Le
trésor des cathares
Hérétiques traqués et massacrés
par la Sainte Inquisition, les derniers des cathares
meurent sur le bûcher, au pied du château
de Montségur, en 1244.
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C’est en Orient que commence l’histoire des cathares.
De Perse, en passant par les Balkans, chemine vers l’Occident
une doctrine religieuse selon laquelle le monde matériel
est la création du démon. Ses rites sont administrés par des prêtres, les « parfaits », à la vie d’une rigoureuse sévérité. Cette Eglise possède ses évêques, sur le modèle de la hiérarchie catholique. Quatre prélats cathares siègent ainsi à Carcassonne, Albi, Toulouse et Agen. De plus, elle entretien des liens avec ses homonymes orientaux. En 1176, l’évêque hérétique de Constantinople préside à Saint-Félix, en Lauragais, un concile qui édicte une charte cathare. C’est une situation inacceptable pour l’Eglise
romaine. Les ennemis des cathares les accusent injustement
de pratiquer des rituels sataniques et de se livrer à
l’inceste. La lutte contre les cathares atteint son paroxysme après
1233, quand les dominicains se voient confier la direction
des tribunaux inquisitoriaux contre eux.
Le système idéologique cathare prône
le dualisme : il existe un Dieu du bien et un Dieu du mal. Cette reconnaissance de deux Dieux ne signifie pas que les cathares adorent Satan mais au contraire qu’ils le dénoncent tout en soulignant sa puissance. Pour les cathares, c’est Satan qui oblige des anges
à s’incarner en hommes pour peupler la Terre.
Depuis 1213, les cathares ont perdu toute initiative. Ils
vivent en clandestin dans les villes ou réfugiés
dans des places fortes.
Le château a été construit entre 1205
et 1211 à la demande du clergé cathare qui en
a fait un centre spirituel et une place forte. Certaines théories soutiennent que Montségur, comme les châteaux de Quéribus et Cabaret, serait également un observatoire et un temple solaire.
A partir de 1240, Montségur abrite une communauté qui s’élève jusqu’à 500 personnes. Ces cathares pensent être protégés par la garnison de chevaliers qui est encadrée par l’évêque cathare de Toulouse, Bertrand Marti. Pour l’Eglise catholique autant que pour le roi de France Louis IX (Saint Louis), Montségur constitue un outrage intolérable à leur autorité.
Quéribus En mai 1243, une armée de 10 000 hommes fait le siège du château. Pendant 10 mois, les défenseurs repoussent tous les assauts.
Peu avant noël, une petite troupe escalade le Roc de
la Tour et y prend position. Dès lors, les assiégeants
peuvent y installer leurs catapultes.
Roc de la Tour Le 16 mars 1244, les cathares se rendent et ouvrent les portes. Une cohorte de 215 hommes et femmes descend vers le bas de la montagne en se tenant par la main et en chantant des hymnes. Un immense bûcher les attend. Ils y montent de leur plein grès et leurs corps réduits en cendre donnent au lieu son nom sinistre : le Prat des Cremats (les Champ des Brûlés).
Hérétiques au bûcher. Bas relief du XIVe siècle (Amiens, Musée de Picardie)
Montségur n’était pas seulement une forteresse mais également un immense coffre-fort. On pense que ce château abritait la fortune des cathares, mis de côté de puis des décennies. Quelque part dans le château se trouvait un trésor estimé à 100 000 livres, probablement en or et en argent. Ce trésor est-il demeuré sous les ruines du château aujourd’hui réduit à ses murs extérieurs ? Ou a-t-il été transporté dans un autre lieu ? Dans la nuit qui précède la date fatale du
16 mars, deux ou quatre parfaits se seraient évadés
de la forteresse assiégée. Bien évidemment, des chercheurs de trésor ont fouillé les lieux mais en vain. Cependant, pour d’autres passionnés de la légende cathare, le trésor n’aurait pas été constitué d’or mais d’un objet bien plus précieux : la coupe du sang du Christ, le très précieux Graal. Mais, cette théorie s’appuie plus vraisemblablement
sur une ressemblance de nom entre Montségur et Monsalvat. V.B (25.09.2005)
La mémoire de l’humanité. Editions Larousse 1994. Pays Cathare. MSM 2004 |




