L’histoire des cathares
C’est en Orient que commence l’histoire des cathares.
De Perse, en passant par les Balkans, chemine vers l’Occident
une doctrine religieuse selon laquelle le monde matériel
est la création du démon.
Des marchands grecs de Constantinople découvrent les
premiers le catharisme, qui pénètre le milieux
des croisés occitans à partir de la 2è
croisade.
Ainsi au XIIe siècle, une Eglise cathare est fondée
dans le sud de la France.
Ses rites sont administrés par des prêtres,
les « parfaits », à la vie d’une
rigoureuse sévérité. Cette Eglise possède
ses évêques, sur le modèle de la hiérarchie
catholique.
Quatre prélats cathares siègent ainsi à
Carcassonne, Albi, Toulouse et Agen. De plus, elle entretien
des liens avec ses homonymes orientaux. En 1176, l’évêque
hérétique de Constantinople préside à
Saint-Félix, en Lauragais, un concile qui édicte
une charte cathare.
C’est une situation inacceptable pour l’Eglise
romaine. Les ennemis des cathares les accusent injustement
de pratiquer des rituels sataniques et de se livrer à
l’inceste.
Le pape Innocent III, en 1208, proclame la croisade contre
l’hérésie et place à sa tête
un soldat redoutable, Simon de Montfort.
Ce dernier massacre plusieurs milliers de personnes dans l’église
de Béziers, en 1209, et conquiert petit à petit
tout le Sud-Ouest français, exterminant les hérétiques.
La lutte contre les cathares atteint son paroxysme après
1233, quand les dominicains se voient confier la direction
des tribunaux inquisitoriaux contre eux.
Elle s’achève en 1244 avec la chute de la forteresse
de Montségur, refuge des derniers cathares.
L’idéologie cathare
Le système idéologique cathare prône
le dualisme : il existe un Dieu du bien et un Dieu du mal.
Notre monde, créé par Satan, est issu du mal.
Donc, le royaume de Dieu, le Dieu de bonté, ne peut
se trouver sur Terre.
Cette reconnaissance de deux Dieux ne signifie pas que les
cathares adorent Satan mais au contraire qu’ils le dénoncent
tout en soulignant sa puissance.
Pour les cathares, c’est Satan qui oblige des anges
à s’incarner en hommes pour peupler la Terre.
Au terme de plusieurs incarnations, un homme peut espérer
devenir un « parfait ». Son âme échappe
alors au diable et rejoint le royaume divin.
Cette croyance en un cycle de réincarnations est de
toute évidence un legs des religions orientales comme
l’hindouisme.
La forteresse de Montségur
Depuis 1213, les cathares ont perdu toute initiative. Ils
vivent en clandestin dans les villes ou réfugiés
dans des places fortes.
A 1060 mètres d’altitude, perchée sur
un piton calcaire (le pog), Montségur est une forteresse
imprenable : de 1243 à 1244, 150 hommes seulement tiennent
en échec plusieurs milliers d’assaillants.

Le château a été construit entre 1205
et 1211 à la demande du clergé cathare qui en
a fait un centre spirituel et une place forte.
Tout y est conçu pour la défense mais respecte
également le symbolisme cathare. Un large portail invite
les âmes à entrer, l’orientation du bâtiment
suit les points cardinaux et son plan adopte la forme d’un
pentagone, figure au symbole puissant dans la pensée
cathare.
Certaines théories soutiennent que Montségur,
comme les châteaux de Quéribus et Cabaret, serait
également un observatoire et un temple solaire.

A partir de 1240, Montségur abrite une communauté
qui s’élève jusqu’à 500 personnes.
Ces cathares pensent être protégés par
la garnison de chevaliers qui est encadrée par l’évêque
cathare de Toulouse, Bertrand Marti.
Pour l’Eglise catholique autant que pour le roi de
France Louis IX (Saint Louis), Montségur constitue
un outrage intolérable à leur autorité.

Quéribus
En mai 1243, une armée de 10 000 hommes fait le siège
du château. Pendant 10 mois, les défenseurs repoussent
tous les assauts.
La fin des cathares
Peu avant noël, une petite troupe escalade le Roc de
la Tour et y prend position. Dès lors, les assiégeants
peuvent y installer leurs catapultes.
En mars 1244, l’eau commence à manquer à
Montségur. Les assaillants proposent aux cathares d’avoir
la vie sauve s’ils adjurent.
Ils refusent, préférant mourir plutôt
que de renoncer à leur foi.

Roc de la Tour
Le 16 mars 1244, les cathares se rendent et ouvrent les portes.
Une cohorte de 215 hommes et femmes descend vers le bas de
la montagne en se tenant par la main et en chantant des hymnes.
Un immense bûcher les attend. Ils y montent de leur
plein grès et leurs corps réduits en cendre
donnent au lieu son nom sinistre : le Prat des Cremats (les
Champ des Brûlés).

Hérétiques au
bûcher. Bas relief du XIVe siècle (Amiens, Musée
de Picardie)
Le trésor des cathares
Montségur n’était pas seulement une forteresse
mais également un immense coffre-fort. On pense que
ce château abritait la fortune des cathares, mis de
côté de puis des décennies.
Quelque part dans le château se trouvait un trésor
estimé à 100 000 livres, probablement en or
et en argent.
Ce trésor est-il demeuré sous les ruines du
château aujourd’hui réduit à ses
murs extérieurs ? Ou a-t-il été transporté
dans un autre lieu ?
Dans la nuit qui précède la date fatale du
16 mars, deux ou quatre parfaits se seraient évadés
de la forteresse assiégée.
Selon un témoin de l’époque, ils se seraient
laissés glisser à l’aide de cordes le
long des parois vertigineuses.
Ils auraient atteint le Sabarthès, près de Tarascon-sur-Ariège
où se trouve un réseau de plus de 50 grottes.
On perd ensuite leurs traces.
Bien évidemment, des chercheurs de trésor ont
fouillé les lieux mais en vain.
Cependant, pour d’autres passionnés de la légende
cathare, le trésor n’aurait pas été
constitué d’or mais d’un objet bien plus
précieux : la coupe du sang du Christ, le très
précieux Graal.
Mais, cette théorie s’appuie plus vraisemblablement
sur une ressemblance de nom entre Montségur et Monsalvat.
Le Montsalvat est liée à la légende du
Graal.
V.B (25.09.2005)
Bibliographie principale
La mémoire de l’humanité. Editions Larousse
1994. Pays Cathare. MSM 2004
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