L’eau douce accessible
L'eau
consommée provient d'une part des fleuves,
des rivières et des lacs (eau de surface),
d'autre part des aquifères, réservoirs
naturels dans les roches poreuses (nappes souterraines).
Une petite quantité est aussi produite
par dessalement, mais peu de pays peuvent s'offrir
ce procédé coûteux. L'eau
de surface a l'avantage d'être accessible
et peut être considérée comme
une ressource renouvelable, car elle est rapidement
réalimentée. Malheureusement, elle
est aussi facilement polluée.

Avec
une superficie globale de 244 000 km², les
Grands Lacs constituent le plus vaste ensemble
de lacs d’eau douce du monde. A la frontière
des Etats-Unis et du Canada, les Grands Lacs sont
constitués du lac Michigan, entièrement
aux Etats-Unis, du Lac Supérieur, du Lac
Huron, du lac Ontario et du lac Erié.
Les célèbres chutes du Niagara sont
nées de la dénivellation entre l’Erié
et l’Ontario.

Les Chutes du Niagara.
By Paul Mannix Licence
Les
rives des Grands Lacs sont très urbanisées.
Les villes puisent d’énormes quantités
d’eau dans ces réserves.
Depuis plusieurs années, on a constaté
une baisse des précipitations qui, associée
à l’utilisation intensive, commence
à affecter le niveau des lacs.
Au
niveau mondial, les besoins domestiques représentent
moins du dixième de la consommation totale
d'eau, et l'activité industrielle quelque
25 %.

Lac Michigan. By
BitHead Licence
L'agriculture
est la plus grosse consommatrice, et de loin puisqu’elle
en exploite près de 60 %, venant surtout
des fleuves et rivières.
La majeure partie de cette eau sert à l'irrigation,
et, une fois qu'on l'a utilisée, elle s'évapore
souvent au lieu de retourner grossir les cours
d'eau naturels. Dans les zones arides, de l'Ouest
américain à la Chine, l'irrigation
a parfois asséché d'importants cours
d'eau.
Limiter
la consommation domestique contribue à
préserver l'eau, mais réduire les
usages agricoles a un impact encore plus grand.
La micro-irrigation, selon le principe du goutte-à-goutte,
permet de réduire la consommation d'eau
de plus de 250 %. Cette technique est malheureusement
très coûteuse.
Pour
les cultures extensives, telle la céréaliculture,
faire pousser des variétés résistantes
à la sécheresse peut permettre des
économies encore plus importantes.

A cause d'un détournement
pour les besoins de l'irrigation, la Mer d'Aral
est aujourd'hui presque asséchée.
By Upyernoz Licence
.
La
pollution de l’eau est un enjeu primordial
pour le XXIe siècle. Il est impératif
de préserver cette eau de surface. Or,
la réglementation est bien trop laxiste,
voire inexistante dans certains pays.
La pollution de l’eau
L’agriculture
intensive est une source importante de pollution.
L’épandage d’engrais accroît
la quantité de nitrates et de phosphates
dans le sol, ce qui perturbe les cycles de l’azote
et du phosphore. Quant aux pesticides, herbicides
et fongicides pulvérisés sur les
cultures, ils agissent sans distinction sur l’ensemble
de l’écosystème et pénètrent
du même coup dans la chaîne alimentaire.

Le lac Titicaca
à 3 812 m est le plus grand lac d'eau douce
d'Amérique du Sud. By Vitch Licence
Dans
les fermes d’élevage intensif, les
déjections animales amènent dans
les sols de grandes quantités de nitrates
qui s’infiltrent ensuite dans la nappe phréatique.
Les
rivières des pays industrialisés
doivent être protégées afin
que soient préservées les ressources
en eau douce et les espèces animales et
végétales qui en dépendent.

Vue aérienne
du Grand Lac Salé. Tous les lacs ne contiennent
pas de l'eau douce. Certains sont salins. Great
Salt Lake est presque cinq fois plus salé
que les océans. By Jurvetson Licence
Le
déversement des ordures ménagères
et des déchets industriels, l'extraction
minière à ciel ouvert, l'industrie
du bâtiment et la culture intensive sont
autant d'activités pouvant contaminer les
sols et aboutir à l'accumulation de substances
nocives chez les plantes et les animaux, y compris
l'homme. De plus, les polluants déversés
sur les sols sont entraînés par les
eaux d'infiltration et rejoignent les eaux souterraines
et les cours d'eau, accroissant ainsi les superficies
affectées par la pollution et menaçant
les ressources en eau potable.
L’eau à l’état
solide
Seul
continent inhabité, l’Antarctique,
d’une superficie totale de 14 200 000 km2,
est recouvert à 98% d’une calotte
glaciaire qui atteint plus de 4 000 mètres
d’épaisseur par endroits.
Cette
couche de glace, qu’on appelle un inlandsis,
renferme 90% des réserves d’eau douce
du globe (30 millions de km3).

Vue aérienne
du Groenland. By Nullsession Licence
L’exploitation
de cette eau douce demanderait d’énormes
moyens techniques et financiers. De plus, le problème
qui se pose à nous est la fonte de la calotte
glaciaire, due au réchauffement du climat.
D’après les dernières études,
le climatologue James Hansen (Goddard Institute
for Space Studies, NY) a souligné que c’est
sous les hautes latitudes de l’hémisphère
Nord, près du pôle, que le réchauffement
est le plus marqué.

Iceberg à
la dérive. By Tiswango Licence
Outre
le fait que cette fonte de la calotte glaciaire
entraînera une montée du niveau des
mers, ce sont également les plus grosses
réserves d’eau douce qui s’évaporent.
Les autres sources d’eau douce
Il
y a d’autres sources pour obtenir de l’eau
potable mais elles sont bien plus difficiles à
exploiter.
Par exemple, dans certaines régions arides,
le dessalement de l'eau de mer devient économiquement
viable (surtout si on se sert de l'énergie
solaire). Diverses méthodes sont utilisées,
dont la distillation (ébullition suivie
d'une condensation) ou l'électrodialyse
(méthode électrique permettant de
séparer et d'éliminer les ions chargés
qui constituent le sel et les autres corps dissous).
Le
dessalement de l’eau de mer est très
coûteux et donc peu utilisé.
L’eau
souterraine est une autre source utilisée
depuis toujours par l’homme. Les nappes
souterraines et les aquifères restent aujourd'hui
vitaux dans de nombreuses régions sèches
du monde.

Rivière
souterraine à Palawan. By Emmanslayer Licence
L'eau
souterraine est souvent présente dans des
endroits où l'eau de surface est rare.
L'inconvénient est que ses réserves
se reconstituent très lentement.
Si l'on utilise trop d'eau, la diminution des
nappes peut être très rapide. En
Inde du Sud, on a enregistré en une seule
année des chutes de niveau supérieures
à 25 m.
Dans les Grandes Plaines américaines, la
baisse du niveau des nappes phréatiques
menace certaines des cultures les plus productives
du monde. Et cela dans un avenir très proche,
moins de 50 ans.
Une guerre de l’eau est-elle à
prévoir ?
Dans
un rapport récent intitulé "Eviter
un changement climatique dangereux", le professeur
David King estime qu’une augmentation de
la température qui pourrait bien être
supérieure à 3 degrés Celsius
au cours des prochaines décennies exposerait
à la famine jusqu'à 400 millions
de personnes dans le monde et entre 1,2 et 3 milliards
de personnes souffriraient d'un accès insuffisant
à l'eau.

Un puit dans
le Sahara. 50% de la population en Afrique ne
dispose que d'une eau de qualité médiocre
ce qui entraîne de nombreuses maladies.
By Steve Monty Licence
Ce
rapport est d’ailleurs bien plus «
optimiste » que celui de l’ONU, publié
en 2003. Ce rapport prévoyait que les réserves
moyennes d'eau par personne baisseraient de plus
d'un tiers en vingt ans et que 7 milliards d'hommes
pourraient être confrontés à
un manque d'eau en 2050, à moins de prendre
des mesures urgentes.
Aujourd’hui
déjà, plus de 250 des principaux
bassins fluviaux mondiaux sont à cheval
sur plus d'un État, et, selon les experts,
la menace de «guerres de l'eau» croît
avec l'augmentation de la population.
Les
points chauds, susceptibles d'être l'objet
d'un conflit, incluent le Moyen-Orient, l'Afrique
du Sud et l'Asie centrale, régions où
la pluviosité réduite engendre des
tensions.
Le
réchauffement de la planète va aggraver
ce manque de pluviosité dans de nombreux
pays. Même si l’on prend des mesures
pour ne pas accélérer ce réchauffement,
il est inexorable à long terme.
Il
est donc plus qu’urgent d’arrêter
de « faire l’autruche » et de
préserver nos réserves dès
maintenant.
Les
ressources en eau n'évoluent pas contrairement
à la pollution ou à la démographie
mondiale.
Toujours dans la perspective d’un âge
de la maturité de l’homme, abordé
dans le dossier sur le réchauffement planétaire,
le plus grand défi sera sans nul doute
de partager équitablement l’eau douce,
contrairement à ce qui se pratique aujourd’hui.
V.B
(14.11.2006)
Dossiers
complémentaires sur l'eau et le réchauffement
du climat
L’homme
a-t-il le pouvoir d’éviter le réchauffement
de la Terre ?
La
Mer d'Aral
<
Climat de la Terre
|