La
combustion spontanée
Dans le phénomène fréquemment
attesté de la combustion humaine spontanée,
le corps d’un individu s’enflamme et
brûle, sans contact décelable avec
une source de feu extérieur. |
Les cas de combustion spontanée d’êtres humains
sont nombreux dans tous les pays. En l’espace de 400 ans,
plus de 200 cas ont été consignés.
Portrait du médecin Le Cat. Son témoignage en 1673 permit l'acquittement d'un homme inculpé du meurtre de sa femme, brûlée vive. Il persuada le tribunal que le feu du ciel était descendu sur la mègère, en châtiment de son ivrognerie
"Oh, juste ciel ! Voici les bottes de papa. Mais où est papa ?" (Illustration humoristique anglaise du 19e siècle)
En 1964, une ancienne actrice, Olga Worth Stephens, était assise dans sa voiture garée quand elle se changea subitement en torche humaine. Dans la voiture, intacte, dirent les pompiers, rien n’avait pu provoquer le feu.
Des témoins ont vu Mrs Olga Worth Stephens se transformer en torche vivante
Il est impossible de relater tous les cas mais certains sont particulièrement intéressants. J’ai choisi des cas consignés au 20è siècle car ils me semblent moins sujet à controverse et ont fait l’objet de rapports officiels.
« L’homme gisait sur le sol, derrière la porte, dans un buisson de flammes. Dans la pièce, absolument rien d’autre ne brûlait. L’homme était mort. J’ignore ce qui permettait au feu d’être si intense. » Cet homme ne fumait pas et aucune trace de liquide inflammable n’a été retrouvée. Mais, le plus surprenant dans ce cas c’est que la victime
s’était ouverte les poignets ; on retrouva le couteau
ensanglanté dans la cuisine. Denney était déprimé.
On supposa donc qu’il s’était suicidé
en se coupant les deux artères puis brûlé pour
plus de sûreté.
Combustion inexpliquée en 1966. Le Dr John Irving Bentley a été retrouvé au milieu des restes calcinés de sa poussette d'infirme
Le cas le mieux connu est celui de Madame Reeser, morte en 1951. Cette femme avait 67 ans et vivait en Floride.
Mary Reeser, morte le 1er juillet 1951
« Vers 9 heures du soir, la propriétaire de Mrs. Reeser
vint lui dire bonsoir. Elle trouva sa locataire en robe de chambre,
assise dans un fauteuil en train de fumer une cigarette.
Plusieurs constatations ont été faites et consignées :
Confrontés à ces mystères, les autorités locales ont fait appel au F.B.I. Voici une synthèse des études de laboratoire : La victime pesait environ 85 kg avant le drame mais le corps calciné pesait moins de 5 kg. La conclusion du rapport fut qu’aucun agent chimique connu n’était intervenu pour allumer ou accélérer le feu. On demanda donc au Dr Krogman, spécialiste en grands brûlés, d’élucider ce mystère. Il procéda par élimination. 1/ La foudre ne pouvait être la responsable. Il n’y
avait d’ailleurs aucun éclair ce soir-là. La chaleur émise par un vêtement ou un fauteuil en
flamme est largement insuffisante pour incinérer un corps.
La plupart des experts sont d’accord pour dire qu’il
faut une température d’au moins 1 650 ° pour réduire
des os en cendres. Donc, une chaleur de 1 650° entraînerait obligatoirement
la combustion de l’environnement et même de la maison
toute entière. L’affaire est toujours ouverte faute d’une explication faisant l’unanimité.
Antoine Bagady, chercheur au CNRS, a donné une conférence sur ce sujet en 2001. L'auteur présente une théorie en s’appuyant sur plusieurs rapports dont voici des extraits : « Sous certaines conditions, un corps humain se consumera, par combustion lente, dans sa propre graisse, en provoquant peu ou aucun dégât aux objets environnants. Cette combustion n’est pas spontanée mais induite par une source de chaleur externe au corps » (Thurston 1961) « En 1965, Gee a démontré qu’une température de 250°C est nécessaire pour enflammer la graisse humaine. Cette graisse fournit elle-même de la chaleur. La graisse continue à brûler tant que la température reste supérieure à 24°C » « L’autocombustion humaine représente une des différentes possibilités de combustion humaine. Celle-ci requiert pour démarrer l’association de deux facteurs :
Donc, pour résumer, la graisse humaine peut prendre feu
et se consumer lentement à la manière d’une
chandelle, entraînant la destruction partielle ou totale du
corps.
Théorie graisse/source externe de chaleur Cette théorie scientifique peut certainement s’appliquer
à certains cas dont celui de Mrs Reeser qui fumait le soir
où elle a été vue. Quoique cela n’explique
pas pourquoi son crâne se soit ainsi réduit. Dans de nombreuses affaires, le doute effectivement subsiste car les éléments sont insuffisants pour affirmer qu’il s’agit bien de combustion humaine spontanée. Par contre, la théorie n’explique nullement de nombreux
cas où l’on ne peut parler de combustion lente. L’alcoolisme L’alcoolisme comme cause de ce phénomène est hautement fantaisiste car à ma connaissance les gros buveurs ne s’enflamment pas au proche contact d’une source de chaleur. Comme les statistiques le montrent, certaines victimes ne buvaient pas. Electricité statique Il est vrai que les graisses et huiles présentent dans le
corps humain sont d’excellents combustibles. Les gaz intestinaux
sont également inflammables. Boules de feu et esprits frappeurs Parmi les hypothèses avancées, on a bien sur les mystérieuses boules de feu que personne n’a jamais observé d’ailleurs dans les cas qui nous occupent. On trouve pèle mêle l’augmentation de la courbe géomagnétique de la Terre ou les attaques d’esprits frappeurs. Ces hypothèses ne se basent sur aucune argumentation sérieuse. Le paranormal n’a rien à voir dans cette affaire ce qui n’empêchera nullement les plus crédules de croire à une intervention surnaturelle.
Je pense qu’il y a certainement réunion de plusieurs facteurs qui aboutissent à ce phénomène. A ce jour, nul n’a pu vraiment fournir une explication qui pourrait s’appliquer aux nombreux cas recensés. Il est recensé annuellement, en moyenne, une cinquantaine
de victimes dans le monde, dont deux en France. Les combustions spontanées présentent quelques constantes :
La réunion de l’électricité statique et de la graisse ou des gaz intestinaux servant de combustibles pourrait être une hypothèse. Mais cela reste à prouver. Je finirais en disant que les sceptiques ont une fâcheuse tendance à ne mettre en avant que les éléments qui les confortent dans leur rejet du phénomène et qu’à l’inverse les adeptes de la combustion spontanée font de même. Il serait peut-être temps d’analyser tous les éléments sans rien rejeter et surtout sans a priori. V.B (12.05.2005)
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