Il faut bien reconnaître que si nous connaissons
bien aujourd’hui la surface de Mars, nous
en savons encore bien peu sur la structure interne
de notre planète, la Terre.
Bien sûr, nous n’en sommes plus à
donner crédit aux aventures rocambolesques
de Jules Vernes. Le voyage au centre de la Terre
a été relégué dans le
domaine de la science-fiction depuis longtemps.
Cependant, des zones d’ombre subsistent.
Structure du centre de la Terre
Il y a à peine 150 ans, les savants étaient persuadés
qu’un grand feu central existait au centre de la Terre.
Après tout, les volcans ne crachent-ils pas un mélange
de fumée et de roches en fusion ?
Mais l’invention du sismographe a bouleversé nos connaissances
sur les entrailles terrestres.
Le sismographe permet au géophysicien d’enregistrer
les ondes sismiques. Quand une secousse se produit, des ondes se
propagent dans la Terre. Elles se réfléchissent sur
ses différentes couches :
La croûte externe
Le manteau intérieur
Le noyau central
Ces ondes se rétractent et ressortent à la surface.
L’examen de ces ondes informe donc sur la nature du milieu
qu’elles ont traversé.
Structure de la Terre
La croûte
le manteau supérieur
zone de transition
Manteau inférieur
Couche D
Noyau externe metallique liquide
Noyau externe metallique solide
Les trois zones principales possèdent des caractéristiques
chimiques différentes:
La croûte terrestre est composée
d'une fine couche de roche solide, généralement de
8 kilomètres d'épaisseur sous les océans, mais
en moyenne de 45 kilomètres d'épaisseur sous les continents.
Le manteau est constitué de
roche solide, principalement des silicates de magnésium et
de fer. Le manteau supérieur fait partie de la lithosphère
de roche rigide, dure et froide qui inclut la croûte.
La température et la pression augmentent avec la profondeur.
L'asthénosphère atteint une profondeur d'environ 350
kilomètres avant que l'augmentation de la pression ne renforce
la résistance des roches. Cette région, qui descend
jusqu'à la limite entre le noyau et le manteau, à
environ 2 880 kilomètres de profondeur, s'appelle la mésosphère.
Le noyau de la Terre est majoritairement
composé de fer métallique, avec de moindres quantités
de nickel et d'autres éléments. A l'extérieur
du noyau, la température et la pression s'équilibrent
de telle façon que le fer en fusion est présent sous
forme liquide.
C'est dans la partie externe du noyau,
constituée de fer liquide mobile, que la convection induit
le champ magnétique de la Terre
La présence de fer liquide dans le noyau est notamment
révélée par l'existence d'un fort champ magnétique
autour de la Terre. La pression à l'intérieur du noyau
(à environ 5 000 kilomètres de profondeur) est si
forte que le fer devient solide.
Si on connaît bien la composition du noyau terrestre, par
contre, on ne sait presque rien de la zone de contact située
à 2 900 Km sous nos pieds (CMB core mantle bondary), entre
ce noyau liquide et le manteau rocheux (solide).
Un continent englouti
L’essai nucléaire effectué par la Chine en
1993 a été l’occasion pour les géophysiciens
de reconstituer une image tridimensionnelle des profondeurs de la
Terre.
Cette étude n’a fait que rendre plus épais le
mystère.
En effet, certains chercheurs ont cru déceler sur cette
image des morceaux d’un ancien continent englouti qui flotterait
à la surface du noyau.
Rappelons qu'un séisme est
une secousse qui se manifeste à la surface de la Terre. L'écorce
terrestre est constituée de plusieurs plaques qui se déplacent
les unes par rapport aux autres.
C'est ce qu'on appelle la tectonique des plaques.
Mais ce déplacement n'est pas régulier et se fait
par à-coups. Les séismes naissent au niveau des zones
de contact des plaques. Chaque déplacement provoque un tremblement
de terre.
Il arrive qu’une plaque plonge sous l’autre et se
désagrège dans le manteau.
Si l’hypothèse de ce continent englouti était
exacte, cela impliquerait que certains fragments ont plongé
à 2 900 Km de profondeur.
L’autre sujet de controverse est la nature de la graine
solide. Certains chercheurs se demandent si la graine ne serait
pas, en fait, un énorme cristal de fer.
Comme vous le voyez, les progrès de la science ont chamboulé
toutes nos vieilles certitudes. De nouvelles hypothèses sont
aujourd’hui d’actualité et ne manqueront certainement
pas dans le futur de déboucher sur des découvertes
passionnantes.