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Le Mythe du Déluge selon la Bible
Les chapitres 6, 7, 8 de la Genèse, dans l’Ancien
Testament, contiennent l’histoire du Déluge.
Dieu veut supprimer le mal qui a envahi la Terre et décide
d’anéantir l’humanité corrompue. Un seul
homme mérite d’être sauvé : Noé.
Dieu s’adresse à lui et lui ordonne de construire une
arche pour y abriter les siens et un couple d’animaux de chaque
espèce.
Le récit biblique dit : « il y eut le Déluge
pendant 40 jours sur la Terre. Les eaux montèrent de plus
en plus sur la Terre et toutes les plus hautes montagnes qui sont
sous tout le ciel furent couvertes. Les eaux montèrent quinze
coudées plus haut, recouvrant les montagnes.
Alors périt toute chair qui se meut sur Terre : oiseaux,
bestiaux……et tous les hommes.
La crue des eaux sur la terre dura 150 jours. »
Quand les eaux baissèrent, Noé et les siens furent
déposés sur le Mont Ararat, à partir duquel
ils repeuplèrent la Terre.

Mosaïque de la basilique Saint-Marc,
à Venise, qui illustre le Déluge
Le Déluge dans le Monde
Plusieurs mythes indiens relatent les mêmes faits. Le récit
biblique a lui-même des origines sumériennes.
Dans cette version, Noé se nomme Ziousoudra.
Au total, 13 récits du Déluge sont arrivés
jusqu’à nous.
L’épopée de Gilgamesh qui nous vient d’un
récit babylonien met en scène un héros que
l’on retrouve souvent figuré sur nos églises
romanes.

Onzième tablette de l'Epopée
de Gilgamesh sur laquelle Utnapishtim relate son expérience
au héros
Tous ces récits s’accordent sur un point : le Déluge
aurait eu lieu entre – 3 500 et – 3 300 avant notre
ère.
Les premiers vestiges géologiques du Déluge
En 1929, des fouilles archéologiques sur le site de l’antique
ville sumérienne d’Our, révèlent une
couche argileuse de plus de 2 m.
Les analyses prouvent qu’il s’agit d’un dépôt
laissé par les eaux.
Mais, ce qui est encore plus intéressant c’est que
les vestiges d’une civilisation sont présents sous
cette couche.
Cette couche est en quelque sorte une rupture brutale dans l’histoire.
Son épaisseur indique que l’inondation a été
hors du commun.
D’autres fouilles effectuées à Babylone, Shourouppak,
Ourour, Kish, Tello, Ninive et Fara ont mis à jour la même
couche sédimentaire.

A Our, dans l'ancien pays de Sumer,
les couches statigraphiques indiquent de très fortes précipitations
Les découvertes récentes
En 1998, deux géologues américains publient un livre
« Noah’s flood ». Leur conclusion est la suivante
: « ce que les textes anciens qualifient de « Déluge
» n’a pas été la conséquence de
précipitations d’une abondance et d’une durée
exceptionnelles. Il ne se situerait pas entre le Tigre et l’Euphrate,
et il serait plus ancien que l’on croyait ».
Toujours en 1998, une expédition franco-roumaine établit
une image des fonds de la Mer Noire. Cette étude montre l’existence
de dunes de type « aérien », vieilles de 7 100
ans.
Ces dunes se trouvaient donc à cette époque à
l’air libre.
Il y a 7 500 ans, des coquillages d’eau salée ont
remplacé ceux d’eau douce dans toute la mer Noire.
Cette mer n’existait donc pas à ce moment là.
Une théorie révolutionnaire
Dans leur livre publié en 1998, Ryan et Pitman formulent
l’hypothèse suivante :
« A l’origine, il y avait à l’emplacement
de l’actuelle Mer Noire, une dépression au fond de
laquelle se trouvait un grand lac d’eau douce ».
Il y a environ 12 000 ans, un réchauffement de la planète
mettait fin à l’âge glaciaire. La fonte des glaces
provoqua une montée du niveau de la mer.
Selon les auteurs américains, c’est une cataracte d’eau
salée qui se précipita dans l’ancien lac «
avec la puissance de 200 chutes du Niagara ».
Un peuple « moderne » essaime la
planète
Les deux auteurs vont encore plus loin. Après les découvertes
de vestiges _ céramiques, amphores, des restes de construction
dont certains sont datés de 3 500 ans_, il est clair que
la révolution néolithique ne provient pas de Mésopotamie.
De là, les chercheurs tentent d’expliquer le bond
en avant de l’humanité il y a quelques millénaires.
Pour eux, ce peuple aurait fui les territoires de l’actuelle
mer Noire pour créer les grandes civilisations, des Egyptiens
pré-dynastiques aux Pro Indo-Européens.
Jusqu’en 1998, les scientifiques étaient convaincus
que ce « Déluge » s’était étalé
sur plusieurs siècles. Ryan et Pitman avancent, eux, une
période d’un an.
La révolution du Néolithique
Nous appartenons à la période appelée «
holocène » depuis 12 000 ans. C’est à
ce moment là que l’homme franchit une étape
déterminante dans son évolution.
En effet, il abandonne la cueillette et la chasse pour démarrer
une économie de production : l’agriculture et l’élevage.
De nombreuses inventions apparaissent alors :
- Apparition de la technique de la pierre polie qui permet de
créer des outils mieux adaptés comme les haches
ou les lames de faucille mais également de nouveaux objets
tels les vases, les plats ou les bracelets

Outillage en pierre polie du Néolithique
- Apparition de l’agriculture, il y a environ 8 000 ans

Meule et pilon de pierre

Statuette en terre cuite du Néolithique
qui est peut-être une image de la fertilité et des
moissons
- Art de la céramique, il y a environ 6 000 ans

Céramique du Néolithique
- Essor de l’architecture
- Apparition de l’écriture, il y a environ 5 000
ans
Révolution ou Evolution ?
On ne peut nier qu’un bond en avant a été effectué
au néolithique. Cette grande transition a abouti aux civilisations
modernes.
Cependant, il serait précipité d’en arriver
aux mêmes conclusions que les deux scientifiques américains.
En effet, si la période comprise entre 10 000 et 4 000 av.J.C
témoigne du progrès le plus important de l’humanité,
elle correspond également à la fin de la dernière
période glaciaire.
De nombreux chercheurs voient dans le changement climatique le facteur
déterminant de cette « révolution ».
Le Déluge : une réalité
prouvée
Oui, il s’est bien passé un bouleversement important,
il y a 7 500 ans.
On a la preuve que le niveau de la mer Noire a augmenté de
150 m à cette période.
Rien pour l’instant ne prouve que cette montée des
eaux se soit effectuée en seulement un an.
D’ailleurs, s’agit-il bien du « Déluge
» ?
Les différents vestiges de ce cataclysme n’ont pas
été tous datés de la même période.
Donc, selon les lieux, il n’y aurait pas eu « un »
mais « des » Déluges.
Difficile d’imaginer un seul cataclysme submergeant toute
la planète.
Par contre, l’existence d’une période agitée
apportant des phénomènes météorologiques
très violents est quasiment certaine.
Origine du « Déluge »
La question qui se pose est de savoir ce qui a provoqué
ces cataclysmes en chaîne.
On évoque le basculement de la Terre sur son axe. Les océans
auraient alors submergé les terres.
D’autres théories favorisent un « Déluge
» étalé sur plusieurs siècles. Ce changement
correspondrait au réchauffement consécutif à
la fin de la dernière glaciation.
Si la notion de « Déluge » est aujourd’hui
admise par tous, de nombreuses zones d’ombres subsistent.
Des mystères non élucidés
Il y a un premier point que personne n’a su expliquer pour
l’instant. Les textes qui racontent le mythe du Déluge
remontent à moins de 5 000 ans puisque avant cette date,
l’écriture n’est pas sensée avoir existée.
Mais, les datations au carbone font remonter une partie du cataclysme
à au moins 7 500 ans. Ce qui signifie que la tradition orale
dut conserver ces évènements pendant au moins 2 500
ans. Comment ? Le mystère reste entier.
Selon la bible, Noé a été déposé
en haut du mont Ararat. Cette montagne existe bien, elle est située
en Anatolie, dans l’actuelle Turquie.
De nombreuses expéditions ont été menées
pour chercher l’Arche de Noé. Mais, c’est en
1955, que les alpinistes français Navarra et De Riquier arrivent
à dégager une partie de la structure de bois enfouie
sous la glace.
Ils ramènent un morceau de poutre. Les analysent démontrent
qu’il s’agit d’une pièce de chêne
équarrie vieille de plus de 5 000 ans.

Le Mont Ararat aujourd'hui
La présence d’un navire avait déjà été
signalée, notamment par des ouvriers turcs en 1839.
Il est scientifiquement impossible que le niveau de la mer ait
pu s’élever à 4 500 m d’altitude. Pourtant,
on ne peut nier que les restes d’une construction en bois
d’un navire reposent en haut du glacier.
Une belle énigme pour les archéologues !
V.B (03.2004)
Dossier complémentaire
sur le déluge
Comparatif
entre les mythologies concernant la fin du monde
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