Des dinosaures à "plumes" L’image traditionnelle du dinosaure que nous avons est sans aucun doute très éloignée de la réalité. Nous savons aujourd’hui que les dinosaures n’étaient pas des reptiles à sang froid. La découverte, il y a quelques années, de deux nouveaux fossiles présentant des traces de protoplumes a radicalement modifié la vision des paléontologues sur les dinosaures. Il s’agit de Beipiaosaurus inexpectus et de Sinornithosaurus millenii. Ce sont deux bons exemples pour étayer la théorie des dinosaures « à plumes ». Depuis plusieurs années, les empreintes fossiles prouvant que de nombreux théropodes possédaient des protoplumes abondent.
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Ce dromaeosaure de la taille d’un aigle a été retrouvé en Chine dans la province du Liaoning et décrit en 1999. Son nom de baptême signifie « oiseau reptile chinois du millénaire ». Il vivait au Crétacé inférieur.
Squelette fossilisé de Sinornithosaurus. © dinosoria.com L’étude du fossile a démontré plusieurs points. Son omoplate, son apophyse coracoïde et son bréchet s’apparentent plus à ceux d’un oiseau que d’un dinosaure. Les empreintes fossiles des plumes sont visibles le long des os de ce dinosaure qui a vécu il y a plus de 120 millions d’années. Il se nourrissait sans doute de lézards et de petits mammifères. Cependant, le duvet de plumes qui lui couvrait le corps ne lui permettait pas de voler. En plus des deux serres, les vertèbres de sa queue sont hérissées de minces tiges osseuses qui la renforcent. Elles servent également à manœuvrer avec plus de dextérité.
Vertèbres de la queue. Sinornithosaurus. © dinosoria.com Le fossile renforce l’hypothèse selon laquelle les plumes ont d’abord poussé pour protéger les animaux du froid ou pour la parade amoureuse plutôt que pour voler. En 2009, Sinornithosaurus millenii a fait l'objet d'une étude. On serait peut-être en présence du premier fossile d'un dinosaure venimeux. Classification : Saurischia Theropoda Tetanurae Coelurosauria Dromaeosauridae
Il s’agit là d’un autre théropode à plumes. Les fossiles ont été découverts par des fermiers près de Beipiao, en Chine. Ce dinosaure a été découvert en 1996 et décrit en 1999. Les fossiles montrent que ce dinosaure possédait des plumes raides et étroites. Elles avaient peut-être un canal creux.
Membres antérieurs avec traces fossiles de plumes Avec ses 2,20 mètres de long, Beipiaosaurus est le plus grand dinosaure à plumes jamais découvert. Beipiaosaurus vivait au Crétacé inférieur. Classification : Saurischia Theropoda Tetanurae Coelurosauria Mais, si ni ce thérizinosaure, ni ses ancêtres, n’ont jamais volé, comment expliquer la présence de telles plumes ?
Une des hypothèses concernant la présence de plumes serait que ces dernières ne servaient pas à voler mais à isoler les dinosaures du froid. Des tests menés par Mary Schweitzer sur les structures fibreuses du Shuvuula deserti, un « simili-oiseau », trouvé en Mongolie, apporte des éléments de réponse.
Le nouveau look du Velociraptor. © BBC Les tests ont démontré que ces fibres sont similaires, chimiquement et structurellement, aux plumes des oiseaux actuels.
En principe, plus un animal est de grande taille, moins il a besoin de poils ou de plumes pour se protéger. Selon Philip Currie, si le tyrannosaure adulte avait des plumes, c’était juste pour parader. Mais, il est plus probable que si, plumes il y a, le tyrannosaure les perdait en grandissant. Cependant, les bébés maîtrisaient moins leur température. Les nouveau-nés pouvaient parfaitement posséder un duvet de plumes isolant pour rester au chaud. On sait aujourd’hui que les plumes étaient fréquentes chez les dinosaures, en tout cas bien plus qu’on ne le pensait. Les dernières découvertes montrent que des espèces de grande taille en possédaient. Il ne reste plus qu’à trouver le fossile d’un bébé tyrannosaure au joli duvet pour confirmer cette hypothèse.
En mars 2009, des paléontologues américains et chinois ont publié un article dans la revue Nature. Cette découverte est importante car elle montre que les protoplumes chez les dinosaures remontent à leur apparition. V.Battaglia (29.01.2006). M.à.J 12.2009 |



