La
mystérieuse civilisation de Fontainebleau
Sans le savoir, tous les dimanches, des milliers
de promeneurs de la forêt de Fontainebleau
passent peut-être devant les vestiges d’une
civilisation inconnue. |
Le passé géologique de la forêt reste
assez mal connu. Son passé historique encore plus.
Jusqu’à vers 1830, l’ensemble du massif
n’était qu’une énorme tache blanche
sur la carte de l’Ile-de-France.
Les gorges d'Apremont, en forêt de Fontainebleau Licence Des légendes circulaient sur des habitants mystérieux qui hantaient la forêt. On disait que le Grand Veneur ou le Chasseur Noir veillaient. Gare à qui les rencontrait sur son passage ! Ils étaient toujours accompagnés d’une meute de chiens diaboliques. Bien évidement, ces légendes écartaient curieux et promeneurs, à une époque, où la nature et la faune qui l’habitait étaient méconnues et considérées comme dangereuses.
Ce que l’on sait c’est que pendant plusieurs dizaines de milliers d’années, des hommes ont habité certaines grottes de la forêt. Ils y ont tracé de nombreuses figures et des signes qui continuent à poser des problèmes aux préhistoriens.
Ces signes s’échelonneraient, selon J.-L. Baudet, le chercheur qui les a le mieux étudiés, sur une période qui couvre près de 30 000 ans, de l’interglaciaire riss-würm jusqu’à l’âge de fer. Les plus anciens signes sont très frustres
: de simples lignes abstraites marquées dans le grès
des rochers. Les spécialistes ont noté une ressemblance entre plusieurs de ces figures et celles trouvées dans d’autres sites préhistoriques énigmatiques.
On a également trouvé quelques tombes néolithiques
au coeur de Fontainebleau. L’une d’elles est surmontée
de blocs en forme de gisants. S’agit-il de blocs naturels
ou aménagés par l’homme ?
Pourtant, il est à souligner que d’autres vestiges néolithiques ont été mis au jour autour de Fontainebleau. De plus, certaines tablettes, retrouvées par R. Ganzo,
dans une des tombes posent un problème archéologique
considérable.
Quelques pétroglyphes
du massif de Fontainebleau dessinés par Georges Nelh Ce qui est officiellement impossible. L’écriture
est sensée être née bien plus tard, au
Proche-Orient. Officiellement, les premiers écrits
sont apparus à Sumer vers 3 300 avant notre ère.
On inscrivait des pictogrammes sur des tablettes d’argile.
Quelques pétroglyphes
du massif de Fontainebleau dessinés par Georges Nelh L'écriture Hittite pictographique a été créée aux environs de 1500 avant notre ère.
Ecriture hiéroglyphique hittite provenant de Karkemish (Ankara, Musée Hittite) Pourtant, il existe plusieurs autres exemples d’écritures
préhistoriques, antérieures aux civilisations
du Proche-Orient. Les tablettes de Tartarie, datées de 4 000 ans avant notre ère, sont un autre sujet de controverse. En effet, ces tablettes ont été retrouvées en Transylvanie. Cela laisserait donc supposer que l’écriture n’est pas née en Mésopotamie, berceau de la civilisation de Sumer, mais au cœur des steppes de l’Europe orientale.
Tablette de Tartarie (Museum of History of Transylvania, Cluj-Napoca, Roumanie) La communauté scientifique argue que la datation au carbone est tout simplement erronée. Il y a une certaine ressemblance entre les idéogrammes de Fontainebleau et les caractères laissés par la civilisation hittite.
Quelques pétroglyphes
du massif de Fontainebleau dessinés par Georges Nelh Faut-il pour autant faire des anciens habitants du massif de Fontainebleau les ancêtres des tribus qui sont parties coloniser l’Orient ?
Ce sont sans doute les plus visibles et étranges vestiges du passé de Fontainebleau. Il est difficile de ne pas s’interroger sur leurs formes. Là encore, la question se pose : ces rochers ont-il été taillés par l’homme ou par la nature ?
© Edith Guérin On peut observer une exactitude figurative vraiment surprenante pour certains rochers. Certains reproduisent une otarie, un éléphant, des tortues géantes, un oiseau de proie …
Photo prise en 2006. Envoyée par e-mail. © Pierre-Alain Laprée Est-ce l’érosion naturelle qui s’est exercée au long des millénaires sur les formations rocheuses en grès ?
© Edith Guérin A notre connaissance, aucun de ces animaux, n’a évolué dans cette partie du monde, même à une époque lointaine. Mais que sait-on vraiment du passé de notre planète ?
© Edith Guérin Nos ancêtres, dans les grottes, peignaient leur quotidien et les animaux qui les entouraient. Cette mystérieuse civilisation n’a-t-elle pas tout simplement voulu, elle aussi, retranscrire les animaux de la vie quotidienne ?
© Edith Guérin Il y a un peu trop de coïncidences et de fantaisies de la nature dans toute cette affaire. Fontainebleau attend toujours que l’on veuille bien se pencher sur son passé. Peut-être qu’un jour, Fontainebleau deviendra le Stonehenge français. V.Battaglia (23.03.2006)
Inexpliqué N°2, p.458 à 460. La sagesse perdue des anciennes civilisations, Editions Time Life. Les grandes civilisations disparues, Sélection du Reader's Digest
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