueur de plus de 8 m, le globicéphale
est l’un des plus grands cétacés à dents.
Il est de la taille d’un orque mais n’est pas un prédateur
aussi actif.
Son nom qui signifie « tête en boule » vient
de l’important développement du melon frontal. Ce melon
contient un mélange d’huile et de cire très
recherché par les baleiniers car il est utilisé comme
lubrifiant pour des machines de précision.
C’est en fait un élément important du système
d’écholocation qui est très développé
chez le globicéphale.
Chaque globicéphale possède une nageoire dorsale
différente. Elle a des cicatrices et des coupures distinctives.
Ces cicatrices sont dues aux bernaches (ou anatifes). Ce crustacé
perce la peau tendre des bébés et se nourrit du plancton
quand le globicéphale parcourt l’océan.
Plus tard, il se détache mais la nageoire porte une cicatrice
indélébile qui s’accentue quand l’individu
grandit.
Il est facile de reconnaître l’espèce à
cette nageoire dorsale rabattue vers l’arrière et à
une queue étirée comme un éventail.
Sa peau est douce comme du velours.
Vie sociale
Les globicéphales se déplacent en groupes familiaux
unis. Au sein du groupe, on trouve les femelles, plus petites que
les mâles, accompagnées de leurs petits.
Les liens entre mère et enfant sont très forts car
le développement d’un jeune est très lent, comparable
à celui du petit de l’homme. Il n’atteint sa
puberté qu’entre 9 et 14 ans.
Chaque membre a un rôle à jouer. Les mâles,
moins nombreux, assurent la protection du groupe.
On a d’ailleurs remarqué qu’un mâle vit
beaucoup moins longtemps qu’une femelle : moins de 40 ans
pour plus de 60 ans.
Cette différence de longévité s’explique
par le fait que la vie d’un mâle est beaucoup plus stressante.
Il doit affronter les prédateurs, notamment les requins et
les orques.
Les adolescents font office de baby setter. Mais, tous les membres,
mâles ou femelles, prennent en charge l’éducation
des jeunes.
Après certaines observations, on a constaté que les
femelles les plus âgées faisaient office de «
chef ».
Elles transmettent leur expérience aux autres membres.
Cette structure hiérarchisée a des avantages incontestables
mais également un gros inconvénient.
En effet, un groupe suit aveuglément son chef. De ce fait,
cette habitude de suivre aveuglément le groupe peut les conduire
à la mort.
Par exemple, les globicéphales noirs s’échouent
parfois massivement sur les côtes. On ne sait pas s’ils
sont victimes d’une défaillance de leur sonar. Toujours
est-il que malgré le danger, tous les membres suivent.
Les hommes ont bien sûr tiré parti de cette caractéristique
et pas pour le meilleur, comme d’habitude. Les pêcheurs
des îles Féroé, au large de la Norvège,
blessent un ou deux individus. Les animaux blessés prennent
la fuite. Il ne reste plus qu’à rabattre la troupe
vers les plages pour tuer tout le clan.
Les clans familiaux se croisent et communiquent ensemble. C’est
aussi l’occasion pour les mâles de se reproduire. En
effet, les mâles ne se reproduisent jamais avec les femelles
de leur clan.
A l’occasion les groupes se réunissent pour former
une harde composée de centaines d’individus. Ils effectuent
ensemble de longues migrations sous la direction des adultes dominants.
La reproduction
On sait très peu de choses sur la reproduction à
proprement parler car elle s’effectue dans les profondeurs.
Par contre, on sait que les femelles sont matures vers 6 ans et
les mâles vers 12 ans. La gestation dure 16 mois et la mère
met au monde un unique petit, environ tous les 3 ans. Le jeune pèse
déjà 80 kg à la naissance.
Il lui faudra 20 mois pour être sevré.
Les glandes mammaires ne sont pas extérieures. Le bébé
tapote doucement le ventre de sa mère pour qu’elle
sorte ses mamelles. Il tête tout en nageant.
On a observé des jeunes de 7 ans qui demandaient encore à
téter.
Le globicéphale noir
Il existe deux sous espèces:
Une population vit dans l’Atlantique nord et tempéré
ainsi qu’en Méditerranée (Globicephala melas melas)
Une autre vit tout
autour de l’hémisphère sud, dans les eaux froides
et tempérées (Globicephala melas edwardi)
Le globicéphale noir chasse en groupe les seiches et les
calmars. Il s’attaque à des bancs entiers afin de pouvoir
en attraper un maximum.
Le reste de son menu est composé de poissons comme la morue
ou le maquereau. Un mâle qui peut peser jusqu’à
4 tonnes a besoin de 50 kg de nourriture par jour.
Leurs déplacements sont liés à l’abondance
des proies. On les trouve donc aussi bien en haute mer que près
des îles.
De nombreux ouvrages traitent le globicéphale noir de «
mouton de panurge » et parlent de mâles dominants qui
mènent les troupes.
Les observations effectuées vont à l’encontre
de ces affirmations. Les groupes ne sont pas forcement dirigés
par des mâles mais peuvent l’être par des femelles
plus âgées.
De plus, ce grand dauphin est loin d’être stupide. C’est
même celui qui apprend le plus vite en captivité.
Je pense que ce dauphin est surtout très attaché à
son groupe composé dans la majorité des cas de membres
de la même famille. Je parlerais donc plutôt «
d’amour « poussé jusqu’au sacrifice suprême,
c’est-à-dire la mort.
S’ils suivent les plus anciens c’est simplement parce
qu’ils ont une confiance absolu en leurs aînés.
Il suffit d’observer les membres du clan s’occuper des
jeunes à tout de rôle pour en être persuadé.
Le globicéphale noir a besoin de respirer comme tous les
cétacés. Son souffle puissant peut monter à
1,50 m de haut.
Excellent plongeur, il peut rester en apnée pendant 1h30
à plus de 1 000 mètres de profondeur.
On l’appelle également globicéphale grinde,
orque à tête ronde ou globicéphale à
longues nageoires.
Le Globicéphale tropical
Il est pratiquement impossible de distinguer le globicéphale
tropical du globicéphale noir. Il s’en distingue en
fait par ses nageoires pectorales plus courtes. On l’appelle
d’ailleurs aussi globicéphale à nageoires courtes.
Il est un peu plus petit mais possède la même silhouette.
Il possède des traces blanchâtres obliques derrière
l’œil ainsi qu’une sorte de croissant clair derrière
l’aileron dorsal. Cependant, ces marques ne sont pas toujours
visibles.
Il fréquente toutes les eaux tropicales et subtropicales
et partage les mêmes territoires que son cousin noir.
Certains groupes se sont déjà échoués
sur les plages d’Espagne et de France.
Son mode de vie est identique.
V.B (03.2006)
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infraclasse Eutheria
Ordre Cetacea
Sous-ordre Odontoceti
Famille Delphinidae
Sous-famille Globicephalinae
Genre: Globicephala