Home

La courbe de croissance du Tyrannosaurus Rex a pu être établie grâce à ses os. Cette analyse révèle que notre star était à sang chaud. Nous en savons plus maintenant sur l'espérance de vie du Tyrannosaure et ses besoins alimentaires. Cette étude détaillée a été publiée dans la revue britannique Nature du 12 août 2004.

Des anneaux de croissance

Deux équipes de paléontologues sont parvenues à retracer la courbe de croissance du Tyrannosaure en étudiant 60 os provenant d’une vingtaine de tyrannosaures fossiles ainsi que de trois de ses cousins proches.

Ce prédateur atteignait à l’âge adulte 12 à 15 m de long pour un poids de 13 tonnes (dernier poids maximum avancé).

Tyrannosaurus Rex

Tyrannosaurus Rex. By Ryan Somma

Les paléontologues ont utilisé une caractéristique des os de dinosaures : ils portent des anneaux de croissance annuels.
En analysant plusieurs squelettes, ils ont pu reconstituer leurs courbes de poids et de taille.

C’est en étudiant de nombreux os fossilisés, que Gregory Erickson avait déjà montré, que les dinosaures avaient une croissance beaucoup plus rapide que celle des autres animaux, ce qu’il avait publié dans un article de la même revue il y a plus de 3 ans. Jusqu’alors on pensait qu’ils grandissaient à la même vitesse que les reptiles, mais dans ces conditions, il aurait fallu plus de 100 ans à certaines espèces pour atteindre leur taille adulte.

Longévité du Tyrannosaure

La première découverte importante concerne la longévité du Tyrannosaure. Cet imposant animal ne dépassait pas 30 ans.
Greg Erickson, paléontologue au Muséum américain d’histoire naturelle de New York explique :

« Le spécimen le plus âge retrouvé montre des signes patents de vieillesse comme de l’arthrose »

Le plus grand spécimen, baptisé Sue, que l’on peut admirer au Field Muséum de Chicago, était atteint de nombreuses maladies.
Ces os sont délicats et devaient se briser facilement.

Tyrannosaurus

Squelette de Tyrannosaurus stanwinstonorum qui permet de voir les minuscules membres antérieurs. By Rich Anderson ( La célèbre Sue au Field Museum de Chicago)

La courbe de croissance du Tyrannosaure est très intéressante. Elle montre que ce dinosaure connaissait une croissance brutale entre 12 et 18 ans.
Cette croissance accélérée était suivie d’une stagnation à l’âge adulte.

Le chercheur fait un parallèle entre la croissance du Tyrannosaurus et celle des crocodiles :

« Cette courbe ne ressemble pas du tout à celle des crocodiles. Ces derniers atteignent de grandes tailles en grandissant tout le long de leur vie. Cette croissance est linéaire et peut durer jusqu’à 65 ans pour le crocodile marin."

Le point primordial révélé est que la croissance du Tyrannosaure est identique à celle de l’éléphant. C’est pourquoi la thèse du dinosaure à sang froid est rejetée.

Tyrannosaurus: un prédateur actif

“Pour grandir aussi vite, le Tyrannosaure devait manger énormément. Donc, il devait chasser en permanence. Cette activité implique une grosse dépense d’énergie”, déclare Kevin Padian.

Partant de ce constat logique, l’équipe en conclut qu’il ne pouvait être qu’un prédateur actif à sang chaud.
Concernant ses rations journalières, les chercheurs ne peuvent faire que des spéculations : 80 à 100 kg de viande par jour.
Donc, un Tyrannosaure devait tuer environ un Maiasaura adulte par semaine pour subsister.

Tyrannosaurus

Tyrannosaurus. By White Shark 29

Malheureusement, les viscères ne se fossilisent pas. Elles seules pourraient nous renseigner avec certitude sur l’alimentation du Tyrannosaure.

Cependant, ces chercheurs viennent de franchir un grand pas dans notre connaissance de la star des prédateurs, mais également des grands dinosaures carnivores.

Cela confirme d’ailleurs le rapport prédateur/proies des sédiments du Crétacé supérieur (1 pour 20).
En effet, d’après les fossiles retrouvés, il fallait en moyenne 20 herbivores pour satisfaire les besoins alimentaires d’un carnivore.

Enfin, le dernier indice en faveur de carnivores “à sang chaud” nous est fourni par la structure riche en vaisseaux sanguins des Tyrannosaures.
Ceux des crocodiles, par exemple, sont très peu irrigués.

V.Battaglia (08.2004)