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Capybara

Nageur hors pair et figure du bassin amazonien, le capybara (Hydrochaeris hydrochaeris) est le plus gros rongeur du monde.
Egalement appelé cabiai, le capybara fait partie du sous-ordre des Caviomorphes, auquel appartient également le deuxième plus gros rongeur de la planète, le ragondin ou myocastor.
Unique espèce de sa famille, les Hydrochaeridae, le capybara vit en Amérique du Sud.

Portrait du capybara

Le capybara mesure de 1,05 m à 1,35 m de long pour un poids de 35 à 65 kg. Certains spécimens dépassent les 70 kg.
Les femelles sont de 10 à 15 % plus grosses que les mâles.
La hauteur au garrot varie de 50 à 62 cm.

Capybara

Capybara. © dinosoria.com

La robe est marron, tirant sur le roux, voire sur un gris léger sur le dos et les parties supérieures du corps.
Les parties ventrales peuvent arborer des teintes jaunâtres. Quelques rayures noires ornent la tête et les flancs.

Rongeur semi-aquatique, la morphologie du capybara est adaptée à son mode de vie :

  • Les pieds ont quatre doigts à l’avant et trois à l’arrière. Ils sont munis d’ongles courtauds et de petites membranes servant de palmes
  • Les yeux sont situés suffisamment haut de chaque côté de la tête pour permettre à l’animal de s’immerger presque entièrement dans l’eau
  • La position, très haute des oreilles, assure également une sécurité lors des bains

On peut remarquer chez certains individus une volumineuse protubérance noirâtre au-dessus du museau. Cette protubérance, appelée morillo, n’est présente que chez les mâles adultes.

Capybara mâle

Capybara mâle et deux petits. © dinosoria.com

C’est une glande qui sécrète une matière blanchâtre qui sert au marquage territorial. Mêlée des sécrétions de ses glandes anales, l'odeur du morillo est apposée aux limites de son territoire par le mâle.

Massive, la tête est pourvue de deux impressionnantes paires d’incisives. Ses dents jugales n’ont pas de racines et s’usent puis repoussent en permanence comme chez tous les rongeurs.

Les poils du capybara sont longs mais épars. Sa peau est donc visible par endroits. Ce rongeur se distingue par l’absence de queue.

Capybara

La tête du capybara est massive. © dinosoria.com

Le squelette du capybara est robuste car il lui faut supporter de fortes réserves de graisse. Ces réserves lui servent à gagner en flottabilité et en protection thermique dans l’eau.

En général, le capybara ne laisse dépasser dans l’eau que les yeux, le nez et les oreilles. Il peut cependant rester immergé jusqu’à 5 minutes.

Mode de vie du capybara

Ce rongeur est exclusivement herbivore. Lorsqu’il part chaque jour en quête de nourriture, le capybara prend le risque de rencontrer ses pires ennemis : jaguar, caïman, anaconda et bien sûr l’Homme.

Jaguar

Jaguar. © dinosoria.com

Bien qu’il dispose d’un lieu fixe de repos, il parcourt à l’aube et au crépuscule de longues distances vers des points d’eau où il déguste des plantes aquatiques.
Il peut également se rendre dans les pâturages des bovins domestiques où il broute à la manière d’un véritable ongulé.
Il se régale également de pastèques, de maïs, de riz et de canne à sucre qu’il déniche dans les plantations ce qui lui vaut l’inimitié des exploitants.

Afin d’optimiser la sécurité des repas, les capybaras vont se nourrir en groupe. L’importance des groupes varie selon les saisons.

La digestion s’effectue généralement dans l’eau.

L’eau constitue un abri presque sûr pour ce rongeur. Il s’y abrite également de la chaleur.

Capybara

L'eau est un abri pour le capybara. © dinosoria.com

Les capybaras vivent en groupes familiaux d’un mâle, plusieurs femelles et leurs petits. A la saison sèche, ils forment des troupes temporaires qui peuvent atteindre une centaine d’individus.
En effet, les groupes familiaux fusionnent et sont forcés de cohabiter auprès des points d’eau disponibles.

Chaque harde vit sous la férule d’un mâle dominant. Ce mâle protège son groupe et défend sa position de chef en intimidant les autres mâles.
Les combats sont fréquents mais sans gravité. Après une course-poursuite, les dominés acceptent leur statut.
Ceux qui sont au plus bas de l’échelle sociale vivent en marge des hardes. Ils se réunissent parfois pour mieux se protéger des prédateurs.

Jeune capybara

Jeune capybara. © dinosoria.com

Les femelles sont très différentes. Elles font preuve entre elles de coopération et de tolérance. Elles s’occupent ensemble des nouveau-nés.

L’aire de distribution du capybara comprend le Panamá jusqu’au nord-est de l’Argentine, principalement aux abords des fleuves.

Reproduction du capybara

L’accouplement peut avoir lieu toute l’année. La meilleure saison reste cependant le début de la saison humide soit en mai.
Après une parade nuptiale d’une heure environ sur la rive, les deux partenaires s’accouplent dans l’eau, à demi immergés.

Au terme de 150 jours, la femelle met bas dans des fourrés denses une portée de quatre nouveau-nés en moyenne.
Très développés, pesant entre 1 et 1,5 kg, les jeunes capybaras sont capables de suivre rapidement le groupe.

Capybara et son bébé

Nouveau-né capybara et sa mère. © dinosoria.com

Les petits sont l’objet de l’attention de toutes les femelles. Le sevrage dure environ 16 semaines et peut être assuré par plusieurs femelles différentes.
Ils restent ainsi choyés pendant 6 mois.

Les femelles transmettent aux jeunes, lors de jeux aquatiques, les clés du lien social de la harde.

Bebe capybara

Bébé capybara et sa mère. © dinosoria.com

Un jeune capybara profite du soutien familial durant 6 mois environ. Après quoi, il est banni de la harde par le mâle dominant. Ce mélange entre les différentes hardes évite tout problème de consanguinité.

Parfois, le mâle dominant d'une harde met à mort des nouveau-nés dont il n'est pas le père. On retrouve ce comportement chez les lions et d'autres mammifères.

Jeune capybara

Jeune capybara. © dinosoria.com

Matures sexuellement vers l’âge de 18 mois, les capybaras vivent en moyenne 10 ans.

Le capybara et l’Homme

Pendant très longtemps, le capybara a été chassé par les éleveurs et les exploitants. Il était considéré comme une nuisance pour le bétail domestique dont il affectionne les pâturages.
Il n’est aujourd’hui plus en danger. Les agriculteurs ont fini par reconnaître que ce rongeur ne broutait pas les mêmes herbes que leurs troupeaux.

Capybara

Le capybara n'est plus en danger. © dinosoria.com

Mieux encore, on s’est aperçu que rongeurs et ongulés pouvaient cohabiter dans un même territoire et l’exploiter conjointement sans interférences.

La chair et la peau de ce rongeur se vendant fort bien, les fermiers préfèrent aujourd’hui en faire l’élevage plutôt que de les exterminer.

Bébé capybara

Bébé capybara. © dinosoria.com

On est donc loin d’une protection désintéressée mais malgré tout, les capybaras sauvages profitent de cet équilibre avec l’homme.
De plus, le jaguar, leur principal prédateur, se fait de plus en plus rare aux abords des forêts humides d’Amérique du Sud. Les populations de capybaras sont donc aujourd’hui en augmentation.

Classification : Animalia . Mammalia . Rodentia . Caviomorpha. Hydrochaeridae . Hydrochaeris

V.Battaglia (17.12.2007)

Vidéo Un Anaconda attaque un capybara . Castor . Ragondin

Références principales

Le capybara, collection Marshall Cavendish 1994
Larousse des Animaux, éditions Larousse 2006

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