La découverte de Chichén
Itzá
Selon
une légende, le dieu-roi toltèque
Quetzalcóatl conquit la plus florissante
ville maya du Yucatán au IVe siècle.
Au
XVIe siècle, l'évêque espagnol,
Diego de Landa, chargé de christianiser
les Mayas du Yucatán, apprit que des fidèles
accomplissaient régulièrement des
pèlerinages en un lieu sacré. Il
découvrit alors que tout près des
ruines d'une ancienne ville, se trouvait un grand
puits naturel vénéré depuis
toujours par les indigènes.

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Diego
de Landa raconte dans La Relacion de las cosas
de Yucatán que des hommes et des femmes
sont jetés vivants dans les eaux troubles
et profondes d'un puits que les Espagnols appellent
« cenote », une hispanisation du mot
maya dzonot.
Peu
à peu, il apprit qu'il s'agissait en fait
de sacrifices humains pratiqués dans le
cadre d'un très ancien culte de l'eau et
de la fertilité. Quant aux vestiges près
du puits, c'était ceux d'une des plus belles
cités mayas : Chichén Itzá.

El Castillo. By
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John Stephens et Frederick Catherwood s'y rendirent
en 1814 pour y entreprendre les premières
recherches archéologiques. Celles-ci seront
poursuivies par des spécialistes nord-américains
et en 1900, par le célèbre archéologue
Edward Thompson, qui descendit dans le fameux
puits sacré.
Les
nombreuses campagnes de fouilles ont permis de
libérer de splendides édifices de
l'emprise de la jungle.
L’histoire de Chichén Itzá
Chichén
Itzá a été érigée
sur un site occupé dès le IVe siècle
de notre ère. La ville connut son apogée
grâce à une tribu qui venait du sud.
Les constructions en style puuc « colline
» remontent à cette époque.
Ce sont des constructions basses, arborant des
mosaïques de petites pierres aux motifs géométriques.

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À
la fin du Classique (800-950 après J.-C.),
alors que les villes mayas des Basses Terres avaient
commencé à péricliter et
à perdre leurs habitants, une tribu, les
Itzas, fonda un petit centre dont la vie dépendait
essentiellement du culte du cenote Sacré
(puit sacré).

Le jaguar est très
présent à Chichén Itzà.
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Les
sources archéologiques et historiques attestent
ensuite l'arrivée à Chichén
Itzà d'une nouvelle ethnie, les Toltèques,
vers la fin du Xe siècle. Ces derniers
venaient de Tula, laquelle avait été
pendant plusieurs siècles la capitale du
plateau mexicain après la chute de Teotihuacàn.
Des documents historiques d'origine toltèque
nous apprennent que vers 987, une grande partie
de la population la quitta sous le commandement
de son roi Ce Acatl Topiltzin qui, destitué
par son frère maudit Tezcatlipoca, avait
entrepris un long périple dans les territoires
mexicains pour échouer finalement au Yucatàn.

D'énormes
têtes de serpents sont présentent
sur l'ensemble du site. By Hot Pixel Action
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Le
souverain et ses sujets s'installèrent
à Chichén Itzà, où
ils fondèrent leur nouvelle capitale qu'ils
embellirent de monuments grandioses. Les sources
et la tradition historiques assimilent Ce Acatl
Tolpitzin et Quetzalcóatl, le Serpent à
plumes dont le culte et l'iconographie imprègnent
tous les monuments du site.

Cet édifice
était un pavillon où l'élite
se retrouvait pour le jeu de balle. By
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Les
Mayas yucatèques vénérèrent
cette divinité toltèque qui supplanta
les divers cultes des ancêtres sous le nom
de Kukulcán.
Vers
1000 après J.-C., Chichén Itzà
se transforme en un grand centre urbain dont les
innombrables monuments reflètent la fusion
entre la culture maya de la fin du Classique et
celle des Toltèques.

Détail de
l'une des façades. By Hot Pixel Action
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L'art
de Chichén Itzá porte l'empreinte
d'une classe dirigeante beaucoup plus militarisée
que celle des villes qui se sont épanouies
dans les Basses Terres aux siècles précédents.
Tout comme à Tula, on perçoit nettement
la présence d'une véritable idéologie
guerrière.
Chichén
Itzá a été abandonné
par la population vers 1400 pour des raisons inconnues.
Jeu de la balle
Au
nord-ouest du centre cérémoniel
se trouve le terrain du jeu de balle. C'est actuellement
le plus grand de Méso-amérique avec
une superficie de 7 000 mètres carrés.
Il est dominé à l’est par
le temple des Jaguars.
Le
terrain se composait, en règle générale,
de deux constructions rectangulaires parallèles,
entre lesquelles se déroulait le jeu de
la balle.
On
connaît mal les règles de ce jeu
et on ne sait toujours pas de façon certaine
si l’on sacrifiait en fin de partie les
perdants ou le capitaine de l’équipe
perdante.
Ce jeu revêtait une grande importance, symbolique
et religieuse, chez les Mayas. Les adversaires
représentaient les forces cosmiques, par
exemple le Soleil contre la Lune, ou, parfois,
les dieux des Enfers contre les dieux célestes.

Vue panoramique
sur le jeu de balle. By Paul Mannix Licence
Deux
équipes s'affrontaient, occupant chacune
une moitié de terrain. Du fond du terrain,
un joueur frappait de la main la balle, qui devait
arriver, après n'avoir fait qu'un seul
rebond, sur le mur du terrain adverse.
Les
murs latéraux étaient jalonnés
d'anneaux en pierre. Le joueur qui parvenait à
faire passer la balle dans l'anneau obtenait un
point exceptionnel pour son équipe.
On
pratiquait également ce jeu pour que les
dieux se multiplient et que le cosmos continue
d'exister.
Durant les cérémonies du jeu, on
se livrait parfois à des sacrifices humains
et, à cette occasion, les victimes (souvent
des prisonniers de guerre) étaient décapitées.
La tête symbolisait l'astre, représenté
par une balle en caoutchouc sur le terrain.

Anneau du jeu de
balle. By Bruno Girin Licence
Certaines
représentations prouvent que des sacrifices
se déroulaient en fin de match. L’un
des bas-reliefs qui orne le mur du jeu de balle
représente la décapitation d’un
joueur devant ses camarades.
Les bas-reliefs des murs du terrain illustrent
avec précision la terreur des joueurs.
Cela
peut sembler sanguinaire mais dans le Popol Vuh,
texte religieux qui se rapporte à la création
du monde, les dieux-héros affrontent les
démons dans le jeu de balle.
Ce n’était donc pas une simple compétition
entre deux équipes mais bel et bien l’avenir
de tout un peuple qui était symboliquement
en jeu.
Le mur des crânes
Appelé
également mur des Crânes, le tzompantli
est peut-être le monument le plus macabre
de Chichén ltzà.

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Il
reflète une société complètement
obsédée par les sacrifices humains.
Il s'agit d'une plateforme rectangulaire en pierre
dont les côtés sont tapissés
d'une frise continue de bas-reliefs figurant des
crânes embrochés.
C'est
une réplique du tzompantli d'origine qui
était en fait une sorte de râtelier
en bois sur lequel on enfilait les crânes
des victimes décapitées. On pense
que ces dernières étaient des prisonniers
de guerre ou bien des membres de l'équipe
perdante au jeu de balle.

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La
présence de tels objets a été
attestée à Tula bien sûr,
mais aussi à Tenochtitlàn, la capitale
des Aztèques dont certaines coutumes étaient
d'origine toltèque.
Le Castillo
Cette
pyramide est le plus grand et le plus emblématique
monument de Chichén Itzà. Elle est
surmontée du temple de Kukulcán,
le Serpent à plumes
Devant
ce monument, trône un Chac-Mool, divinité
couchée, qui tient dans ses mains un plateau.
Il servait de dalle d’autel lors des sacrifices.

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Quand les Espagnols débarquent en 1514
et y installent leurs canons, qui, du sommet de
la tour, dominent tous les environs, ils le baptisent
El Castillo (le Château).
La
pyramide de 30 m de haut se décline sur
neuf étages. Des escaliers, au total 365
marches (une pour chaque jour du calendrier),
grimpent sur ses quatre côtés jusqu'au
temple.
C'est
de là que, aux équinoxes (en général
le 21 mars et le 23 septembre), se manifeste toute
la beauté de la construction. Ces jours-là,
les arêtes des neuf niveaux de la pyramide
créent un jeu d'ombres sur l'escalier,
qui semble se transformer en corps de serpent,
ondoyant vers le bas, vers la base de la pyramide,
où deux grandes têtes de serpent
sculptées dans la pierre, la gueule ouverte,
complètent cette vision magique du reptile
couvert de plumes descendant de son temple.

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Une
large voie cérémonielle, sacbeob
en langue maya, relie l'esplanade dominée
par l'immense Castillo au cenote Sacré,
le grand puits d'origine karstique dans lequel
on jetait les victimes sacrifiées à
Chac, dieu de la Pluie et de la Fertilité.
Le Caracol ou l’observatoire
Appelée
Caracol « escargot » par les Espagnols,
cette étrange bâtisse est une tour
cylindrique, coiffée à l'origine
d'une fausse voûte érigée
sur deux plates-formes superposées. À
l'intérieur, une sorte d'escalier en colimaçon,
d'où le nom choisi par les conquistadores,
conduit à une chambre dont les fenêtres
étaient orientées de façon
à permettre l'observation des astres et
de certains phénomènes comme les
solstices et les équinoxes.

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Cet
observatoire est une nouvelle preuve de l’ingéniosité
humaine. Il est vraiment navrant que les Espagnols
venus du Vieux Continent se soient acharnés
sur ce qui restait de la culture raffinée
des Mayas et que, pour justifier un tel gâchis,
ils n'aient rien trouvé de mieux à
faire que qualifier les indigènes de «
sauvages barbares ».

By Bruno
Girin Licence
En
brûlant leurs palais et textes sacrés,
ils ont anéanti un extraordinaire patrimoine
de connaissances scientifiques et astronomiques,
des notions qui n'ont pu être dépassées
qu'à l'époque moderne. Nous ne saurons
jamais jusqu'où l'Homme serait arrivé
si l'intolérance n'avait pas, comme toujours,
prévalu.
Le temple des Jaguars
L’un
des plus célèbres monuments de Chichén
Itzá est le temple des Jaguars. Ce sanctuaire
religieux est orné de têtes de jaguars
et de serpents.
A
l’intérieur du temple, on peut admirer
un jaguar sculpté dans la pierre d’où
se détachent des applications de jade.

By Paul Mannix
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Le
jaguar est présent partout à Chichén
Itzá. Ce symbole de la classe guerrière
toltèque est présent dans le temple
des Guerriers ou dans celui des Mille colonnes.
Tous
ces monuments sont richement décorés
de bas-reliefs et de sculptures : jaguars dévorant
des cœurs humains, guerriers, prêtres,
aigles et serpents à plumes.

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Un
peu partout, on peut voir des têtes de serpents,
aux gueules béantes, qui ornent la base
des piliers.
Caractérisée par des crocs de félin,
l’image du Serpent à plumes est propre
à ce site. On l’assimile au culte
de Quetzalcóatl.
Le temple des Guerriers
À
l'est du tzompantli s'élève la masse
imposante du temple des Guerriers et, tout près
de là, le groupe des Mille Colonnes.
Les colonnes, autrefois recouvertes de stuc et
peintes, représentent des guerriers en
armure.

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Cette
grande pyramide à degrés fut probablement
érigée au XIIe siècle de
notre ère. Le temple est dédié
à Vénus, l’Etoile du Matin.
Là
encore, en haut du temple des Guerriers, se dresse
un Chac-Mool. Cette pratique des sacrifices était
devenue obsessionnelle à cette époque.

By Jimg944
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Ce
type d'autel était encore utilisé
à l'époque de la Conquête
pour immoler les victimes destinées aux
sacrifices. Les quatre massifs de la pyramide
sont recouverts de frises où alternent
les scènes glorifiant les ordres militaires
toltèques - les Aigles et les Jaguars -
et les descriptions de sacrifices sanglants.

By Arnd W
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Le
groupe des Mille Colonnes longe deux côtés
d'une place trapézoïdale sur laquelle
donne une structure qui accueillait probablement
un marché couvert.
Mais, rien ne prouve que des activités
commerciales aient eu lieu ici.
V.B
(04.02.2007)
Références bibliographiques
Splendeurs
des civilisations perdues, éditions Gründ.
Civilisations disparues, Nov’edit. Les Toltèques,
l’histoire du Monde, Larousse, N°37.
Les sites archéologiques, éditions
Gründ.
Dossiers
complémentaires sur les peuples Amérindiens
Tiahuanaco
et les Mystères des Cités Incas
Sacrifices
rituels chez les Incas
< Archéologie
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