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Doit-on faire stériliser son chien ?

Choix du sexe : mâle ou femelle ?

Tous les propriétaires qui prennent soin de leur compagnon se posent fatalement un jour la question de savoir si la stérilisation est une bonne solution.
Personnellement, je me suis posée la question avec l’arrivée d’Ulysse, le premier mâle de la famille.
Depuis 35 ans, je n’avais toujours eu que des femelles et la question de la stérilisation ne s’était posée que pour des raisons médicales.
Mais avec un mâle, le problème est très différent, car ces « messieurs » sont beaucoup plus difficiles à gérer.
C’est d’ailleurs la seconde question qu’il est bon de se poser quand on souhaite adopter un chien : dois-je choisir un mâle ou une femelle ?

Choix du sexe d’un chien

À part pour ceux qui souhaitent acquérir des chiens de race en prévision d’une éventuelle reproduction, les futurs maîtres ne se posent pas forcément la question du sexe lors de l’achat ou de l’adoption d’un chien.

Du point de vue affectif, contrairement à ce qui peut être prétendu, je n’ai vu aucune différence.
Il est vrai aussi qu’Ulysse est particulièrement affectueux. Cependant, mâle ou femelle, du moment que l’amour est réciproque, il n’existe pas de différence au niveau du comportement.

Là où il existe une réelle différence qui pose de véritables problèmes, c’est au niveau des relations entre congénères.
Le chien est un canidé et de ce fait les mâles sont très territoriaux. Malgré la domestication, il a conservé ses instincts et la dominance du mâle fait partie intégrante de leur organisation sociale.

En 35 ans, je n’ai jamais eu le moindre problème avec mes chiennes. Je ne me posais même pas la question, car elles ne sont jamais rentrées en conflit avec d’autres chiens ou chiennes.
C’est un gros avantage, car on peut se balader n’importe où sans craindre la bagarre.

Basset artesien normand

Sissi, mon basset artésien normand. © dinosoria.com

Avec un mâle, les promenades deviennent plus compliquées. Les bagarres sont fréquentes avec parfois des conséquences aussi bien pour le chien que pour le maître.
Mon vétérinaire me disait qu’il voyait défiler en permanence des maîtres qui s’étaient fait mordre en essayant d’intervenir et des chiens parfois salement amochés.

Le problème se pose également si vous recevez des amis qui possèdent un chien. Là encore il faut prendre de nombreuses précautions.

Soyons clairs, posséder un mâle n’est pas de tout repos d’autant plus que beaucoup de gens sont irresponsables et laissent vagabonder leur mâle sans se préoccuper des conséquences.

Ce point noir étant bien établi, pour le reste, le plaisir est identique.

Stériliser ou pas ?

En préambule, sachez que les propriétaires de chiens dits de première catégorie, les pit-bulls par exemple, il n’y a pas de choix. La loi du 6 janvier 1999 sur les animaux considérés comme dangereux les y oblige.

En France, la question de la stérilisation est assez récente. Les jeunes vétérinaires sont plus sensibles à ce problème, car manifestement ils sont influencés par la mode anglo-saxonne. Que ce soit aux États-Unis ou en Angleterre, les maîtres font systématiquement stériliser les mâles comme les femelles.
C’est une habitude.

Dans les pays plus méditerranéens, la stérilisation des mâles a été pendant longtemps un sujet tabou.
C’est d’ailleurs assez amusant de constater que les hommes sont beaucoup plus réticents pour faire stériliser un mâle qu’une femelle.
Je l’ai moi-même constaté dans mon entourage et cela m’a été confirmé par plusieurs vétérinaires, mais également la responsable du refuge SPA de ma région.

Ulysse

Ulysse, un chien que j'ai adopté à la SPA. © dinosoria

Chez les chiennes, la stérilisation a plusieurs avantages. Tout d’abord, elle stoppe les grossesses nerveuses. J’ai eu ce problème avec Sissi, mon basset artésien normand et la stérilisation était la seule solution.

Cela évite à l’animal d’avoir un comportement compulsif qui se traduit souvent par l’adoption d’un objet.
Votre chienne retrouvera un comportement normal.

Concernant Sally, mon autre chienne, la stérilisation est intervenue à 10 ans quand on a détecté des tumeurs mammaires.
Cela lui a permis de vivre 8 ans de plus.

Les tumeurs mammaires sont très fréquentes chez les femelles à partir de l’âge de 7 ou 8 ans et la stérilisation diminue largement ce risque.

Bien sûr, l’opération évite les chaleurs et les risques de grossesse non désirée.

Il faut quand même savoir que c’est une opération assez lourde chez les femelles qui nécessite une anesthésie générale. Certaines femelles peuvent avoir un problème d’incontinence, mais il se traître très bien.
Par contre, le prix reste beaucoup trop élevé.

Chez les mâles, la castration évite les fugues, mais pas toujours l’agressivité entre congénères. J’ai posé la question à deux vétérinaires qui m’ont répondu que dépassé 2 ans, l’opération n’avait aucune incidence sur l’agressivité.

Sissi et Sally

Sissi et Sally. Petite bagarre entre copines. © dinosoria

Certains vous diront que la castration évite les problèmes de prostate ou les cancers des testicules, mais les statistiques effectuées aux États-Unis ne sont pas probantes.

Mâle ou femelle, la stérilisation peut entraîner une importante prise de poids. Il est impératif si votre chien grossit d’adapter son alimentation et de lui faire prendre de l’exercice.
Certaines races sont plus sensibles à ce problème que d’autres (labrador, terre-neuve, épagneul breton …)

Personnellement, j’ai eu un problème de prise de poids avec mon basset artésien mais pas avec Sally, un croisé griffon.

On peut lire sur le Net que certains mettent en avant les risques d’infection postopératoires, mais très franchement, actuellement, les risques sont quasiment nuls.
Les vétérinaires maîtrisent parfaitement ce type d’opération et il suffit d’être vigilant pendant une semaine après l’opération en vérifiant que le pansement reste propre.

Il est à noter que la castration est une opération moins lourde que la stérilisation chez une femelle.
Le prix est d’ailleurs moins élevé.

La castration n’a aucune incidence sur les capacités physiques de l’animal.

En définitive, ce sont surtout nos propres scrupules qui nous font hésiter, car nous avons tendance à nous projeter à travers notre animal.

Nous devons donc prendre la décision uniquement par rapport au bien-être de notre compagnon et non en fonction de notre propre mode de pensée.
En ce qui me concerne, j’ai décidé de ne pas faire castrer mon chien, car il ne fugue pas et l’opération ne résoudra pas sa tendance à vouloir « être le chef ».

La décision dépend donc grandement du comportement de votre chien.

V. Battaglia (19.05.2009)

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