Qui était le Dodo ?
Malgré
toutes les incertitudes entourant le Dodo, une
chose est certaine cet oiseau était endémique
à Maurice (ou République de Maurice).
État insulaire d’Afrique australe,
Maurice est située dans l’océan
Indien, à l’est de Madagascar et
au nord-est de l’île de La Réunion.

L'île Maurice.
By Khayal Licence
De
nombreuses controverses existent sur cet oiseau,
tant au niveau de sa classification, de son mode
de vie ou même de sa physiologie.
Cela peut sembler étrange concernant un
animal autant chassé, si chassé
d’ailleurs qu’il a disparu.
Entre
les histoires colportées par les marins,
les assemblages plus ou moins hétéroclites
présentés comme des reconstitutions
et les dessins assez fantaisistes, le dodo est
presque devenu un mythe qui conserve une grande
part de son mystère.
Officiellement,
le dodo est classé dans l’ordre des
Columbiformes, auquel appartiennent les pigeons.
La physionomie des pigeons a peu changé
depuis que ces oiseaux sont apparus au Crétacé
supérieur ou au début du Tertiaire.
Les gros columbiformes ont évolué
sur des îles tropicales, où ils n’avaient
pas de prédateurs, notamment au Pléistocène.
A
cette époque, plusieurs espèces
de grande taille, souvent incapables de voler,
peuplaient les îles Mascareignes de l’océan
Indien.
Parmi les espèces d'oiseaux des Mascareignes,
seul le solitaire de Rodrigues est apparenté
au dodo.
En
2002, des analyses ADN ont apporté de nouvelles
informations sur la classification. Le Dodo et
le solitaire de Rodrigues ont été
classées dans une famille spécifique
: les Raphidae.
Portrait du Dodo
Là
encore, l’apparence exacte de cet oiseau
est incertaine. En effet, les rapports qui datent
du XVIe et XVIIe siècle se contredisent.
C’est d’autant plus surprenant que
quelques Dodos, capturés vivants, ont été
transportés en Europe au XVIIe siècle.
Ils n’ont malheureusement pas survécus
mais quelques dessins avaient été
alors exécutés.

Dessin du naturaliste
Miscellany en 1793. By Kevinzim Licence
Les
restes se sont très mal fossilisés.
Jusqu’à récemment, nous ne
possédions aucun squelette entier.
C'est
le professeur George Clark, maître d'école
à Mahébourg, qui, en 1865, découvrit
les premiers squelettes de Dodos dans un lieu-dit
«Mare aux Songes». Les fossiles furent
envoyés à Londres, où Richard
Owen, conservateur du musée d'Histoire
naturelle, tenta la première reconstitution
d'un squelette de Dodo entier.
Les
différentes reconstitutions ont donc été
faites à partir de fragments. Ce n’est
qu’en octobre 2005, qu’une équipe
a pu mettre au jour de nombreux ossements appartenant
à des individus d’âges différents
ainsi qu’un squelette complet.
Ces individus sont morts lors d’une inondation
subite.

Squelette reconstitué
du Dodo. By Veracious Jess Licence
Le
Dodo était recouvert d’un duvet doux.
Son poids était d’une vingtaine de
kilos pour une taille d’environ 70 cm de
haut. On peut supposer que certains mâles
adultes étaient encore plus massifs.
Il possédait une grosse tête dont
les côtés étaient dépourvus
de plumes et coiffée d’un capuchon
noir.
Son
bec crochu était massif et puissant et
sa queue recourbée et touffue. Ses ailes
étaient minuscules.
Il
possédait une démarche maladroite,
se dandinant sur des pieds aux orteils courtauds.
Ses puissantes pattes à quatre doigts tendraient
à démontrer que c’était
un bon coureur.
Mais là encore, les rapports divergent.
Quel
était son cri ? Nous l’ignorons.
Etait-il stupide comme son sobriquet le laisse
penser ? C’est fort peu probable.
Les oiseaux sont des animaux intelligents et nul
doute que le Dodo, malgré une apparence
un peu cartoon, n’était ni paresseux,
ni idiot.
Un
animal qui n’a rien à craindre peut
se permettre une certaine indolence.

Reconstitution
d’un Dodo (Oxford University Museum of Natural
History). By Ballista Licence
Des
légendes ont également fait recettes
concernant une espèce de Dodo blanc. En
réalité, il ne s’agissait
que d’individus albinos.
Concernant
son mode de vie, nous ne savons presque rien.
Quelques œufs fossilisés ne nous apprennent
pas grand-chose non plus sur sa reproduction.
Existait-il une parade de séduction ? Sur
quels types de relations, la société
des Dodos était-elle basée ?
Autant de points d’interrogation.
Le
Dodo se nourrissait de plantes basses, de graines
et de fruits tombés des arbres.
En
1993, S.A. Temple prétendit qu’il
y avait une symbiose entre le Dodo et un arbre,
le tambalacoque.
Selon lui, la graine de cet arbre avait besoin
du Dodo pour germer. L’extinction du Dodo
aurait donc causé la disparition de cet
arbre.
Cette théorie a été largement
réfutée puisqu’il a été
prouvé que l’arbre, bien que rare,
existait toujours après la disparition
du Dodo.
L’extinction du Dodo
A
partir du XVIe siècle, l’île
Maurice devint un lieu d’escale pour les
navires au long cours. Après des mois de
privation et de rationnement, les marins aspiraient
à manger de la viande fraîche.
Le Dodo était donc une proie facile. Selon
les premiers rapports, sa viande était
dure et amère.
Lorsque
l’île devint une colonie hollandaise
en 1644, l’extermination du Dodo fut inévitable.
Mais, il faut souligner qu’un ouvrage de
Thomas Herbert écrit en 1634 mentionne
le fait que la population de Dodos est déjà
en déclin.

By Daveypea
Licence
Cependant,
il est certain que l’homme a largement contribué
à cette extinction. Les adultes étaient
tués et les petits étaient victimes
des rats, des chiens, des singes et des cochons,
tous introduits par les colons.
La destruction de leur habitat a été
le coup fatal. Si l’on considère
que cette espèce endémique était
déjà vulnérable, la moindre
modification de leur environnement a causé
leur perte.
En
1680, les pionniers et leurs animaux occupaient
la totalité de l’île Maurice.

Le Dodo est devenu
aujourd'hui l'emblème de Maurice, dommage
que ce soit à titre posthume. By Jvhemert
Licence
Moins
d’un siècle après avoir été
découvert, le Dodo avait déjà
disparu. Son extinction fut si rapide que l’on
en vint, au XIXe siècle, à douter
qu’il ait jamais existé.
Pour
convaincre les scientifiques que le Dodo n’était
pas un animal de légende, il fallut qu’un
colon établi à Maurice exhibe, en
1865, des fossiles du volatile.
V.B
(28.12.2006)
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