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Girafe

Le plus haut des mammifères terrestres et le plus lourd des ruminants, la girafe (Giraffa camelopardalis) est indissociable de la savane africaine.
Grâce à son grand cou, la girafe peut brouter à des niveaux plus élevés que les autres herbivores. Difficile de passer inaperçue quand on mesure plus de 5 m de haut. De fait, la girafe est fataliste. C’est le mammifère le plus paisible du continent africain qui vit en parfaite entente avec les autres herbivores tel que le rhinocéros, l’éléphant, l’autruche ou le zèbre. Aussi imposante qu'elle puisse paraître, la girafe est fragile et pourrait bien disparaître si des mesures efficaces de conservation ne sont pas prises.

Les sous-espèces de girafes

Il existe 9 sous-espèces de girafes. Elles se distinguent par les motifs de leur pelage car tous les autres traits sont identiques :

  • Girafe réticulée (G.c. reticulata) . Nord-Est du Kenya, Éthiopie, Somalie.
  • Girafe de Rotschild (G.c. rothschildi). Ouganda, Centre-Nord du Kenya.
  • Girafe Masaï (G.c. tippelskirchi). Centre et Sud du Kenya, Tanzanie, Est du Rwanda
  • Girafe du Cap (G.c. giraffa). Afrique du Sud, Botswana, Zimbabwe, Mozambique.
  • Girafe du Niger (G.c. peralta)
  • Girafe de Nubie (G.c. camelopardalis). Est du Soudan, Nord-Est de la République démocratique du Congo.
  • Girafe de Kordofan (G.c. antiquorum). Tchad, République centrafricaine, Nord-est du Cameroun.
  • Girafe d’Angola (G.c. angolensis). Angola, Botswana, Namibie.
  • Girafe Thornicroft (G.c. thornicrofti). Zambie.

Le cou de la girafe

Comme la majorité des mammifères, le cou de la girafe est formé de sept vertèbres. Mais, la taille de ces vertèbres, 40 cm chacune, ne se retrouve chez aucun autre animal.
Les vertèbres représentent à elles seules près de la moitié de la colonne vertébrale de l’animal.

Girafe

Le cou de la girafe est formé de sept vertèbres. © dinosoria.com

Cette hypertrophie des vertèbres cervicales est certainement le fruit d’une lente adaptation de la girafe à son habitat.
Cherchant sa nourriture dans les plus hautes strates de la végétation, le cou des premières girafes se serait progressivement distendu.
Seuls les individus présentant cet avantage morphologique purent prospérer.

En raison des proportions de son cou, la girafe possède un système sanguin unique. Le cœur de la girafe pèse 11 kg et fournit une pression sanguine trois fois plus élevée que celle de l’homme.
Il s’agit en effet de pouvoir irriguer en permanence le cerveau et donc d’amener le sang en haut d’un long cou de 2 m.

Girafe

Une girafe qui sélectionne soigneusement son alimentation. © dinosoria.com

Afin d’éviter la congestion cérébrale, la girafe dispose à la base du crâne d’un important réseau de vaisseaux très spongieux, capables de dériver et ralentir l’afflux de sang.
Ce réseau est appelé « admirable » et permet à la girafe de se pencher sans problème.

Taches et âge de la girafe

En 2012, deux biologistes ont découvert que les taches de la girafe permettaient de donner un âge à chaque individu.
L'observation a été réalisée au Zambie sur une sous-espèce : G.c. thornicrofti

Les taches des mâles sont claires puis s'assombrissent à partir de la puberté, à l'âge de 7 ou 8 ans. Elles deviennent de plus en plus noires dans les deux années suivantes c'est-à-dire à la maturité sexuelle. Les changements hormonaux ont donc une influence sur la couleur des taches des mâles.

Cette étude a été publiée dans le Journal of Zoology.

La girafe blanche (découverte en septembre 2005)

Pendant douze ans Charles Foley a traqué la girafe blanche, un animal mythique, en vain. Ce chercheur de la Wildlife Conservation Society (WCS) avait entendu parler d’une girafe blanche pour la première fois en 1993, lorsqu’il a commencé son travail au parc national de Tarangire, en Tanzanie.

Son attente a été récompensée en 2005, au cours d’un survol du parc en avion. Foley a enfin aperçu une girafe au pelage blanc parmi ses congénères.

Girafe blanche

© Charles Foley

Il a pu photographier cette girafe blanche. Il ne s’agit probablement pas de la même que celle qui a nourri les récits entendus au début des années 90, note le chercheur, et elle n’est sans doute pas albinos, mais atteinte d’un défaut de pigmentation. Seul le bas de ses pattes est brun.

Girafe et langue préhensile

Le plat favori de la girafe est composé de feuilles d’acacias. Elles constituent l’essentiel de son alimentation.
Grâce à sa longue langue musclée qui peut mesurer jusqu’à 50 cm, elle arrache les feuilles jusqu’à une hauteur qui peut dépasser 6 m.

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Une langue démesurée et très mobile

L’acacia possède de longues épines. Mais, les lèvres de la girafe sont garnies de longs poils qui lui transmettent des informations.
Sa bouche est recouverte de muqueuses très résistantes et son palais est tapissé de profondes rainures transversales.
Grâce à ce dispositif, la girafe ne craint pas de mastiquer les épineux.

Les feuilles d’acacias sont gorgées d’eau ce qui permet à l’animal de limiter ses passages aux points d’eau.
En effet, elle est particulièrement vulnérable quand elle boit. Ses longues jambes s’enfoncent dans le sol boueux ce qui limite ses mouvements. De plus, elle est obligée de s’incliner pour boire et de faire carrément le grand écart.
C’est un moment idéal pour les prédateurs. Un lion est capable d’abattre une girafe adulte qui dépasse la tonne quand elle est dans cette position.

Girafe

La girafe est vulnérable quand elle boit. © dinosoria.com

De ce fait, elle économise ses réserves et boit très rapidement, près de 15 litres par gorgée, souvent en présence d’une autre girafe qui assure la surveillance.

La reproduction

Il n’y a pas de saison de reproduction définie. Les mâles courtisent en permanence les femelles réceptives.
La mortalité infantile est élevée chez les girafes. Cette mortalité est compensée par une grande fécondité et une croissance rapide des petits.

Couple de girafes

Couple de girafes. © dinosoria.com

Dès la maturité sexuelle, 3 ans chez les femelles et 4 ans pour les mâles, une longue période de 20 ans de fertilité commence. Les femelles mettent bas en moyenne tous les 20 à 23 mois.

Les mâles se livrent à de véritables tournées d’inspection des femelles de leur territoire. Ces dernières sont en chaleur tous les 15 jours, mais une seule journée seulement ; il leur faut donc faire vite.
Il semble que le seul moyen dont dispose le mâle pour s’assurer de la réceptivité d’une femelle soit de recueillir son urine dans sa bouche.
Il analyse alors le liquide et sait s’il peut poursuivre sa quête.

Girafe et son girafon

Girafe et son girafon. © dinosoria.com

Après une gestation de 475 jours, un seul petit de 100 kg environ né. Le petit est appelé girafeau ou girafon.

Ecartant les pattes arrière, maman girafe accouche debout, si bien que le bébé tombe d’une hauteur de 2 m.
Lorsque le girafeau a 3 ou 4 semaines, sa mère a recours à une sorte de crèche. Réunis en un même endroit, les girafeaux jouent et s’alimentent sous la surveillance d’une ou deux femelles.

Girafe et son bébé

Le girafon est très vulnérable aux prédateurs. © dinosoria.com

Le girafeau est prêt à brouter à l’âge de six mois environ et sera totalement sevré à un an.

Vie sociale

La girafe est grégaire et la structure des groupes assez instable. Femelles, petits et mâles immatures s’associent en groupe de 5 animaux en moyenne et jusqu’à 20.
Les mâles adultes naviguent d’un groupe à l’autre pour vérifier la réceptivité des femelles.

Les girafes d’un groupe agissent comme des sentinelles et alertent les autres en cas de danger.

Girafe qui mange

Des girafes « sentinelles » veillent pendant les repas. © dinosoria.com

Elles communiquent également par des « sons ». Leurs museaux peuvent émettre de puissants souffles sonores, semblables à des ronflements.
Les girafeaux poussent de petits cris aigus.

Cri de la girafe : la girafe bêle ou mugit.

Le groupe n’a pas de chef. Par contre, les mâles doivent se faire respecter pour pouvoir s’accoupler.
Dès lors, les affrontements sont fréquents. Les deux rivaux se mettent face à face, entrelacent leurs cous et commencer à se balancer tout en se donnant des coups d’épaule et de flanc.

Groupe de girafes

Les girafes sont grégaires. © dinosoria.com

Têtes et cornes s’entrechoquent de plus en plus vite dans un sourd fracas. Mais, le combat n’est jamais mortel.

Caractéristiques de la girafe

  • La tête des girafes est ornée de deux petites cornes recouvertes de peau. Elles dépassent rarement 20 cm
  • Une girafe peut galoper jusqu’à 60 km/h
  • En liberté, la girafe vit de 20 à 30 ans

Girafe poursuivit par une lionne

Les lions sont les principaux prédateurs de la girafe. © dinosoria.com

  • Chaque girafe possède sa propre robe aux motifs uniques
  • Une girafe ne se couche presque jamais dans la journée. La nuit, elle ne dort jamais profondément plus de 20 min. Elle peut rester plusieurs jours sans dormir

Anecdotes sur la girafe

Les Arabes l’ont surnommé « zurafa » ce qui signifie aimable. La girafe était d’ailleurs un présent que les puissants s’offraient en guise de paix.

Les zoologues l’ont baptisée Giraffa camelopardalis, un terme qui réunit trois animaux : girafe, chameau et léopard.

Girafe

Les Arabes surnomment la girafe « zurafa » ce qui signifie aimable. © dinosoria.com

C’est Marco Polo qui, en 1299, lors de la rédaction de son « Livre des merveilles du monde » adapta le terme arabe « zurafa » pour le transformer en une « giraffa » italienne.

En 1826, Méhémet-Ali Pacha, vice-roi d’Égypte, fit cadeau à Charles X, roi de France, d’une girafe.
L’animal voyagea d’Alexandrie à Marseille sur un navire aménagé. Il avait fallu creuser un trou dans le pont du navire pour que la girafe puisse passer son cou.
Elle gagna Paris par la route, munit d’une cape contre les intempéries et fit sensation à son arrivée à la cour.
Elle vécut près de 20 ans à Paris, entourée de soins attentifs.

Girafe

La tête des girafes est ornée de deux petites cornes recouvertes de peau. © dinosoria.com

Des girafes furent ramenées à Rome pour combattre des lions dans les arènes. La taille de l’animal laissait présager de terribles combats. Les spectateurs furent bien déçus, car les fauves n’eurent aucun mal à dévorer leurs adversaires sans défense.

Protection de la girafe

Avec l’arrivée de l’homme blanc sur le continent africain, des troupeaux entiers ont été abattus pour le simple plaisir.
Au 19e siècle, des massacres intensifs ont provoqué la quasi-extermination de la girafe.

Girafe morte

Les vautours nettoient la savane des cadavres. © dinosoria.com

Aujourd’hui, la girafe est protégée dans la plupart des pays africains. Mais le braconnage se poursuit.
Seule la surveillance des réserves peut assurer leur survie.

La girafe pourrait être élevée à des fins commerciales. Elle tolère la sécheresse et produit une excellente viande. C’est de plus un animal docile.
C’est pourquoi des projets de fermes d’élevage sont envisagés.

Girafe

Le lait de la girafe ne vaut pas celui de la vache, mais est acceptable. © dinosoria.com

Son lait est buvable et peut-être verrons-nous dans quelques années, les éleveurs africains lever les bras pour traire leurs girafes domestiques !
Cette hypothèse cocasse, bien que déplorable pour les amoureux de la faune sauvage, pourrait contribuer à éviter l’extinction d’un animal si imposant, mais tellement fragile.

V.Battaglia (02.2005) M.à.J 05.2012

Okapi

Références

La girafe, collection Marshall Cavendish 1994
Darkening coat colour reveals life history and life expectancy of male Thornicroft's giraffes. Journal of Zoology

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