Pourquoi certains dinosaures
ont-ils atteint des tailles gigantesques ? Un
poids phénoménal est-il réellement
un avantage ?
Aucun animal actuel ne peut rivaliser avec les
grands sauropodes. L’évolution semble
avoir décidée de limiter la taille
des animaux. Quelle en est la raison ?
Ce sont à toutes ces questions que nous
allons essayer de répondre.
Certaines théories me sont personnelles
et n’engagent donc que moi.
Les avantages du gigantisme
Plusieurs explications sont avancées pour comprendre le
gigantisme des dinosaures.
Les plus grands dinosaures sont des herbivores et notamment les
sauropodes. Ceci s’explique par leur mode de digestion. En
effet, la digestion des plantes s’effectue plus facilement
quand elles sont absorbées en grande quantité.
Des micro-organismes sont nécessaires pour assimiler ce type
de nourriture. Ceux-ci dégagent de la chaleur pendant la
période de digestion ce qui la rend plus rapide.
Plus l’estomac du dinosaure était grand et plus il
générait de chaleur.
Gastrolithes trouvées dans
l'estomac d'un dinosaure
Plus on est grand et moins on a besoin de brûler d’énergie
pour bouger et donc pour survivre.
Le gigantisme est la meilleure arme pour se défendre contre
les prédateurs. On constate d’ailleurs que l’accroissement
de la taille des carnivores a été proportionnel à
celle des herbivores.
Mais aucun carnivore n’a atteint la taille des grands sauropodes
; on imagine assez mal un prédateur de 50 t courir après
une proie.
Troodon semble bien minuscule sous
la patte de Brachiosaurus
Je rajouterais à cette liste le fait que rien n’empêchait
la croissance de ces animaux. La Pangée n’était
pas encore morcelée ; ils pouvaient donc migrer sur de vastes
territoires à la recherche de nourriture ; ils n’avaient
aucun prédateur à l’âge adulte et surtout
pas l’homme. Leur croissance n’était donc en
fait limitée que par le poids que pouvaient supporter leurs
membres.
R.Bakker se tient derrière
un fémur d'Apatosaurus
Les inconvénients du gigantisme
La première difficulté réside dans la manière
de faire circuler le sang jusqu’au cerveau qui se trouve à
plusieurs mètres au-dessus du sol.
Des sauropodes comme Brachiosaurus ou Diplodocus avaient pour contrebalancer
ce problème, des cœurs énormes qui régulaient
le flux sanguin. En comparaison, leur cerveau était petit.
L’accouplement devait également poser un problème.
On sait que la femelle Diplodocus avait les os du bassin fusionnés
(coossifiés) pour que le mâle ne les casse pas pendant
l'accouplement.
La facilité de se reproduire pour une espèce est la
clef de la réussite. Plus les animaux sont grands et moins
le nombre de naissance est important. De ce fait, tout évènement
(changement de climat, manque de nourriture …) peut mettre
en péril l’espèce à court terme.
James Jensen en train de travailler
sur le membre antérieur d'Ultrasaurus
En rapprochant plusieurs facteurs, j’ai constaté une
chose. Même si en comparaison, les dinosaures géants
avaient besoin de moins de nourriture par tonne de poids, il n’en
reste pas moins que pour survivre, il leur fallait des ressources
abondantes. Le moindre changement écologique pouvait donc
avoir des conséquences dramatiques.
Tout au long du Trias et du Jurassique, il n’y avait ni plantes
à fleurs, ni herbe. Les grands sauropodes ne broutaient pas
; leur taille ne leur permettait pas de toutes façons de
baisser la tête.
Au crétacé, les plantes à fleurs se répandirent.
La nourriture devint particulièrement abondante au ras du
sol. Ce changement n’a certainement pas été
favorable aux plus grands herbivores.
Un Apatosaurus adulte devait manger
moins d'une demi-tonne de nourriture chaque jour soit le cinquième
du poids de son corps
Gigantisme et survie
Si on compare les grands sauropodes à nos plus grands mammifères
actuels comme les éléphants, on peut en déduire
plusieurs éléments.
On sait que les éléphants migrent en permanence pour
trouver de la nourriture. Un troupeau d’éléphants
fait de véritables ravages sur son environnement. On imagine
ce que pouvait causer à la végétation un troupeau
de Diplodocus.
Ces animaux se devaient donc de migrer en permanence pour survivre.
Actuellement, l’expansion de l’homme est un véritable
danger pour nos grands herbivores. Nous limitons chaque année
de plus en plus leur territoire. Au point, qu’actuellement
les éléphants d’Asie sont en voie de disparition.
Seul le tourisme a permis à la faune africaine de survivre.
Partant de ce constat, il est évident que la prédominance
de l’espèce humaine va à l’encontre de
l’accroissement de la taille des autres espèces. De
même que les mammifères ont conservé de petites
tailles pendant tout le règne des dinosaures ce qui leur
a permis de survivre, les animaux actuels de petites tailles ont
de meilleures chances de survivre face à l’homme. Plus
j’analyse tous les éléments et plus je crois
fermement à un cycle immuable. Il y a toujours selon les
périodes une espèce dominante. Le tout est de savoir
laquelle viendra menacer la suprématie de l’homme.
Comment pèse t-on un dinosaure ?
Les dimensions d'une jambe sont utiles pour estimer le poids d'un
dinosaure. En mesurant la section du plus grand os de la jambe,
les paléontologues se servent de techniques mathématiques
pour estimer le poids total de l'animal vivant. Cette technique
est surtout employée pour les sauropodes.
Une autre méthode consiste à construire des modèles
à échelle réduite. En plongeant le modèle
dans l'eau, on mesure son volume, et le résultat sert à
calculer le poids du dinosaure à son échelle.
Mais aucune de ces méthodes n'est fiable à 100%.
Le véritable poids du dinosaure le plus lourd du monde ne
sera donc probablement jamais connu.