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Fourmi rousse des bois

La fourmi rousse, Formica rufa, vit dans les bois, en plaine et en montagne. Elle est célèbre pour ses nids surmontés d’un dôme en aiguilles qui font plusieurs mètres de circonférence. Commune en Europe et en Amérique du Nord, la fourmi rousse joue un rôle très bénéfique pour nos forêts en éliminant les insectes ravageurs comme les chenilles processionnaires du pin.

Portrait de la fourmi rousse

Formica rufa n’est pas vraiment rousse malgré son nom commun. Elle mélange différentes variations de trois coloris : noir, brun ou roux.
Les ouvrières mesurent de 6 à 9 mm tandis que la reine atteint 11 mm.

La fourmi des bois est omnivore. Ainsi, son menu est composé de substances d’origine animale et végétale.

Formica rufa

Formica rufa. © dinosoria.com

Les protéines et les lipides sont indispensables au développement des larves. Quant aux glucides, dont l’origine est surtout végétale, ils sont la source principale de l’alimentation des ouvrières.

L’approvisionnement du nid est assuré par des ouvrières appelées fourrageuses, généralement âgées de plus de 50 jours.
Les plus jeunes ouvrières restent au nid et s’occupent des tâches « domestiques ».

Les fourrageuses peuvent être de redoutables chasseuses. Tout invertébré présent dans le périmètre immédiat du nid devient une proie potentielle.

Fourmi rousse des bois

Fourmi rousse des bois en position d'attaque . © dinosoria.com

Les fourmis des bois capturent surtout des proies mobiles qu’elles détectent en grande partie par la vision.
L’ouvrière chasseuse ouvre ses mandibules et dirige l’extrémité de son abdomen vers la proie. Cette dernière est agrippée avec les mandibules et si nécessaire, un jet d’acide formique la paralyse.
Les gros insectes sont attaqués collectivement.

Dans un nid, on trouve l’été, outre des ouvrières et des sexués, du couvain à différents stades de développement.
A la saison froide, il n’y a ni mâles, ni couvain et la colonie vit alors au ralenti.

Formica rufa

Une ouvrière Formica rufa. © Entomart . Licence

C’est au printemps que le nid se réveille progressivement. Les ouvrières fourrageuses sont les premières à sortir pour prendre un bain de soleil. Elles redescendent ensuite dans le nid pour avertir leurs congénères que le temps de la léthargie est fini.
Au bout de quelques jours, toutes les fourmis, reines comprises, gagnent la surface pour se réchauffer.
Pour les reines, la ponte va pouvoir commencer.

La traite des pucerons

Les fourmis rousses sont très attirées par toutes les matières sucrées comme le nectar des fleurs ou la pulpe de fruits. Mais, elles ne possèdent pas de pièce buccale de type suceur qui leur permettrait d’aspirer directement la sève à sa source.

Par contre, les pucerons possèdent cette faculté. Ils prélèvent les matières azotées et rejettent dans leurs excréments les excédents de matières sucrées que l’on appelle communément le miellat.

Fourmi des bois

La fourmi des bois est omnivore. © dinosoria.com

Les fourmis rousses ont donc domestiqué les pucerons. Des ouvrières gardiennes s’occupent de colonies de pucerons qu’elles protègent des prédateurs. Elles les déplacent et les disséminent sur les arbres.
Ces « gardiennes de troupeau » veillent sur leur cheptel.

L’ouvrière trayeuse sollicite un puceron en lui caressant l’abdomen à l’aide de ses antennes. Le puceron émet alors une goutte de miellat par l’anus. La fourmi l’absorbe et le stocke dans son jabot.

Chaque ouvrière trayeuse peut stocker l’équivalent de son poids en miellat qu’elle transporte puis redistribue à ses congénères restés au nid.

Le miellat qui tombe sur les feuillages profite aux abeilles.

Des nids en forme de dôme

Le nid, en forme de dôme, n’est pas construit n’importe où.
On le trouve généralement près d’une lisière ou dans une clairière, là où il profite d’un bon ensoleillement.

A l’intérieur du nid, la température reste stable, entre 25° et 30°C, quelle que soit la température extérieure.

La bonne régulation thermique du nid est indispensable au développement rapide du couvain.

Nid Fourmis rousses des bois

Le nid des fourmis des bois se présente comme un grand dôme. © dinosoria.com

Autour du nid, il existe tout un réseau de routes qui mènent aux sources de nourritures stables. Ces routes  sont utilisées d’une année sur l’autre.
Les fourmis déposent des phéromones, balisant ainsi le réseau.

Super colonie de fourmis rousses

Formica rufa adopte des modes d’organisation sociale qui va de la société à une ou plusieurs reines dans un seul nid, à celle comportant plusieurs reines réparties dans de nombreux nids : les super-colonies.

La super-colonie qui se situe au cœur du Jura est l’une des plus célèbres. Cette super-colonie est installée sur 70 hectares et comprend environ 150 millions d’individus.

1 200 nids sont répartis sur ce périmètre. Ils sont interconnectés et tout ce petit monde vit en parfaite harmonie.

Les très nombreuses reines se rendent régulièrement visite, transportées par des ouvrières. Il n’y a jamais de guerre et tout le système est basé sur une politique d’entraide commune.

Fourmi rousse des bois

Le record de super-colonie est détenu par le Japon. © dinosoria.com

Les fourmis ont donc créé le système propre à l’Europe bien avant l’homme. On y observe une libre circulation des biens et des individus.
On ne sait pas ce que les reines peuvent se dire mais une chose est sure, la diplomatie est de rigueur.

Les différentes colonies s’échangent de la nourriture, des ouvrières, des reines et des larves. Des pistes relient les nids les uns aux autres.
Les différentes fourmilières sont hiérarchisées en fonction de leur ancienneté. On distingue des « fourmilières-mères », « filles », saisonnières et « débutantes ».

Les « fourmilières-mères » sont de plus grande taille. Les fourmilières saisonnières sont inhabitées en hiver et reçoivent en été le surplus de larves et cocons des plus grands nids.

Fourmi rousse des bois

La fourmi rousse des bois est une vraie politicienne. © dinosoria.com

Une autre espèce proche, Formica yessensis, qui vit au Japon a également mis en place une super-colonie sur l’île de Hakkaido.
45 000 nids sont répartis sur 270 hectares. C’est le record absolu avec environ 300 millions d’individus dont plus d’un million de reines.

L’habitat de dunes côtières de cette super-colonie est pauvre en proie. De ce fait, les fourmis exploitent un puceron vivant sur des joncs et producteur d’un miellat riche en acides aminés.

La guerre entre les colonies

Les relations entre fourmilières voisines ne sont pas toujours aussi harmonieuses que dans le cas des super-colonies.

Quand des ouvrières fourrageuses rencontrent des congénères de colonies étrangères et donc des individus non apparentés, une terrible guerre peut s’engager.

Fourmi rousse des bois

Combat entre deux fourmis rousses. © dinosoria.com

Ces combats peuvent durer une journée entière, chaque camp recrutant des chasseuses agressives.  L’issue des combats peut se solder par des milliers de cadavres qui sont ensuite ramenés dans le camp adverse pour servir de nourriture.

C’est au cours de telles guerres que les territoires des colonies évoluent, l’avantage allant bien sûr à la plus peuplée.

Classification: Animalia . Arthropoda. Insecta. Hymenoptera. Formicidae. Formicini . Formica

V. Battaglia (13.09.2009)

Organisation sociale et reproduction des fourmis . Fourmi légionnaire

Références

La Fourmi. Collection Marshall Cavendish. 1994
Encyclopédie Larousse des Animaux. Famille des Formicidae. P. 578. Larousse 2006
La Grande encyclopédie des insectes. Gründ. 1991

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