Souvent appelé « le sarcophile satanique
», le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii)
est le plus gros des marsupiaux carnivores.
Son allure n’a en fait pas grand-chose de
diabolique. Unique représentant de son
genre, le diable de Tasmanie est une espèce
qui prospérait autrefois dans l'ensemble de l’Australie.
Aujourd’hui, le diable est confiné
sur la sauvage île de Tasmanie.
Le diable de Tasmanie : un bon petit diable
Ce diable ressemble plutôt à un ourson à poils
ras. Ses proportions sont celles d’un petit chien. Cette référence
au diable résulte de l’impressionnante mâchoire
de l’animal. Le sarcophile peut ouvrir une gueule béante
découvrant la formidable rangée de dents qui tapissent
son palais rouge-orangé.
Photo source Internet
(auteur inconnu)
L’étrange feulement poussé par l’animal
ne fait qu’accentuer la peur qu’il inspire.
La légende veut qu’il soit méchant et colérique.
Lors de l’installation des premiers colons en Tasmanie, les
diables venaient chaparder dans les bourgs. Certains fermiers réussirent
à apprivoiser des diables. Ils en firent des animaux de compagnie
aussi affectueux qu’un chien. C’est l’un des rares
marsupiaux carnivores à pouvoir être domestiqué.
Ils se révèlent d’agréables compagnons,
joueurs et fidèles. Domestiqués, ils changent totalement
leurs habitudes nocturnes. Ils adorent l’eau et s’offrent
volontiers des bains de soleil.
Des agriculteurs tasmaniens promenaient leurs diables en laisse
à Melbourne. Aujourd’hui, l’heure est surtout
à leur préservation dans des réserves naturelles.
Les marsupiaux carnivores
Herbivores ou carnivores, tous les marsupiaux se caractérisent
par le marsupium. C’est cette poche externe où les
jeunes embryons parachèvent leur développement.
Les doigts sont réduits et ont fusionné chez les
herbivores. Chez les carnivores, ils sont en nombre et griffus.
Les marsupiaux carnivores sont les premiers marsupiaux qui sont
arrivés en Australie. Il s’agissait sans doute de rats
marsupiaux.
Avec les fossiles trouvés sur la péninsule Antarctique et des études d'ADN, on a la preuve que les marsupiaux se sont répandus, il y a 65 à 100 millions d'années, depuis l'Amérique du Sud jusqu'en Australie via l'Antarctique, alors que ces continents étaient réunis.
Le diable de Tasmanie mesure 60 à
75 cm de long (mâle) pour un poids de 7 à 12 kg.
Sa fourrure varie du noir profond au gris foncé. Les oreilles,
en principe pâles, deviennent rouges quand ils sont
excités.
Le museau est pourvu de vibrisses sensitives. La truffe, toujours
humide, constitue un organe olfactif important.
La puissance des mâchoires est phénoménale
pour un animal de cette taille. Il peut broyer
les barreaux d’une cage larges d'un centimètre.
Cette puissance est vitale pour un charognard.
En tant que charognard, il joue un rôle sanitaire non négligeable
dans son environnement. Il peut également s’attaquer
à des proies vivantes de la taille d’un agneau ou d’un
wombat.
Non territoriaux, les diables se répartissent selon des
densités de 3 à 25 individus au km².
S’il le faut, ils peuvent parcourir jusqu’à 16
km par nuit pour chercher leur nourriture. Le diable a une endurance
qui lui permet de courir 20 km en 2 h ½.
Un chasseur téméraire
Bien que principalement charognard, ce prédateur se nourrit
également de mammifères et de serpents. Quand il réussit
à surprendre une proie moyenne, il lui saute au cou et le
mord avec la rage d’un pitbull.
Sa principale faiblesse réside dans sa vue médiocre.
Il ne perçoit que les proies en mouvement. Mais, tout ce
qui bouge l’attire y compris les poissons de surface.
Amateur d’eau, il fréquente le bord des rivières
et en profite pour happer quelques grenouilles.
Ces batraciens secrètent une substance toxique au niveau
de la peau. Le sarcophile a donc développé une technique
appropriée. Il saisit la grenouille par les pattes, la frappe
violemment contre le sol puis la frotte dans la terre pour la débarrasser
du poison.
A la différence des nécrophages
d’Afrique comme la hyène, il n’opère
pas en groupe. Ses proies sont variées
et il accepte de partager les plus grosses.
La reproduction du diable de Tasmanie
Comme tous les autres marsupiaux, le cycle de reproduction se caractérise
par une très courte période de gestation, en moyenne 21 jours.
De véritables larves viennent au monde avant de rejoindre
la poche maternelle.
Les partenaires se retrouvent en avril pour s’accoupler. Ils resteront
ensemble une quinzaine de jours dans un terrier
avant de s’unir. Peu après l’acte,
la femelle devient très agressive pour
chasser le mâle.
De la taille d’un gros haricot, 20 grammes environ, deux
à quatre petits diables naissent nus. Ils resteront accrochés
à une mamelle environ 4 à 6 mois.
Après 15 semaines de croissance, dotés de fourrure,
ils commencent à explorer leur environnement immédiat.
Le sevrage est terminé au bout de 8 mois. Les jeunes goûtent
alors à leurs premières charognes.
La maturité sexuelle est atteinte vers
deux ans. Mâles et femelles entreprennent
alors une vie solitaire d’errance.
La longévité d’un diable de Tasmanie ne dépasse
pas 8 ans.
La Tasmanie
Avec une superficie de 67 890 km², la Tasmanie est l’une
des 30 plus grandes îles du monde. Découverte par Tasman
en 1642, l’île est l’un des 6 états fédéraux
australiens.
Le climat y est tempéré et humide. Les Tasmaniens
natifs eurent moins de chance que leur faune. Ils furent exterminés
après l’arrivée des colons. Truganina, la dernière
tasmanienne, mourut en 1877.
Cette île est toute plissée et porte les traces des
dernières glaciations.
La partie inscrite au patrimoine mondial est partagée en
22 réserves. La faune y est d’une importance mondiale.
Sur les 27 espèces de mammifères, 4 sont endémiques
dont le diable de Tasmanie.
V.B (03.2005). M.à.J 11.2006
Classification
Règne: Animalia
Embranchement: Chordata
Classe: Mammalia
Superordre: Marsupialia
Ordre: Dasyuromorphia
Famille: Dasyuridae
Genre: Sarcophilus
Espèce: Sarcophilus harrisii
Dossiers complémentaires
sur les marsupiaux et la Tasmanie