La corde magique du fakir Depuis des siècles, la corde magique utilisée par les Indiens est un classique de l’illusion. Les Occidentaux associent le tour de la corde au fakir. A nos yeux, le fakir n’est autre qu’un magicien qui est passé maître dans l’art de l’illusion. La corde magique a une longue histoire en Asie. Les premiers témoignages ne proviennent pas d’Inde mais de Chine. Aujourd’hui, nous connaissons une partie de la vérité sur le « secret » de la corde magique. Cependant, comme pour tous les tours de prestidigitation, le « truc » n’a pas été entièrement dévoilé. A notre époque, le public a changé et le tour également. Le fakir charme une corde comme il le ferait d’un cobra et un jeune garçon grimpe dessus. |
A l’origine, le terme fakir, qui signifie pauvre ou humble en arabe, désigne un ascète mendiant de religion musulmane ou hindouiste.
Sadhu sur les bords du Gange. By Naresh Dhiman Fakirs ou sadhu ont fait vœux de pauvreté. Ils pensent que la voie de l’ascétisme les mènera au salut de leur âme.
Sadhu près du temple Jagdish. By Meanest Indian Outre leurs capacités à jeûner et à subir des mutilations, ils possèdent un grand pouvoir de suggestion. Grâce à leur formation de yogi, ils contrôlent parfaitement leur système nerveux. Ce sont aussi d’excellents illusionnistes qui savent charmer leur public.
Sadhu en pleine méditation. By Jovika Ces hommes et les « exploits » qu’on leur prête sont bien évidemment aux antipodes du rationalisme occidental.
C’est l’explorateur et géographe marocain Ibn Battuta (ou Ibn Batouta) qui parla en Occident pour la première fois de la corde magique. Entre 1342 et 1347, il assistait à un dîner donné à la cour royale, en Chine. Son maître l’appela plusieurs fois. N’obtenant pas de réponse, il s’empara d’un couteau et furieux, grimpa à son tour. Au sol, il rassembla les morceaux du corps, donna un léger coup de pied et l’enfant se leva, bien vivant. » Personne ne crut à son histoire. L’affaire de la corde magique fut relancée en 1890 par un article du Chicago Daily Tribune. Des photos et un article écrit par un certain S.Ellmore firent sensation et les ventes du journal remontèrent immédiatement. Les fakirs et leurs prouesses retombèrent dans l’oubli.
Représentation de la corde magique à l'époque coloniale . Licence Quelques années plus tard, des soldats irlandais et anglais, en garnison à Upsala, en Inde, assistèrent à une représentation très semblable à celle que décrivit Ibn Battuta au XIVe siècle. Ce tour est bien réel et existe depuis fort longtemps. Le nombre de fakirs capables de le réaliser a toujours été très limité. On estime que, vers 1940, ils n’étaient plus que 5 ou 6 en Inde, et déjà d’un âge avancé.
Ce tour débutait toujours à la tombée de la nuit. Les assistants apportaient des lanternes qu’ils plaçaient à des endroits stratégiques. Le lieu de la représentation était choisi avec soin de manière à ce qu’un fil puisse être suspendu et camouflé, de préférence, avec du feuillage. Le fakir prend un panier d’osier, en retire une corde qu’il lance en l’air pour montrer qu’il s’agit d’une corde ordinaire. Quand les spectateurs lèvent la tête pour regarder la corde magique, ils sont éblouis par les lanternes. Le magicien ordonne au jeune garçon de grimper ce qu’il fait en protestant. Après avoir grimpé environ 10 m, l’enfant a dépassé le rayon d’action des lanternes et c’est ce camouflage naturel qui explique le miracle. Arrivé au sommet, il sort un crochet et s’en sert pour consolider la corde.
Schéma explicatif du tour de la corde (© Inexpliqué N°6) Le fakir continue son numéro en appelant l’enfant qui ne lui répond pas ou le fait d’une manière insolente. Furieux, le fakir sort un couteau et grimpe à son tour. Il fait semblant de se disputer avec l’enfant. Le public entend des cris puis des hurlements de douleur. Ce ne sont pas des membres humains mais ceux d’un pauvre singe, sacrifié pour l’occasion. Le singe a été habillé comme le garçon et les morceaux de membres dissimulés dans les larges habits du fakir. Le public qui commence à en avoir assez du carnage n’a pas envie d’aller voir de plus près. Pendant ce temps, en haut, l’enfant se dissimule dans les larges vêtements du magicien. Il glisse les pieds et les jambes dans une sorte de brassière et s’attache solidement contre la poitrine du fakir. Les assistants se tiennent dos à dos afin que les spectateurs ne voient pas ce qui se passe au centre.
Si le truc de la corde magique "ensanglantée" a été révélé, par contre, on ne sait toujours pas expliquer le tour de la corde "classique".
Représentation de la corde magique à l'époque coloniale . Licence Il y a quelques variantes. Le magicien « charme » parfois la corde avec une flûte comme pour un serpent. On a émis beaucoup de théories sur ce tour. Certains ont suggéré qu’elle est tenue par de minuscules câbles, d’autres que c’est une colonne vertébrale de mouton transformée en corde. C’est d’ailleurs tout le charme de la magie. Le prestidigitateur détourne toujours l’attention du public au moment propice. Reste à découvrir où se situe le « truc ». Est-ce à l’intérieur du panier ou dans les airs ? Si vous pensez connaître la réponse, n'hésitez pas à me la faire parvenir. V.B (06.04.2008)
Jean-Pierre (8.04.2008): Le tour de la corde est très ancien. On voit bien dans la 2e video que le spectacle a été filmé à l'époque coloniale. Le haut de la corde est visible. Ces "fakirs" sont des gens pauvres. Ils ne disposent pas de gadgets sophistiqués. Le "truc" est donc surement très simple. C'est d'ailleurs le plus rageant. Peut-être une 2e corde, cachée dans le panier, mais qui elle serait rigide ? Gérard Podilsky (22.09.2008): Il me semble que le panier contenant la corde doit se placer à un endroit précis au dessus d'une cavité dans le sol. Dans cette cavité se cache une aide qui au son de la flûte fait remonter une perche rigide habillée de corde et c'est sur cette perche que grimpe l'enfant.
Fakirs et Sadhu. Sélection du Reader’s Digest 1996 Les photos, sauf mention contraire, sont sous Licence creative commons Attribution paternité Share Alike 3.0 unported |







