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Dhole

Exclusivement carnivore, le dhole (Cuon alpinus ) est considéré comme l’un des plus redoutables prédateurs de toute l’Asie.

Comme le dingo ou le lycaon, le dhole est un chien sauvage.

Racé, ce canidé peut, en groupe, s’attaquer aux grands mammifères.
Physiquement, le dhole est un curieux mélange de renard et de loup. Il a l’apparence du premier et la férocité carnivore du second.

En Inde, le dhole est appelé « chien rouge » car la couleur de sa robe est rouge foncé. 

Portrait du dhole

Le dhole est le seul représentant de son genre. Cependant, il existe 10 ou 11 sous-espèces selon les auteurs. Répandu dans toute l’Asie, de la Sibérie à l’Indonésie, le dhole vit et chasse en meute.

La couleur du pelage oscille du rouille au rouge-brun. La gorge est souvent blanche. La queue se termine par une extrémité noire, plus rarement toute blanche.
Le poids varie de 15 à 21 kg pour le mâle. La femelle est plus petite. Les sous-espèces du nord ont un poids de 20% supérieur à celui des sous-espèces du sud.
Chez les sous-espèces montagnardes, le pelage hivernal est long et rouge éclatant. Le pelage d’été est nettement plus court et la couleur plus terne.

Le dhole est un excellent coureur. Les pattes avant sont garnies de quatre griffes solides, non rétractiles.

Dholes

Dholes. © dinosoria.com

Le dhole a su s’adapter à tous les types de climats, de l’Inde tropicale à la taïga sibérienne.
Il a su montrer une faculté d’adaptation extraordinaire. Il est l’un des chiens sauvages les plus répandus en Asie.

En fonction de l’habitat, les dholes ont su adapter leur alimentation :

  • Sangliers, chevreuils et cerfs en montagne
  • Mouflons, grands cerfs, chitals et sambars en Inde
  • Sur les plages de Java, ils chassent les tortues de mer

La denture spécifique du dhole

Les canidés constituent une famille très diversifiée. Il existe 12 genres. Les spécialistes ont été tentés de réunir dans une sous-famille distincte trois espèces qui présentent une réduction de la denture :

  • Le dhole (genre Cuon)
  • Le lycaon (genre Lycaon)
  • Le chien des buissons sud-américain (genre Speothus)

Ces trois espèces ne possèdent que 40 dents alors que la plupart des canidés en possèdent 42. Ces chiens sauvages partagent de surcroît l’habitude de chasser en meute.

Lycaon

Lycaon. © dinosoria.com

Mais cette caractéristique dentaire ne suffit pas à prêter à ces carnivores une lignée évolutive séparée très tôt du tronc commun des canidés.

Il est prouvé que le dhole est issu des chiens à denture normale et que cette caractéristique qu’il partage avec les lycaons  et les chiens des buissons ne reflète qu’une spécialisation progressive dans un régime carnivore exclusif.

Le dhole, ayant perdu une molaire de chaque côté de la mâchoire inférieure, la longueur des mâchoires est courte, ce qui accroît la puissance de la morsure.

Le dhole : un redoutable chasseur

Les meutes de dholes n’hésitent pas à s’attaquer à bien plus gros qu’eux : cerfs et buffles sont leurs proies habituelles.

Forts de leur nombre, les dholes ont peu d’ennemis naturels et chassent de jour.

Généralement, une seule grosse proie est tuée au cours de la même chasse.

Les dholes chassent essentiellement à l’odorat, dans les forêts denses d’Asie.

Dhole

Les dholes ne trouvent la sécurité que dans des réserves. By Ber'Zophus

La première tactique consiste à ratisser le terrain. La meute progresse en ligne frontale jusqu’à ce qu’une proie soit repérée.
Si la proie est petite, un seul dhole peut la mettre à mort. Par contre, si la proie est grosse, la meute entière est mise à contribution.
La victime est alors attaquée sur tous les côtés. Mordue sans relâche à la croupe et aux flancs, la proie finit par mourir d’hémorragie.

Contrairement aux loups, les dholes ne mordent pas à la gorge. Ils s’en prennent aux viscères. Cisaillant les flancs de l’animal, ils répandent les intestins à terre.

Un dhole peut avaler 4 kg de viande en une heure.

La violence de la mise à mort a valu aux dholes une réputation de chiens tueurs et cruels. Cependant, il faut savoir que la proie éviscérée meurt dans les minutes qui suivent l’assaut.

Les lycaons utilisent la même technique de mise à mort dans la savane africaine.

Lycaons

Les lycaons utilisent la même technique de mise à mort. © dinosoria.com

En montagne, le dhole fait preuve de ruse. Il peut acculer un bouquetin au bord d’un précipice et attendre tranquillement que l’animal saute plutôt que d’affronter le groupe.

Une seconde tactique très subtile consiste à diviser la meute en deux. Le premier groupe de dholes lève le gibier et rabat la proie vers le second groupe.
Ce dernier est posté à l’orée de la forêt et se charge de couper la retraite à l’animal affolé.
Chaque groupe communique avec l’autre en émettant de courts sifflements.

Les dholes n’hésitent pas à voler la proie ou la charogne d’autres prédateurs, ours, léopards ou tigres.
Les dholes sont redoutés car une meute peut tuer un tigre qui rechignerait à partager sa pitance.

Un chien sauvage qui n’aboie pas

Contrairement aux lycaons, les dholes n’aboient pas. Ils peuvent juste émettre une sorte de gémissement.
Néanmoins, la capacité vocale diffère selon les sous-espèces. Les deux dholes soviétiques (Cuon alpinus alpinus et C.a.hesperius) ne hurlent pas et n’aboient jamais.

Dholes

Dholes. © dinosoria.com

La sous-espèce indienne (C.a. dukhunensis) glapit, cri et couine.  Ce dhole indien émet également une sorte de sifflement pour rassembler la meute.

Organisation sociale

Contrairement à nos chiens domestiques, les chiens sauvages ont gardé intacts leurs instincts : ils vivent toujours en groupe.

Le fondement de la meute est la cellule familiale. La hiérarchie est très stricte. Elle est dominée par un couple unique, seul couple habilité à copuler et à enfanter une fois par an. Les jeunes ne quittent pas forcément la famille et intègrent alors le groupe.
La meute est donc en fait une grande famille qui s’accroît d’année en année jusqu’à atteindre une vingtaine d’individus.
Les juvéniles s’occupent des nouveau-nés qui arriveront l’année suivante.

Dholes

Dholes qui viennent de chasser . © dinosoria.com

Aucun autre membre ne peut s’accoupler ; le couple dominant y veille. Si les meutes contiennent deux fois plus de mâles que de femelles, c’est parce que la femelle dominante régule la population féminine afin de limiter les tentations.

Tout un rituel s’organise autour du couple. Chaque matin, les dholes s’avancent vers le mâle dominant, la queue baissée, et lui font la fête. Puis, ils se frottent les uns aux autres avant de partir en chasse.

Cette cérémonie matinale est indispensable pour sceller l’unification du groupe. La réussite à la chasse dépend uniquement de cette entente.

Clan de dholes

Clan de dholes . By INeedCoffee / CoffeeHero

Chaque meute possède son territoire qui s’étend en moyenne sur 40 km². Les dholes font preuve de beaucoup de tolérance et les meutes se croisent sur un même territoire sans problème.
D’ailleurs, plusieurs meutes peuvent se regrouper pendant un temps et s’associer pour chasser.

La reproduction

Le couple dominant met au monde une portée moyenne de 8 petits par an. La meute se met alors à la recherche d’une tanière propice.

Après une gestation d’environ 2 mois, les petits naissent aveugles. Toute la meute ramène de quoi nourrir la femelle dominante.
A 14 jours, les petits ouvrent les yeux. Ils sont allaités pendant 2 mois puis, sevrés, quittent la tanière.

Les jeunes pratiquent divers jeux qui leur apprennent à défendre le territoire, chasser ou définir leur future place dans le clan.

Dhole

Le dhole chasse en meute de grosses proies. By Guwashi999

A 6 mois, les juvéniles participent à la chasse et à 8 mois ils sont capables de participer activement à la mise à mort de n’importe quelle proie.

Leur longévité en milieu naturel dépasse 10 ans.

Le dhole et l’homme

La mise à mort sanglante pratiquée par les dholes a une influence très néfaste sur leur réputation auprès des populations locales.

La déforestation a provoqué une grosse réduction du biotope dans l’ensemble de l’Asie. Le dhole, exclusivement carnivore, est aujourd’hui privé de ses proies habituelles.
Il a besoin d’espace et d’un régime alimentaire stable.

De ce fait, les populations de dholes se sont fragmentées et dispersées. La population  globale a beaucoup régressé, soit à cause des maladies (peste, maladie de Carré ou anthrax), soit par stérilité.
Privés d’échanges avec d’autres meutes, les dholes copulent entre eux, sans qu’il y ait de nouveaux apports génétiques. La stérilisation s’installe au fil des générations.

Mal protégé et mal aimé, l’avenir du dhole est très sombre.

 Classification: Animalia. Mammalia. Carnivora. Canidae. Cuon

V.Battaglia (25.09.2007)

Renard . Lycaon . Fennec

Références

Le dhole, collection Marshal-Cavendish . IUCN The World conservation Union . Animal Diversity Web

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