Chichén
Itzá
Dans
le Yucatán, au Mexique, on peut admirer
Chichén Itzá, l’une des principales
cités Maya. Cette ancienne métropole
est située entre Merida et Cancan. Bien
que le peuple Maya soit le plus connu, plusieurs
peuples ont occupé ce site entre les IVe
et Xe siècles.
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Les Toltèques et les Aztèques l’appelaient Quetzalcóatl, les Mayas, Kukulcán. Le « serpent avec les plumes de l’oiseau quetzal » (traduction littérale du nom), était le protecteur des prêtres et des souverains, le maître de la sagesse et des vents.
Sculpture représentant le Serpent à plumes. By M I L I N T O C Dans le panthéon maya, peuplé de divinités sanguinaires, Quetzalcóatl- Kukulcán n’exigeait des fidèles que des sacrifices de serpents, d’oiseaux et de papillons. Pourtant, on sait que de nombreux sacrifices humains se sont déroulés en l’honneur de ce dieu. Le quetzal est un oiseau d’une très grande beauté. A l’époque des Mayas, tuer un quetzal était passible de la peine de mort.
Quetzal à Teotihuacan. By kudumomo Les plumes de l’oiseau étaient si précieuses qu’elles étaient utilisées comme monnaie. Les conquistadors et leurs descendants ont tué par milliers ce magnifique oiseau jusqu’en 1895, date de l’interdiction.
Quetzal. By toryporter Aujourd’hui, le quetzal vit en populations réduites dans quelques parcs protégés.
Selon une légende, le dieu-roi toltèque Quetzalcóatl conquit la plus florissante ville maya du Yucatán au IVe siècle. Au XVIe siècle, l'évêque espagnol, Diego de Landa, chargé de christianiser les Mayas du Yucatán, apprit que des fidèles accomplissaient régulièrement des pèlerinages en un lieu sacré. Il découvrit alors que tout près des ruines d'une ancienne ville, se trouvait un grand puits naturel vénéré depuis toujours par les indigènes.
Puits sacré appelé cenote. By Ramonbaile Diego de Landa raconte dans La Relacion de las cosas de Yucatán que des hommes et des femmes sont jetés vivants dans les eaux troubles et profondes d'un puits que les Espagnols appellent « cenote », une hispanisation du mot maya dzonot. Peu à peu, il apprit qu'il s'agissait en fait de sacrifices humains pratiqués dans le cadre d'un très ancien culte de l'eau et de la fertilité. Quant aux vestiges près du puits, c'était ceux d'une des plus belles cités mayas : Chichén Itzá.
El Castillo. By Jimg944 John Stephens et Frederick Catherwood s'y rendirent en 1814 pour y entreprendre les premières recherches archéologiques. Celles-ci seront poursuivies par des spécialistes nord-américains et en 1900, par le célèbre archéologue Edward Thompson, qui descendit dans le fameux puits sacré. Les nombreuses campagnes de fouilles ont permis de libérer de splendides édifices de l'emprise de la jungle.
Chichén
Itzá a été érigée
sur un site occupé dès le IVe siècle
de notre ère. La ville connut son apogée
grâce à une tribu qui venait du sud.
Gros plan sur le mur des crânes . By theilr À la fin du Classique (800-950 après J.-C.), alors que les villes mayas des Basses Terres avaient commencé à péricliter et à perdre leurs habitants, une tribu, les Itzas, fonda un petit centre dont la vie dépendait essentiellement du culte du cenote Sacré (puit sacré).
Le jaguar est très présent à Chichén Itzà. By Jimg 944 Les sources archéologiques et historiques attestent ensuite l'arrivée à Chichén Itzà d'une nouvelle ethnie, les Toltèques, vers la fin du Xe siècle. Ces derniers venaient de Tula, laquelle avait été pendant plusieurs siècles la capitale du plateau mexicain après la chute de Teotihuacàn. Des documents historiques d'origine toltèque nous apprennent que vers 987, une grande partie de la population la quitta sous le commandement de son roi Ce Acatl Topiltzin qui, destitué par son frère maudit Tezcatlipoca, avait entrepris un long périple dans les territoires mexicains pour échouer finalement au Yucatàn.
D'énormes têtes de serpents sont présentes sur l'ensemble du site. By Flem007_uk Le souverain et ses sujets s'installèrent à Chichén Itzà, où ils fondèrent leur nouvelle capitale qu'ils embellirent de monuments grandioses. Les sources et la tradition historiques assimilent Ce Acatl Tolpitzin et Quetzalcóatl, le Serpent à plumes dont le culte et l'iconographie imprègnent tous les monuments du site.
Cet édifice était un pavillon où l'élite se retrouvait pour le jeu de balle. By Jimg944 Les Mayas yucatèques vénérèrent cette divinité toltèque qui supplanta les divers cultes des ancêtres sous le nom de Kukulcán. Vers 1000 après J.-C., Chichén Itzà se transforme en un grand centre urbain dont les innombrables monuments reflètent la fusion entre la culture maya de la fin du Classique et celle des Toltèques.
Bas-relief. Guerrier décapité. By Alaskan Dude L'art de Chichén Itzá porte l'empreinte d'une classe dirigeante beaucoup plus militarisée que celle des villes qui se sont épanouies dans les Basses Terres aux siècles précédents. Tout comme à Tula, on perçoit nettement la présence d'une véritable idéologie guerrière. Chichén Itzá a été abandonnée par la population vers 1400 pour des raisons inconnues.
Au nord-ouest du centre cérémoniel se trouve le terrain du jeu de balle. C'est actuellement le plus grand de Méso-amérique avec une superficie de 7 000 m². Il est dominé à l’est par le temple des Jaguars. Le terrain se composait, en règle générale, de deux constructions rectangulaires parallèles, entre lesquelles se déroulait le jeu de la balle. On
connaît mal les règles de ce jeu
et on ne sait toujours pas de façon certaine
si l’on sacrifiait en fin de partie les
perdants ou le capitaine de l’équipe
perdante.
Vue panoramique sur le jeu de balle. By Paul Mannix Deux équipes s'affrontaient, occupant chacune une moitié de terrain. Du fond du terrain, un joueur frappait de la main la balle, qui devait arriver, après n'avoir fait qu'un seul rebond, sur le mur du terrain adverse. Les murs latéraux étaient jalonnés d'anneaux en pierre. Le joueur qui parvenait à faire passer la balle dans l'anneau obtenait un point exceptionnel pour son équipe. On
pratiquait également ce jeu pour que les
dieux se multiplient et que le cosmos continue
d'exister.
Anneau du jeu de balle. By Bill Hails Certaines
représentations prouvent que des sacrifices
se déroulaient en fin de match. L’un
des bas-reliefs qui orne le mur du jeu de balle
représente la décapitation d’un
joueur devant ses camarades. Cela
peut sembler sanguinaire mais dans le Popol Vuh,
texte religieux qui se rapporte à la création
du monde, les dieux-héros affrontent les
démons dans le jeu de balle.
Appelé également mur des Crânes, le tzompantli est peut-être le monument le plus macabre de Chichén ltzà.
Mur des crânes. By Jimg944 Il reflète une société complètement obsédée par les sacrifices humains. Il s'agit d'une plateforme rectangulaire en pierre dont les côtés sont tapissés d'une frise continue de bas-reliefs figurant des crânes embrochés. C'est une réplique du tzompantli d'origine qui était en fait une sorte de râtelier en bois sur lequel on enfilait les crânes des victimes décapitées. On pense que ces dernières étaient des prisonniers de guerre ou bien des membres de l'équipe perdante au jeu de balle.
Détail du mur des crânes. By Star 5112 La présence de tels objets a été attestée à Tula bien sûr, mais aussi à Tenochtitlàn, la capitale des Aztèques dont certaines coutumes étaient d'origine toltèque.
Cette pyramide est le plus grand et le plus emblématique monument de Chichén Itzà. Elle est surmontée du temple de Kukulcán, le Serpent à plumes Devant ce monument, trône un Chac-Mool, divinité couchée, qui tient dans ses mains un plateau. Il servait de dalle d’autel lors des sacrifices.
El Castillo . By kyle simourd Quand les Espagnols débarquent en 1514 et y installent leurs canons, qui, du sommet de la tour, dominent tous les environs, ils le baptisent El Castillo (le Château). La pyramide de 30 m de haut se décline sur neuf étages. Des escaliers, au total 365 marches (une pour chaque jour du calendrier), grimpent sur ses quatre côtés jusqu'au temple. C'est de là que, aux équinoxes (en général le 21 mars et le 23 septembre), se manifeste toute la beauté de la construction. Ces jours-là, les arêtes des neuf niveaux de la pyramide créent un jeu d'ombres sur l'escalier, qui semble se transformer en corps de serpent, ondoyant vers le bas, vers la base de la pyramide, où deux grandes têtes de serpent sculptées dans la pierre, la gueule ouverte, complètent cette vision magique du reptile couvert de plumes descendant de son temple.
Têtes de serpent sculptées dans la pierre. By Jimg944 Une large voie cérémonielle, sacbeob en langue maya, relie l'esplanade dominée par l'immense Castillo au cenote Sacré, le grand puits d'origine karstique dans lequel on jetait les victimes sacrifiées à Chac, dieu de la Pluie et de la Fertilité.
Appelée Caracol « escargot » par les Espagnols, cette étrange bâtisse est une tour cylindrique, coiffée à l'origine d'une fausse voûte érigée sur deux plates-formes superposées. À l'intérieur, une sorte d'escalier en colimaçon, d'où le nom choisi par les conquistadores, conduit à une chambre dont les fenêtres étaient orientées de façon à permettre l'observation des astres et de certains phénomènes comme les solstices et les équinoxes.
Caracol ou observatoire. By Jimg944 Cet observatoire est une nouvelle preuve de l’ingéniosité humaine. Il est vraiment navrant que les Espagnols venus du Vieux Continent se soient acharnés sur ce qui restait de la culture raffinée des Mayas et que, pour justifier un tel gâchis, ils n'aient rien trouvé de mieux à faire que qualifier les indigènes de « sauvages barbares ».
Caracol. By J Barcena En brûlant leurs palais et textes sacrés, ils ont anéanti un extraordinaire patrimoine de connaissances scientifiques et astronomiques, des notions qui n'ont pu être dépassées qu'à l'époque moderne. Nous ne saurons jamais jusqu'où l'Homme serait arrivé si l'intolérance n'avait pas, comme toujours, prévalu.
L’un des plus célèbres monuments de Chichén Itzá est le temple des Jaguars. Ce sanctuaire religieux est orné de têtes de jaguars et de serpents. A l’intérieur du temple, on peut admirer un jaguar sculpté dans la pierre d’où se détachent des applications de jade.
Jaguar en pierre dans le temple. By Paul Mannix Le jaguar est présent partout à Chichén Itzá. Ce symbole de la classe guerrière toltèque est présent dans le temple des Guerriers ou dans celui des Mille colonnes. Tous ces monuments sont richement décorés de bas-reliefs et de sculptures : jaguars dévorant des cœurs humains, guerriers, prêtres, aigles et serpents à plumes.
El Castillo éclairé la nuit. By Lightmatter Un
peu partout, on peut voir des têtes de serpents,
aux gueules béantes, qui ornent la base
des piliers.
À
l'est du tzompantli s'élève la masse
imposante du temple des Guerriers et, tout près
de là, le groupe des Mille Colonnes.
Temple des guerriers. By Jimg944 Cette grande pyramide à degrés fut probablement érigée au XIIe siècle de notre ère. Le temple est dédié à Vénus, l’Etoile du Matin. Là encore, en haut du temple des Guerriers, se dresse un Chac-Mool. Cette pratique des sacrifices était devenue obsessionnelle à cette époque.
By Jimg944 Ce type d'autel était encore utilisé à l'époque de la Conquête pour immoler les victimes destinées aux sacrifices. Les quatre massifs de la pyramide sont recouverts de frises où alternent les scènes glorifiant les ordres militaires toltèques - les Aigles et les Jaguars - et les descriptions de sacrifices sanglants.
Le groupe des Mille Colonnes . By Ramonbaile Le
groupe des Mille Colonnes longe deux côtés
d'une place trapézoïdale sur laquelle
donne une structure qui accueillait probablement
un marché couvert. V.Battaglia (04.02.2007)
Splendeurs des civilisations perdues, éditions Gründ. Civilisations disparues, Nov’edit. Les Toltèques, l’histoire du Monde, Larousse, N°37. Les sites archéologiques, éditions Gründ. |
























