Le plus haut des mammifères terrestres
et le plus lourd des ruminants, la girafe
(Giraffa camelopardalis) est indissociable de la savane africaine.
Grâce à son grand cou, la girafe
peut brouter à des niveaux plus élevés
que les autres herbivores. Difficile de passer
inaperçue quand on mesure plus de 5 m de
haut. De fait, la girafe est fataliste. C’est
le mammifère le plus paisible du continent
africain qui vit en parfaite entente avec les
autres herbivores tel que le rhinocéros,
l’éléphant,
l’autruche
ou le zèbre.
Aussi imposante qu'elle puisse paraître,
la girafe est fragile et pourrait bien disparaître
si des mesures efficaces de conservation ne sont
pas prises.
Il existe huit sous-espèces de girafes.
Elles ne se distinguent que par les motifs de
leur pelage.
Le cou de la girafe
Comme la majorité des mammifères, le cou de la girafe
est formé de sept vertèbres. Mais,
la taille de ces vertèbres, 40 cm chacune,
ne se retrouve chez aucun autre animal.
Les vertèbres représentent à
elles seules près de la moitié de
la colonne vertébrale de l’animal.
Cette hypertrophie des vertèbres cervicales est certainement
le fruit d’une lente adaptation de la girafe à son
habitat.
Cherchant sa nourriture dans les plus hautes strates de la végétation,
le cou des premières girafes se serait progressivement distendu.
Seuls les individus présentant cet avantage morphologique
purent prospérer.
Une girafe qui
sélectionne soigneusement son alimentation
En raison des proportions de son cou, la girafe possède
un système sanguin unique. Le cœur de la girafe pèse
11 kg et fournit une pression sanguine trois fois plus élevée
que celle de l’homme.
Il s’agit en effet de pouvoir irriguer en permanence le cerveau
et donc d’amener le sang en haut d’un long cou de 2
m.
Afin d’éviter la congestion cérébrale,
la girafe dispose à la base du crâne d’un
important réseau de vaisseaux très spongieux,
capables de dériver et ralentir l’afflux
de sang.
Ce réseau est appelé « admirable
» et permet à la girafe de se pencher sans
problème.
La girafe blanche (découverte
en septembre 2005)
Pendant douze ans Charles Foley a traqué la
girafe blanche, un animal mythique, en vain. Ce chercheur
de la Wildlife Conservation Society (WCS) avait entendu
parler d’une girafe blanche pour la première
fois en 1993, lorsqu’il a commencé son
travail au parc national de Tarangire, en Tanzanie.
Son attente a été récompensée
en 2005, au cours d’un survol du parc en avion.
Foley a enfin aperçu une girafe au pelage blanc
parmi ses congénères.
Il a pu la photographier. Il ne s’agit
probablement pas de la même que celle qui
a nourri les récits entendus au début
des années 90, note le chercheur, et elle
n’est sans doute pas albinos mais atteinte
d’un défaut de pigmentation. Seul
le bas de ses pattes est brun.
Une langue préhensile
Le plat favori de la girafe sont les feuilles d’acacias.
Elles constituent l’essentiel de son alimentation.
Grâce à sa longue langue musclée qui peut mesurer
jusqu’à 50 cm, elle arrache les feuilles jusqu’à
une hauteur qui peut dépasser 6 m.
Une langue démesurée
et très mobile
L’acacia possède de longues épines.
Mais, les lèvres de la girafe sont garnies
de longs poils qui lui transmettent des informations.
Sa bouche est recouverte de muqueuses très
résistantes et son palais est tapissé
de profondes rainures transversales.
Grâce à ce dispositif, la girafe
ne craint pas de mastiquer les épineux.
Les feuilles d’acacias sont gorgées d’eau ce
qui permet à l’animal de limiter ses passages aux points
d’eau.
En effet, elle est particulièrement vulnérable quand
elle boit. Ses longues jambes s’enfoncent dans le sol boueux
ce qui limite ses mouvements. De plus, elle est obligée de
s’incliner pour boire et de faire carrément le grand
écart.
C’est un moment idéal pour les prédateurs. Un
lion est capable d’abattre une girafe adulte qui dépasse
la tonne quand elle est dans cette position.
De ce fait, elle économise ses réserves et boit très
rapidement, près de 15 litres par gorgée, souvent
en présence d’une autre girafe qui assure la surveillance.
La reproduction
Il n’y a pas de saison de reproduction définie. Les
mâles courtisent en permanence les femelles réceptives.
La mortalité infantile est élevée chez les
girafes. Cette mortalité est compensée par une grande
fécondité et une croissance rapide des petits.
Des lions attendent que la mère,
désespérée, leur abandonne son girafeau mort
Dès la maturité sexuelle, 3 ans chez les femelles
et 4 ans pour les mâles, une longue période de 20 ans
de fertilité commence. Les femelles mettent bas en moyenne
tous les 20 à 23 mois.
Un accouplement au sommet
Les mâles se livrent à de véritables tournées
d’inspection des femelles de leur territoire. Ces dernières
sont en chaleur tous les 15 jours mais une seule journée
seulement ; il leur faut donc faire vite.
Il semble que le seul moyen dont dispose le mâle pour s’assurer
de la réceptivité d’une femelle soit de recueillir
son urine dans sa bouche.
Il analyse alors le liquide et sait s’il peut poursuivre sa
quête.
Après une gestation de 475 jours, un seul petit de 100 kg
environ est mis bas. Le petit est appelé girafeau ou girafon.
Un mâle en train d'inspecter
une femelle
Ecartant les pattes arrière, maman girafe accouche debout,
si bien que le bébé tombe d’une hauteur de 2
m.
Lorsque le girafeau a 3 ou 4 semaines, sa mère a recours
à une sorte de crèche. Réunis en un même
endroit, les girafeaux jouent et s’alimentent sous la surveillance
d’une ou deux femelles.
Un petit en train de têter
sa mère
Le girafeau est prêt à brouter à l’âge
de six mois environ et sera totalement sevré à un
an.
Vie sociale
La girafe est grégaire et la structure des groupes assez
instable. Femelles, petits et mâles immatures s’associent
en groupes de 5 animaux en moyenne et jusqu’à 20.
Les mâles adultes naviguent d’un groupe à l’autre
pour vérifier la réceptivité des femelles.
Les girafes d’un groupe agissent comme des sentinelles et
alertent les autres en cas de danger.
Des girafes se reposent. Elles se
positionnent pour assurer une couverture visuelle optimale
Elles communiquent également par des sons. Leurs museaux
peuvent émettre de puissants souffles sonores, semblables
à des ronflements.
Les girafeaux poussent de petits cris aigus.
Le groupe n’a pas de chef. Par contre, les mâles doivent
se faire respecter pour pouvoir s’accoupler.
Dès lors, les affrontements sont fréquents. Les deux
rivaux se mettent face à face, entrelacent leurs cous et
commencer à se balancer tout en se donnant des coups d’épaule
et de flanc.
Deux jeunes mâles en train
de se battre
Têtes et cornes s’entrechoquent de plus en plus vite
dans un sourd fracas.
Mais, le combat n’est jamais mortel.
Caractéristiques de la girafe
La tête des girafes est ornée de deux petites cornes
recouvertes de peau. Elles dépassent rarement 20 cm.
Une girafe peut galoper jusqu’à 60 km/h
Le pique-boeuf se gave des parasites
nuisibles qui se logent dans le poil de la girafe
En liberté, la girafe vit de 20 à 30 ans
Chaque girafe possède sa propre robe aux motifs uniques.
Une girafe ne se couche presque jamais dans la journée. La
nuit, elle ne dort jamais profondément plus de 20 mn. Elle
peut rester plusieurs jours sans dormir.
Les longs cils protègent les
yeux du sable; les oreilles filtrent la poussière. La girafe
peut boucher ses narines pour éviter que le sable n'y pénètre
Anecdotes sur la girafe
Les Arabes l’ont surnommé « zurafa » ce
qui signifie aimable. La girafe était d’ailleurs un
présent que les puissants s’offraient en guise de paix.
Les zoologues l’ont baptisée Giraffa camelopardalis,
un terme qui réunit trois animaux : girafe, chameau et léopard.
C’est Marco Polo qui, en 1299, lors de la rédaction
de son « Livre des merveilles du monde »
adapta le terme arabe « zurafa » pour
le transformer en une « giraffa »
italienne.
En 1826, Méhémet-Ali Pacha, vice-roi d’Egypte,
fit cadeau à Charles X, roi de France, d’une girafe.
L’animal voyagea d’Alexandrie à Marseille sur
un navire aménagé. Il avait fallu creuser un trou
dans le pont du navire pour que la girafe puisse passer son cou.
Elle gagna Paris par la route, munie d’une cape contre les
intempéries et fit sensation à son arrivée
à la cour.
Elle vécut près de 20 ans à Paris, entourée
de soins attentifs.
Des girafes furent ramenées à Rome pour combattre
des lions dans les arènes. La taille de l’animal laissait
présager de terribles combats. Les spectateurs furent bien
déçus car les fauves n’eurent aucun mal à
dévorer leurs adversaires sans défense.
Protection de la girafe
Avec l’arrivée de l’homme blanc sur le continent
africain, des troupeaux entiers ont été abattus pour
le simple plaisir.
Au 19e siècle, des massacres intensifs ont provoqué
la quasi-extermination de la girafe.
Aujourd’hui, la girafe est protégée dans la
plupart des pays africains. Mais, le braconnage se poursuit.
Seule la surveillance des réserves peut assurer leur survie.
La girafe pourrait être élevée à des
fins commerciales. Elle tolère la sécheresse
et produit une excellente viande. C’est
de plus un animal docile.
C’est pourquoi des projets de fermes d’élevage
sont envisagés.
Son lait est buvable et peut-être verrons nous dans quelques
années, les éleveurs africains lever les bras pour
traire leurs girafes domestiques !
Cette hypothèse cocasse, bien que déplorable pour
les amoureux de la faune sauvage, pourrait contribuer à éviter
l’extinction d’un animal si imposant mais tellement
fragile.
Fiche technique et Classification
Il existe huit sous-espèces de girafes. Elles ne se distinguent
que par les motifs de leur pelage car tous les autres traits sont
identiques :
Girafe réticulée
Girafe de Rotschild
Girafe Masaï
Girafe du Cap
Girafe du Niger
Girafe de Nubie
Girafe de Kordofan
Girafe d’Angola
Distribution : Afrique, au sud du Sahara, est du Sénégal,
sud de la Somalie. Afrique Australe.
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Ordre Artiodactyla
Famille Giraffidae
Genre: Giraffa
Espèce: Giraffa camelopardalis