Démographie
mondiale et fertilité
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Le nombre d'humains nés sur Terre depuis les origines se situerait autour de 80 milliards. Sur les 80 milliards, près de la moitié serait née au cours des deux derniers millénaires. La population mondiale a surtout augmenté depuis 200 ans. Le six milliardième être humain a officiellement vu le jour le 12 octobre 1999, à Sarajevo, capitale de la Bosnie-Herzégovine. Cette date a été choisie arbitrairement par le F.N.U.A.P. Entre 1900 et 2000, selon les estimations de l’O.N.U., la population de la planète est passée de 1,65 à 6,06 milliards d’hommes.
Une rue de Calcutta, capitale de l'État du Bengale-Occidental, dans l'est de l'Inde. By Jungle Boy La population continue à augmenter, mais
le taux d’accroissement naturel (différence
entre le taux de natalité et le taux de
mortalité) diminue régulièrement
: il est passé de 2,04 % à la fin
des années 1960, à 1,3 % aujourd’hui.
Il y a à peu près le même
nombre de femmes que d’hommes sur Terre.
Sur 1000 personnes, 503 sont des hommes et 497
des femmes.
Rue de New Delhi (Inde) . By Ironmanixs Après nous avoir prévu un avenir catastrophique dû à la surpopulation, les experts sont aujourd’hui beaucoup plus modérés.
Entre 1950 et 2000, la population mondiale a plus que doublé, à un taux annuel moyen de croissance de 1,8 %. Mais, l’évolution a été différente selon les grandes régions du monde. Le continent asiatique s’est accru de 2 milliards d’hommes et représente aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale.
Une rue de Shanghai, port de l'est de la Chine. By degreezero A l’inverse, en 1950, l’Europe
peuplée de 375 millions d’habitants,
formait le deuxième ensemble démographique
du monde. L’ex-U.R.S.S. et l’Europe ont le taux annuel moyen de croissance le plus faible (0,8 %) et sont particulièrement affectés par le vieillissement de leur population. L’Amérique du Nord maintient son rang de cinquième ensemble mondial, avec un taux annuel moyen de croissance de 1,3 %.
Dans les pays industrialisés, il semble y avoir plusieurs causes à cette baisse de la fécondité.
La baisse de la natalité résulte pour l’essentiel de la diffusion de la contraception dans les pays développés ou en développement.
L’encouragement à la planification familiale dépend du degré de liberté des femmes. Leur émancipation passe par une amélioration sensible de leur situation économique et sociale. Les femmes représentent les deux tiers des adultes analphabètes dans le monde. En matière de santé, elles font souvent l’objet d’une discrimination, qui entraîne une surmortalité féminine.
Femme portant de l'eau à la frontière entre le Pakistan et l'Inde. By Whitney Lauren Selon le F.N.U.A.P., sur 80 millions de grossesses recensées par an dans le monde, un tiers environ ne sont pas prévues, et environ 500 000 femmes meurent des suites de leur grossesse.
Selon une étude, les hommes produiraient
de moins en moins de spermatozoïdes. Dans
les pays développés, en 50 ans,
la qualité du sperme humain a décliné.
Une rue du Caire, capitale de l'Égypte. By Gaspa
Notre mode de vie n’est certainement pas étranger à la baisse de la natalité. La cellule familiale a éclaté et les problèmes économiques n’encouragent pas à fonder une famille. De plus, il existe une fracture de plus en plus importante entre « jeunes » et « vieux ». Qu'attendent les gouvernements pour nous doter d'une véritable politique familiale et de logement ? La proportion de personnes âgées
est en augmentation mais parallèlement,
nous les traitons comme s'ils n'avaient plus rien
à apporter à la société.
L' Inde. Un pays socialement très déséquilibré. By pulguita Le taux de natalité est actuellement de l'ordre de 13 pour 1 000 en France, de 11 pour 1 000 en Belgique et en Suisse, alors qu'il dépasse 50 pour 1 000 dans les pays à fort taux de natalité comme le Mali, le Niger ou l'Angola. Parallèlement, l'indice de fécondité (nombre d'enfants par femme) a également diminué, de sorte que, dans un certain nombre de pays, le remplacement des générations, qui correspond à 2,1, n'est plus assuré. Ainsi, cet indice est de 1,9 pour la France, de 1,4 pour le Canada et de 1,3 pour l'Allemagne et l'Autriche.
Les pays occidentaux affichent un taux d’immigration
en nette augmentation sur les 50 dernières
années. La crise économique qui a touché les pays européens dans les années 1970 et 1980 a fait de l’immigration un enjeu politique et du racisme un thème électoraliste. En France, une personne sur quatre est immigrée ou d’ascendance étrangère. Sans les vagues successives d’immigration depuis un siècle, l’Hexagone ne serait peuplé aujourd’hui que de 48 millions d’habitants environ au lieu des 62 millions recensés.
Il a fallu 40 000 ans, depuis l’homme de Cro-Magnon, pour en arriver à 2,5 milliards d’individus. Il a fallu trente-sept ans pour que la population du globe double, entre 1950 et 1987, passant de 2,5 à 5 milliards d’habitants. Selon l’O.N.U., il faudra plus de temps pour qu’elle double à nouveau et l’hypothèse d’une explosion démographique paraît exclue. Dans presque tous les pays industrialisés, cette fécondité est désormais inférieure au taux de remplacement et, dans leur majorité, les pays européens s’orientent vers une diminution de leur population.
La famine touche particulièrement les enfants. Soudan. By Filipe Moreira L’ONU prévoit une moyenne de 2,1
enfants par femme au milieu du XXIe s. La population
mondiale pourrait alors passer à 11 milliards
de personnes et se stabiliser. L’accroissement naturel est en forte augmentation en Afrique subsaharienne, dans une grande partie des pays musulmans du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Iraq, Iran, Afghanistan) ou en Bolivie. L’Afrique subsaharienne connaîtra une expansion sans précédent, passant en trente ans de 746 millions à 4,6 milliards d’individus ; en 2025, elle représentera 19 % de la population mondiale, au lieu de 12 % aujourd’hui.
En Afrique, la famine tue plus que les guerres. Les enfants en sont les premières victimes. Soudan. (980903. AJIEP, SUDAN. CAPTION TO COME. For Don Melvin and Rich Addicks package on the famine in Sudan. RICH ADDICKS/STAFF ) . By Filipe Moreira En Asie, le taux annuel moyen devrait descendre à 1,2 %, en raison de la régression de l’accroissement naturel en Chine (0,7 %) et en Inde (1,3 %). La population mondiale serait donc redistribuée.
En 2025, les pays d’Europe, ceux d’Amérique
du Nord et ceux de l’ex-U.R.S.S. se classeraient,
respectivement, aux quatrième, cinquième
et sixième rangs.
Vue de Mexico, capitale du Mexique. By christophercjensen Asie et Afrique totaliseraient alors plus des trois quarts de la population mondiale. Entre 1950 et 2025, la population africaine devrait être multipliée par 7, celle de l’Amérique latine par 4, celle de l’Asie par 3,5.
Derrière ces chiffres se cache un grave
problème : celui de la fracture sociale
entre pays riches et pays pauvres. La moitié de l’humanité se rassemble sur moins de 10 % des terres émergées. On peut distinguer trois grands foyers de peuplement dense :
Favela à la périphérie de Sao Paulo, au Brésil. By nagillum La population africaine continuera de progresser plus rapidement que celle des autres parties du monde en développement : vers 2050, plus d’un enfant sur deux naîtra en Afrique. La question du rapport entre la démographie
et les ressources terrestres demeure donc posée.
Elle est indissociable d’un débat
sur l’inégale utilisation de ces
ressources, qui se fait principalement au profit
des pays industrialisés.
Favela. République Dominicaine. By Mercedes Ramirez Guerrero En Afrique subsaharienne et en Asie, la pauvreté frappe 40 % de la population. Selon la FAO, 800 millions de personnes souffrent de la faim. La pénurie n’est pas consécutive au surpeuplement, mais à la désorganisation politique et économique des pays.
L’approvisionnement en eau constitue l’impératif prioritaire des prochaines décennies, au point que l’eau, dont la consommation augmente rapidement, peut être, d’ores et déjà, considérée comme une matière première stratégique. Les Nations unies relèvent 300 zones de conflits potentiels pour la maîtrise des fleuves internationaux, comme le Nil ou l’Euphrate, ou celle des nappes phréatiques. La pénurie d’eau est une menace qui pèse sur 40 % de la population mondiale.
On a souvent tendance à dire que si nous étions moins nombreux, nous vivrions mieux. Si les 6,5 milliards d'habitants de la planète adoptaient le modèle de vie occidental très polluant, nos ressources seraient épuisées en quelques années. Les 5,5 milliards d'habitants des pays pauvres ont un impact beaucoup plus faible sur la planète que le milliard d'habitants des pays riches. La Terre pourrait parfaitement supporter 12 milliards d'humains ayant le mode de vie des Africains. Le problème n'est pas un problème de nombre, c'est un problème écologique et énergétique. V.Battaglia (28.05.2006)
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