La
religion des druides . Civilisation Celte
Les Romains ont conquis la Gaule au Ier siècle
avant notre ère. Ils s’attachent
alors à anéantir l’influence
des druides qui sont des chefs charismatiques
auprès des populations. |
Vers 480 avant notre ère, les Celtes entrent dans l’ère de la Tène. Déjà implantés en Europe centrale et occidentale, ils commencent dès 400, à descendre vers le sud et s’installent en Gaule cisalpine. Longue de 4 siècles environ, cette ère s’achèvera avec la conquête de la Gaule par César.
Grecs et Romains mentionnent l’existence de peuplades barbares,
qu’ils nomment Celtes (Keltoi, en grec) ou Gaulois (Galli,
en latin).
Dieu guerrier gaulois en tôle de bronze (Ier siècle avant notre ère) Beaucoup de notions répandues sur « nos ancêtres
les Gaulois » ont reposé sur cette vision déformée. Le sel servait à conserver la viande et le poisson, donc d’en faire le commerce. C’était par ailleurs une « monnaie » d’échange très recherchée. L’art celte est le plus riche des arts barbares. Les Celtes fabriquent ou achètent de superbes vases et chaudrons, les situles (sceaux) ornent leurs casques et leurs épées.
Casque d'Amfreville en bronze et acier ciselé (IVe siècle avant notre ère, Musée de Saint-Germain-en-Laye) Surtout, ils se parent de somptueux bijoux.
Torque en fer plaqué argent. Les torques servaient de talisman aux guerriers Les langues celtiques ne se sont maintenues de nos jours qu’en
Bretagne et dans les îles Britanniques (Irlande, Pays de Galles,
Ecosse, Île de Man). Les Celtes étaient avant tout un peuple de migrants et de guerriers mais ils n’avaient rien des barbares assoiffés de sang décrits par les Romains. Du moins, leurs traditions religieuses n’étaient pas plus barbares que celles d’autres peuples.
La société gauloise est dominée par les druides
et les guerriers. Mais ne croyez pas que les guerriers semaient
la mort pendant que les druides coupaient le gui avec des faucilles
d’or. Cet enseignement est fondé sur l’initiation à la mort que l’on doit pouvoir donner sans faillir mais aussi recevoir sans faiblesse.
Illustration d'un guerrier gaulois La religion des druides enseigne que chaque homme possède
une âme immortelle, qui passe, lors du décès,
dans le corps d’un autre homme. Pour arriver à la perfection dans cette culture
de la violence, les jeunes guerriers sont regroupés par classe
d’âge et coupés du monde des adultes.
Casque en fer surmonté d'un vautour en bronze. L'oiseau avait pour fonction, à la fois militaire et magique, d'épouvanter l'ennemi (IVe siècle avant notre ère, Musée d'histoire de Bucarest) On ne sait que peu de choses sur l’enseignement des druides
car ces derniers interdisaient toute écriture. Les jeunes
qui se préparaient à devenir druide suivaient un long
enseignement qui nécessitait une grande mémoire.
César, dans « la Guerre des Gaules », souligne la barbarie de la société, et en donne pour exemple l’existence de nombreux sacrifices humains. Les sacrifices humains sont pratiqués pour chaque occasion.
Ceux qui sont destinés à honorer les dieux suivent
un rituel spécifique. Le dieu Esus, autre dieu de la guerre très sanguinaire, est honoré par des pendaisons. Les victimes que l’on voue à Taranis, dieu du Ciel et du Tonnerre, sont enfermées dans un immense colosse en osier ou en foin qui, placé sur un bûcher, est enflammé par un druide. Sont immolés des volontaires, des criminels ou des prisonniers de guerre, mais aussi parfois, s’il n’y a pas d’autre choix, n’importe qui.
Gravure du 19e siècle Le départ pour la guerre est une autre occasion de célébrer
de tels rites. C’est le moment où intervient un personnage
clé de la société gauloise, la devineresse
ou prêtresse, chargée de sacrifier une victime avant
le combat afin d’en connaître l’issue. Au fond du chaudron, le sang des différentes victimes reste liquide et s’accumule. Lorsqu’il y en a assez, la femme s’empare d’une louche et asperge la foule des guerriers, fanatisés par la cérémonie et prêts à mourir au combat.
Le dieu Cerrunus aux bois de cerf (Ier siècle avant notre ère, Musée national Copenhague) Le panthéon des dieux celtes nous est encore très obscure et fragmenté. Le dieu Lug était probablement le dieu de la fertilité. La triade divine composée par Taranis, Esus et Teutatès trouve son équivalent chez les Romains avec Jupiter, Mars et Mercure.
Extrait de la Guerre des Gaules, livre VI, 13 et 16 « Les druides s’occupent des choses de la religion,
ils président aux sacrifices publics… » ; «
Tous ces druides obéissent à un chef unique…
» ; « Chaque année à date fixe, ils se
réunissent en un lieu consacré, dans le pays des Carnutes,
qui passe pour occuper le centre de la Gaule… »
Pilier sculpté. Il ne s'agit plus d'un menhir mais d'une stèle monumentale liée à la religion celtique (IVe siècle avant notre ère) « Certaines peuplades ont des mannequins de proportions colossales faits d’osier tressé, qu’on remplit d’hommes vivants : on y met le feu. »
Grâce aux découvertes réalisées dans
les années 60 à Gournay-sur-Aronde (Oise), on peut
décrire le calendrier de sacrifices dans une peuplade belge,
les Bellovaques, chez qui ces sacrifices sont liés aux saisons
et aux grandes fêtes. A l’intérieur se trouvaient un petit temple en bois ainsi que des fosses destinées au sacrifice des animaux et des hommes. A Ribemont-sur-Ancre (Somme), les crânes et les ossements
de nombreux guerriers ont été découverts, parfaitement
rangés en pile. A Saintes, en 150 de notre ère, un sacrifice est accompli : 17 personnes y trouvent la mort. Parmi elles, il y a trois enfants. Les adultes ont été tués par décapitation. Dans les temples du Midi, à Roquepertuse ou à Entremont, des portiques en pierre étaient ornés de crânes de guerriers cloués.
Reconstitution du portail en pierre d'un sanctuaire César n’a pas menti. Les druides avaient bien pour
fonction d’organiser les sacrifices humains. Les sacrifices humains ont révolté César mais
ils existent dans bien d’autres civilisations. A Carthage,
cité ennemie de Rome, on immole des nouveau-nés au
dieu Ba’al Hamon « le dieu du brasier ». V.B (31.10.2005) |