Le cimetière des éléphants La découverte par les Européens de l’Afrique noire suscita bien des rumeurs. On racontait que, lorsqu’ils se sentaient près de mourir, les éléphants se retiraient dans un lieu secret parmi les restes de leurs congénères. Ces cimetières regorgeaient d’ivoire ce qui attisa de nombreuses convoitises. L’un des premiers voyageurs à mentionner de tels lieux est le célèbre explorateur écossais David Livingstone (1813-1873).
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Certaines traditions africaines rapportent que les éléphants, à l’approche de leur mort, abandonnent leur troupeau et, guidés par leur instinct, où la mémoire collective de l’espèce, gagnent un endroit connu d’eux seuls. Parvenus à cette sépulture ancestrale où s’entasseraient sur des hectares les ossements blanchis, les éléphants s’y coucheraient pour l’éternité.
Eléphanteau. © dinosoria.com Ce comportement serait surtout celui des plus vieux mâles donc des animaux dont les défenses peuvent dépasser les 3 m de long et peser plus de 100 kg.
La découverte occasionnelle d’amas de squelettes d’éléphants conforte les explorateurs dans leur conviction que les éléphants ont un comportement particulier face à la mort. Si les défenses sont présentes, il s’agit de drames naturels : sécheresse, sable mouvant.
C’est au 20e siècle que la légende trouve une explication rationnelle. Christian Zuber, spécialiste de safaris photographiques, constate que les dents des vieux éléphants présentent une usure dramatique quand l’animal atteint 55 ou 60 ans. Instinctivement, l’éléphant comme le rhinocéros, cherchent dans les mares boueuses un remède à leurs blessures et à leur douleur.
Enlisement dans les sables mouvants. Dessin de 1875 Christian Zuber a donc suggéré que ces animaux, déjà affaiblis, n’avaient pas toujours la force de ressortir de ces marécages après y avoir trempé longuement leur bouche.
Dans un documentaire animalier, on a pu observer il y a quelques années un éléphant prendre avec sa trompe la défense de l’un de ses congénères mort. Il semblait pratiquer une sorte de danse rituelle assez étrange.
Les clans familiaux sont très soudés. © dinosoria.com Mais, jusqu’à présent, on n’a jamais observé de rituels funéraires dans le monde animal sauf chez l’homme. Il est vrai cependant que certains comportements chez l'éléphant restent pour le moment inexpliqués.
Le journal "Biology Letters" publie une étude faite par une équipe anglo-kenyanne. Cette étude a porté sur plusieurs dizaines de familles d'éléphants. Le but était de mesurer le comportement d'éléphants d'Afrique face à des dépouilles de leurs congénères. 17 familles d'éléphants ont été mises en présence de crânes d'éléphants, de buffle et de rhinocéros. Les éléphants ont porté un intérêt certain aux crânes d'éléphants, en les sentant, les touchant. D'autres expériences montrent la préférence vis-à-vis de l'ivoire par rapport au reste du squelette et l'incapacité à reconnaître le compagnon à qui appartenait le squelette. La longue vie des éléphants et une vie sociale développée expliquerait ces particularités. Source : Biology Letters V.B (26.06.2005) M.à.J 5.11.2005
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