L’origine de Cosa Nostra
L’origine de cette organisation criminelle
remonte au début du XXe siècle.
A cette époque, près de deux millions
de Siciliens, poussés par la pauvreté,
migrent vers les Etats-Unis. Souvent mal accueillis,
ils ont tendance à reproduire les réseaux
de protection de la mafia italienne.
Baptisée Mano nera (Main noire), l’organisation
rançonne les boutiques italiennes et à
la haute main sur le commerce des fruits et de
l’huile.
Particulièrement active à New York,
Chicago et à la Nouvelle Orléans,
la Main noire est plus criminelle que sa grande
sœur italienne.
En effet, rapidement, ses activités s’orientent
vers des domaines plus lucratifs comme le trafic
d’alcool, la drogue ou la prostitution.

Règlement
de compte entre gangsters à l'époque
de la prohibition (© Archives Roger-Viollet)
Malgré tout, les anciennes règles
d’honneur restent en usage. La Prohibition
va transformer l’esprit de l’organisation.
Avec les règlements de compte sanglants
entre gangs rivaux, le code de l’honneur
traditionnel cède la place aux luttes de
pouvoir.
La Mano nera devient alors Cosa Nostra.
Al Capone
En 1947, Alphonse Capone, dit Al Capone, meurt
dans l’oubli. Pourtant, cet homme était
de 1925 à 1931, le chef incontesté
de la mafia de Chicago.
Né en 1899, Alphonse Capone est surnommé
rapidement Scarface, le Balafré, à
cause d’une cicatrice au visage.
En 1918, il rejoint la bande de l’un de
ses amis, John Torrio, dont il devient le bras
droit. En 1919, une loi interdit toute production
et commerce d’alcool aux Etats-Unis. La
Prohibition va faire la fortune des deux hommes.
Ils organisent un vaste trafic et ouvrent des
bars clandestins. Ils éliminent également
les gangs rivaux.

Des fûts
de bière détruits durant la Prohibition
(© Underwood & Underwood)
Torrio devient parrain, ou boss, de Chicago et
Al Capone est responsable de l’approvisionnement
d’alcool pour tout le pays.
En 1925, Torrio est gravement blessé et
Capone prend la relève. Sans scrupule et
sanguinaire, il s’illustre par des actes
barbares comme le massacre de la Saint Valentin,
le 14 février 1929, où sept hommes
d’une bande rivale sont sauvagement assassinés.

Massacre de la
Saint Valentin en février 1929 (©
Bettmann Archive)
Al Capone a acheté les policiers, les
juges locaux et les conseillers municipaux. Impuissante,
la Justice et surtout les agents du FBI arrivent
à l’inculper, en 1931, pour fraude
fiscale.
Il est condamné à 11 ans de prison
et envoyé au pénitencier d’Atlanta.
Atteint de syphilis, il est libéré
en 1939.
Lucky Luciano
Après la chute de Capone, le nouvel homme
fort de la pègre est Lucky Luciano. Après
une guerre sanglante contre l’ancienne génération
des mafieux, il fonde, en 1931, une « Commission
» constituée de 24 clans ou familles,
dispersées dans toutes les grandes villes.

Al Capone (2ème
en partant de la gauche) à son procès
(© Bettmann Archive)
La Commission a pour tâche de trancher
en cas de conflit entre les familles et de délimiter
le champ d’activité géographique
de chacune.
Elle représente également la mafia
à l’étranger.
Chaque famille est dirigée par un boss
ou padrone, assisté de ses lieutenants.
Lucky Luciano est emprisonné mais libéré
pendant le Seconde Guerre mondiale. La marine
américaine l’utilisera comme agent
de renseignements lors de la conquête de
la Sicile en 1943.

Des agents du FBI
ouvrent un coffre d'Al Capone (© Keystone
archive)
Il faudra attendre 1957 et une enquête
parlementaire pour que cette nouvelle organisation
secrète soit dévoilée. En
effet, même les patrons de la C.I.A refusaient
de croire en l’existence d’une société
criminelle clandestine aussi bien structurée.
La pieuvre devient tentaculaire
A partir de 1960, Cosa Nostra se recentre sur
des secteurs traditionnels : racket, bâtiment,
syndicats, jeu ou prostitution.
Viennent s’y ajouter d’autres domaines
comme la drogue, les casinos et
le blanchiment d’argent sale.
Las Vegas bénéficie du statut de
« ville ouverte ». Chaque famille
peut s’y implanter pour ses affaires.

Lucky Luciano en
1936 (Source Internet)
La mafia s’intéresse également
à Hollywood, rackettant artistes et producteurs.
Il est de notoriété publique que
certains acteurs et personnalités du cinéma ont été liés
à Cosa Nostra : Clark Gable, Howard Hawks,
Marilyn Monroe, Ronald Reagan …
Dans les années 1990, les activités
de la mafia ont généré des
dizaines de milliards de dollars de profits annuels.
Cosa Nostra à la Maison
blanche
Les alliances que la mafia a passé dans
les plus hautes sphères politiques lui
ont permis d’accéder à une
toute puissance.
On sait par exemple que la carrière politique
d’Harry Truman a été lancée
par Tom Pendergast très lié à
la mafia.
De même, Joseph Kennedy, le patriarche de
la famille, était un proche ami de deux
parrains célèbres, Sam Giancana
et Franck Costello.
Il semble aujourd’hui établi qu’il
a usé de ses relations pour financer la
campagne de son fils et le faire élire
à la présidence.
Par contre, on ne sait pas si J.F. Kennedy a approuvé
ces pratiques.
Quant aux derniers présidents, de Ronald
Reagan à Bill Clinton, tous auraient eu
dans leur entourage un membre de l’une des
familles.
Cosa Nostra sur le Net
Le secteur où la mafia ne cesse de progresser
est la pornographie. Elle finance de nombreux
films mais également l’industrie
du sexe d’une manière générale.
Elle a parfaitement su s’adapter aux nouvelles
technologies et se trouve derrière de nombreux
sites pornographiques.
On estime qu’il est impossible de travailler
dans ce domaine aux Etats-Unis sans avoir de contact
avec Cosa Nostra.
Cette présence sur Internet est inquiétante
car on sait bien que ce support n’en est
qu’à ses balbutiements. Dans un proche
avenir, une grande partie du business passera
via Internet.
Or, Cosa Nostra a su infiltrer la Bourse, les
groupes bancaires ou les assurances. En 1997,
une « magouille » boursière
a lésé 10 millions de petits porteurs.
Si au cinéma, la saga Cosa Nostra semble
faire partie du passé, il n’en est
rien et cette société criminelle
n’a jamais été aussi puissante.
V.B (22.05.2006)
Références bibliographiques
Al Capone, Editions Larousse. Les sociétés
secrètes, éditions Larousse
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