La
prochaine guerre mondiale sera t-elle la guerre
de l’eau ?
La
surface de la Terre est recouverte à 70%
par de l'’eau à l’état
liquide. A cela, il faut rajouter l’eau,
à l’état solide, que l’on
trouve sous forme de glace. La
pollution et le réchauffement de la planète
sont deux menaces qui mettent en péril
les ressources d’eau. L’eau douce
qui est accessible est très inégalement
répartie sur l’ensemble de notre
planète.
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L'eau consommée provient d'une part des fleuves, des rivières et des lacs (eau de surface), d'autre part des aquifères, réservoirs naturels dans les roches poreuses (nappes souterraines). Une petite quantité est aussi produite par dessalement, mais peu de pays peuvent s'offrir ce procédé coûteux. L'eau de surface a l'avantage d'être accessible et peut être considérée comme une ressource renouvelable, car elle est rapidement réalimentée. Malheureusement, elle est aussi facilement polluée.
Avec
une superficie globale de 244 000 km², les
Grands Lacs constituent le plus vaste ensemble
de lacs d’eau douce du monde. A la frontière
des Etats-Unis et du Canada, les Grands Lacs sont
constitués du lac Michigan, entièrement
aux Etats-Unis, du Lac Supérieur, du Lac
Huron, du lac Ontario et du lac Erié.
Les Chutes du Niagara. By Paul Mannix Licence Les
rives des Grands Lacs sont très urbanisées.
Les villes puisent d’énormes quantités
d’eau dans ces réserves. Au niveau mondial, les besoins domestiques représentent moins du dixième de la consommation totale d'eau, et l'activité industrielle quelque 25 %.
Lac Michigan. By BitHead Licence L'agriculture
est la plus grosse consommatrice, et de loin puisqu’elle
en exploite près de 60 %, venant surtout
des fleuves et rivières. Limiter la consommation domestique contribue à préserver l'eau, mais réduire les usages agricoles a un impact encore plus grand. La micro-irrigation, selon le principe du goutte-à-goutte, permet de réduire la consommation d'eau de plus de 250 %. Cette technique est malheureusement très coûteuse. Pour les cultures extensives, telle la céréaliculture, faire pousser des variétés résistantes à la sécheresse peut permettre des économies encore plus importantes.
A cause d'un détournement pour les besoins de l'irrigation, la Mer d'Aral est aujourd'hui presque asséchée. By Upyernoz Licence . La pollution de l’eau est un enjeu primordial pour le XXIe siècle. Il est impératif de préserver cette eau de surface. Or, la réglementation est bien trop laxiste, voire inexistante dans certains pays.
L’agriculture intensive est une source importante de pollution. L’épandage d’engrais accroît la quantité de nitrates et de phosphates dans le sol, ce qui perturbe les cycles de l’azote et du phosphore. Quant aux pesticides, herbicides et fongicides pulvérisés sur les cultures, ils agissent sans distinction sur l’ensemble de l’écosystème et pénètrent du même coup dans la chaîne alimentaire.
Le lac Titicaca à 3 812 m est le plus grand lac d'eau douce d'Amérique du Sud. By Vitch Licence Dans les fermes d’élevage intensif, les déjections animales amènent dans les sols de grandes quantités de nitrates qui s’infiltrent ensuite dans la nappe phréatique. Les rivières des pays industrialisés doivent être protégées afin que soient préservées les ressources en eau douce et les espèces animales et végétales qui en dépendent.
Vue aérienne du Grand Lac Salé. Tous les lacs ne contiennent pas de l'eau douce. Certains sont salins. Great Salt Lake est presque cinq fois plus salé que les océans. By Jurvetson Licence Le déversement des ordures ménagères et des déchets industriels, l'extraction minière à ciel ouvert, l'industrie du bâtiment et la culture intensive sont autant d'activités pouvant contaminer les sols et aboutir à l'accumulation de substances nocives chez les plantes et les animaux, y compris l'homme. De plus, les polluants déversés sur les sols sont entraînés par les eaux d'infiltration et rejoignent les eaux souterraines et les cours d'eau, accroissant ainsi les superficies affectées par la pollution et menaçant les ressources en eau potable.
Seul continent inhabité, l’Antarctique, d’une superficie totale de 14 200 000 km2, est recouvert à 98% d’une calotte glaciaire qui atteint plus de 4 000 mètres d’épaisseur par endroits. Cette couche de glace, qu’on appelle un inlandsis, renferme 90% des réserves d’eau douce du globe (30 millions de km3).
Vue aérienne du Groenland. By Nullsession Licence L’exploitation
de cette eau douce demanderait d’énormes
moyens techniques et financiers. De plus, le problème
qui se pose à nous est la fonte de la calotte
glaciaire, due au réchauffement du climat.
Iceberg à la dérive. By Tiswango Licence Outre le fait que cette fonte de la calotte glaciaire entraînera une montée du niveau des mers, ce sont également les plus grosses réserves d’eau douce qui s’évaporent.
Il
y a d’autres sources pour obtenir de l’eau
potable mais elles sont bien plus difficiles à
exploiter. Le dessalement de l’eau de mer est très coûteux et donc peu utilisé. L’eau souterraine est une autre source utilisée depuis toujours par l’homme. Les nappes souterraines et les aquifères restent aujourd'hui vitaux dans de nombreuses régions sèches du monde.
Rivière souterraine à Palawan. By Emmanslayer Licence L'eau
souterraine est souvent présente dans des
endroits où l'eau de surface est rare.
L'inconvénient est que ses réserves
se reconstituent très lentement.
Dans un rapport récent intitulé "Eviter un changement climatique dangereux", le professeur David King estime qu’une augmentation de la température qui pourrait bien être supérieure à 3 degrés Celsius au cours des prochaines décennies exposerait à la famine jusqu'à 400 millions de personnes dans le monde et entre 1,2 et 3 milliards de personnes souffriraient d'un accès insuffisant à l'eau.
Un puit dans le Sahara. 50% de la population en Afrique ne dispose que d'une eau de qualité médiocre ce qui entraîne de nombreuses maladies. By Steve Monty Licence Ce rapport est d’ailleurs bien plus « optimiste » que celui de l’ONU, publié en 2003. Ce rapport prévoyait que les réserves moyennes d'eau par personne baisseraient de plus d'un tiers en vingt ans et que 7 milliards d'hommes pourraient être confrontés à un manque d'eau en 2050, à moins de prendre des mesures urgentes. Aujourd’hui déjà, plus de 250 des principaux bassins fluviaux mondiaux sont à cheval sur plus d'un État, et, selon les experts, la menace de «guerres de l'eau» croît avec l'augmentation de la population. Les points chauds, susceptibles d'être l'objet d'un conflit, incluent le Moyen-Orient, l'Afrique du Sud et l'Asie centrale, régions où la pluviosité réduite engendre des tensions. Le réchauffement de la planète va aggraver ce manque de pluviosité dans de nombreux pays. Même si l’on prend des mesures pour ne pas accélérer ce réchauffement, il est inexorable à long terme. Il est donc plus qu’urgent d’arrêter de « faire l’autruche » et de préserver nos réserves dès maintenant. Les
ressources en eau n'évoluent pas contrairement
à la pollution ou à la démographie
mondiale. V.B (14.11.2006)
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