La Faune des Abysses Découverte des Océans L'océan est la dernière région inexplorée de notre planète. Pourtant, la Terre est recouverte d'eau à 80%. |
En remontant la chaîne alimentaire dans les océans, on constate que c'est une plante qui est à l'origine de tout: le Phytoplancton Les eaux tempérées grouillent de plantes minuscules qui font partie du plancton. Ce végétal marin est invisible à l'oeil nu. Il vit près de la surface car il a besoin de la lumière pour pouvoir réaliser sa photosynthèse.
Seules les plantes peuvent réaliser cette photosynthèse sans laquelle les animaux ne pourraient survivre que se soit sur terre ou dans la mer. Les matières organiques sont transmises par le biais de la nourriture, de la plante à l'animal qui en absorbe, puis de l'animal à son prédateur. Le phytoplancton est donc essentiel tout au long de la chaîne alimentaire. Sans lui, aucune vie ne serait possible dans les océans.
Le phytoplancton vit à moins de 200 m de profondeur dans une zone qui ne représente que 5% des océans.
Dans cette zone qui descend à 1 000 m de profondeur, la lumière perce faiblement.
A environ 500 m de profondeur, on peut rencontrer ce crustacé qui vit en parasite. Il conçoit sa progéniture à l'interieur d'un autre animal, membre de la famille des méduses. On peut également découvrir le poisson ruban, le dragon des abysses et le poisson lanterne qui doit son nom aux photophores qui recouvrent son corps. A cette profondeur, de nombreuses espèces ont opté pour la transparence. Par exemple, le calmar Vitronella est quasiment invisible.
Un des animaux les plus étranges est sans conteste le Siphonophore qui peut atteindre 40 m de long. Les siphonophores sont connus depuis longtemps. Ce sont des colonies planctoniques spécialisées dans la pêche au filet. Ils possèdent des tentacules flottants équipés de cellules urticantes. La physalie qui ressemble à une méduse possède un venin presque aussi puissant que celui du cobra. Cependant les siphonophores observés dans les grands fonds marins sont beaucoup plus grands que ceux connus jusqu'à présent qui ne dépassent pas 30 cm de long.
La plupart des espèces de la zone crépusculaire possèdent des yeux démesurés. La vue est essentielle dans cet univers de pénombre. A partir de 700 m, les formes de vie se font plus rares. Le niveau d'oxygène baisse énormément. Le plus impressionnant chez beaucoup d'espèces des grands fonds sont leurs dents extrèmement aiguisées. Les Stomiiformes, appelés communément poissons-dragons, ont une grande bouche équipées de dents assez impressionnantes. Les poissons du genre Chauliodus en sont un bon exemple. (Ex: Grandcroc ou Chauliodus macouni)
A partir de 700 m, le taux d'oxygène est presque inexistant. Pourtant, à 1000 m, des murènes survivent. En principe ce poisson vit dans les mers tempérées et chaudes. Mais certaines espèces ont opté pour les grands fonds. La murène est très vorace et sa morsure est dangereuse. Mais, il ne faut pas croire, que tous ces animaux restent confinés dans les grands fonds. Ils migrent régulièrement vers la surface en quête de nourriture. Par exemple, le poisson- lanterne remonte chaque soir de 1 700 m à 100 m de profondeur. Ce voyage lui prend 3 h. Le poisson- lanterne peut moduler sa lumière et la faire clignoter. La nuit, on peut observer ce phénomène de lumière clignotante quand ces poissons sont rassemblés à la surface. C'est surement une des explications aux lumières étranges aperçues par les marins.
On compte plus de 250 espèces de poissons-lanternes. Ces poissons des grands fonds font partie de l'ordre des Myctophiformes et de la famille des Myctophidae. (Exemple: Lanternule métallique ou Myctophum affine)
Au delà de 1 000 m, la lumière ne perce plus du tout les ténèbres. La température ne dépasse pas 2 °C. Aucun animal, vivant à de telles profondeurs n'a survécu à sa capture, une fois ramené à la surface. C'est à partir de 4 000 m que l'on entre vraiment dans le désert abyssal. Si la vie s'y fait rare, les espèces sont souvent plus grandes à cette profondeur que dans la zone crépusculaire. On connaît 4 espèces de grenadiers du genre Macrourus. (Exemple: Macrourus berglax) Cependant, le seigneur des éboueurs est incontestablement le concombre de mer. Ces gros boudins charnus représentent 95% de la faune.
La rareté de la nourriture est d'ailleurs sans doute la raison pour laquelle de nombreuses créatures des abysses ont des bouches disproportionnées et de solides dents. Ils doivent pouvoir avaler tout ce qui passe à leur portée. Les poissons des grands fonds nagent dans l'obscurité tous feux allumés. Ces animaux créent leur propre lumière: la bioluminescence. Les poissons-dragons en sont un bon exemple. Généralement, ils portent des organes lumineux (photophores).
Jusqu'à 2 500 m de profondeur, on peut également croiser des requins, notamment le requin du Groenland (Somniosus microcephalus) qui peut mesurer jusqu'à 7 m de long ou les requins à ailettes.
Au milieu de ces grandes étendues désolées, on trouve des oasis grouillants de vie. C'est dans les zones les plus hostiles, autour des zones hydrothermales situées le long des dorsales océaniques, que prospèrent ces espèces. Les vers tubicoles utilisent leurs branchies pour absorber les éléments nécessaires à leur alimentation. Ils prospèrent près des sources d'eau chaude. Ces sources hydrothermales de couleur noir, appelées fumeurs noirs, contiennent surtout du fer et du cuivre. Leur température peut atteindre 300°C car le magma remonte juste en dessous. La vie foisonne près de ces sources: des centaines de crabes rampent, des poissons étranges évoluent au milieu des vers tubicoles; moules et palourdes sont incrustées dans la roche.
La découverte de ces oasis a été faite il y a déjà 25 ans. Elle a bouleversé nos connaissances et les acquis de la communauté scientifique. On avait toujours cru que sans soleil, la photosynthèse ne pouvait s'effectuer. De ce fait, aucune vie n'était possible. Or, une vie animale et végétale se développe indépendamment de l'énergie solaire. V.Battaglia (10.2004)
Si vous êtes curieux d'en savoir plus sur les fonds marins, le site de la planète bleue devrait vous ravir. Site Planète Bleue
Voyage au coeur des abysses.Sélection du Reader's Digest 1996. La Planète Bleue Editions Larousse 2002. Planète Océan DVD 2004. Science & Vie N° 1037 2004. Les Géants de la Mer. Editions Atlas 2001. Les photos des diaporamas sont des captures d'écran des documentaires Planète Océan et La Planète bleue
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