Chaque
cyclone porte un petit nom, Mitch, Hugo, Ivan ou Rita
mais sous ces sobriquets se cachent de véritables
monstres qui ravagent tout sur leur passage. Selon les pays, on utilise le terme ouragan, cyclone, typhon ou tornade.
Chaque année, plusieurs dizaines de cyclones
se forment au dessus des océans dans les
zones intertropicales.
Chaque annonce de cyclone laisse prévoir
de nombreux dommages et souvent de nombreuses
victimes.
Dès sa formation, le cyclone reçoit
un prénom déterminé suivant
un ordre alphabétique. Pour la petite histoire,
jusqu’en 1978, les prénoms étaient
exclusivement féminins. Les ligues féministes
protestèrent et depuis cette année
là, les cyclones reçoivent alternativement
un prénom masculin et féminin: cyclone
Ivan (ou Yvan), cyclone Gilbert, Jeanne, typhon Joan ...
Les mécanismes de formation d’un
cyclone
Un
cyclone se forme exclusivement au dessus des océans.
Sa formation est soumise à des conditions
atmosphériques tout à fait particulières.
Ils
se forment dans les zones intertropicales, en
majorité comprises entre les 5e et 25e
parallèles des deux hémisphères.
Les zones les plus chaudes de l’océan
sont à l’origine de la plupart des
cyclones.
Cyclone Andrea.
Public Domain. Suggested credit: Schmaltz/MODIS/NASA/GSFC
Un cyclone se développe grâce à
une très forte humidité
Cette humidité engendre de petits nuages
qui s’abattent sur les côtes
Souvent
ces tempêtes se dissipent et meurent.
Cyclone Gordon.
Public Domain. Suggested image credit: NASA S115-E-06684
(17 Sept. 2006)
Mais
quand l’océan se réchauffe
entre juin et novembre, ces tempêtes se
transforment en véritables monstres. A
ce moment là, la température de
l’eau atteint plus de 26° C.
Cyclone Emily.
Public Domain. Suggested image credit: NASA
Les vents qui soufflent au dessus de l’océan
assurent le transfert de la chaleur vers les
cellules orageuses
Une colonne d’air chaud s’élève
dans l’atmosphère et donne naissance
à des nuages géants. Au fur et
à mesure où cette colonne grandit,
la colonne absorbe l’air chaud et humide
à la surface de la mer comme le ferait
un immense aspirateur
Cette colonne nuageuse continue à se
développer. Les vents s’engouffrent
à la base des nuages.
Les nuages s’épaississent. Il pleut.
Une tempête se prépare
Cette tempête s’élève
à une altitude qui peut dépasser
les 10 km au dessus de l’océan.
Quand la tempête se forme, elle est soumise
à la rotation de la Terre
Cyclone Wilma.
was still gathering when the Moderate Resolution
Imaging Spectroradiometer (MODIS) on NASA’s
Terra satellite took this image at 11:55 a.m.
NASA image created by Jesse Allen, Earth Observatory,
using data courtesy of the MODIS Rapid Response
team
La
force de Coriolis fait tourner les vents comme
une toupie. Cette force dévie les vents
vers la droite dans l’hémisphère
Nord et vers la gauche dans l’hémisphère
Sud.
La tempête se déplace en tournoyant
au dessus de l’océan
Le monstre grossit en se nourrissant d’humidité
et de chaleur venant de la mer
Un
cyclone a besoin d’eau pour s’alimenter
et meurt au dessus des continents.
Le
cyclone suit sa course, généralement
d'Est en Ouest, à une vitesse voisine de
30 km/h. Au passage de l'ouragan, la forte chute
de pression provoque une élévation
du niveau de la mer, c'est l'onde de tempête.
Celle-ci peut générer de véritables
raz-de-marée qui déferlent sur les
terres.
Ces
houles cycloniques sont responsables d'une grande
partie des pertes humaines.
La
force des vents associés dépend
directement du gradient, différence entre
la basse pression située au coeur du cyclone
et les hautes pressions voisines.
Les saisons cycloniques
Les
saisons propices à la formation des cyclones
sont différentes d'une zone océanique
à l'autre:
Zone
océan Atlantique - Caraïbes: mai
à octobre
Zone
Pacifique - Amérique Centrale: mai à
octobre
Zone
océan indien - Inde et Bangladesh: avril
à octobre
Oeil du cyclone.
Public Domain. Credit: National Oceanic and Atmospheric
Administration/Department of Commerce . Image
ID: fly00179, Flying with NOAA Collection
Zone
océan indien - La Réunion-Côtes
Africaines: octobre à mars
Zone
Pacifique - Extrême-Orient: juin à
novembre
Zone
Pacifique - Australie: novembre à avril
Le passage d’un cyclone et l'oeil
du cyclone
Des
pluies torrentielles accompagnent les vents violents.
Quand les vents soufflent à plus de 62
km/h et jusqu’à 117 km/h, la tempête
est classée tempête tropicale.
Au dessus de 117 km/h, c’est un cyclone.
L’air
est aspiré violemment vers le haut, à
plus de 10 km d’altitude. Une partie de
cet air redescend vers le centre du cyclone, s’assèche
et provoque une zone de temps calme : l’œil
du cyclone.
Cet œil est une colonne d’air large
de 8 à 100 km dans lequel les éléments
sont si calmes qu’on peut voir le ciel au
dessus et même parfois des oiseaux y voler
au milieu. L'oeil est entouré d'une muraille
circulaire de nuages tourbillonnants, chargée
de pluies torrentielles et parcourue de vents
tournants jusqu'à 350 km/h.
Au
moment du passage, l’œil du cyclone
n’annonce pas la fin de la perturbation.
Après ce passage très calme, les
vents changent de direction et se renforcent.
Le monstre est alors encore plus dévastateur.
Après le
passage du cyclone Katrina en août 2005
aux Etats-Unis. By Tis Wango
Un
cyclone n’est pas seulement formé
de pluie et de vent. L’onde de tempête
est très meurtrière. Elle est provoquée
par la baisse du baromètre combinée
à des vents violents. Ces deux facteurs
conjugués provoquent une remontée
brutale du niveau de la mer jusqu’à
3 m.
Un
tel phénomène entraîne la
formation de vagues monstrueuses qui peuvent atteindre
9 m de hauteur quand elles arrivent sur la côte.
Les
ondes sont responsables de 90% des morts. En 1991,
150 000 personnes sont mortes au Bangladesh quand
une onde de tempête de 7 m de haut s’est
abattue sur les côtes.
Vu
de la navette spatiale, un cyclone se présente
sous la forme de nuages très denses enroulés
dans le sens contraire des aiguilles d'une montre.
Au centre, on peut distinguer l'oeil du cyclone.
Cyclone Ophelia.
A touché les côtes de Caroline du
Nord en septembre 2005. Domaine public. NASA
Les différentes appellations
En
1845, l’anglais Piddington s’inspire
du grec kuklos (enroulement du serpent) pour désigner
les perturbations climatiques qui frappent le
Bengale. A travers le monde, ces phénomènes
portent des noms différents.
Après
le passage d'un cyclone aux Etats-Unis en août
2005. By Au Tiger 01
En Asie, ils deviennent des typhons.
Pour les australiens, le cyclone est baptisé
willy-willies.
Aux Antilles, les français parlent d’ouragans.
En Amérique Centrale, ils sont appelés
Hurricanes.
Dans l’océan indien, on parle de
tornades
En Amérique du Nord, un seul terme est utilisé: Hurricane (cyclone)
Classification des cyclones
C’est
Sir Francis Beaufort, hydrographe britannique
du 19e siècle qui établit une échelle
de classification.
Cette échelle compte 13 niveaux, du degré
0 à 12.
Les
météorologues hiérarchisent
les phénomènes dépressionnaires
en fonction de la vitesse du vent :
Perturbation
tropicale (- de 52 km/h)
Dépression tropicale (entre 52 et 62
km/h)
Tempête tropicale modérée
(entre 63 et 88 km/h)
Tempête tropicale forte (entre 89 et 117
km/h)
Cyclone tropical (entre 118 et 165 km/h)
Cyclone tropical intense (à partir de
166 km/h)
Tempète
tropicale Alison. Public Domain. Suggested credit:
SeaWiFS Project, NASA/Goddard Space Flight Center
Une
échelle internationale, l'échelle de Saffir-Simpson , classe les cyclones
tropicaux de l'hémisphère Ouest selon leur puissance, en fonction de la vitesse
des vents:
Classe
1: 118 à 153 km/h
Classe 2: 154 à 177 km/h
Classe 3: 178 à 209 km/h
Classe 4: 210 à 249 km/h
Classe 5: Plus de 249 km/h
Rétrospective des cyclones dans
le monde
Le
désastre le plus meurtrier de l'histoire
des Etats-Unis date de 1900.
Galveston après
le cyclone. Public Domain. Suggested credit: Keystone/Library
of Congress.CALL NUMBER: LOT 11000
Thoma
Edison en enregistra les conséquences avec
la caméra qui venait d'être inventée.
Ce cyclone qui toucha la petite ville de Galveston
au Texas fit 12 000 victimes.
Avant
la 2e guerre mondiale, les informations sur les
cyclones étaient transmises par les bateaux
pris dans la tempête.
En 1943, un grand bond fut fait le jour où
un avion de l’armée américaine
réussit à traverser un cyclone.
Les météorologues purent alors analyser
la vitesse des vents et la température.
Pour la première fois, ils pouvaient déterminer
avec précision la position du centre du
cyclone.
Aujourd’hui,
les stations météorologiques parviennent
à détecter la formation d’un
cyclone au dessus de l’océan. Par
contre, il est plus difficile de prévoir
sa direction.
La précision des messages d’alerte
est optimale à 12 h du passage du cyclone
avec une marge d’erreur de 100 km.
Tempète
tropicale Kara. Public Domain. Suggested image
credit: MODIS Rapid Response Team/Goddard Space
Flight Center. Caption credit: Mike Bettwy, RSIS/Goddard
Space Flight Center
De
nombreux outils sont à leur disposition
: surveillance des satellites météorologiques,
analyse des séries statistiques, radars
Doppler …
Tempète
tropicale Rita. Photographié le 17/09/2005
au dessus des Bahamas Domaine public. NASA
Ces
dix dernières années, on a vu une
augmentation des cyclones de forte puissance.
Statistiquement, il y a un cyclone de force 5
tous les 100 ans.
Les scientifiques s'inquiètent. Le réchauffement
global de la planète contribue t-il au
réchauffement des océans ?
Ce phénomène entrainerait la formation
de plus en plus de cyclones sur des périodes
courtes.
V.B
(03.2004) M.à.J 06. 2007
Références
Kerry Emanuel; Divine Wind: The History and Science of Hurricanes, Oxford University Press, 2005
Jack Williams & Bob Sheet; Hurricane Watch: Forecasting the Deadliest Storms on Earth, Vintage 2001
Jay Barnes & Steve Lyons; Florida's Hurricane History, The University of North Carolina Press 2007