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Clonage

C’est en février 2004 que des chercheurs ont obtenu un embryon humain issu d’un clonage. Je vous rassure cet embryon n’était en fait que des cellules.
Cependant, la technique du clonage nous fait peur bien qu’elle soit justifiée par les chercheurs pour ses vertus thérapeutiques.
Vouloir soigner des maladies incurables est bien sûr une motivation parfaitement louable. Mais, le passé nous a appris que les plus beaux projets finissent toujours par être détournés de leur but original.
Quelle que soit notre opinion sur ce sujet délicat, il est certain que le clonage humain est bien plus réaliste du point de vue technique que celui d’espèces disparues depuis bien longtemps. Pourtant, à chaque nouvelle découverte d’un mammouth bien conservé, le sujet revient au premier plan.
Alors, projet digne d’un John Hammond ou réalité ?

Le clonage d’animaux

Le clonage a déjà été largement testé et d’ailleurs avec succès sur des animaux domestiques tels que des moutons, des chats, des lapins ou des chevaux.
En août 2000, des chercheurs américains ont réussi à cloner une vache adulte. Millie pesait 28 kilos à la naissance. La grossesse de la mère porteuse, une vache de la race de boucherie Angus, s'est déroulée sans encombre. Mais Millie est seule d'un groupe de 95 embryons clonés à s'être rendu à terme.

Millie. Vache clonée

Millie

En 1996, une brebis surnommée Dolly était née au 277e essai.
Il s’agit là d’espèces toujours en vie et pourtant, on constate le nombre infime de réussites sur tous les essais effectués pour que le projet arrive à terme.
Pour comprendre la difficulté d’une telle technique, il faut en connaître les mécanismes.

Dolly la brebis clonée

Dolly la brebis clonée

Comment cloner une espèce ?

Pour pouvoir cloner une espèce, il faut disposer de son patrimoine génétique. Ce dernier doit être parfaitement conservé. Aussitôt qu’un individu meurt, la décomposition entraîne dans les jours voire les heures qui suivent une détérioration de ce patrimoine. Imaginez l’état de ce patrimoine chez un animal mort depuis 10 000 ans.

Pourquoi le mammouth ?

Cet animal est le seul à avoir été aussi bien conservé dans la glace. Le froid sibérien a permis de ralentir le processus de dégradation de l’ADN, mais pas de le stopper, car avant que l’animal soit congelé, il a pu se passer des jours ou des semaines. Ce laps de temps est largement suffisant pour que le patrimoine génétique ne soit plus utilisable. Nous ne disposons actuellement que d’un millionième, de l’identité génétique du mammouth soit pratiquement rien.

Sans cellule, pas de clonage fiable

Il faudrait trouver une cellule vivante de mammouth car sans elle le clonage est impossible, du moins par rapport aux connaissances actuelles.
Jusqu’à ce jour, seuls quelques fragments d’ADN ont pu être extraits. Cela a d’ailleurs permis d’attester de la parenté entre les mammouths et les éléphants d’Afrique.
Même si on trouvait une cellule vivante, le clonage resterait très aléatoire. En effet, il faudrait espérer que l’embryon se développe normalement avant d’être transplanté dans l’utérus d’une éléphante.
Pour que toute l’opération soit menée à terme, il faudrait pouvoir effectuer des centaines d’essais donc disposer d’autant de cellules.
Comme vous pouvez le constater, le clonage d’espèces disparues révèle plus de la science-fiction que de la réalité. Mais pour combien de temps ?

La pouliche Prometea clonée en 2003

La pouliche Prometea clonée en 2003

Les excès envisageables

Il ne s’agit nullement d’être alarmiste mais quand on connaît l’avidité de la nature humaine, on ne peut que s’interroger.
Alors même, qu’actuellement le clonage reste confiné dans des laboratoires, certains n’hésitent pas à en faire un commerce.
Pour exemple, cette société américaine qui offre un service de congélation d'ADN de chats et de chiens. Bientôt, promet-elle, on pourra s'en servir pour cloner des compagnons disparus.
Quoi de plus méprisable que de profiter de la douleur humaine pour encaisser des billets verts.
Pas besoin d’être visionnaire pour prévoir que le clonage humain pourra faire l’objet de trafics similaires dans des pays peu regardants sur le respect des droits de l’homme.

V.Battaglia (04.2004)

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