La Préhistoire
pour les enfants (Juniors - 13 ans)
L’Homme est né des suites d’une
sécheresse, il y a près de 8 millions
d’années.
Nous sommes en Afrique de l’est, dans ce qui
deviendra l’Ethiopie. Là, où
autrefois, s’étendaient des forêts,
de vastes plaines herbeuses se sont installées.
Avec l’herbe, sont apparus de nouveaux herbivores
et des félins qui appartiennent à
la famille « des dents de sabre ».
C’est dans les lisières des sous-bois
que vivent les australopithèques.
Portrait de l’australopithèque
Hauts de 1 à 1,50 mètre, les australopithèques
pesaient entre 20 et 50 kg.
Ce qui les rend plus proches de nous, ce n’est pas leur cerveau
d’un volume inférieur aux 2/3 au notre, ni leur peau
recouverte de poils mais leur bipédie.
Un humain à droite et un gorille
à gauche qui marche parfois debout mais ne se maintient pas
très longtemps dans cette position car les jambes sont fléchies
Ils ont franchi une étape de l’évolution tout
à fait primordiale pour l’hominisation. Pourtant, les
australopithèques demeurent des primates dont la grande majorité
des gènes se retrouvent chez le chimpanzé.
Ils vivent en groupes dotés d’une structure sociale.
Un mâle dominant règne sur chaque groupe. Ils possèdent
de plus petites canines que d’autres singes comme les babouins.
La bipédie
La bipédie (marcher sur deux pattes ou deux pieds) a t-elle
été le fait déterminant qui a changé
la destinée de nos ancêtres ? En 1972, en Tanzanie,
une découverte exceptionnelle a fournit de nouveaux indices
sur notre évolution. Ce n'était pas un fossile mais
des traces de pas. Ces empreintes étaient celles d'une créature
qui avait marché là, il y a plus de trois millions
cinq cent mille ans.
Traces de pas d'un australopithèque
en Tanzanie
Ces traces fossilisées prouvent que la bipédie est
venue bien avant l'expansion du cerveau et l'usage des outils.
L'identité de cette créature fut finalement confirmée
quand on découvrit un squelette de la même époque:
l'australopithèque.
Trace de pas d'un australopithèque
Cet individu, bien que ressemblant à un chimpanzé,
marchait debout et fait partie de la lignée humaine.
Ses mains, libérées par la bipédie, lui permettait
de recourir à des outils (très primitifs) pour essayer
de dominer le monde animal.
Le chimpanzé est aussi capable
de se tenir debout et de saisir un objet comme ce bâton
La bipédie rapproche l'australopithèque
des hommes modernes (Homo sapiens) dont nous faisons partie.
Le mystère de la caverne
Dans une caverne, on a retrouvé 240 000 ossements. Notamment
des crânes sans corps d'hommes singe. Pour certains scientifiques,
c'est la preuve de la cruauté des premiers hominidés.
La première explication plausible est que les premiers hommes
étaient cannibales; ils auraient décapité les
têtes de leurs ennemis pour les ramener comme des trophées.
La deuxième explication plus probable est qu’en analysant
certains crânes, on constate des traces de morsures correspondant
à celles d'un félin comparable à notre léopard
actuel.
De là, d'autres scientifiques en ont déduit que peut-être
cette caverne était tout simplement un antre servant de refuge
aux félins de l'époque. Ils tuaient des australopithèques
et les dévoraient à cet endroit. Cette théorie
expliquerait que seuls les crânes ont résisté
au temps.
Mœurs et vie sociale de l'Australopithèque
Marcher sur deux pieds est pour eux une manière efficace
de voyager. C’est grâce à cette bipédie
qu’ils sont devenus nomades. Ils dominent le paysage et voient
venir les prédateurs comme le Dinofelis de plus loin.
Quand le soir tombe, ils s’aménagent dans les arbres
des nids fait de branchages pliés. Ils peuvent y dormir en
sécurité.
Les primates étaient au début des animaux nocturnes.
L’évolution a doté certaines espèces
de la vision des couleurs et du relief. Mais cela s’est opéré
au détriment de la vision nocturne. Pour ces hominidés,
la nuit est devenue le royaume du sommeil.
Pour renforcer les liens sociaux et en tisser de nouveaux, les
australopithèques se livrent à de longs et minutieux
soins mutuels. Peut-être l’équivalent de notre
conversation.
Si les mâles restent dans le même groupe toute leur
vie, les femelles en changent à la maturité sexuelle
pour éviter la consanguinité.
A la différence des autres animaux, ces « premiers
Hommes » s’accouplent face à face. La bipédie
a changé l’orientation du bassin et donc l’équilibre
général des postures.
Yves Coppens extrait de Coppens, «père»
de Lucy: «L'homme actuel n'est qu'une étape»
« Ils étaient nomades. Mais aussi suffisamment sédentaires
pour installer des sortes de camps de base, à l'occasion
de courtes périodes de chasse ou de cueillette, quelques
jours voire quelques semaines.
Lucy, la petite australopithèque, vivait en
milieu couvert et découvert, arpentait la savane pour recueillir
des racines, grimpait aux arbres pour se nourrir de fruits et de
graines.
Lucy, l'Australopithèque
Il est probable qu'elle dormait dans les arbres, pour
des raisons de sécurité. C'est qu'elle partageait
son environnement avec toutes sortes de carnivores, genre chacal,
hyène, lion, dinofelis, mégantereon ou homotherium,
pour lesquels elle était une proie potentielle."
Régime alimentaire
Quand la saison n’est pas aux fruits, le régime alimentaire
des australopithèques s’adapte. Ils creusent le sol
à la recherche de racines et de tubercules. Leurs dents sont
recouvertes d’émail afin de pouvoir mastiquer des nourritures
coriaces. Tous apprennent en imitant leurs aînés. Le
régime alimentaire comporte un autre élément
important : la viande.
Les ancêtres de la hyène
actuelle étaient déjà de
terribles prédateurs pour les Australopithèques.
By Mape S . Licence
Quand l’occasion se présente, ils n’hésitent
pas à se faire charognards.
L’augmentation de la consommation de viande marchera de paire
avec l’augmentation de la taille du cerveau.
Sources et Bibliographie principale
Les images des diaporamas sont des captures d'écran issues
des émissions " l'Odyssée de l'espèces"
et "Sur la terre des monstres disparus".
La vie des hommes de la préhistoire, Brigitte et Gilles Delluc,
éditions Ouest-France
La fabuleuse histoire de la Terre, Sélection du Reader's
Digest
Berceaux de l'humanité, Editions Larousse