La chaleur interne de la Terre offre une source
d’énergie abondante et presque inépuisable.
Pourtant, on l’exploite très peu.
L’énergie géothermique résulte
surtout de la désintégration radioactive
naturelle d’uranium, de thorium et de potassium.
A la différence de l’énergie
issue de combustibles fossiles, elle produit peu
de dioxyde de carbone et ne contribue donc pas
au réchauffement de la planète.
Les réservoirs naturels d’énergie
Les limites entre les gigantesques plaques qui composent la croûte
terrestre sont souvent le théâtre de phénomènes
liés à la présence de magma à proximité
de la surface. Les geysers se rencontrent surtout dans l’ouest
des États-Unis, en Islande, en Nouvelle-Zélande, dans
les Andes et dans l’Himalaya. Ces mêmes régions
ont permis l’installation de centrales géothermiques,
des usines produisant de l’énergie à partir
de la chaleur du sol.
Centrale géothermique en Islande
Ce sont dans ces régions où l’énergie
calorique de la Terre est concentrée ainsi que dans les zones
volcaniques actives que l’on peut exploiter l’énergie
géothermique.
La géothermie
A l’époque romaine, il y a 2 000 ans, on utilisait
les sources chaudes pour chauffer les maisons. Cela se pratique
toujours en Islande et au Japon. Cependant, les sources chaudes
dégagent souvent des gaz sulfureux. De plus, la température
de l’eau baisse rapidement si on l’achemine loin de
la source.
Par contre, le moyen le plus souple est d’utiliser l’énergie
géothermique pour produire de l’électricité.
On a créé la première centrale électrique
géothermique en 1904 à Larderello, en Italie. Il en
existe aujourd’hui dans une vingtaine de pays. L'eau chaude,
dont la température atteint 350°C, peut être canalisée
et transformée en vapeur pour faire fonctionner des turbines
qui produisent l'électricité.
La plus grande centrale se trouve en Californie et fournit plus
de 1 700 mégawatts d’électricité ce qui
permet d’alimenter un demi-million de foyers.
La géothermie permet également de cultiver, en Islande,
des tomates sous serre bien que l’on ne soit pas loin du cercle
polaire.
Usine de production d'électricité
géothermique à Reykjavik. Une grande piscine en plein
air, chauffée naturellement a été créée
à côté de l'usine
On peut également utiliser la géothermie pour économiser
l’énergie. En effet, à l’aide de canalisations
souterraines en circuit fermé, une pompe à chaleur
permet de faire circuler la chaleur géothermique entre une
maison et le sol.
Une telle pompe peut réduire la consommation d’électricité
ou de fuel de 50%.
A Reykjavik, en Islande, l'eau chaude naturelle est canalisée
depuis 1925 et distribuée dans toutes les maisons.
Des ressources inexploitées
La géothermie est utilisée dans les régions
où l’on trouve de l’eau chaude dans le sol. L’énergie
géothermique fournit moins de 0,02% des besoins annuels d’énergie.
La plupart des producteurs sont situés sur la ceinture de
feu du Pacifique, où l’activité volcanique est
intense.
Pourtant, les roches sèches chaudes sont beaucoup plus répandues
que les réservoirs naturels d’eau chaude.
Si l’on trouvait le moyen d’extraire leur chaleur, la
production d’énergie géothermique pourrait se
développer.
Les roches sèches chaudes se trouvent à 2 km de profondeur
ou plus. Il faut donc forer à cette profondeur puis recueillir
l’énergie calorifique pour l’acheminer à
la surface.
Dans des puits expérimentaux, on utilise de l’eau pour
fracturer la roche, créant des fissures qui se remplissent
de vapeur.
La vapeur gagne alors la surface où l’on peut utiliser
son énergie.
Cette source d’énergie, non polluante, est prometteuse.
Mais, à ce jour, son exploitation n’est pas rentable.
Cependant, le pompage de l'eau dans le sol des régions où
l'on trouve une roche chaude sèche afin de produire de la
vapeur d'eau artificiellement est une technique qui pourrait bien
se révéler une source d'énergie précieuse
dans le futur.