Elephant Man Parmi ceux surnommés pendant longtemps « les monstres », Joseph (John) Merrick alias Elephant Man est certainement le plus connu. Principalement au 19e siècle, on a donné le nom d’’homme éléphant » ou « femme éléphant » à des personnes souffrant d’une anomalie de la peau. Cependant, on sait aujourd’hui que John Merrick ne souffrait pas d’éléphantiasis, ni de la maladie de Recklinghausen. Cet homme souffrait du syndrome de Protée, une maladie génétique qui affecte la croissance des tissus, et produit des déformations.
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Le vrai prénom de John Merrick est Joseph mais en écrivant l’effroyable existence de cet homme, le professeur Frederick Treves, chirurgien et protecteur de Merrick, fit une erreur. Je conserverai le prénom de John puisque c’est le plus familier. John Casey Merrick est né à Leicester en Angleterre en août 1862. Sa mère, Mary Jane, meurt alors que son fils est encore très jeune.
Affiche du film The Elephant Man . © Brooks Film Sa mère a prétendu que ces difformités étaient dues au fait qu’elle avait été renversée par un éléphant dans un cirque alors qu’elle était enceinte. Le jeune garçon quitte donc le domicile familial à 12 ans et va vivre dans la « maison syndicale des travailleurs ».
Merrick cache ses difformités aux regards. Screenshot du film The Elephant Man . © Brooks Film Il va être ainsi promené de ville en ville par un propriétaire de cirque peu scrupuleux. Objet de répugnance et d’horreur, celui que l’on appelle Elephant Man, s’exhibe plusieurs fois par jour devant un public adepte des spectacles malsains. Pour cacher son apparence, Merrick porte des chaussons en forme de sac aux pieds. Il met sur sa tête un énorme chapeau avec un morceau de tissus qui cache son visage.
C’est grâce au Professeur Treves que nous connaissons la vie de John Merrick et également son apparence.
Dans le film, Le réalisateur montre avec talent toutes les brimades que doit subir Merrick. The Elephant Man . © Brooks Film Une autre version raconte que ce serait un étudiant en médecine qui aurait mentionné à Treves cet étrange spécimen exposé dans la boutique, située près de l’hôpital de Londres. Dans l’arrière boutique délabrée, une forme dissimulée sous une couverture était prostrée sur un tabouret. Voici le descriptif fait par Treves : « Une tête démesurée et difforme. A partir de ce qu’auraient dû être les sourcils se projette en avant une masse osseuse. A partir de la mâchoire supérieure, se projette en avant une autre masse osseuse. Le même genre de protubérance part de la bouche et la lèvre supérieure est retournée vers l’extérieur. Le nez ressemble à une masse informe de chair. Dans le dos, pend une autre masse de peau qui descend jusqu’aux cuisses.
John Merrick à 25 ans . Licence DP Un bras est à peu près normal mais l’autre est énorme terminé par une main en forme de battoir aux doigts déformés. Une autre masse de chair boursoufflée apparaît sur la poitrine. Les membres inférieurs sont eux aussi difformes. Merrick boite à la suite d’un accident pendant son enfance. De plus, sa peau dégage une odeur nauséabonde. » Treves a reconnu qu’il venait de voir le spécimen de l’humanité le plus abominable. Malgré tout, il se prit de pitié pour Merrick et fit intervenir la police car au même moment les exhibitions d’être humains sont interdites en Grande-Bretagne.
Suite à l’intervention de Treves, Le propriétaire quitte l’Angleterre et tente d’exhiber son « monstre » en France puis en Belgique. Ne passant pas inaperçu, Merrick est interpellé par la police française qui le remet aux autorités britanniques.
Exhibition de "l'homme éléphant" dans une foire. The Elephant Man . © Brooks Film Il est installé à l’hôpital de Londres où l’on a pu lui aménager deux petites pièces dans les dépendances. Pour la première fois de sa vie, Merrick possède un toit et n’est plus obligé de s’exhiber comme un animal. Mais, il faut trouver de l’argent. La presse s’empare de l’affaire, suite à l’annonce que fait paraître le directeur de l'hôpital de Londres, Francis C. Carr Gomm et relate au public la misérable existence de cet homme. Il va en fait séjourner dans l’établissement hospitalier pendant 5 ans. Durant cette période, il s’ouvre peu à peu aux autres et confie les détails de sa vie. Devenu célèbre, il reçoit de nombreuses visites et particulièrement de la haute société londonienne. Etant donné son apparence, Merrick était considéré comme un demeuré. En réalité, son esprit est très éveillé. Comme n’importe quel homme, il s’intéresse aux femmes et lit beaucoup de romans d’amour. Son plus grand regret est de ne pas pouvoir être aimé. Si la maladie a rendu difforme son corps, elle a laissé intact son esprit. Il est parfaitement conscient de ce qu’il est mais aussi de ce qu’il aurait voulu être : un homme normal. Merrick reçoit la visite des membres de la famille royale qui lui envoient par la suite des cadeaux à chaque Noël. La vie s’écoule paisiblement et Merrick goute enfin à un peu de repos. Le 11 avril 1890, John Merrick est découvert mort au matin. Il n’a que 27 1/2 ans. Sa tête était si lourde qu’il ne pouvait dormir couché et devait se tenir assis dans son lit, le dos soutenu par des coussins. S’agit-il d’un accident ? John Merrick a-t-il voulu dormir comme n’importe quel homme en sachant qu’il risquait sa vie ? Son squelette est conservé à l'hôpital du collège de médecine de Londres mais n’est plus exposé au public par respect pour cet homme si différent des autres. V. Battaglia (18.10.2008)
Christine Sparks; Elephant Man. Ballantine Books 1986 |




