Doit-on faire stériliser son chien ? Choix du sexe : mâle ou femelle ? Tous les propriétaires qui prennent soin de leur compagnon se posent fatalement un jour la question de savoir si la stérilisation est une bonne solution. |
A part pour ceux qui souhaitent acquérir des chiens de race en prévision d’une éventuelle reproduction, les futurs maîtres ne se posent pas forcement la question du sexe lors de l’achat ou de l’adoption d’un chien. Du point de vue affectif, contrairement à ce qui peut être prétendu, je n’ai vu aucune différence. Là où il existe une réelle différence qui pose de véritables problèmes, c’est au niveau des relations entre congénères. En 35 ans, je n’ai jamais eu le moindre problème avec mes chiennes. Je ne me posais même pas la question car elles ne sont jamais rentrées en conflit avec d’autres chiens ou chiennes.
Sissi, mon basset artésien normand. © Terra Nova Avec un mâle, les promenades deviennent plus compliquées. Les bagarres sont fréquentes avec parfois des conséquences aussi bien pour le chien que pour le maître. Le problème se pose également si vous recevez des amis qui possèdent un chien. Là encore il faut prendre de nombreuses précautions. Soyons clairs, posséder un mâle n’est pas de tout repos d’autant plus que beaucoup de gens sont irresponsables et laissent vagabonder leur mâle sans se préoccuper des conséquences. Ce point noir étant bien établi, pour le reste, le plaisir est identique.
En préambule, sachez que les propriétaires de chiens dits de première catégorie, les pit-bull par exemple, il n’y a pas de choix. La loi du 6 janvier 1999 sur les animaux considérés comme dangereux les y oblige. En France, la question de la stérilisation est assez récente. Les jeunes vétérinaires sont plus sensibles à ce problème car manifestement ils sont influencés par la mode anglo-saxonne. Que se soit aux Etats-Unis ou en Angleterre, les maîtres font systématiquement stériliser les mâles comme les femelles. Dans les pays plus méditerranéens, la stérilisation des mâles a été pendant longtemps un sujet tabou.
Ulysse, un chien que j'ai adopté à la SPA. © Terra Nova Chez les chiennes, la stérilisation a plusieurs avantages. Tout d’abord, elle stoppe les grossesses nerveuses. J’ai eu ce problème avec Sissi, mon basset artésien normand et la stérilisation était la seule solution. Cela évite à l’animal d’avoir un comportement compulsif qui se traduit souvent par l’adoption d’un objet. Concernant Sally, mon autre chienne, la stérilisation est intervenue à 10 ans quand on a détecté des tumeurs mammaires. Les tumeurs mammaires sont très fréquentes chez les femelles à partir de l’âge de 7 ou 8 ans et la stérilisation diminue largement ce risque. Bien sûr, l’opération évite les chaleurs et les risques de grossesse non désirée. Il faut quand même savoir que c’est une opération assez lourde chez les femelles qui nécessite une anesthésie générale. Certaines femelles peuvent avoir un problème d’incontinence mais il se traître très bien. Chez les mâles, la castration évite les fugues mais pas toujours l’agressivité entre congénères. J’ai posé la question à deux vétérinaires qui m’ont répondu que dépassé 2 ans, l’opération n’avait aucune incidence sur l’agressivité.
Sissi et Sally. Petite bagarre entre copines. © Terra Nova Certains vous diront que la castration évite les problèmes de prostate ou les cancers des testicules mais les statistiques effectuées aux Etats-Unis ne sont pas probantes. Mâle ou femelle, la stérilisation peut entraîner une importante prise de poids. Il est impératif si votre chien grossit d’adapter son alimentation et de lui faire prendre de l’exercice. Personnellement, j’ai eu un problème de prise de poids avec mon basset artésien mais pas avec Sally, un croisé griffon. On peut lire sur le Net que certains mettent en avant les risques d’infection postopératoires mais très franchement, actuellement, les risques sont quasiment nuls. Il est à noter que la castration est une opération moins lourde que la stérilisation chez une femelle. La castration n’a aucune incidence sur les capacités physiques de l’animal. En définitive, ce sont surtout nos propres scrupules qui nous font hésiter car nous avons tendance à nous projeter à travers notre animal. Nous devons donc prendre la décision uniquement par rapport au bien être de notre compagnon et non en fonction de notre propre mode de pensée. La décision dépend donc grandement du comportement de votre chien. Véronique Battaglia (19.05.2009) |


