Parmi les grands singes, le chimpanzé (Pan troglodytes)
est celui dans lequel l'Homme reconnaît
le plus volontiers certains de ses propres comportements.
Il est vrai que par son aptitude à se tenir
debout, sa vie sociale complexe et sa grande intelligence,
le chimpanzé nous ressemble énormément.
Au XIXe siècle, le naturaliste
anglais Charles Darwin mit en lumière les
similitudes existant entre l'Homme et les grands
singes. Du point de vue morphologique, tous deux
présentent un cerveau développé,
une capacité à se tenir debout et
à marcher en appui sur les membres inférieurs,
un pouce opposable aux autres doigts, un faciès
structuré de la même manière,
une poitrine ronde. À partir de ces observations,
il construisit sa théorie: l'Homme serait
le produit d'une évolution dont le singe
est l'un des maillons.
Caractéristiques
du chimpanzé
Les deux espèces
de chimpanzés présentent des caractéristiques
communes: un corps agile, bien charpenté,
au torse arrondi, un visage expressif, de grands
yeux enfoncés dans leurs orbites, un nez
plat, une bouche proéminente et de larges
oreilles rondes.
Leur dentition, avec de longues
canines et des molaires plates, est particulièrement
adaptée à la mastication des fruits.
Illustration Elisabeth
Smith
Debout, leurs bras pendent jusqu'aux
genoux. Comme tous les primates, le chimpanzé
se distingue par la remarquable évolution
de ses pieds et de ses mains: ainsi, aux quatre
membres, ses pouces s'opposent aux autres doigts,
se transformant en de véritables outils
de préhension. De plus, ses doigts se terminent
par des ongles et non des griffes, ce qui le
rend encore plus habile dans la manipulation d'objets,
si minuscules soient-ils.
Un mâle adulte, à
la poitrine musclée et aux bras très
puissants, possède une force physique équivalente
à celle de trois hommes.
Jouissant d'une espérance
de vie d'une cinquantaine d'années,
le chimpanzé est adulte vers treize ans.
C'est l'âge où les femelles peuvent
concevoir et celui auquel les jeunes mâles,
qui atteignent leur maturité sexuelle entre
sept et neuf ans, auront pris leur rang dans la
hiérarchie sociale.
Le record de longévité en captivité est tenu par le célèbre chimpanzé Cheeta qui a tourné dans Tarzan avec Johnny Weissmuller.
Tout comme chez l'Homme, dans
la hiérarchie sensorielle, la vue est le
sens prédominant tandis que l'odorat est
fort peu développé.
Parce qu'il est un grand singe, le chimpanzé
se caractérise également par une
absence de queue.
Bien adapté à la vie arboricole,
le chimpanzé commun possède de longs
bras et un corps large et rond.
Squelette d'un
chimpanzé (Illustration Elisabeth Smith)
Mesurant jusqu'à 94 cm
pour les mâles et
85 cm pour les femelles, le poids peut atteindre 70 kg pour un mâle et 50 kg pour une femelle. En captivité, les chimpanzés sont plus gros.
Chimpanzé: un Hominidae
Les zoologistes ont divisé les trois populations de chimpanzés d'Afrique en trois sous-espèces:
Pan troglodytes troglodytes,
chimpanzé d'Afrique centrale, dont la
face rosée noircit et le front se dégarnit
avec l'âge
Pan troglodytes schweinfurthi,
chimpanzé d'Afrique orientale, à
la face sombre, dont le pelage reste abondant,
même chez les vieux individus
Pan troglodytes verus, chimpanzé
d'Afrique occidentale, reconnaissable à
sa pigmentation foncée autour des yeux
Le chimpanzé, l'orang-outan, le gorille et l'Homme font partie de la même famille: Hominidae. Avec le gibbon qui est classé dans la famille des Hylobatidae, ces primates sont appelés grands singes.
La séparation entre les gibbons et les autres grands singes remonte au moins à 20 millions d'années. La divergence entre la lignée humaine et celle des chimpanzés, nos plus proches parents, remonte à 6 ou 7 Ma. C'est du moins l'une des théories officielle. En effet, des dents de chimpanzé datées de 550 000 ans ont été découvertes sur un site en Afrique où Homo erectus était lui aussi présent. Cette découverte a été publiée dans la revue Nature de septembre 2005 par Sally McBrearty (Université du Connecticut) et Nina Jablonski (Académie des sciences de Californie).
Toujours en 2005, des dents d'ancêtres du chimpanzé et du gorille avaient été mises au jour en Afrique. Ces dents sont datées de 12,5 millions d'années et de 5 à 9 millions d'années.
Ces différentes découvertes remettent en cause la théorie de l'east side story d'Yves Coppens.
Ce paléontologue, de renommée internationale, a d'ailleurs le courage et l'honnêteté de remettre en cause sa propre théorie en 2003 suite à la découverte de Toumaï en 2002.
En effet, la découverte d'hominidés à l'ouest de la Rift Valley rend invalide sa théorie selon laquelle nos ancêtres seraient nés à l'est de la Rift Valley, tandis que les ancêtres de nos grands singes actuels seraient nés à l'ouest de la Rift Valley.
Le chimpanzé, l'orang-outan et le gorille se reconnaissent dans un miroir (conscience du moi) et peuvent apprendre à se servir d'instruments, voire à reconnaître des symboles ou à utiliser le langage des signes.
Mais seuls le chimpanzé et l'orang-outan fabriquent des outils dans la nature.
La séquence d'ADN du chimpanzé et de l'Homme est identique à 99 % ! La comparaison avec Homo sapiens indique que les deux espèces partagent la très grande majorité de leur patrimoine génétique.Cette étude approfondie a fait l'objet d'un article dans la revue Nature en 2005.
Structure sociale du chimpanzé
En général, le
socle de base de la communauté se compose
de quatre ou cinq femelles, sans lien de parenté
entre elles, et qui occupent avec leur petit un
territoire placé sous le contrôle
de mâles du même sang obéissant
à l'autorité d'un mâle dominant.
À l'intérieur
d'une même communauté, les chimpanzés
se rassemblent en plus petites unités réunies
selon leurs intérêts du moment. On
trouvera donc, sur le territoire, aux différentes
heures de la vie du groupe, des chimpanzés
seuls, des couples composés de la mère
et de son petit, de petites groupes entièrement
constitués de femelles, de jeunes mâles,
ou encore des communautés mêlant
adultes et jeunes, mâles et femelles.
Les chimpanzés mâles
établissent des rapports hiérarchiques
entre eux et se placent sous l'autorité
d'un mâle dominant. Pour obtenir le respect,
le mâle de haut rang manifeste sa prépondérance
en intimidant les autres. Il se redresse sur ses
membres postérieurs et se balance d'un
pied sur l'autre, se frappe la poitrine et hérisse
les poils de son corps, s'accroupit et cogne violemment
le sol de ses deux mains. Parfois, il ramasse
une branche et s'élance à la poursuite
de ses rivaux.
Cependant, ces attitudes d'intimidation
débouchent rarement sur un affrontement
en règle. La plupart du temps, le subordonné
manifeste sa soumission en s'accroupissant devant
le dominant ou en lui touchant amicalement les
lèvres ou la cuisse.
De façon étonnante, le dominant
n'a souvent besoin d'aucune démonstration
pour affirmer sa supériorité. Ainsi,
lorsqu'un subordonné s'apprête à
déroger aux règles hiérarchiques,
par exemple en s'emparant de bananes avant le
«chef », l'ensemble de la
troupe est parcouru d'une peur collective. Bien
que le dominant ne manifeste qu'indifférence,
les subordonnés, redoutant par avance sa
colère, montrent les dents et poussent
des cris aigus de frayeur. Jusqu'à ce qu'il
soit détrôné par un mâle
plus impressionnant, le dominant reste maître
de la communauté.
Le
chimpanzé mâle quitte rarement sa
communauté de naissance. La femelle, en
revanche, se joint à d'autres groupes dès
qu'elle est en âge de se reproduire.
Rivalités entre groupes
De même qu'il existe une
hiérarchie interne à la communauté,
on observe un ordre de préséance
entre groupes voisins. Le chimpanzé défend
son domaine vital et des patrouilles en parcourent
les frontières. Si elles repèrent
un inconnu, elles le prennent en chasse et peuvent
même le tuer.
Mais si un autre groupe se présente
(car il arrive que les territoires de communautés
différentes empiètent les uns sur
les autres), chacun évalue les forces adverses.
Si l'une des bandes compte plus de mâles
adultes que l'autre, elle aura la préséance.
La troupe dominée se retirera sans bruit
et évitera la zone tant que l'autre groupe
s'y trouvera.
Arboricole ou terrestre ?
Le chimpanzé est actif
le jour et il part à la recherche de nourriture
dès l'aube. Très agile dans les
branches, il reste cependant longtemps au sol.
Il a développé
un mode de locomotion: la marche dorso-digitale,
à quatre pattes, les pieds posés
à plat sur le sol et les bras reposant
sur la jointure des doigts.
Illustration Elisabeth
Smith
Il adopte la station debout
pour parcourir de courtes distances, s'il a les
bras chargés de nourriture ou de branchages.
Il grimpe aux arbres selon une technique qui lui
est propre: les pieds poussent ensemble le corps
vers le haut, tandis que les mains, accrochées
au tronc, se placent successivement l'une au-dessus
de l'autre. Enfin, il lui arrive de s'élancer
d'arbre en arbre.
S'ils sont en bande, un seul
initie le mouvement: les autres suivent, en respectant
une distance de sécurité et en reproduisant
exactement les mêmes gestes que le premier.
Illustration Elisabeth
Smith
Peut-on dire pour autant que
le chimpanzé est arboricole? Ce n'est pas
sûr, bien qu'il passe beaucoup de son temps
dans les arbres. En effet, selon le zoologiste
anglais Vernon Reynolds, le point déterminant
sur ce sujet est la manière dont l'animal
prend la fuite lorsqu'il a peur. Or le chimpanzé,
loin de s'enfuir par la cime des arbres comme
la plupart des autres singes, dégringole
de branche en branche par bonds de dix mètres,
touche le sol le plus loin possible de ce qui
l'a effrayé et part en courant.
Le chimpanzé est-il sociable ?
Malgré leur réputation
d'animaux doux et sociables, les chimpanzés
dérogent parfois à cette image.
Tout d'abord, ce sont des animaux extrêmement
bruyants. L'ensemble de la forêt retentit
souvent pendant de longues minutes de cris que
la communauté entière pousse à
l'unisson. En outre, meurtres, infanticides et
cannibalisme ne sont pas rares. Ainsi, une mère
ne s'aventure en territoire voisin qu'à
ses risques et périls. Les mâles
de l'autre communauté savent qu'elle n'appartient
pas à leur groupe et peuvent parfaitement
la tuer et dévorer son petit.
De même, le chimpanzé
se livre parfois au vol de nourriture. L'une de
ses victimes favorites est le babouin: en effet,
malgré des canines qui tiennent en respect
les grands fauves, ce dernier ne réagit
pas à l'agression des chimpanzés.
Mais en dépit de ces
exactions, assez rares, et qui ne sont pas dirigées
envers les membres de sa propre communauté,
les chimpanzés font preuve d'une grande
sociabilité. Ainsi, ils confient souvent
à une seule mère la responsabilité
de plusieurs petits, constituant ainsi des «
crèches » improvisées. De
plus, malgré l'effroi momentané
qu'elle provoque chez celui qui en est victime,
l'attitude d'intimidation du mâle dominant
envers un membre de son groupe ne dure généralement
guère plus d'une minute. Comme saisi d'une
lubie passagère, le maître manifeste
bruyamment sa supériorité, et se
calme aussitôt.
Liens sociaux et intelligence
Une des activités favorites
des singes est l'épouillage. Assis côte
à côte, le chimpanzé fouille
la fourrure d'un de ses congénères
et en ôte de ses doigts agiles les petits
parasites qui s'y logent.
Le toilettage représente
autre chose qu'une simple mesure d'hygiène:
c'est pour les chimpanzés un acte social
qui resserre les liens amicaux que les membres
de la communauté ont soin de manifester.
Ils aiment également
se tapoter le dos, se donner l'accolade,
se tenir par la main et s'embrasser. C'est sûrement
cette sociabilité, et aussi quelques-unes
de ces attitudes qui en font un animal aussi sympathique
et intéressant à observer dans son
milieu naturel. On le découvre versatile,
quand il délaisse une papaye à moitié
dévorée pour une autre, ou même
romantique quand il admire un coucher de soleil
du haut d'un rocher.
Les chimpanzés comptent
parmi les animaux les plus intelligents de la
planète. Leur capacité crânienne est de 350 à 380 cm3 (contre 1350 cm3 pour Homo sapiens).
Ils ont une vie sociale élaborée,
communiquent entre eux au moyen de mimiques, de
signes et de sons très variés. Ils
sont en mesure de résoudre par la réflexion
un grand éventail de problèmes et
utilisent des outils pour se défendre ou
s'alimenter. C'est d'ailleurs dans l'habileté
qu'ils déploient pour se nourrir que les
chimpanzés font le mieux la démonstration
de leur intelligence.
Cette partie du
cerveau qui contrôle les activités
de création est très développée
( Illustration Elisabeth Smith)
Ainsi, pour extraire la graine
des noix de palme, le chimpanzé a inventé
l'enclume: il pose le fruit sur une surface dure
et le frappe avec une pierre.
Il se sert d'une branche comme
levier, pour détacher de l'arbre une fourmilière
qui y est accrochée et dont il est friand.
Mais il y a plus étonnant
encore: il prépare ses outils longtemps
à l'avance. Parfois près d'un kilomètre
avant d'atteindre une termitière, il ramasse
les branches qui lui serviront d'hameçon.
II sait également choisir l'outil le mieux
approprié à la tâche qu'il
s'est fixée s'il doit ouvrir un fruit tendre,
il négligera la pierre qu'il a sous la
main et parcourra plusieurs centaines de mètres
à la recherche du marteau adéquat.
Défendre
son espace ou sa progéniture est aussi
un impératif de taille pour le chimpanzé.
Là encore, il fait preuve d'une inventivité
remarquable. II s'empare de branches et les brandit
comme des gourdins, ou effraie son ennemi en lui
lançant toutes sortes de projectiles.
Le langage des chimpanzés
Depuis la fin des années
1960, certains psychologues tentent d'infirmer
la théorie de Chomsky, selon laquelle le
langage humain est réservé aux Hommes,
en apprenant à des chimpanzés à
communiquer dans la langue des signes. Le premier
succès dans ce domaine est attribué
à une femelle chimpanzé nommée
Washoe, à laquelle des
chercheurs américains ont enseigné
une forme de langue des signes américaine
(LSA).
Dans un premier temps, Washoe n'a utilisé
qu'un seul signe à la fois pour désigner
des objets, mais petit à petit, comme les
humains, elle a commencé à faire
preuve d'une créativité certaine,
quoique limitée, et a utilisé des
signes individuels ou en séquence qu'elle
n'avait jamais vus ou que personne ne lui avait
jamais enseignés.
Plus récemment, d'autres
psychologues qui travaillent avec des chimpanzés
leur ont enseigné à communiquer
par LSA mais également en utilisant d'autres
méthodes, qui font appel notamment à
des jetons en plastique et à l'outil informatique.
Dans toutes ces expériences, les chimpanzés
démontrent qu'ils sont capables d'apprendre
certains éléments du système
de langage humain.
S'il n'avait pas le larynx aussi
haut, le chimpanzé parlerait certainement.
Il peut juste articuler quelques syllabes, mais
cela a suffi à quelques-uns pour pouvoir
communiquer avec l'Homme, par signes et phonétisation.
Les résultats de certains singes, surprenants,
n'en restent pas moins exceptionnels.
Le primatologue Crawford a tenté
une expérience simple mais qui a bien mis
en valeur une faculté moins connue du chimpanzé:
l'entraide. Deux chimpanzés, habitués
à soulever seuls une caisse où se
trouvait une banane ont naturellement, sur un
simple signe de l'un d'eux, tiré ensemble
sur la corde le jour où la caisse s'est
avérée plus lourde.
Les chimpanzés en effet
communiquent entre eux par un langage élaboré.
On a recensé jusqu'à vingt-trois
cris différents. Associés à
des mimiques, des grimaces, ces cris expriment
toute la palette des sentiments: la satisfaction,
la colère, le plaisir, la peur, etc.
Mais
ils véhiculent aussi des notions plus abstraites:
ainsi, les chimpanzés s'informent-ils les
uns les autres quand un des leurs a capturé
une proie.
Enfin,
il arrive que des chimpanzés de Tanzanie
mastiquent lentement les feuilles d'une plante
appelée aspilia. Dénuée de
toute valeur nutritive, cette plante contient un
puissant antibiotique naturel. Il est donc probable
que les chimpanzés se transmettent, non
seulement les techniques propres à assurer
leur nourriture et leur défense, mais aussi
des traditions plus abstraites. Et en effet, des
chercheurs ont démontré que le chimpanzé
communique à l'aide d'un langage symbolique
très complexe.
Régime alimentaire
du chimpanzé
Le chimpanzé est avant
tout végétarien. Mais, c'est un
animal qu'on dit «opportuniste» car
il mange ce qu'il trouve dans la nature.
Son régime alimentaire est principalement
composé de fruits.
Le chimpanzé ne stocke pas de nourriture:
ceux qui vivent dans la savane ont parfois à
couvrir un territoire de 400 km² pour satisfaire
leurs besoins. On estime qu'un chimpanzé consacre entre
six et huit heures par jour à manger ou
à rechercher sa nourriture.
Surtout pendant la saison sèche,
il consomme également des bourgeons, des
fleurs, des feuilles, des tiges, des écorces,
etc.
Essentiellement végétarien,
le chimpanzé se nourrit aussi d'insectes,
et notamment de fourmis, de termites et de chenilles.
Il arrive également que certains, habitant
la savane, mangent de petits mammifères
dont la taille peut atteindre celle du potamochère,
le voisin africain du sanglier.
Dans la réserve du fleuve
Gombe, en Tanzanie, la primatologue Jane van Lawick-Goodall
en a même vu dévorer d'autres singes.
Lorsqu'il se comporte en prédateur,
c'est bien souvent le hasard qui lui désigne
sa proie, singes, jeune antilope ou petit rongeur,
que le singe capture par surprise ou après
l'avoir traquée et éloignée
de sa mère.
Plus rarement, le chimpanzé
chasse en bande. On a observé, en Côte
d'Ivoire, une troupe de six individus réunie
pour bloquer dans les branches un singe adulte
d'une autre espèce. Une fois toutes les
issues interdites à leur proie, un mâle
se charge de la mise à mort. Lorsqu'il
consomme de la viande, le chimpanzé la
mastique lentement et avale quelques feuilles
après chaque bouchée.
Le chimpanzé boit peu.
Il sait recueillir dans ses lèvres l'eau
de pluie retenue par une feuille, plonger sa main
dans l'eau et faire goutter le liquide au-dessus
de sa bouche, ou encore se servir d'une feuille
ou d'une écorce comme coupelle pour puiser
au creux des troncs d'arbre.
La reproduction
Au contraire de beaucoup d'animaux,
le chimpanzé commun ne s'embarrasse d'aucune
parade sexuelle.
La femelle, lorsqu'elle est
prête à s'accoupler, se signale par
le gonflement de ses organes génitaux,
qui prennent une teinte rouge-rosé, agissant
comme un véritable appel pour les mâles
adultes.
Le groupe n'est pas structuré
sur le mode du couple: chaque mâle peut
se reproduire avec n'importe laquelle des femelles.
La primatologue Jane Goodall a même
observé une femelle accepter l'accouplement
avec sept mâles successifs!
Les chaleurs des femelles se
produisent toutes les quatre à six semaines,
sauf pendant la période d'allaitement qui
dure 30 à 54 mois. C'est pourquoi,
bien qu'elle reste fertile en moyenne vingt-cinq
ans, il est très rare qu'une femelle donne
naissance à plus de cinq petits dans sa
vie. L'intervalle entre deux grossesses varie de 2,5 ans à 5,5 ans.
La gestation dure en moyenne 230 jours. La femelle met au monde un petit pesant entre 1,8
et 2 kilos. Les jumeaux sont exceptionnels
et dans ce cas, l'un des deux meurt généralement
au bout de quelques jours.
Le chimpanzé naît
avec une face claire, qui foncera au fil des années,
sauf pour le bonobo, dont le visage est immédiatement
noir.
Comme chez les humains, le nouveau-né
est entièrement démuni et sa mère
doit pourvoir à l'ensemble de ses besoins.
Commence alors la longue période de l'allaitement.
Il parvient, vers quatre mois,
à se tenir à califourchon sur son
dos.
Un chimpanzé
joue sous la pluie. By BarnoidLicence
À deux ans, le chimpanzé
joue bruyamment en compagnie de ses congénères.
Il sait trouver sa nourriture dans la nature.
Mais si son régime alimentaire est alors
essentiellement composé d'éléments
solides, sa mère n'en continue pas moins
de l'allaiter, et ce, même si elle met au
monde un nouveau petit.
Les jeunes ne quittent véritablement la
protection maternelle qu'à la puberté,
vers neuf ans.
Jusque-là, le lien maternel
a été extrêmement fort. À
mesure que sa croissance avance, le jeune s'écarte
progressivement d'elle. À l'adolescence,
il reste fréquemment seul ou en compagnie
d'adultes qui ne sont pas ses parents. À
treize ans, il abandonne le jeu et le lien privilégié
qu'il entretenait avec sa mère est rompu.
Adulte parmi les adultes, le jeune mâle
devra s'imposer dans le groupe.
La protection du chimpanzé
Le commerce de chimpanzé
continue malgré son interdiction. Zoos
et cirques sont très demandeurs ainsi que
les chercheurs qui les utilisent en laboratoire.
De plus, leur milieu naturel est saccagé
à cause de la pression démographique.
Un jeune
né en captivité et sa mère.
By Tim Ellis .Licence
On estime aujourd’hui
la population de chimpanzés communs à
environ 250 000 pour 10 à 20 000 bonobos.
Les Européens et les
Asiatiques sont demandeurs de chimpanzés.
On estime que pour chaque jeune capturé,
10 à 30 adultes sont tués. Cette
tuerie ne s’effectue que pour l’amusement
de l’Homme….
Près de 50% des chimpanzés
exportés illégalement meurent pendant
le voyage. Pour ceux qui sont récupérés,
la réimplantation dans leur milieu naturel
est très difficile. Ils ont subi un tel
traumatisme qu’ils ne peuvent plus se réacclimater
à la vie sauvage.
Cependant, des centres spécialisés
essayent de s’y employer.
Seul les pays africains pourront
sauver les primates. Ces pays prennent aujourd’hui
conscience de l’attrait de la nature pour
les touristes. Ce tourisme est une source de revenus
et cet interêt financier pourra peut-être
sauver nos proches cousins.
Dernières découvertes sur les chimpanzés
Les chimpanzés utilisent des outils depuis au moins 4 300 ans. C'est ce qui ressort d'une découverte effectuée en février 2007 en Côte d'Ivoire.
L'équipe d'archéologues dirigée par Julio Mercader a effectué des recherches sur trois sites de la forêt de Taï. Il ont découvert à dix mètres de profondeur, des pierres utilisées comme percuteurs. Une analyse approfondie a permit de déceler des restes d'amidon provenant de noix locales.
L'université de Calgary (Canada) a publié cette étude dans les PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences).
Règne: Animalia
Phylum: Chordata
Classe: Mammalia
Ordre: Primates
Famille: Hominidae
Genre: Pan
Espèce: P. troglodytes
Références bibliographiques
et Crédit photographique
Le chimpanzé, Editions
Marshall Cavendish 1994
Hommage aux primates, Steve
Bloom ; Editions Könemann
Larousse des Animaux. Les grands singes pp.118 à 121. Editions Larousse 2006
Les photos sous
licence creative commons proviennent du siteFlickr