L’expérience
Philadelphie
La Seconde Guerre mondiale voit proliférer
dans les deux camps ennemis des expériences
destinées à mettre au point de nouvelles
armes « définitives ». Les premières rumeurs concernant l’expérience se diffusent dans les années 50. L’US Navy dément aussitôt mais, par la suite, plusieurs enquêtes semblent montrer que quelque chose d’étrange s’est en effet produit en 1943 au large des côtes américaines. Mais, ces enquêtes menées essentiellement par des auteurs, sont-elles fiables ? |
En 1955, le Dr Morris K.Jessup, un
astrophysicien, publie un ouvrage sur les OVNI intitulé
The Case for the UFO (le cas des OVNI). D’après Allen, elle aurait eu pour but de rendre
un escorteur invisible et de lui faire parcourir quasi instantanément
la distance entre Philadelphie et la base navale de Norfolk.
Allen révèle dans ses lettres les conséquences
de cet essai. L’équipage de l’escorteur
aurait été victime d’effets secondaires
terribles.
Screen extrait du film The Philadelphia Experiment Certains de ces phénomènes, notamment des disparitions de marins qui se seraient volatilisés, se seraient produits longtemps après la fin de l’expérience. Sur ce dernier point, il n’existe aucun rapport officiel ni écrit quelconque mais de simples témoignages oraux.
Le Dr Jessup enquête et arrive à la conclusion
qu’un essai militaire a effectivement eu lieu en 1943,
visant à tester l’effet d’un champ magnétique
puissant sur un navire (l’Eldridge) et son équipage,
et qu’il a été effectué dans un
bassin du port militaire de Philadelphie. Dès le début de l’expérimentation, l’escorteur aurait été enveloppé dans un cocon de lumière verte et aurait commencé à disparaître jusqu’au niveau de sa ligne de flottaison.
Plus tard, le phénomène se serait répété, en pleine mer, cette fois, de manière plus complète, puisque l’escorteur aurait disparu complètement pendant quelques minutes. C’est à ce spectacle qu’aurait assisté Carl Allen alors qu’il se trouvait sur un cargo, l’Andrew Furuseth, faisant parti d’un convoi escorté, entre autres, par l’Eldridge. Toujours selon l’enquête de Jessup, des bruits auraient alors couru selon lesquels l’escorteur aurait surgi brièvement, tel un fantôme, en rade de Norfolk, à 400 kilomètres plus au sud. Entre-temps l’US Navy convoque Jessup pour lui montrer
un exemplaire de son livre envoyé par un expéditeur
anonyme et annoté largement à la main. L’US Navy tente de retrouver ce mystérieux Allen mais en vain. Elle propose une collaboration à Jessup, qui refuse. Ce dernier, en avril 1959, en proie à de graves problèmes personnels, se suicide.
Après la mort de Jessup, l’enquête s’enlise. Cette affaire ne redevient d’actualité qu’à la fin des années 1970, sous l’impulsion de Charles Berlitz, auteur d’un ouvrage sur le triangle des Bermudes. Il est aidé de William L.Moore qui s’intéresse depuis longtemps aux OVNI. Dans leur ouvrage, Operation Philadelphie, ils récapitulent les éléments connus, après avoir retrouvé, presque par hasard, l’énigmatique Carl Allen. Leurs découvertes peuvent se résumer ainsi :
De plus, même après si longtemps, un certain nombre de personnes, qui souhaitent garder l’anonymat, ont affirmé que des expériences bizarres ont effectivement eu lieu dans le port militaire de Philadelphie. Enfin, il apparaît qu’Einstein a bien en effet travaillé épisodiquement pour la Marine en 1943. Cependant, la version concernant une expérience sur l’invisibilité et le déplacement instantané n’est pas la seule explication fournie par les témoins. Les sources des deux auteurs parlent également d’un
système révolutionnaire pour lutter contre les
terribles mines magnétiques allemandes. Tous les témoins se rejoignent pour dire qu’une catastrophe humaine a mis un terme à ces tentatives. Effectivement, on sait aujourd’hui que les champs magnétiques puissants sont néfastes à la santé et à l’équilibre mental. Cela pourrait expliquer le refus de l’US Navy de parler
de l’expérience Philadelphie. L’US Navy
a démenti officiellement toute expérience ou
recherches sur l’invisibilité. En 1947, le projet Philadelphie aurait été réactivé sous le nom de projet Phénix. Le but était de comprendre la catastrophe humaine de 1943, mais surtout d'étudier les applications de ce projet pour rendre les navires et les avions invisibles au radar qui a probablement abouti à la technologie furtive.
Charles Berlitz est connu pour ses ouvrages "grand public" qui, malheureusement, ne reflètent pas toujours la réalité. C'est particulièrement probant avec son livre consacré au Triangle des Bermudes. Comme tout bon auteur, il s’arrange pour
que la réalité colle à ses
théories. Toute cette histoire repose sur
la cohérence entre les dates et les lieux. Les livres de bord ne semblent pas du tout confirmer les affirmations d’Allende. En effet, le Furuseth, d’après les rapports d’activité, était à quai du 4 au 25 octobre mais, Allende affirme qu’il était en mer au moment des évènements. Le Furuseth a pris la mer le 25 octobre mais
l’USS Eldridge n’était pas
présent. Il est en tout cas clairement
établi que le 2 novembre l’Eldridge
était en service actif à Brooklyn. Il est également très difficile
d’admettre que la Marine américaine
a mis en œuvre cette expérience alors
que l’Eldridge faisait office d’escorteur
de l’un des innombrables convois de ravitaillement
qui ont traversé l’Atlantique pendant
la guerre. Je n’affirme pas que l’expérience
Philadelphie est un canular mais, à ce
jour, il est impossible de prouver que l’histoire
racontée par Allende est vraie. Il est donc plus prudent de considérer
cette histoire avec recul en attendant que l’on
puisse fournir des preuves tangibles. V.B (03.10.2005). M.à.J 08.2007
Opération Philadelphie, Charles
Berlitz et William L.Moore ; éditions Maritimes,
1980 |


