Portrait de Coccosteus
Malgré
sa petite taille, ce poisson était un carnivore
redoutable grâce à l’amélioration
de l’articulation du cou.
La tête et le corps sont articulés
extérieurement mais une articulation interne
s’est également développée
entre le haut des vertèbres et la base
du crâne, lui offrant ainsi une plus grande
inclinaison de la tête.

Illustration ©
Encyclopédie Könemann
Coccosteus
avait un bouclier céphalique divisé
en deux parties, l’une sur la tête
elle-même, l’autre juste derrière,
au-dessus de la région de l’épaule.
Ces deux pièces s’articulaient l’une
sur l’autre grâce à un système
de rotule, de chaque côté du corps.
Tous
les Placodermes possèdent cette articulation
qui permet au bouclier céphalique de se
soulever pour laisser se mouvoir la tête.
Cette
caractéristique lui procurait une plus
grande ouverture de la bouche par rapport à
ses congénères.
Les
mâchoires de Coccosteus étaient très
développées ce qui intensifiaient
ses capacités de prédation.
Nul doute que ce poisson devait être redouté.
Cependant, les mâchoires s’ouvraient
d’une façon qui nous semble inhabituelle.
En effet, c’était la tête qui
se soulevait.
La mâchoire inférieure s’abaissait
également un peu. Les deux mouvements combinés
procuraient une plus grande ouverture de la bouche.

© Site
btinternet
Cette
caractéristique fit des placodermes appelés
arthrodires les plus féroces prédateurs
marins du Dévonien.
Leurs mâchoires mobiles leur permirent d’attraper
et de malaxer les proies, fonction impossible
sans mâchoires.
L’autre
avantage du système d’articulation
est que le mouvement vertical de la tête
lui permettait une plus grande aspiration d’eau
vers les branchies.
Trois espèces ont été répertoriées
: Coccosteus cuspidatus, Coccosteus decipiens,
Coccosteus minor.

© S.J Gould
Coccosteus
se nourrissait de poissons non cuirassés
de taille moyenne. On en a retrouvé dans
l’estomac de plusieurs spécimens.
Mais,
lui-même, était la proie d’un
gros poisson à nageoires charnues appelé
Glyptolepis, mesurant un mètre de long.
Les poissons des Vieux Grès Rouges
Les couches du Dévonien sont très
riches en fossiles de poissons. L’un des
sites les plus importants se situe dans le nord
de l’Ecosse.
Au Dévonien, de grands lacs recouvraient
cette région. En effet, la Grande-Bretagne
était alors située au niveau de
l’Equateur.
Les lacs orcadiens semblent avoir été
une étendue d’eau douce mais d’autres
sites dévoniens étaient marins.

© S.J Gould
Les
collectionneurs des années 1830 constatèrent
que dans certaines couches de grès fin
et de microgrès, de couleur rouge, on pouvait
mettre à jour des dizaines de squelettes
de poissons très bien conservés.
Ces
découvertes ont suscité un intérêt
international et plusieurs ouvrages furent publiés
à l’époque sur les fossiles
découverts dans ce bassin.
L’évolution
des poissons a été complexe. Les
Agnathes sont les poissons les plus anciens. Ils
ne possédaient pas de mâchoires.
Aujourd’hui, ils sont représentés
par notamment les Lamproies.
Les Agnathes sont apparues au Silurien.
Au
Silurien, à côté des Agnathes,
apparurent les premiers Vertébrés
pourvus de mâchoires. Il s’agit de
la classe des Acanthodiens, dits « Requins
épineux ».
Au
cours du Dévonien, les Placodermes firent
leur apparition. Apparus tout d’abord dans
les eaux douces, ils migrèrent ensuite
dans la mer.

© S.J Gould
La
classe des Placodermes est divisée en trois
ordres :
- Les
Arthrodires
-
Les Antiarches
- Les Rhénanides
Les
Arthrodires, dont font partie Coccosteus et Dunkleosteus,
étaient les plus répandus et les
plus spectaculaires.

Brisbane
(Southbank), Australia. By Cas Liber. Licence
Les
poissons sans mâchoires (agnathes) ne sont
pas communs dans les couches des Vieux Grès
Rouges.
Par contre, les placodermes sont nombreux. Ces
poissons ont été retrouvés
dans toutes les parties du monde mais uniquement
au Dévonien.
C’est le seul grand groupe de poissons à
avoir eu une durée de vie aussi courte.
V.B
(28.05.2007)
Dunkleosteus
Références
bibliographiques
Le
livre de la vie de Stephen Jay Gould, éditions
Seuil. Dinosaures et autres animaux de la préhistoire,
éditions Könemann. La fabuleuse histoire
de la Terre, sélection du Reader’s
Digest. Les
Poissons placodermes du Spitzberg, Wood Bay. Editions
du CNRS, 1984
< Poissons
Préhistoriques |