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Cocos . L’île aux requins

Réserve marine du Costa Rica

L’île Cocos est la plus grande île déserte du monde avec ses 2 400 hectares. Cette île située au large de l’Amérique centrale est renommée pour offrir la plus forte concentration mondiale de requins d’où son nom de l’île aux requins.
Cocos est aujourd’hui une réserve marine et un parc national protégé du Costa Rica. Jacques Cousteau l’a qualifiée de « plus belle île du monde ». Michael Crichton s’est inspiré de Cocos pour écrire Jurassic Park.
Bien avant, R. Stevenson l’avait prise comme modèle pour écrire l’Île au Trésor.

Les trésors de l’île Cocos

Située à 550 km au large du Costa Rica, Cocos est l’unique île du Pacifique couverte de forêts tropicales, grâce aux abondantes précipitations.

Aujourd’hui encore, on parle d’inestimables trésors cachés au plus profond de la forêt. La plus célèbre de ces légendes concerne le « grand trésor de Lima », constitué d’objets précieux provenant de 50 églises qui auraient été envoyés ici en 1820 par le vice-roi espagnol du Pérou pour les protéger des pillages des révolutionnaires.

ile cocos

Vue aérienne de l'île Cocos. © dinosoria.com

En 1889, l’aventurier allemand August Gissler se fit conférer le titre de gouverneur de l’île dans le seul but de découvrir ce fameux trésor.
Il y resta pendant 20 ans et repartit avec seulement huit doublons espagnols.

Il est évident que la richesse de l’île Cocos ne réside pas dans un trésor mais dans son patrimoine naturel.

Histoire de l’île Cocos

Cocos est la pointe émergente d’un volcan éteint. L’île est dominée par le mont Iglesias à 634 m de haut.
A l’exception de deux mouillages naturels, la côte de l’île présente des falaises irrégulières  qui se dressent presque verticalement jusqu’à 200 m de haut.

Au cœur de l’île, de nombreux cours d’eau créent de superbes cascades.

Ile Cocos

Falaises abruptes de l'île Cocos. © dinosoria.com

Elle fut découverte en 1526 par Juan Cabeças. Au XVIIe siècle, les baleinières et les bateaux pirates venaient s’y ravitailler en eau douce.

Les cocotiers, qui ont donné son nom à l’île, y ont été importés au XVIIe siècle, quand on pensait pouvoir s’installer sur cette île.
On y a introduit à la même époque des plants de café, des cochons, des chèvres et des chats, retournés depuis longtemps à l’état sauvage.

Ile Cocos

La quantité importante de requins a donné sa renommée à cette île. © dinosoria.com

La faune terrestre indigène compte 87 espèces d’oiseaux et près de 400 insectes. Ce sont surtout les espèces marines qui sont les plus intéressantes.
Cette richesse sous-marine en fait un exceptionnel laboratoire pour l’étude de la biologie évolutive.

La faune marine de Cocos

La barrière corallienne est l’une des plus riches du Pacifique, avec près de 40 espèces de coraux.

On y rencontre des colonies de dauphins et de tortues marines. L’île n’est qu’une escale pour les tortues en pleine migration pour leur reproduction.

Tortue verte

Une tortue verte fait escale près de l'île Cocos. © dinosoria.com

Les eaux riches en plancton  constituent l’habitat idéal des requins-baleines. Les requins à aileron blanc de récif patrouillent en permanence.
Ils s’attardent régulièrement dans les « stations de nettoyage » où des myriades de crevettes et de petits poissons les débarrassent des parasites incrustés dans leur peau.

Requins à aileron blanc

Requins à aileron blanc. By Planeta Agua

Le plus impressionnant est le rassemblement annuel des requins-marteaux. Il s'agit du requin marteau halicorne (Sphyrna lewini). Ces requins forment d’immenses bancs tournoyant au-dessus des fonds marins.
Mais, ces requins ne sont pas là pour chasser mais pour se reproduire.

Les plongeurs doivent se méfier de ce requin au comportement agressif.

La journée, les requins de récifs se reposent sur le fond mais dès la nuit venue, ils entament leur frénésie alimentaire.
Leur épaisse peau les protège des aspérités rocheuses et nul poisson n’est à l’abri de ces prédateurs.

D’autres espèces de requins partagent le même territoire : requins soyeux, requins à pointes blanches.

D’importantes colonies de raies mantas vivent au large du cap Dampler, le promontoire situé sur la côte sud de l’île. Les raies marbrées sont également des résidentes permanentes de ces fonds.

Raie marbrée à l'ile Cocos

Raie marbrée. By Planeta Agua

Le récif corallien abrite bien sûr une grande quantité de poissons, des murènes, près de 60 espèces de crustacés et plus de 500 espèces de mollusques.

Cocos et El Nino

Si cette île est un univers plein de vie, ce que la nature donne, elle peut aussi le reprendre. Régulièrement, les courants océaniques ne remontent pas.
C’est dû à un phénomène climatique appelé El Nino. Privé des eaux froides, riches en matières nutritives, le plancton commence à disparaître.

Requins à aileron blanc

Les requins se reposent sur le fond la journée. © dinosoria.com

A mesure que l’eau se réchauffe, la nourriture se fait rare. Certains animaux meurent de faim et d’autres abandonnent les lieux.

Le corail blanchit et meurt. L’eau s’éclaircit car le plancton a disparu.

Corail mort

Corail mort. © dinosoria.com

Pourtant, certaines espèces prospèrent grâce à El Nino. Le corail, en mourant, se recouvre d’algues que les étoiles de mer envahissent avidement.

Etoiles de mer

Le fond se recouvre d'étoiles de mer. © dinosoria.com

Quand les courants océaniques reviennent, la vie revient avec eux. Les eaux froides se mêlent à nouveau aux eaux chaudes et la faune se réinstalle sur les récifs.

Protection de l’île Cocos

Les fonds marins de l’île sont officiellement protégés. Mais, au large, les bateaux de pêche installent d’immenses filets qui sont mortels pour la faune qui s’éloigne des côtes.

Murène

Murène à l'affût. By Planeta Agua

De plus, il y a une demande croissante de cartilages de requins de la part de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie des cosmétiques.
Cette demande encourage la pêche clandestine. Chaque mois, plus de 5 000 requins sont tués au large de l’île.

Requin de récif

Les requins sont en grand danger. By Planeta Agua

Les autorités du Costa Rica ne disposent pas de suffisamment de moyens pour endiguer cette catastrophe écologique.

V.B (25.02.2008)

Shark Bay "La baie des requins"

Références principales

Les sites naturels. Editions Gründ 2003 . Planète Terre. Editions Gallimard 2004

Site de l'Unesco

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