Le cheval est fier, ardent et impétueux,
disait le naturaliste Georges Buffon. Symbole
de puissance et de liberté, le cheval a
intensifié le désir des hommes de
le domestiquer, plus que n’importe quel
autre équidé.
Divinisé par les Grecs, adulé par
les Indiens et les Arabes, le cheval a une longue
histoire qui débute à l’Eocène.
Les Equidés
D’après les fossiles connus, les premiers ongulés
modernes apparaissent en Asie, dans le paléocène supérieur
de Chine.
Radinskya représente le plus ancien périssodactyle
et constitue, à ce jour, l’ancêtre commun des
chevaux, rhinocéros et tapirs.
Le cheval appartient à l’ordre des périssodactyles,
c’est-à-dire aux ongulés munis d’un nombre
impair de doigts.
L’un de ces doigts est prédominant et assure le principal
appui au sol de l’animal.
Equus caballus. By Mema NH
La famille des Equidae (équidés) réunit également
les ânes et les zèbres. Réunis sous un seul
genre, Equus, les équidés sont répartis en
neuf espèces dont une espèce éteinte:
Equus caballus (cheval domestique) qui comprend la sous-espèce Equus caballus przewalskii (Cheval de przewalski) qui est le dernier cheval sauvage
Equus kiangou âne sauvage du Tibet. By Frankenschulz
Equus onager (Onagre)
Equus onager (Onagre). By Harry Moon
Equus zebra (zèbre de montagne)
Equus grevyi (zèbre de Grévy)
Equus grevyi. By Kuribo
Equus burchellii (zèbre de Burchell)
Equus burchelli. By
Tgraham
Equus quagga:(espèce éteinte. Dernier spécimen mort en captivité en 1872)
Un ancêtre à quatre doigts
Les premiers équidés possédaient quatre doigts
à l’extrémité de leurs membres antérieurs
et seulement trois aux postérieurs.
Résultat d’une progressive adaptation à la course,
le nombre de doigts reposant sur le sol s’est, au fil des
âges, réduit à trois, puis deux, jusqu’à
l’apparition d’un sabot unique, caractéristique
du cheval actuel.
Apparu pendant l’Eocène, il y a environ 54 millions
d’années, on a cru pendant longtemps que le plus lointain
ancêtre du cheval avait pour nom Hyracotherium leporinum.
Mais, des études récentes le place maintenant parmi
les paléothères.
Reconstitution Hyracotherium ou Eohippus. By Mary Harrsh
Egalement connu sous le nom d’Eohippus, il avait la taille
d’un lévrier et habitait principalement dans les régions
boisées d’Asie, d’Europe et d’Amérique
du Nord.
Ce n’est qu’à la fin du Pliocène, il
y a moins de deux millions d’années, que la forme actuelle
du cheval se stabilise avec Pliohippus.
Découverts aux Etats-Unis, les fossiles attestent, pour la
première fois, de la présence d’un doigt unique,
surmonté par des membres plus allongés que ceux de
ses prédécesseurs.
Les chevaux primitifs
Les premiers chevaux avaient la taille d'un mouton, plusieurs orteils
à chaque pied et des dents adaptées à brouter
les feuilles tendres.
Le schéma classique est celui d'une transformation d'un
petit animal jusqu'au grandes espèces mangeuses d'herbe à
un seul orteil.
En fait, bien que ce ne soit pas entièrement faux, l'histoire
des chevaux est un peu plus complexe.
Les vrais chevaux du genre Equus sont apparus en Amérique
du Nord. Orohippus agilis est l'un des plus anciens cheval connu.
Ses dents à couronne basse étaient adaptées
pour manger des feuilles. Mais, déjà, ses prémolaires
augmentaient de taille. Il mesurait 40 cm au garrot.
Il y a environ 2,5 Ma, les vrais chevaux ont traversé le
pont continental qui reliait l'Alaska et la Sibérie et se
sont répandus en Eurasie et en Afrique.
Mesohippus bairdi vivait durant l'Oligocène en Amérique
du Nord. Ses dents montrent une adaptation plus marquée aux
aliments coriaces. C'est le cheval typique de l'Oligocène
nord-américain. Haut d'environ 55 cm au garrot, il ressemblait
au cheval actuel mais avec trois doigts.
Adaptation et climat
L’histoire des chevaux est intimement liée aux changements
climatiques. Après une longue évolution nord-américaine
au cours de l'Eocène, les chevaux ont migré vers l'Eurasie
au cours de l'Oligocène.
Ces continents, encore reliés à l’époque,
étaient à la veille de se séparer.
Déjà de grande taille, ils commencaient à
ressembler aux chevaux actuels.
Les Anchitheriinae ont été les premiers à
apparaître en Europe. Leur pied avait conservé trois
orteils. Leur cou était plus long que celui des chevaux actuels.
Le groupe va alors évoluer surtout en Amérique du
Nord. Il va devenir plus grand et plus adapté à la
course.
A la fin de l'Eocène (35 Ma), le spaléothères
sont devenus les périssodactyles dominants. Ils étaient
encore assez petits. Cependant, Palaeotherium magnum atteignait
la taille d'un grand poney.
Au cours de l’Oligocène, il y a environ
30 millions d’années, la régression des forets
a contraint l’ensemble des équidés à
gagner les prairies.
Ils ont du s’adapter à un sol plus dur et au milieu
plus ouvert, fréquenté par de nombreux prédateurs.
Des membres plus longs favorisaient la fuite. Cette spécialisation
s’est également traduite par la réduction progressive
du nombre de doigts. Le coussinet plantaire a disparu pour laisser
place à un sabot unique et solide.
Parallèlement, la taille et la puissance des
chevaux a augmenté ; de même, la dentition s’est
adaptée à leur nouveau régime alimentaire :
la mastication d’herbes dures.
La chevauchée sauvage
Le début du miocène américain est marqué
par un foisonnement de formes à trois doigts. Certains équidés
comme Anchitherium vont coloniser les forêts d’Eurasie.
D’autres, comme Merychippus, gagnent les vastes prairies d’Amérique
du Nord dont l’extension est favorisée par l’assèchement
du climat.
Leurs dents se transforment alors en véritables
meules, mieux adaptées aux graminées. Les prémolaires
devinrent plus grandes et finirent par ressembler aux molaires.
Ce sont les précurseurs des chevaux modernes.
Hipparion colonise ensuite l’Eurasie et l’Afrique à
la fin du miocène. Il y côtoie les premiers australopithèques
avant de s’éteindre.
Les os des membres des chevaux actuels sont dotés d’un
mécanisme de verrouillage qui permet à l’animal
de se tenir debout sans effort. Hipparion ne disposait pas d’un
tel mécanisme.
Egalement originaire d’Amérique du Nord, le cheval
moderne (Equus) gagne l’Ancien Monde, il y a 2,5 millions
d’années.
A peu près dans le même temps, il disparaît d’Amérique
du Sud. Il n’y sera réintroduit que par les conquistadors.
Cheval moderne By Stuck in Customs
La lignée des chevaux sauvages est aujourd’hui aux
portes de l’extinction. Le cheval de Przewalski est le dernier
cheval sauvage, c’est-à-dire dont le patrimoine génétique
est resté pur.
Environ 1000 chevaux de Przewalski vivent en captivé dans
le monde. Plusieurs opérations de mise en liberté
sont actuellement en cours afin de le réintroduire dans son
habitat naturel.