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Combustion spontanée

Dans le phénomène fréquemment attesté de la combustion humaine spontanée, le corps d’un individu s’enflamme et brûle, sans contact décelable avec une source de feu extérieur.
Des cas de combustion humaine spontanée sont signalés dans des rapports médicaux dès le 17e siècle.
La médecine moderne, dans sa grande majorité, nie la notion de combustion spontanée. Entre les sceptiques qui usent d’arguments très rationnels, mais peu satisfaisants et les partisans de la combustion spontanée qui y voient une manifestation surnaturelle, le débat est vif, mais souvent peu constructif.
Comme toujours, j’ai abordé ce dossier sans a priori en essayant d’effectuer une synthèse des faits connus.

La combustion spontanée : vrai et faux

Les cas de combustion spontanée d’êtres humains sont nombreux dans tous les pays. En l’espace de 400 ans, plus de 200 cas ont été consignés.
Il est bon de rétablir certaines vérités afin de pouvoir travailler sur des bases solides en se servant des statistiques récentes :

Seuls les individus alcooliques sont victimes de la combustion spontanée : Faux. Beaucoup de victimes ne buvaient pas.
Autrefois, on croyait que ce sort était réservé aux femmes alcooliques, corpulentes et d’un âge avancé. On y voyait là l’effet d’un châtiment divin.

Le Cat

Portrait du médecin Le Cat. Son témoignage en 1673 permit l'acquittement d'un homme inculpé du meurtre de sa femme, brûlée vive. Il persuada le tribunal que le feu du ciel était descendu sur la mégère, en châtiment de son ivrognerie

Les personnes souffrant d’un excès de poids sont les principales victimes : Faux. Beaucoup de victimes étaient maigres.
La graisse humaine est exothermique c’est-à-dire qu’en brûlant elle dégage assez de chaleur pour entretenir sa propre combustion (rapport de D.J Gee spécialiste de médecine légale). Nous reviendrons sur cet argument avancé par les sceptiques.

Les victimes sont toutes d’un certain âge : Faux. Parmi elles, on compte des enfants. En fait, les âges s’échelonnent de l’enfance à 114 ans. La plus jeune victime avait 4 mois.

Les victimes sont mortes à proximité d’un feu : Vrai et Faux. Certaines victimes sont mortes à proximité d’un feu, d’autres au volant de leur voiture ou au cours d’une simple promenade, dans un environnement dépourvu de toute source d’ignition (source de chaleur).

Combustion spontanée

"Oh, juste ciel ! Voici les bottes de papa. Mais où est papa ?" (Illustration humoristique anglaise du 19e siècle)

Seuls les corps se sont consumés laissant intact l’environnement proche : Vrai et faux. Dans de nombreux cas, à part le corps, rien ne semblait brûler dans la pièce du drame.
Par exemple, dans le cas de ce bébé de 11 mois, mort en 1939, un véritable embrasement se déclencha dans la nursery et pourtant c’est à peine si quelques meubles furent touchés par le feu.
Dans le cas devenu célèbre de Mrs Reeser en 1951, il y a avait une zone carbonisée d’environ 1,20 m de diamètre. Le fauteuil était calciné ainsi qu’une table voisine. Une poutre du plafond était également touchée par le feu.

En 1964, une ancienne actrice, Olga Worth Stephens, était assise dans sa voiture garée quand elle se changea subitement en torche humaine. Dans la voiture, intacte, dirent les pompiers, rien n’avait pu provoquer le feu.

Combustion spontanée

Des témoins ont vu Mrs Olga Worth Stephens se transformer en torche vivante

Les cas célèbres de combustion spontanée

Il est impossible de relater tous les cas mais certains sont particulièrement intéressants. J’ai choisi des cas consignés au 20è siècle car ils me semblent moins sujet à controverse et ont fait l’objet de rapports officiels.

1938 : Mrs.Mary Carpenter périt lors d’une croisière au large de Norfolk sous les yeux de son mari et de ses enfants.
Engloutie dans les flammes, elle fut en un instant réduite à l’état de cadavre carbonisé. Personne d’autre ne fut brûlé et le bateau ne subit aucun dégât.

1952 : Une voisine appela les pompiers en voyant de la fumée sortir de l’appartement de Glen B.Dennery (Louisiane). Les pompiers trouvèrent le corps en feu.
Le lieutenant des pompiers déclara :

« L’homme gisait sur le sol, derrière la porte, dans un buisson de flammes. Dans la pièce, absolument rien d’autre ne brûlait. L’homme était mort. J’ignore ce qui permettait au feu d’être si intense. »

Cet homme ne fumait pas et aucune trace de liquide inflammable n’a été retrouvée.

Mais, le plus surprenant dans ce cas c’est que la victime s’était ouverte les poignets ; on retrouva le couteau ensanglanté dans la cuisine. Denney était déprimé. On supposa donc qu’il s’était suicidé en se coupant les deux artères puis brûlé pour plus de sûreté.
Malheureusement, les faits réfutaient cette conclusion. En effet, aucun bidon d’essence ne fut retrouvé et même pas une boite d’allumettes.

1953 : Le corps de Waymond Wood fut découvert « noir et grillé » sur le siège avant de sa voiture fermée en Caroline du Sud.
Il ne restait presque plus rien de l’homme. La voiture était intacte à part le pare-brise boursouflé et affaissé par l’intensité de la chaleur.

Combustion spontanée

1973: Un bébé de 7 mois et la poussette dans laquelle il était assis prirent feu dans le salon de ses parents.
Par chance, il survécut à ses blessures. Les autorités anglaises furent dans l’incapacité de déterminer l’origine du feu.

Le cas le mieux connu est celui de Madame Reeser, morte en 1951. Cette femme avait 67 ans et vivait en Floride.

Combustion spontanée

Mary Reeser, morte le 1er juillet 1951


Voici les faits :

Vers 9 heures du soir, la propriétaire de Mrs. Reeser vint lui dire bonsoir. Elle trouva sa locataire en robe de chambre, assise dans un fauteuil en train de fumer une cigarette.
A 8 h, le lendemain matin, la propriétaire découvre que le bouton de la porte du studio est presque brûlant. Elle appelle à l’aide deux ouvriers qui ouvrent avec un chiffon la porte du studio.
Au milieu d’un cercle noirci d’environ 1,20 m de diamètre, gisent quelques ressorts de fauteuil, les cendres d’un guéridon et les parties métalliques d’un lampadaire ainsi que ce qui reste de la locataire : un foie carbonisé attaché à un fragment de colonne vertébrale, un crâne qui avait rétréci, un pied chaussé d’une pantoufle mais brûlé jusqu’à la cheville ainsi qu’un petit tas de cendres noircies.

Analyse du cas de Mrs Reeser

Plusieurs constatations ont été faites et consignées :

  • La chaleur s’est montrée très sélective : installation électrique déformée, bougies fondues mais sans attaquer les mèches ; un gobelet en plastique mais pas les brosses à dents posées à côté.
  • Toutes les surfaces de glace étaient couvertes d’une suie grasse au-dessus d’une ligne située à environ 1,20 m du sol.
  • Au dessous de 1,20 m de haut, l’appartement était intact à part la victime, son fauteuil, le guéridon et un lampadaire.
  • La chaleur intense semble s’être produite dans un cercle de 1,20 m de diamètre ; le pied resté intact dans sa pantoufle dépassait de ce cercle. La raison en est simple. Cette femme avait une jambe raide et donc étendait cette jambe pour s’asseoir.
  • Le crâne de la victime était étrangement réduit à la taille d’une balle de base-ball. Dans le cas de combustion normale, le crâne ne reste pas entier, et surtout il ne rapetisse pas.

Etudes et analyses du F.B.I et du Dr Krogman

Confrontés à ces mystères, les autorités locales ont fait appel au F.B.I. Voici une synthèse des études de laboratoire :

La victime pesait environ 85 kg avant le drame mais le corps calciné pesait moins de 5 kg. La conclusion du rapport fut qu’aucun agent chimique connu n’était intervenu pour allumer ou accélérer le feu.

On demanda donc au Dr Krogman, spécialiste en grands brûlés, d’élucider ce mystère. Il procéda par élimination.

1/ La foudre ne pouvait être la responsable. Il n’y avait d’ailleurs aucun éclair ce soir-là.
2/ Les somnifères absorbés par la victime auraient pu la rendre si somnolente qu’elle ne s’aperçut pas que la cigarette qu’elle fumait mettait le feu à sa robe de chambre. Cette solution n’a pas été retenue pour une raison essentielle :

La chaleur émise par un vêtement ou un fauteuil en flamme est largement insuffisante pour incinérer un corps. La plupart des experts sont d’accord pour dire qu’il faut une température d’au moins 1 650 ° pour réduire des os en cendres.
A titre de comparaison, la chaleur d’une voiture en flammes n’atteint que 700° environ.

Donc, une chaleur de 1 650° entraînerait obligatoirement la combustion de l’environnement et même de la maison toute entière.
Il est à souligner que d’autres experts réfutent ces chiffres mais je n’ai trouvé aucune source sérieuse confirmant la contestation des chiffres généralement admis.

L’affaire est toujours ouverte faute d’une explication faisant l’unanimité.

Les théories scientifiques

Antoine Bagady, chercheur au CNRS, a donné une conférence sur ce sujet en 2001.

L'auteur présente une théorie en s’appuyant sur plusieurs rapports dont voici des extraits :

« Sous certaines conditions, un corps humain se consumera, par combustion lente, dans sa propre graisse, en provoquant peu ou aucun dégât aux objets environnants. Cette combustion n’est pas spontanée mais induite par une source de chaleur externe au corps » (Thurston 1961)

« En 1965, Gee a démontré qu’une température de 250°C est nécessaire pour enflammer la graisse humaine. Cette graisse fournit elle-même de la chaleur. La graisse continue à brûler tant que la température reste supérieure à 24°C »

« L’autocombustion humaine représente une des différentes possibilités de combustion humaine. Celle-ci requiert pour démarrer l’association de deux facteurs :

  • L’incapacité de réaction de la victime
  • La présence d’une source calorifique à proximité »

Donc, pour résumer, la graisse humaine peut prendre feu et se consumer lentement à la manière d’une chandelle, entraînant la destruction partielle ou totale du corps.
Ce phénomène exige qu’une partie du corps soit portée à une température minimale, fournie par une flamme ou tout autre moyen. A partir de là, la combustion peut s’auto-entretenir.

Conclusion

Théorie graisse/source externe de chaleur

Cette théorie scientifique peut certainement s’appliquer à certains cas dont celui de Mrs Reeser qui fumait le soir où elle a été vue. Quoique cela n’explique pas pourquoi son crâne s'est ainsi réduit.
Ce fait, contesté par les sceptiques, est pourtant bien réel. En principe, en présence d’une chaleur suffisante pour détruire les tissus mous, le crâne devrait exploser en plusieurs morceaux mais pas rapetisser.

Dans de nombreuses affaires, le doute effectivement subsiste car les éléments sont insuffisants pour affirmer qu’il s’agit bien de combustion humaine spontanée.

Par contre, la théorie n’explique nullement de nombreux cas où l’on ne peut parler de combustion lente.
Par exemple, l’enfant qui prend feu dans sa poussette, l’actrice qui s’enflamme dans sa voiture devant plusieurs témoins ou cette mère qui prend feu devant son mari et ses enfants en pleine croisière.
Concernant, les bébés et enfants, on ne peut prétendre qu’ils fumaient ou avaient en leur possession un liquide inflammable et à 4 mois, la graisse corporelle est bien faible.

L’alcoolisme

L’alcoolisme comme cause de ce phénomène est hautement fantaisiste car à ma connaissance les gros buveurs ne s’enflamment pas au proche contact d’une source de chaleur. Comme les statistiques le montrent, certaines victimes ne buvaient pas.

Electricité statique

Il est vrai que les graisses et huiles présentent dans le corps humain sont d’excellents combustibles. Les gaz intestinaux sont également inflammables.
De même, l’électricité statique produit des étincelles. Certaines personnes accumulent des charges d’électricité statique qui peuvent atteindre 30 000 volts (selon un manuel de prévention des incendies).
En principe, cette électricité se décharge sans dommage par les cheveux. Dans les cas extrêmes et dans des environnements spécifiques comme certaines usines, cela peut déclencher une explosion.
Mais, aucun cas d’incendie ayant entraîné l’incinération d’un corps n’a jamais été signalé.

Boules de feu et esprits frappeurs

Parmi les hypothèses avancées, on a bien sur les mystérieuses boules de feu que personne n’a jamais observé d’ailleurs dans les cas qui nous occupent. On trouve pèle mêle l’augmentation de la courbe géomagnétique de la Terre ou les attaques d’esprits frappeurs.

Ces hypothèses ne se basent sur aucune argumentation sérieuse. Le paranormal n’a rien à voir dans cette affaire ce qui n’empêchera nullement les plus crédules de croire à une intervention surnaturelle.

Un dossier qui reste ouvert

Je pense qu’il y a certainement réunion de plusieurs facteurs qui aboutissent à ce phénomène. A ce jour, nul n’a pu vraiment fournir une explication qui pourrait s’appliquer aux nombreux cas recensés.

Il est recensé annuellement, en moyenne, une cinquantaine de victimes dans le monde, dont deux en France.
(Source : le petit bouquet 29/01/1999)

Les combustions spontanées présentent quelques constantes :

  • La victime semble ne pas avoir conscience de ce qui lui arrive
  • La chaleur dégagée est très intense
  • Le feu ne s’étend pas
  • Aucun lieu ne semble offrir de protection, y compris les espaces découverts

La réunion de l’électricité statique et de la graisse ou des gaz intestinaux servant de combustibles pourrait être une hypothèse. Mais cela reste à prouver.

Je finirais en disant que les sceptiques ont une fâcheuse tendance à ne mettre en avant que les éléments qui les confortent dans leur rejet du phénomène et qu’à l’inverse les adeptes de la combustion spontanée font de même. Il serait peut-être temps d’analyser tous les éléments sans rien rejeter et surtout sans a priori.

V.Battaglia (12.05.2005)

Lien

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