La
circoncision
Toujours en usage dans de nombreux peuples, la circoncision est un rituel qui remonte bien avant l’apparition des premières religions monothéistes. La plus ancienne représentation connue de la circoncision orne un tombeau de Saqqarah, en Egypte, et remonte à environ 2300 ans avant notre ère. On ne connaît pas la raison d’être à l’origine de la circoncision. Par contre, cette pratique est un rite religieux essentiel dans le judaïsme, ou elle est le signe de l’alliance du peuple de Dieu avec Yahvé. La circoncision est également pratiquée au sein de l’Islam. Non obligatoire, elle constitue une étape initiatique à l’orée de la vie adulte. La circoncision de Jésus n’a jamais
été réfutée par l’Eglise
bien que cette pratique ait été
abandonnée.
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Sur
le tombeau du noble Ankhmahor à Saqqarah,
figure la représentation d’un garçon,
debout, qui est opéré par un prêtre.
Bas-relief du tombeau d'Ankhmahor. © Lenars C Le temple de Mout, à Karnak, montre une scène identique. Mais, cette fois, il s’agit du futur pharaon Thoutmosis IV.
Couteau de circoncision avec la figure du dieu Anubis (Paris, musée du Louvre) . © Lessing E Tous les pharaons ne subissaient pas la circoncision.
Cette dernière n’avait pas lieu après
la naissance mais à partir de l’âge
de 10 ans. Elle est ensuite devenue obligatoire pour les prêtres, principalement pour des raisons de pureté rituelle.
Couteaux utilisés pour la circoncision. Musée Afrcain. By Erin Licence Nous ne savons pas pourquoi les Egyptiens ou les peuples du Proche-Orient pratiquaient la circoncision. S’agissait-il d’un rite magique, d’une cérémonie tribale, d’un rituel de fertilité masculine ou d’une intervention destinée à prévenir les maladies infectieuses ?
On
prête à Saint Paul d’être
à l’origine de l’abandon de
la circoncision, contre l’avis des judéo-chrétiens. Dans le Nouveau Testament, Luc, l’un des quatre évangélistes évoque la circoncision du Christ. (II:21) : « Et lorsque furent accomplis les huit jours pour sa circoncision, il fut appelé du nom de Jésus, nom indiqué par l’ange avant sa conception. »
La Circoncision de Jésus (fresque de Jean Canavero, XVe siècle, église Notre-Dame-des-Fontaines. © Lenars C Par contre, dans les Épîtres de Saint Paul, la circoncision est remise en cause : « La circoncision n’est rien, et l’incirconcision n’est rien; ce qui compte, c’est de garder les commandements de Dieu. » (Corinthiens, VII:19). L'Église chrétienne copte pratique toujours le baptême par immersion et avec la circoncision.
Pour
les Hébreux, la circoncision est un véritable
acte religieux. Cet acte est accompli pour obéir
à Dieu et s’affirme également
comme le signe de l’appartenance à
une nation. L’opération qu’il exige consiste à enlever le prépuce c’est-à-dire la peau mobile qui recouvre le gland de la verge. L’emploi
d’un couteau de silex est recommandé
dans un autre texte de la Bible : »Fais-toi
des couteaux de silex et remets-toi à circoncire
les fils d’Israël ».
Circoncision représentée sur le vitrail d'un cloître. By Audrey Sol Licence C’est le père de famille qui doit se charger de l’opération. En principe, la mère ne doit pas assister à l’intervention. Grâce
à d’autres textes hébreux,
on sait que plus tard, la circoncision est confiée
à un spécialiste appelé mohel
lors de la cérémonie dite cérémonie
dite Berith mila (communément écrit
brith mila). Berith signifie « alliance
» en hébreux.
Cérémonie du Berith mila. © Encyclopédie Larousse Ce
rituel qui vient du fond des âges est devenu
pour les Hébreux une alliance entre Dieu
et le peuple élu. C’est d’ailleurs après l’exil, à la fin du VIe siècle avant notre ère, qu’est rédigé le texte dans lequel Dieu annonce que la circoncision sera le signe de l’alliance avec son peuple.
Instruments de circoncision de l'hôpital Juif de Berlin. By Checco Licence Le
symbolisme de cette intervention est si fort que
les Hébreux sont près à risquer
leur vie pour la pratiquer malgré les interdictions. Après l’émergence du christianisme, la circoncision a permis de différencier les fidèles de la nouvelle religion des adeptes du judaïsme.
Appelée khitan en arabe, la circoncision n’est pas préconisée par le Coran. Cependant, elle est largement pratiquée dans la plupart des pays musulmans. Contrairement
aux Hébreux, cette pratique est plus assimilée
à l’entrée du jeune garçon
dans le monde des adultes ainsi que dans la communauté
des croyants qu’à un rituel religieux. Ce rituel « initiatique » est accompagné d’une grande fête mais d’aucune prière. L’âge de l’enfant au oment de l’intervention est très variable, du jour même de la naissance à 7 ou 8 ans. V.B (19.04.2007)
Malek
Chebel. Histoire de la circoncision, Perrin. < Religion |








