La
domestication de l’animal
La domestication des animaux
constitue une étape cruciale dans l’évolution
de l’homme. Avec leur domestication, les
animaux vont fournir à la civilisation
humaine l’occasion de se développer.
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Dans les langues sémitiques anciennes, on ne le trouve pas
en référence aux animaux. Les animaux sont qualifiés
tantôt de « familiers », tantôt de «
soumis ». Dans les langues indo-européennes anciennes,
le bétail est désigné par le terme «
peku » qui signifie aussi « richesse », d’où
le nom latin « pecunia ». (Source : La plus belle histoire des animaux. Jean-Pierre Digard)
La domestication réelle a suivi de peu l’agriculture. Le terme domestication est utilisée à partir du moment où il s’agit d’un groupe d’animaux qui sont contrôlés et croisés. La sélection a alors pour objectif d’obtenir une race adaptée à l’élevage. Dès la fin du Paléolithique, vers 12 000 ans avant
notre ère, l’homme préhistorique domestique
le loup. La découverte en Ukraine, sur un site de – 20 000 ans, d’une quantité importante d’ossements de loups, laisse penser que la fourrure était utilisée pour la confection de vêtements.
En fait, nul ne le sait vraiment. On pense que la proximité a simplement favorisé les contacts. Peut-être l’homme a-t-il observé les techniques de chasse du loup ? Peut-être également a-t-il recueilli des petits devenus orphelins ? Les louveteaux ont pu être alors élevé, voire même allaité par les femmes.
Loup gris (Canis lupus) . © dinosoria.com Le loup est ensuite devenu un auxiliaire de chasse. Avec le temps, nos ancêtres ont opéré une sélection sur les individus domestiqués. De reproduction en reproduction, le loup a peu à peu perdu certaines de ses facultés sauvages pour évoluer vers le chien.
Depuis le Paléolithique, les chevaux sauvages ont été chassés pour la viande. En 2009, des paléontologues ont retrouvé sur des campements de la culture Botal (IVe millénaire avant notre ère), au Kazakhstan, des prémolaires chevalines portant les traces du mors, ainsi que de straces de lait de jument sur des restes de poteries. Cela démontre que la domestication du cheval remonte bien à au moins 5 500 ans.
L’allaitement d’animaux par les femmes n’a rien
d’exceptionnel. Dans certaines régions de Sibérie,
en Amazonie, en Tasmanie ou en Afrique, il est encore fréquent
de voir des femmes allaiter des animaux. En France, au 19e siècle, les chiots tétaient les femmes pour les soulager d’une trop grande production de lait ou au contraire pour faciliter la montée de lait. On peut donc en déduire que la première étape
de domestication du loup au Paléolithique a été
l’apprivoisement du louveteau dès ses premières
semaines de vie.
Aucune espèce animale ne peut-être considérée comme définitivement domestiquée. Chaque année des centaines de chiens sont abandonnés sur la route des vacances. De nombreux chiens se regroupent en meutes et redeviennent sauvages. Les médias n’en parlent jamais. Mais, le résultat de tous ces abandons par des gens totalement irresponsables, c’est plusieurs milliers de brebis attaquées chaque année. Un seul animal possède une existence totalement artificielle : le Bombyx du mûrier dont on utilise la soie.
Bombyx du mûrier. By Alberto.. Licence Les œufs n’éclosent qu’à une certaine
température ; la larve se nourrit des feuilles de mûrier
que l’homme lui fournit ; le papillon ne vit que quelques
heures pour se reproduire.
En fait, l’homme du Néolithique n’a pas eu à
l’origine de motifs pour domestiquer les animaux.
Mouflon . By Mape s . Licence (Site de l'auteur) Les chèvres et les moutons ont été les premiers
à être domestiqués par l’homme du Néolithique. Le bœuf a été domestiqué
dans plusieurs endroits dans le monde vers –
9 000 ans. Son ancêtre sauvage est l’aurochs (Bos primigenius).
Le dernier spécimen est mort en 1627, en
Pologne. Cet aurochs a été reconstitué génétiquement. Ce magnifique bovidé était autrefois répandu dans toute l'Eurasie. By Onkel-War/ Thomas Lieser t . Licence La chèvre descend, elle, de Capra hircus, une espèce de chèvre ète. Le cochon est issu du sanglier sauvage. Datant de 20 000 à 15 000 ans, les peintures rupestres des grottes espagnoles d’Altamira attestent que le sanglier était une cible des chasseurs. Puis, sa domestication a aboutit à l’élevage du porc (Sus scrofa domesticus).
Sanglier d'Europe ou sanglier commun . By Mape s . Licence Le cochon domestique est devenu « rose
» au 18e siècle par sélection
opérée sur des sujets atteints d’albinisme.
Guépard. © dinosoria.com
Genette . By Birgitta Seegers. Licence
Pieuvre. By Nick Hobgood . Licence
Jaguarondi. By Keven Law . Licence
Loutre d'Europe. © dinosoria.com Mais l’homme s’est également heurté à des échecs en tentant certaines domestications.
Les espèces qui ont échappé au contrôle de l’homme sont appelées les animaux « marrons ». Ce terme provient de l’espagnol d’Amérique du Sud « cimarron » qui signifie « esclave nègre fugitif ». Il y a deux catégories « d’échecs ». Certains animaux sont retournés à l’état sauvage parce que l’homme a volontairement abandonné leur domestication, jugée inutile ou peu rentable. Il y a les animaux qui ont échappé à notre contrôle. Parmi les tentatives abandonnées, on peut citer l’autruche. Entre le milieu du 19e siècle et la seconde guerre mondiale, on a essayé de dresser l’autruche pour pouvoir l’atteler et la monter. Actuellement, de nombreuses fermes en Australie, utilisent l’autruche comme attraction touristique. On comptabilise encore au moins 90 000 autruches domestiques utilisées pour la production de viande et de cuir.
Ferme d'Autruche à South Pasadena, Californie vers les années 1940. By Steve Chasmar. Licence Plusieurs domestications récentes ont été tentées puis abandonnées faute d’intérêt :
Un exemple, australien, est le cheval. Les brumbies, descendants des chevaux domestiques des colons anglais, se sont également multipliés à l’état sauvage. Ils sont devenus un fléau pour la végétation. Les exemples sont trop nombreux pour être tous cités. Il y a la pintade, transportée de Guinée aux Antilles en 1508 par les navigateurs Génois. Elle s’est échappée et est rapidement devenue une calamité pour l’environnement. Il y a également le ragondin importé d’Amérique pour sa fourrure. Pendant la seconde guerre mondiale, les éleveurs européens ont ouvert les cages face à l’avancée des troupes allemandes. Les ragondins se sont parfaitement adaptés aux régions humides. Ils détruisent actuellement de nombreux écosystèmes aquatiques, dont celui du Poitevin ou celui de la Camargue. Véronique Battaglia (03.2005)
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