Constellation
Difficile de se repérer dans le ciel face
à ces milliards d’étoiles. Depuis
très longtemps, l’homme a essayé
de trouver des points de repère d’où
l’invention de la constellation. La voûte
céleste s’est alors peuplée
de silhouettes et d’animaux.
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On pense que les premières constellations sont nées
de l’imagination des Minoens en 2 500 avant notre ère,
en Crète. On a souvent donné aux constellations des noms de divinités ou d’animaux. Et même d’objets. Par exemple, les savants ont nommés les constellations australes du nom de leurs instruments : Sextant, Horloge ou Machine Pneumatique.
Zoom image. Planiciel des étoiles visibles de l'hémisphère Nord La connaissance des constellations était très
importante pour les agriculteurs et les marins. Les agriculteurs
pouvaient ainsi suivre les saisons et prévoir de manière
assez précise des évènements importants.
La constellation d'Orion est reconnaissable à sa grosse étoile rouge, Bételgeuse et sa grosse étoile bleue, Rigel . © Nasa Canis major ne ressemble pas du tout à un chien et aujourd’hui les astronomes amateurs y repèrent M 41.
Constellation du Grand Chien Les paysans romains voyaient dans les 7 étoiles de
la Grande Ourse 7 bœufs labourant un champ. Ce sont les Grecs qui ont nommé et défini la plupart des constellations. Inspirés de leur mythologie, les noms se réfèrent à leurs héros comme Persée, Hercule ou Orion mais également à des monstres comme le Dragon ou l’Hydre ainsi qu’à des personnages de légende comme les Gémeaux ou Cassiopée.
Les Pléiades dans la constellation du Taureau. Ses 3 000 étoiles se trouvent à environ 400 années-lumières de nous © Nasa L’Union astronomique internationale a, en 1928, choisi définitivement 88 constellations. Leurs dessins figurent au centre de grands carrés ou rectangles qui définissent les limites des constellations.
Les étoiles d’une constellation n’ont
pas d’autre lien qu’un regroupement visuel artificiel.
Si l’on observe les étoiles d’une constellation,
elles semblent toutes placées sur un même plan.
A vue d’œil, il nous est impossible de savoir à
quelle distance elles se trouvent de nous. En effet, ces étoiles sont en réalité situées à des années-lumière les unes des autres.
Constellation M 2-9 vue par le télescope spatial Hubble © Nasa Par exemple, les deux étoiles « jumelles » Castor et Pollux, de la constellation des Gémeaux, ne sont pas une étoile double. Elles se situent à 100 000 milliards de kilomètres ou 10 années-lumière l’une de l’autre.
Constellations du cancer et des Gémeaux. Agrandissement Les étoiles de la Croix du Sud se trouvent de 59 à 434 années-lumière de la Terre. Il y a cependant des exceptions. Dans la Grande Ourse, Mizar et Alcor forment un réel couple d’étoiles doubles, situées à 80 années-lumière de nous. Enfin, il faut souligner que les étoiles ne sont pas
immobiles. Elles se déplacent lentement dans le ciel.
Amas ouvert M 35 des Gémeaux (Photo © Ciel et Espace) Ces changements s’effectuent sur des périodes très longues de l’ordre de plusieurs centaines de siècles.
L’étoile Polaire a pendant longtemps servi de point de repère aux navigateurs et explorateurs. Elle est très utile car elle est située sur l’axe du mouvement apparent de la voûte céleste. Elle ne bouge donc pas et indique toujours le nord.
1/ La Grande Ourse; 2/ La Petite Ourse; 3/ L'étoile Polaire; 4/ Cassiopée Pour la localiser, il faut repérer 7 étoiles
formant une casserole vers le nord (la Grande Ourse). Une
fois la Grande Ourse repérée, il faut partir
du bord de la « casserole » opposé au «
manche » et prolonger la ligne AB sur 5 fois sa longueur.
La Grande Ourse ou Ursa major est facilement repérable
avec ses 7 étoiles visibles. Elle a la forme générale
d’un chariot.
La Grande Ourse, représentation persane du XVIIIe siècle La similitude de ces deux constellations, le Grand et le Petit Chariot, est un cas unique dans le ciel visible des deux hémisphères. Le Grand Chariot marque les saisons. A l’équinoxe d’automne, c’est la constellation la plus basse que l’on puisse apercevoir, au ras de l’horizon nord, au début de la nuit.
Inversement, elle est la plus haute dans le ciel, après le Petit Chariot, à l’équinoxe de printemps.
Cassiopée est toujours à l'opposé de la Grande Ourse par rapport à l'étoile Polaire. Cette constellation dessine un grand W dans le ciel (Photo © Ciel et Espace) Mais, en réalité, la Grande Ourse est une constellation plus complexe qui s’étend sur plus de 40° d’angle et comprend 22 étoiles.
Dans l’hémisphère Nord, on peut se repérer avec l’étoile Polaire. Mais, dans l’hémisphère Sud, une telle étoile n’existe pas. Pour repérer le pôle sud exact, on utilise la constellation bien visible de la Croix du Sud. Le grand « bras » de cette constellation indique la direction générale du pôle Sud.
Photo © Ciel et Espace
Les Mésopotamiens, comme les Egyptiens,
avaient remarqué, qu’au cours d’une
année, la Terre
semblait passer devant douze constellations qui
allaient devenir les douze signes du zodiaque.
Sirius est l'étoile la plus visible dans l'hémisphère Nord A la suite de nombreuses observations, les Egyptiens constatèrent que chaque matin, le Soleil se levait devant une de ces douze constellations, vers laquelle il revenait vers la fin de l’année. L’année était divisée en 12 mois,
eux-mêmes divisés en décades. Chacune
de ces constellations fut associée à un animal.
Malheureusement, les Egyptiens n’ont pas su observer que, du fait d’un très minime décalage annuel, au bout de 2 000 ans environ, le Soleil ne se lève plus devant la constellation du Taureau, par exemple, mais celle du Bélier. C’est ce que l’on appelle la précession des équinoxes. Sur une période de 150 ans, ce décalage amenait
un écart de 4 jours. Une erreur qui devenait fatale
pour la crue du Nil.
Aujourd'hui, cette référence n'a plus aucun lien avec le mouvement des astres. Il faudra attendre 25 000 ans environ pour que les signes du zodiaque et les constellations coïncident à nouveau. Les signes du zodiaque comme les constellations sont donc symboliques. Ce symbolisme prend sa source en même temps que l’astrologie, à savoir au Ve siècle avant notre ère, en Chaldée, à Babylone.
Le Gémeaux, XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) Généralement, l’astrologie se réclame des Chaldéens. Cependant leur démarche mathématique était plus scientifique qu’interprétative. Ils étaient bien plus astronomes qu’astrologues.
La Vierge, traité d'Astronomie du XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) Chaque culture a ensuite créé ses propres symboles en fonction de sa propre mythologie. Dans la légende chinoise, il est dit que, pour célébrer le Nouvel An, Bouddha, dans sa grande sagesse, décida d’inviter tous les animaux de la Création. Seuls douze répondirent à son appel : Le rat, le buffle, le tigre, le chat, le dragon, le serpent, le cheval, la chèvre, le singe, le coq, le chien et le cochon. On a établi des rapprochements entre les signes chinois et les nôtres, issus du zodiaque grec : Chat et Cancer, Tigre et Lion, Cheval et Sagittaire …
Poissons, traité d'Astronomie du XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) En Inde, avec l’influence de la culture grecque, les 12 signes du zodiaque sont très proches des nôtres : Bélier ou chèvre, Taureau, Couple, Crabe, Lion, Vierge ou Shakti, Balance, Abeille ou scorpion, Arc, Monstre marin ou antilope, Marmite, Poissons. Le christianisme condamna ces pratiques sataniques. Cependant,
les premiers chrétiens, en particulier les évangélistes,
ont été fortement influencés par la pensée
astrologique : L’étoile des Mages, l’enfant
Jésus entouré d’animaux, le choix des
12 apôtres …
Le Lion, traité d'Astronomie du XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) Comme on peut le voir, l’homme a su, à partir
d’une science comme l’astronomie, se créer
une voûte céleste peuplée de légendes
et d’animaux mythiques. Par exemple, le signe du Lion et la constellation du même nom renvoient au mythe d’Héraclès (Hercule) et à ses douze travaux, qui représentent la pénible lutte de l’âme humaine contre ses faiblesses. La première tache d’Hercule fut de tuer le Lion de Némée. Il le combattit à mains nues et l’étouffa. Il transforma l’animal mort en la constellation du Lion.
Constellation du Lion, traité d'Astronomie du XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) Dans la mythologie grecque, le scorpion est considéré
comme le vengeur d’Artémis-Diane, la vierge farouche
qu’Orion tenta d’approcher. Elle fut sauvée
par un scorpion qui le piqua au talon.
Capricorne , traité d'Astronomie du XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) La constellation du Sagittaire nous ramène aux centaures.
Les centaures sont des êtres monstrueux de la mythologie
grecque, dont la tête, les bras et le buste sont ceux
d’un homme, et le reste du corps d’un cheval.
Le Verseau, traité d'Astronomie du XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) Selon les mythes, les centaures se divisent en deux familles :
Le centaure est l’un des mythes les plus instructifs sur l’instinct et la raison.
Sagittaire, traité d'Astronomie du XIVe siècle (Bibliothèque de l'Arsenal, Paris) Science et mythes ne sont jamais très éloignés l’un de l’autre et peuvent cohabiter, pour peu que l’on conserve ses yeux d’enfants. V.B (13.03.2006)
Astronomie, Editions Hachette 2003. Le grand livre de l’Astrologie de Claude Darche, Editions Solar. Au cœur des étoiles et galaxies, Editions Hachette 2004. L’Astronomie, Editions De La Martinière 2002 |





















