« Le dinosaure et l’homme, deux espèces
séparées par 65 millions d’années
d’évolution, se retrouvent soudain
face à face. Nous n’avons pas la moindre
idée de ce qui nous attend. »
Dt Alan Grant Jurassic Park
Quand on évoque les dinosaures au cinéma,
la saga jurassic park vient immédiatement
à l'esprit de chacun. Les films de steven
Spielberg ont tellement marqué le grand public
qu’on en oublie que les premiers films mettant
en scène un dinosaure remontent au début
du 20ème siècle.
En effet, on recense depuis environ 80 productions
mettant en scène des dinosaures. Ce qui tente
à prouver que ces terribles lezards ont toujours
fasciné les foules et... les cinéastes
!!
Incohérences cinématographiques
La plupart de ces films, comme Un million d’années
avant J.C (1966), montrent des hommes préhistoriques combattre
les dinosaures.
C’est bien sûr une impossibilité scientifique.
D’autres films comme le Monde Perdu (1925) mettent en scène
des dinosaures qui ont survécu dans des régions inhabitées
du globe.
Il est très peu probable que des animaux d’une telle
taille puisse survivre dans l’anonymat.
Jurassic Park innove en nous proposant comme solution,
la génétique. Malheureusement, l’ADN ne survit
pas à autant d’années de fossilisation.
Avant Jurassic Park, les dinosaures étaient souvent représentés
de manière très fantaisiste. On y voit des monstres
gigantesques pourvus de pouvoirs extraordinaires.
Ce "Dinosaure" ressemble
à un Dragon mythique
S.Spielberg a tenu à respecter une certaine
réalité scientifique. Et même s’il s’est
permis quelques fantaisies, l’ensemble reste cohérent,
du moins au niveau des reconstitutions d’animaux.
Quelques bijoux du début du 20ème
siècle
L'ancêtre des dinosaures sur le grand écran est “Gertie”
un dessin animé muet de 1909 d'une vingtaine de minutes et
dont le héros est un Brontosaure.
Gertie
“Dinosaur and the missing link” est le premier vrai
film intégrant des dinosaures et des acteurs. Ce film muet
de 1917 a pour originalité de faire se côtoyer des
hommes et des dinosaures. Bien que cela ne se soit jamais produit
dans la réalité force est de constater que cette éventualité
a toujours fait fantasmer les hommes.
En effet cette incohérence historique, qu'est la rencontre
de l'homme et du dinosaure, sera à la base de tous les scénarios
jusqu'à nos jours !!
Les animations dans les productions récentes comme les jurassic
park sont réalisées en images de synthèses.
L'outil informatique est de nos jours à la base de la plupart
des trucages, mais avant d'avoir la chance de travailler avec de
tels outils les cinéastes ont dû faire preuve d'imagination.
Justement... ils débordaient d'ingéniosité
les réalisateurs à l'époque. Les affreuses
créatures qui terrorisaient les salles étaient en
effet réalisées avec trois bouts de ficelles.
Nos premier spécimens de 1915 ont été fabriqués
à partir de poupées d'argile avec un squelette métallique.
Quant à l'animation c'est Willis O'brien qui inventa le STOP
MOTION. Le principe est simple : il s'agit de filmer image par image
une maquette souple que l'on anime manuellement entre chaque prise
afin de donner l'illusion du mouvement.
Diaporama Affiches de Cinéma
C'est dans "le monde perdu" de 1925 (dont s'est inspiré
S.Spielberg) que W. O'brien va parfaire cette technique. Les dinosaures
sont des squelettes métalliques recouverts de mousse. La
peau est imitée avec du caoutchouc et du latex. Certains
exemplaires contenaient une vessie de ballon de foot que l'on gonflait
et dégonflait pour simuler la respiration !
DIAPORAMA IMAGES LOSTWORLD 1925
La technique du cache et contre cache
Dans un premier temps les "marionnettes" de dinosaures
sont filmées seules, image par image dans un décors
de maquette. Un cache noir est placé pour masquer une partie
du cadrage. La pellicule ne sera donc pas "impressionnée"
à cet endroit.
Puis après avoir rembobiné le film on place le contre
cache pour protéger la partie ou figure les dinosaures et
on filme les acteurs sur celle qui n'a pas encore été
exposé.
Cette technique nécessite beaucoup de travail et il fallait
presque une journée de travail pour réaliser moins
de 30 secondes de films !!
Diaporama PLANETE DINO et REPTILICUS
A l'exception de quelques rares productions, comme la version du
"monde perdu" de 1960 ou des images de vrais petits lézards
vivants en plans serrés ont été utilisés,
la technique du STOP MOTION sera à la base de la majorité
des animations de dinosaures au cinéma jusqu'à l'avènement
de l'informatique.
Le Monde Perdu 1960
Ray Harryhausen sera dans les années 50/60 le maître
du STOP MOTION. Il améliorera cette technique grâce
à la réalisation de marionnettes de plus en plus réalistes
et surtout par des nouveaux procédés d’incrustation
des acteurs comme la technique de l’écran bleu encore
utilisée de nos jours. Le procédé consiste
à filmer des acteurs devant un écran bleu vierge afin
d'inclure par la suite, des images tournées ailleurs. On
doit à Ray Harryhausen les effets spéciaux des films
cultes tels que : “The Beast from 20,000 Fathoms (1953)”,
“La vallée de Gwangi (1969)”, “un million
d'année avant J-C (1966)”...
Ainsi de nombreux films verront le jour entre les années
40 et 80 mettant en scène des dinosaures. Il est à
noter que pour la grande majorité de ces films, l'histoire
nous propose la confrontation entre des hommes et des dinosaures
amateurs de... la chair des premiers.
Sur l'ensemble de la production, des grand classiques “lost
continent (1951)”, “dinosaurus (1960)”, “quand
les dinosaures dominaient le monde (1971)”
Quand les dinosaures dominaient le
monde
côtoient de purs films de série B voir de véritables...
navets “reptilicus(1962)”, “carnosaur (1993)”...
Si cette saga remporte un tel succès, elle le doit surtout
aux effets spéciaux. Pour la première fois au cinéma,
le public voyait des dinosaures « réels ».
Scène du safari dans le monde
perdu
Les dinosaures herbivores broutent tranquillement quand soudain
surgit des jeeps. Des motos pétaradantes effrayent les animaux
qui se mettent à fuir.
Dans cette scène, de nombreux dinosaures apparaissent.
Pourtant, aucune maquette n’a été utilisée.
Tous les animaux ont été créés sur ordinateur.
Pour filmer la scène, les techniciens faisaient rouler au
sol des balles orange fluo et les jeeps devaient les suivre.
Ensuite, les balles ont servi de repères pour pouvoir insérer
électroniquement les dinosaures virtuels.
Un technicien se baladait avec une fausse tête de dinosaure
sur un bâton pour indiquer aux acteurs où regarder.
Scène de tempète dans
jurassic park
La pluie a été reproduite par une machine spéciale
qui arrosait abondamment les acteurs. Mais, sur l’île
hawaïenne, l’ouragan Iniki a réellement frappé
pendant le tournage.
Les cris effrayants du Tyrannosaure
Qui n’a pas sursauté en entendant le Trex pousser
son cri ?
Les bruits ont été réalisés avec un
mixage de sons : éléphants, alligators, pingouins,
tigres, chiens et baleines.
Sans vouloir casser le mythe, les études effectuées
démontrent que notre prédateur vedette ne devait en
fait émettre qu’un gargouillis assez rauque.
Concernant le son émis par les brachiosaures, les techniciens
ont mélangé le chant d’une baleine avec des
cris de singes.
On ne sait pratiquement rien des sons que pouvaient
émettre les dinosaures. Les études effectuées
ont été réalisées à partir de
fossiles. Mais peu importe, un dinosaure muet, ça ne l’a
fait pas !
L’attaque des compsognathus
: le Monde Perdu
Les scènes ont été tournées avec des
robots télécommandés. Si les morsures paraissent
réelles, c’est tout simplement parce que des morceaux
de Velcro ont été collés sur le corps des acteurs.
Les Velcro des robots s’accrochent à ceux des acteurs
ce qui donnent l’impression que les compsognathus arrachent
des morceaux de chair.
Dilophosaurus : Le cracheur
On ne sait pas si le Dilophosaurus avait une collerette multicolore,
ni s’il crachait. Par contre, il avait bien une crête
sur la tête. Dans le film, il semble assez petit. En réalité,
il mesurait 6 m de long.
Le Dilophosaurus qui attaque Nedry dans la jeep était une
marionnette avec des têtes interchangeables.
Les sons qu’il pousse ont été réalisés
à partir des cris de l’aigrette (un oiseau de marais)
et du cygne.
Les Vélociraptors
Si Jack Horner est convaincu que le Vélociraptor avait des
plumes, d’autres scientifiques pensent qu’il avait des
rayures comme le Tigre.
Decidemment, cet intelligent prédateur n’a pas fini
de faire couler de l’encre.
Dans les 3 films, parfois les Vélociraptors étaient
des humains avec des déguisements. Il y avait également
un robot mécanique de taille réelle et trois têtes
séparées.
Le bébé vélociraptor qui brise la coquille
de son œuf était aussi un robot mécanique.
Un grand avenir au cinéma
Si Jurassic park 4 devrait être le dernier de la série,
on peut légitimement penser que les dinosaures ont encore
un grand avenir au cinéma. Ils sont sur nos écrans
depuis presque 100 ans et ont toujours ou presque rencontrés
le succès auprès du public.
Les progrès de l’informatique vont à coup sûr
permettre la création de dinosaures de plus en plus saisissants
de réalisme. Ceci dit malgré leur charme désuet
et des techniques artisanales, de vieilles productions ont créé
des dinosaures dont l’impact n’a pas été
égalé par certains films récents utilisant
l’image de synthèse.
Tim Burton a confié dans une interview : " Ironiquement,
plus les effets numériques s'approchent de la réalité,
moins ils sont réalistes ! "
Philippe Vouzellaud. V.B (02.2004)
Sources . Bibliographie pour la partie sur
Jurassic Park
La science de Jurassic Park Editions Bayard
Le Monde Perdu. Jurassic Park: meilleures scènes, trucages
...Editions Nathan
Dinosaures Les seigneurs de la Terre Editions Nathan