Coccosteus

Parmi les Placodermes, des poissons à mâchoires possédant de lourdes cuirasses, Coccosteus était un prédateur rapide et charognard.
Coccosteus vivait au Dévonien moyen en Europe et en Amérique du Nord. Bien plus petit qu’un autre célèbre Placoderme, Dunkleosteus, Coccosteus ne dépassait pas 40 cm de long.
Les fossiles de Coccosteus ont été notamment mis au jour dans le bassin écossais connu sous le nom de Vieux Grès Rouges.


 

Portrait de Coccosteus

Malgré sa petite taille, ce poisson était un carnivore redoutable grâce à l’amélioration de l’articulation du cou.
La tête et le corps sont articulés extérieurement mais une articulation interne s’est également développée entre le haut des vertèbres et la base du crâne, lui offrant ainsi une plus grande inclinaison de la tête.

Illustration © Encyclopédie Könemann

Coccosteus avait un bouclier céphalique divisé en deux parties, l’une sur la tête elle-même, l’autre juste derrière, au-dessus de la région de l’épaule.
Ces deux pièces s’articulaient l’une sur l’autre grâce à un système de rotule, de chaque côté du corps.

Tous les Placodermes possèdent cette articulation qui permet au bouclier céphalique de se soulever pour laisser se mouvoir la tête.

Cette caractéristique lui procurait une plus grande ouverture de la bouche par rapport à ses congénères.

Les mâchoires de Coccosteus étaient très développées ce qui intensifiaient ses capacités de prédation.
Nul doute que ce poisson devait être redouté. Cependant, les mâchoires s’ouvraient d’une façon qui nous semble inhabituelle. En effet, c’était la tête qui se soulevait.
La mâchoire inférieure s’abaissait également un peu. Les deux mouvements combinés procuraient une plus grande ouverture de la bouche.

© Site btinternet

Cette caractéristique fit des placodermes appelés arthrodires les plus féroces prédateurs marins du Dévonien.
Leurs mâchoires mobiles leur permirent d’attraper et de malaxer les proies, fonction impossible sans mâchoires.

L’autre avantage du système d’articulation est que le mouvement vertical de la tête lui permettait une plus grande aspiration d’eau vers les branchies.

Trois espèces ont été répertoriées : Coccosteus cuspidatus, Coccosteus decipiens, Coccosteus minor.

© S.J Gould

Coccosteus se nourrissait de poissons non cuirassés de taille moyenne. On en a retrouvé dans l’estomac de plusieurs spécimens.

Mais, lui-même, était la proie d’un gros poisson à nageoires charnues appelé Glyptolepis, mesurant un mètre de long.

Les poissons des Vieux Grès Rouges

Les couches du Dévonien sont très riches en fossiles de poissons. L’un des sites les plus importants se situe dans le nord de l’Ecosse.
Au Dévonien, de grands lacs recouvraient cette région. En effet, la Grande-Bretagne était alors située au niveau de l’Equateur.
Les lacs orcadiens semblent avoir été une étendue d’eau douce mais d’autres sites dévoniens étaient marins.

© S.J Gould

Les collectionneurs des années 1830 constatèrent que dans certaines couches de grès fin et de microgrès, de couleur rouge, on pouvait mettre à jour des dizaines de squelettes de poissons très bien conservés.

Ces découvertes ont suscité un intérêt international et plusieurs ouvrages furent publiés à l’époque sur les fossiles découverts dans ce bassin.

L’évolution des poissons a été complexe. Les Agnathes sont les poissons les plus anciens. Ils ne possédaient pas de mâchoires. Aujourd’hui, ils sont représentés par notamment les Lamproies.
Les Agnathes sont apparues au Silurien.

Au Silurien, à côté des Agnathes, apparurent les premiers Vertébrés pourvus de mâchoires. Il s’agit de la classe des Acanthodiens, dits « Requins épineux ».

Au cours du Dévonien, les Placodermes firent leur apparition. Apparus tout d’abord dans les eaux douces, ils migrèrent ensuite dans la mer.

© S.J Gould

La classe des Placodermes est divisée en trois ordres :

  • Les Arthrodires
  • Les Antiarches
  • Les Rhénanides

Les Arthrodires, dont font partie Coccosteus et Dunkleosteus, étaient les plus répandus et les plus spectaculaires.

Brisbane (Southbank), Australia. By Cas Liber. Licence

Les poissons sans mâchoires (agnathes) ne sont pas communs dans les couches des Vieux Grès Rouges.
Par contre, les placodermes sont nombreux. Ces poissons ont été retrouvés dans toutes les parties du monde mais uniquement au Dévonien.
C’est le seul grand groupe de poissons à avoir eu une durée de vie aussi courte.

V.Battaglia (28.05.2007)

Dunkleosteus

Références bibliographiques

Le livre de la vie de Stephen Jay Gould, éditions Seuil. Dinosaures et autres animaux de la préhistoire, éditions Könemann. La fabuleuse histoire de la Terre, sélection du Reader’s Digest. Les Poissons placodermes du Spitzberg, Wood Bay. Editions du CNRS, 1984

< Poissons Préhistoriques