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Dragon : symbolisme, origine

Contrairement à la réputation occidentale, le dragon est, en Chine, un animal bénéfique et lié au pouvoir.
Pour les Occidentaux, le dragon crache du feu, symbole apparenté à l’Enfer. Pour les Chinois, le dragon réunit symboliquement tous les éléments.
Le dragon est présent dans les légendes du monde entier. Son aspect et son symbolisme divergent selon les cultures.

Le dragon chinois

Il existe en Chine, une quantité de dragons différents qui peuvent revêtir plusieurs formes. D’apparence animale, humaine ou les deux à la fois, les dragons se transforment en nuage ou en source, vivent dans les cieux ou dans les mers.

Dragon chinois

Dragon sur un temple à Taiwan. By riNux

Le dragon peut posséder des cornes ou des bois de cerf. Il est également souvent représenté avec des ailes recouvertes d’écailles ou de poils. Ce dragon là, celui que nous connaissons le mieux, est affublé de griffes puissantes et l’air qu’il souffle peut devenir nuage, pluie ou feu.

Chaque dragon à la morphologie différente porte un nom :

  • Tch’eu-lung pour les dragons sans corne
  • Kiao-Lung pour les dragons à écailles
  • K’ieou-lung pour les dragons à cornes
  • Ying-long pour les dragons ailés

Dans la religion populaire, le dragon est devenu le maître de la pluie. De grandes cérémonies lui sont consacrées.

On peut également s’attirer ses faveurs en lui présentant une jeune femme que l’on substitue au dernier moment. Ce marché de dupe attise sa colère et  il provoque alors le tonnerre et la pluie.

Dragon bleu. Céramique chinoise

Dragon bleu. Céramique chinoise. Dynastie Ming, 1522-1566. Palace Museum, Beijing. By rosemaniov

L’année du dragon est une année bénéfique, signe de paix, de richesse et de bonnes récoltes.

Le dragon est l’animal du levant. Il est bleu ou vert. C’est le yang qui prédomine, une énergie masculine puissante.

Comme le souverain, il est un pivot entre le ciel et la terre. Il participe au maintien de l’harmonie.
Le dragon est un symbole de pouvoir. L’empereur ou les grands dignitaires portaient une robe de cérémonie, appelée le mangpao.
Ce vêtement était orné d’un dragon à cinq griffes enroulé autour d’une perle. Le tissu était revêtu d’un motif de lotus et de nœuds qui sont les emblèmes bouddhiques du bonheur.

mangpao

Mangpao. (Victoria and Albert Museum, London)

Sa semence, déposée et congelée dans les entrailles de la Terre, devient le jade, pierre précieuse pour les Chinois.
Les Chinois attribuent au jade toutes les vertus dont celle de conserver les corps. D’ailleurs, à l’époque des Zhou, on voit apparaître les premiers jades cousus sur les linceuls.
A l’époque des Han, le défunt de sang royal est entièrement revêtu de plaques de jade cousues ensemble par des fils d’or.
Le dragon n’a-t-il  pas la réputation d’être immortel ?

coupe en jade

Coupe en jade. (Shangai Museum) By Allan Siew Official

Certaines légendes racontent que les dragons s’accouplent en mêlant leur souffle. Les œufs, nacrés et multicolores, sont déposés près des rivières.

Le dragon symbolise les quatre éléments fondamentaux : air, terre, eau et feu.

Dragon chinois

Le dragon chinois est immortel. By Posh Living, LLC

Animal ailé, il est apparenté aux airs. Mais, ses écailles et sa longue queue en font un reptile terrestre.
Il crache du feu et est aussi associé à l’eau.

Le dragon dans la mythologie chinoise

Le dragon est omniprésent dans la mythologie chinoise. Nugua (ou Nuwa), déesse à l’origine du monde selon la cosmogonie chinoise, est un être mi-humain, mi-dragon.

Le dragon  est presque toujours bénéfique et aide dieux et hommes à vaincre les forces du mal ou les catastrophes naturelles.
Le dragon apparaît par exemple dans l’une des versions du mythe du déluge.

Dragon chinois. Peinture murale

Peinture murale d'un dragon à Chinatown. By Franco Folini

Exceptionnellement, il est fait référence à un dragon maléfique dans le premier mythe du déluge. En effet, le dieu-ouvrier Gong-Gong prend la forme d’un dragon noir quand il remue les eaux du monde, à tel point qu’elles se précipitent contre la barrière du ciel, faisant craindre le retour du chaos.

Par contre, la version majeure du déluge narre comment le héros Yu maîtrise les eaux grâce à ses prouesses physiques surhumaines. Mais, il ne peut réussir l’exploit d’arrêter le déluge sans l’aide de dragons aquatiques et d’une tortue.

dragon

Dragon-cheval sortant des eaux (VIIIe siècle avant notre ère). Bibliothèque Nationale, Paris. Licence

Une légende raconte qu’un dragon, sorti du fleuve jaune, apporta à Yu le Grand les plans du monde.

Le prince Yu est le fondateur mythique de la première dynastie des Xia. Il est un héros civilisateur à qui l’on attribue le fait d’avoir dompté les inondations du fleuve jaune. Il est souvent représenté dans la couleur qui sera plus tard réservée exclusivement aux empereurs de Chine : le jaune.

Les plans du monde se traduisent en chiffre allant de un à neuf.
Sur le modèle d’un carré divisé en neuf parties égales, Yu a créé neuf provinces.

Dragon : Yin et Yang

Les empereurs de Chine s’asseyaient sur un trône sculpté de dragons. Ces animaux étaient associés aux pratiques de géomancie, ou feng-shui.

Dragon chinois

Dragon chinois symbole du yang. By miheco

Les géomanciens recherchaient les meilleurs sites pour l’emplacement des villes, des palais ou des tombeaux.
Les ouvrages devaient bénéficier de la puissance des grands courants telluriques. Ces courants magnétiques pouvaient être de nature  négative (yin)  ou positive (yang.)

Dragon aquatique chinois

Dragon aquatique à Kyoto. By silgeo

Le courant positif était symbolisé par un dragon mâle. Ce courant suivant les lignes escarpées des hauteurs où résidait le dragon.
Les routes qui cheminaient de mont en mont étaient appelées lung-mei (routes du dragon.)Ces routes étaient d’ailleurs soigneusement protégées et il était interdit de construire à proximité.
Bien sûr, il fallait respecter l’équilibre entre le yin et le yang lors de la construction des édifices.

Le dragon dans les autres civilisations

Pour les Celtes comme pour les Romains, le dragon était un symbole guerrier. L’emblème de l’empire d’Orient était un dragon pourpre.

Chez les Celtes, Uther Pendragon, le père du roi Arthur, avait adopté pour emblème le dragon. Uther avait vu en songe un dragon traverser le ciel en jetant des flammes. Ses devins avaient vu là un présage selon lequel il devait hériter du royaume de son frère.
Le présage se réalisa et Uther fit confectionner deux étendards représentant des dragons, dont l’un l’accompagnait dans toutes ses batailles.

Dragon

Statue d'un dragon en Slovénie. By wili hybrid

Dans la littérature celtique, le mot dragon désigne aussi un chef. Un pendragon est un chef suprême.

Dans le seul folklore britannique, on compte plus d’une cinquantaine de dragons différents. Dans le monde entier, on en recense des milliers.

En Europe, la légende la plus connue est celle de saint Georges tuant le dragon. Cette légende a trouvé de nombreuses variantes avec des ingrédients identiques : un dragon qui ravage un royaume et exige un tribut annuel. Le tribut est en général une belle jeune fille. Un chevalier s’empresse de tuer le dragon pour sauver le royaume et épouser la belle.

Saint Georges terrassant le Dragon

Saint Georges terrassant le Dragon. Nîmes (Gard, France). By OliBac

Pour les chrétiens, c’est la Foi qui est symbolisée par le preux chevalier. Ce dernier sauve l’Eglise, personnifiée par la princesse, des démons du paganisme, représenté par le dragon.

Il y a beaucoup de dragons dans les légendes et les mythes. Mais d’où viennent donc ces animaux aux pouvoirs surnaturels ?

D’où viennent les dragons ?

En l’absence de toute preuve fossile, il est difficile d’accorder beaucoup d’importance aux légendes qui décrivent les dragons.
On peut cependant s’interroger sur l’origine de ces légendes. Sur quelles bases s’appuient-elles ?

Mythique dragon

Mythique dragon. By Beverlykahuna

La première chose qui nous vient à l’esprit est la concordance évidente entre ces dragons et certains animaux préhistoriques qui ont disparu.
Les reptiles volants sont particulièrement proches de la description des dragons. Certains reptiles marins ont également des caractéristiques communes avec les fameux dragons aquatiques.
Cependant, rien n’indique à ce jour à part quelques témoignages non étayés de preuves, que des animaux préhistoriques ont survécu après la fin du Crétacé.

D’autres animaux à l’apparence étrange tels les varans ont également pu, à une époque lointaine, terroriser nos ancêtres.

Dragon de Komodo

Varan de Komodo. © dinosoria.com

Il est tout de même assez étrange que ces légendes parlant de dragons soient si persistantes et surtout si universelles.

Mais, nos aïeux avaient la fâcheuse habitude de voir des dragons partout. Pour les anciens cartographes, le dragon est presque un animal familier. Ils en parsemaient les cartes des régions inexplorées.
Pour eux, ils représentaient l’inconnu et les plaçaient au milieu des girafes et des éléphants. On peut constater la présence de dragons sur de nombreuses cartes anciennes mêlées à des animaux bien réels.

Quand Marco Polo est revenu de Chine,  l’alligator s’est transformé, sous le crayon des dessinateurs, en dragon ailé avec une queue terminée en tête de serpent.

illustration récits de Marco Polo

Illustration des récits de Marco Polo. Bibliothèque nationale, Paris. Licence

Certains grands serpents comme le python ont également été qualifiés de dragons jusqu’au 19e siècle.

Bien qu’il y ait eu de nombreuses confusions dues à l’ignorance, il est peu probable que  les crocodiles, varans ou serpents soient à l’origine des légendes.
Peut-être que les dragons n’ont en fait aucune réalité animale et qu’ils ne sont que des symboles.
C’est après tout le sens que leur donnent les Chinois.

V.Battaglia (26.10.2007)

Le Dragon a t-il existé ?

Références

La Chine des Han. Collection l’histoire du Monde N°20 ; éditions Larousse
Le royaume du Dragon, Collection l’histoire du Monde N°8 ; éditions Larousse
Les origines légendaires de la Chine, Collection l’histoire du Monde N°5 ; éditions Larousse
Encyclopédie de la mythologie, éditions Parragon 2004
Inexpliqué, pp. 488 à 493. 506 à 509. 574 à 577. Editions Atlas 1981

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